Le Journal

Décès de Leif Segerstam

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Leif Segerstam, chef d'orchestre et compositeur finlandais emblématique, est décédé à l'âge de 80 an.
Également connu pour son travail de compositeur, il avait à son actif pas moins de 300 symphonies, conçues dans un style qu'il définissait lui-même comme une « pulsation libre ».

Né en 1944, Segerstam a été chef d'orchestre principal de l'Orchestre Symphonique de la radio de Vienne (1975-1982), de l'Orchestre Symphonique de la radio finlandaise (1977-1987), de l'Orchestre Symphonique national du Danemark (1988-1995) et de l'Orchestre Philharmonique d'Helsinki (1995-2007).

Dans son très large répertoire, il s'est spécialisé dans des compositeurs tels que Gustav Mahler, Jean Sibelius et Carl Nielsen, comme en témoigne sa vaste discographie.

Création à Madrid

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Le prochain concert de l'Orquesta y Coro RTVE aura aura lieu au Teatro Monumental le vendredi 11 octobre. I permettra à l'orchestre de créer l'œuvre qui a remporté le XLI Prix Reina Sofía de composition musicale, le Concierto de los elementos : I&II pour violon et orchestre, du compositeur espagnol Fabià Santcovsky, avec Joan Espina en soliste. Le programme, proposé sous la direction musicale de Christoph König, chef d'orchestre attitré de l'ensemble, comprend également la Cantate Saint-Jean de Damas, op.1, de Sergei Taneyev et la Symphonie n° 7 en la majeur, op. 92, de Beethoven.

Fabià Santcovsky (Barcelone 1989) a étudié à Stuttgart et à Berlin. Il a écrit trois opéras de chambre et plusieurs opéras pour orchestre. En 2015, il a reçu le deuxième prix du Toru Takemitsu Composition Award au Japon et, en 2021, il a été Young Artist in Residence à l'Académie des arts de Berlin. Depuis 2022, il collabore à l'organisation des Nouvelles rencontres de Pampelune dans le domaine de la musique. « Dans ses œuvres, il a développé un langage accompagné de médias électroniques et d'approches thématiques inspirées par la science-fiction et la technologie comme moteur du changement humain », explique l'orchestre dans un communiqué de presse.

Sasha Scolnik-Brower, premier Bernard Haitink Conducting Fellowship auprès de l'Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise.

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L'Américain Sasha Scolnik-Brower, âgé de 29 ans, a remporté le premier Bernard Haitink Conducting Fellowship auprès de l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise.

Le Bernard Haitink Conducting Fellowship est une initiative de la veuve de Bernard Haitink, Patricia Haitink. À partir de la saison 2024-25, il offrira à de jeunes chefs d'orchestre une bourse de deux ans auprès de l'Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise, sous le mentorat du chef d'orchestre Simon Rattle.

Sasha Scolnik-Brower s'est imposé dans le concours face à de nombreux candidats. Il est diplômé de la Juilliard School et du Dutch National Master's of Orchestral Conducting. Scolnik-Brower a bénéficié d'une bourse de direction d'orchestre au festival de musique d'Aspen et a reçu le Robert Spano Conducting Prize.

Sasha Scolnik-Brower a commencé sa bourse d'études au BRSO au début de la saison 2024-25.

Guido Sant'Anna fait ses débuts aux États-Unis

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Le violoniste brésilien Guido Sant'Anna a fait la une des journaux en 2022 en devenant le premier violoniste sud-américain à remporter le Concours Fritz Kreisler de Vienne. Guido avait alors 17 ans.

Aujourd'hui âgé de 19 ans, Guido fait ses débuts aux États-Unis la semaine prochaine dans le concerto de Brahms avec l'Orchestre de Chambre Camerata Chicago, sous la direction de Drostan Hall.

Patrick Summers quittera Houston

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On a appris que Patrick Summers quittera son poste de directeur artistique et musical du Houston Grand Opera au printemps 2026.

Il occupe ce poste depuis 23 ans.

