Directeur du Conservatoire de Musique de Genève de 1970 à 1992, Claude Viala est décédé vendredi 30 décembre.
Né en 1921, ce fils de haut fonctionnaire sort du Conservatoire avec un diplôme de virtuosité de violoncelle. Il y enseigne d'ailleurs en parallèle à sa carrière d’interprète à l’Orchestre de la Suisse Romande où il devient premier soliste. Mais il choisira de se consacrer exclusivement à la formation. En 1970, Claude Viala succède à Samuel Baud-Bovy à la direction du Conservatoire, un poste qu’il occupera jusqu’en 1992 et l’arrivée de Philippe Dinkel.
Très soucieux de l’amélioration des conditions de travail des professeurs, Claude Viala participe à la création, en 1971, de la Fédération des écoles de musiques, quand le Conservatoire Populaire de Musique, l’Institut Jaques-Dalcroze et le Conservatoire de Musique de Genève sont mandatés par l’État pour assurer la formation musicale dans le canton. Il contribue aussi à la toute nouvelles collaboration avec l’Université de Genève, garantissant au cursus du conservatoire un niveau équivalent à la formation universitaire et concrétisant ainsi sa mue : d’une école dévolue à l’éducation de la jeunesse locale, le Conservatoire se transforme définitivement en une institution formant des professionnels et gagnant peu à peu une réputation internationale.
En marge de son rôle de directeur, Claude Viala préside le Concours de Genève, œuvrant également comme secrétaire général de l’Association européenne des conservatoires.
Quand Philippe Dinkel évoque son prédécesseur, il pèse ses mots : Figure intimidante et austère, Claude Viala était une personnalité extrêmement sensible, intelligente et cultivée. Sa pudeur posait une autorité faite de distance et d’intégrité [...] Grand lecteur de Saint-Simon, Claude Viala était doté d’un sens de l’observation «ironique et féroce». [...] Ses goûts musicaux étaient profondément classiques : le violoncelliste Pierre Fournier restait son grand modèle, qu’il avait invité à enseigner à Genève, tout comme Paul Tortelier. Le répertoire contemporain, cependant, n’était pas en reste. A son initiative, l’institution accueillera des compositeurs tels qu’Henri Dutilleux et Elliott Carter.