Il a déclaré : « Depuis que David Gockley m'a parlé pour la première fois, il y a près de trente ans, de venir au HGO, alors que j'étais un jeune chef d'orchestre timide et ambitieux d'une trentaine d'années, jusqu'au moment actuel du début du mandat de Khori Dastoor, au cours duquel je mettrai un terme à mon long service en tant que directeur musical, je ne peux que dire que ce fut le privilège d'une vie que de faire partie de cette extraordinaire compagnie. Le Houston Grand Opera est un endroit béni, et je suis extrêmement reconnaissant de l'honneur qui m'a été fait de diriger notre précieux orchestre et de faire de l'art avec nos deux ensembles résidents, qui sont notre cœur et notre âme, tout en guidant la direction artistique de cette grande compagnie. Le fait que mon mandat s'étende de David à Khori signifiera toujours beaucoup pour moi. Je remercie profondément tout le monde ».

Summers, 61 ans, a également été premier chef d'orchestre invité à l'Opéra de San Francisco de 1999 à 2016.

 

"La Femme sans Ombre" de Richard Strauss, 105 ans

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Die Frau ohne Schatten, en français La Femme sans ombre, est un opéra en trois actes de Richard Strauss, sur un livret de Hugo von Hofmannsthal, créé en 1919 à Vienne.

Il a été créé le 10 octobre 1919 à l'Opéra de Vienne, avec Lotte Lehmann dans le rôle de la femme de Barak et Maria Jeritza dans celui de l'Impératrice, sous la direction de Franck Schalk, dans une mise en scène et des décors d'Alfred Roller, dont Strauss et Hofmannsthal ne furent pas satisfaits, « la nature “magique” et les extraordinaires difficultés de l'opéra » semblant avoir dépassé le metteur en scène.

Ces difficultés expliquent que l'opéra n'a pas été très souvent monté à ses débuts, en raison de l'obscurité supposée de son livret et de son « réel gigantisme : orchestre immense, et cinq voix hors classe ». Après l'avoir déjà repris à Vienne en 1943, à la fin de l'année 1955, le chef d'orchestre Karl Böhm l'inscrit au programme des galas de réouverture de l'Opéra de Vienne, dix ans après son bombardement, et le succès est tel que, dans la foulée, il en réalise le premier enregistrement discographique pour Decca, avec Leonie Rysanek (l'Impératrice), Hans Hopf (l'Empereur), Christel Goltz (la Femme), Paul Schöffler (Barak), Elisabeth Höngen (la Nourrice).
Herbert von Karajan s'attaque également à l’œuvre en la dirigeant, enregistrement à la clé en 1964, au Wiener Staatsoper, avec Jess Thomas, Leonie Rysanek, Grace Hoffman, Walter Kreppel, Walter Berry, Christa Ludwig, Lucia Popp, Fritz Wunderlich.

En France l'œuvre n'a été représentée qu'à partir de 1972.

Die Frau Ohne Schatten a connu un réel succès dans de nombreuses mises en scène et avec divers interprètes. Ainsi en est-il des représentations à l'Opéra de Paris Bastille en 2002 dans la mise en scène de Robert Wilson ou celles du Théâtre de la Monnaie en 2005, dans la mise en scène de Matthew Jocelyn et les costumes de Christian Lacroix, données après 37 ans d'absence, avec deux Barak célèbres en alternance avec les barytons José van Dam et Jean-Philippe Lafont. L'opéra national du Capitole à Toulouse a également donné une série de représentations en 2006, dans la mise en scène de Nicolas Joël, reprise en janvier et février 2024.

L'empereur des îles du sud-est a chassé une gazelle blanche qui s'est transformée en une belle femme sous ses yeux, à savoir la fille du roi fantôme Keikobad (d'après le souverain Key Qobad dans la mythologie persane). Il la désire et la prend pour épouse, mais parce que l'impératrice ne projette pas d'ombre, elle n'appartient pas pleinement au peuple, car l'ombre, la fertilité et l'empathie humaine sont une seule et même chose.
À ses côtés, la nourrice, qui déteste tout ce qui est humain, aime l'impératrice par-dessus tout. L'infirmière rapporte à propos de l'empereur : « C'est un chasseur et un amant, sinon il n'est rien ! (...) Ses nuits sont ses jours, ses jours sont ses nuits. »

 

Arvid Yansons, 110 ans

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Arvīds Jansons (Liepāja,  – Manchester, ) est un chef d'orchestre letton, père du chef Mariss Jansons.

Jansons étudie le violon de 1929 jusqu'en 1935, au Conservatoire de Liepāja ; puis le violon, la composition et la direction d'orchestre avec Leo Blech, au Conservatoire de Riga de 1940 jusqu'en 1944, alors qu'il travaille comme violoniste à l'Opéra de Riga. En 1944, il est nommé chef d'orchestre de l'Opéra de Riga, puis de l'orchestre de la radio lettone (1947-1952). En 1952, il est nommé chef d'orchestre associé, et part en tournée (Australie, Extrême-Orient) avec l'orchestre Philharmonique de Leningrad derrière Yevgueni Mravinski et Kurt Sanderling.

Jansons devient le premier chef invité du Hallé Orchestra en 1965. En 1972, il est nommé professeur au Conservatoire de Leningrad et donne des cours également en Allemagne. Il est mort d'une crise cardiaque en 1984, pendant la tenue d'un concert avec le Hallé. Il est enterré à côté de Karl Eliasberg au Cimetière Volkovo de Saint-Pétersbourg.

Il a créé des œuvres de Sergueï Slominski (Symphonie no 1, 1962) et Rudolf Wagner-Régeny (Acht Kommentäre zu einer Weise des Guillaume de Machaut, 1967).

Jeronimo Gimenez, 170 ans

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Gerónimonote Giménez y Bellido (né à Séville, le 10 octobre 1854 et mort à Madrid le 19 février 1923), est un compositeur et chef d'orchestre espagnol.
Il s'est essentiellement consacré à la composition de zarzuelas, tels que La tempranica et La boda de Luis Alonso.

Il apprend la musique avec son père, puis à Cadix, avec Salvador Viniegra.
Enfant prodige, il est à 12 ans premier violon au teatro principal de Cadix.
À 17 ans, il dirige une compagnie d'opéra et de zarzuela, débutant comme directeur à Gibraltar avec l'opéra Safo de Giovanni Pacini.

Boursier au Conservatoire national de musique et de déclamation, il y étudie à partir de juin 1874, le violon avec Delphin Alard et la composition avec Ambroise Thomas. Il reçoit le premier prix d'harmonie et de contrepoint. Il voyage ensuite en Italie et revient en Espagne, s'installant à Madrid.
En 1885, il est nommé directeur du Teatro Apolo et, peu de temps après, directeur du Teatro de la Zarzuela.

Ruperto Chapí lui commande l'ouverture de ses zarzuelas El Milagro de la Virgen et La bruja.
Il est alors nommé à la tête de la Sociedad de Conciertos de Madrid, qu'il dirige pendant 12 ans. À ce poste, il contribue à développer le goût des Madrilènes pour la musique philharmonique. Carlos Gómez Amat apporte le témoignage suivant : « Ceux qui l'ont vu diriger nous ont transmis le souvenir de quelques exécutions d'une grande force et d'un grand enthousiasme. […] Grâce à une gestuelle imperceptible, il obtenait ce qui voulait de l'orchestre. »

Compositeur prolifique, il collabore également avec les meilleurs auteurs de saynètes de l'époque : Ricardo de la Vega, Carlos Arniches, Serafín, Joaquín Álvarez Quintero et Javier de Burgos. Il crée quelques œuvres avec Amadeu Vives, qui le qualifie de « musicien de l'élégance », pour son sens rythmique et ses mélodies faciles.

En 1896, il écrit El mundo comedia es ou El baile de Luis Alonso sur un texte de Javier de Burgos. À la suite du succès de cette création, il met en musique une autre saynète du même auteur avec les mêmes personnages, qui est devenu l'un de ses œuvres les plus célèbres : La boda de Luis Alonso (un arrangement orchestral des « Souvenirs d'Andalousie » de Louis Moreau Gottschalk) ou La noche del encierro (1897). Ce second opus, qui a connu un plus grand succès que le premier, n'est pas une suite mais un événement antérieur.

La Tempranica est peut-être son œuvre la plus ambitieuse et aboutie. Présentée au Théâtre de la Zarzuela le 19 septembre 1900, elle est composée sur le texte de Julian Romea. Giménez parvient à combiner habilement des moments d'un lyrisme intense et d'autres dans lesquels explose l'élément populaire, ce qui en fait, selon les mots de Gómez Amat « une zarzuela avec toutes les qualités du genre et sans aucun de ses défauts ».
On a souvent mis en évidence l'influence de Giménez dans les compositions de Manuel de Falla, Joaquín Turina et autres compositeurs espagnols postérieurs. Les correspondances stylistiques entre certains moments de La Tempranica et l'opéra de Manuel de Falla, La Vida breve, semblent évidentes à tout mélomane. Federico Moreno Torroba l'a adapté en opéra, en mettant en musique les parties parlées. Joaquin Rodrigo a composé en 1939 un hommage à cette zarzuela : Homenaje a La Tempranica, avec une partie soliste de castagnettes.

À la fin de sa vie, il se trouve dans la précarité économique, aggravée par le refus d'un poste de professeur de musique de chambre par le Conservatoire de Madrid. Il meurt à Madrid le 19 février 1923.

Etienne Moulinié, 425 ans

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Étienne Moulinié est un compositeur français de la période baroque né le 10 octobre 1599 à Lauran (devenu Laure-Minervois), à proximité de Carcassonne, et mort entre février et novembre 1676.

Figure importante de la musique baroque française d'avant Jean-Baptiste Lully, contemporain de compositeurs comme Pierre Guédron, Antoine Boësset, Guillaume Bouzignac, Henry Du Mont ou bien encore Pierre Robert, il s'est essentiellement consacré à la musique profane dans les formes de son temps : airs de cour, airs à boire et airs de ballet.

Étienne Moulinié est le fils cadet d'une famille de cinq enfants dont le père, Jacques Molinier, artisan cordonnier du Languedoc, avait prospéré par l'acquisition de terres et de troupeaux. Soucieux d'assurer une situation honorable à son cadet, il parvient à le faire entrer, vers l'âge de six ans et avec son frère aîné Antoine, dans la maîtrise de la cathédrale de Narbonne (alors l'une des plus importantes du Midi de la France).

L'objectif premier de ces chœurs de garçons était d'assurer la partie aiguë dans le chœur, attaché à l'église et composé d'adultes professionnels (tous des hommes). Pour Étienne Moulinié comme pour les autres enfants du chœur (appelés les « enfants de chœur »), ce recrutement est le début d'une formation de dix à douze ans (jusqu'à l'âge de 18 à 20 ans) pendant laquelle ils étudient, de manière approfondie, le chant, la solmisation, le solfège aussi bien que la pratique d'instruments et la composition musicale. Là comme dans les autres écoles maîtrisiennes du royaume (et d'Europe occidentale), Moulinié étudia aussi la lecture et l'écriture, l'arithmétique et les humanités (y compris le latin, langue de l'Église et des textes chantés). Les jeunes chantres recevaient naturellement une formation religieuse.

À l'âge de 21 ans, Antoine Moulinier (1595-1655) est appelé à se joindre à la suite de l'Evêque de Carcassonne, Christophe de Lestang, qui part en mission à Paris. Moins d'un an plus tard, il devient l'un des sept chantres de la musique de la Chambre du roi Louis XIII. Ses dons de chanteur et de danseur, tout autant que son enthousiasme et sa joie de vivre lui permettent de jouir bientôt d'une certaine célébrité à la cour, et de partager l'intimité du souverain en qualité de valet de chambre. Cette situation confortable lui permet, vers 1621, d'introduire rapidement son frère Étienne dans le milieu de la Cour. Aussi, six ans plus tard, Étienne Moulinié est nommé à la charge importante de maître de la musique de Monsieur, Gaston d'Orléans, frère du Roi.

Dans les années 1630, Jacques Molinier déménage à Paris et obtient, grâce aux relations de ses fils, une charge de tailleur et de valet de chambre de Gaston d'Orléans. Le 18 août 1655, Antoine Moulinier, probablement éméché, meurt en tombant par la trappe de sa cave. Cet événement fut certainement marquant pour Étienne, très proche de son frère, qui dans les années suivantes fera régulièrement chanter des messes à sa mémoire. L'inventaire des biens réalisé après le décès d'Antoine est révélateur de la réussite des deux frères.

Étienne Moulinié fréquente les personnages qui servent à la Cour et les grands maîtres de musique de l'époque : Antoine Boësset, Eustache Du Caurroy, Pierre Guédron, mais aussi le jeune Jean-Baptiste Lully. Certains rapprochements peuvent également faire penser qu'Étienne Moulinié a collaboré avec la troupe de Molière. À la Cour, il participe à de nombreux concerts et ballets, et prend en charge l'éducation musicale des pages de la Chapelle du roi (les garçons chantant dans le chœur). Malgré les troubles de la Fronde, la vie artistique parisienne est foisonnante ; elle lui donne l’occasion d’écrire et de faire publier quelques deux cents airs de Cour.

Jouisseur autant que conspirateur invétéré, Gaston d'Orléans est régulièrement amené à s'éloigner de Paris. Étienne ne l'accompagne pas toujours dans ses exils, volontaires ou forcés, mais sait mettre à profit la liberté que lui confère l'éloignement de son maître. Il fait ainsi publier, de 1624 à 1637, pas moins de sept volumes d'airs de Cour, qui rencontreront un succès réel. La publication d'un tel nombre de recueils par un même compositeur est exceptionnelle pour l'époque, et traduit bien la popularité dont il pouvait alors jouir. Sa renommée dépasse alors les cercles de la Cour. À la mort de son maître, il organise et dirige la partie musicale du service funèbre. Il en est de même un an plus tard, pour l'anniversaire du décès (le "bout-de-l'an"), cérémonie à propos de laquelle le poète Jean Loret écrira :

Le renommé sieur Moulinié,
Assisté de maint chantre habile
Tant du Louvre que de la ville
Firent, avec leurs rares chants,
Des concerts si beaux, si touchants
Qu'on ouït jamais rien de tel.

Il semble que Moulinié soit resté au service de la maison d'Orléans jusqu'en 1663, soit trois années après la mort de son maître.

Les États de Languedoc étaient une assemblée disposant de larges pouvoirs ; ils se réunissaient périodiquement dans l'une des principales villes de la province. Les sessions, qui se tenaient pendant deux à trois mois par an en moyenne, étaient l'occasion de réjouissances importantes (voir grandioses, selon les circonstances) et d'offices religieux quotidiens. La musique y tenait une place essentielle.

Au début de l'année 1666, la tenue des États à Béziers est concomitante avec deux services funèbres importants : le premier pour la Reine Mère, le second pour Armand de Bourbon-Conti. La musique, dirigée par Étienne Moulinié, fait une très forte impression sur l'assemblée. Quelques mois plus tard, il est officiellement nommé intendant et maître de la musique des États du Languedoc. Cet emploi lui est confié à vie : "par la seule considération qu'ils ont eu de son mérite personnel et la réputation qu'il s'est acquise à la cour pour un des meilleurs maîtres de musique du royaume". Durant cette période, Étienne Moulinié participe également à diverses cérémonies : inaugurations, messes, services funèbres de personnalités, célébrations de victoires, etc.

En 1675, Étienne Moulinié a 76 ans et de plus en plus d'incommodités. Les États lui proposent de nommer un successeur afin, s'il venait à mourir, de prévenir les sollicitations de personnes non qualifiées mais soutenues par des personnages de marque. En février 1676, Moulinié dirige un Te Deum clôturant la session des États. C'est la dernière cérémonie de sa carrière musicale. Il meurt quelques mois plus tard, à une date et dans des circonstances non élucidées (peut-être au cours d'un voyage).

Si Moulinié emploie un contrepoint savant (superposition de lignes mélodiques distinctes), directement hérité de la musique polyphonique des époques qui l'ont précédé, la primauté est cependant le plus souvent accordée au Dessus (la voix la plus haute), qui développe une ligne mélodique ornementée et figurant le texte de façon très expressive. La conception harmonique de ses airs est très rigoureuse, stable, affirmée et claire. Ainsi, les éventuelles modulations (changement ponctuel de tonalité) ne remettent jamais en cause le ton principal. La musique de Moulinié échappe cependant à l'uniformité et fait preuve d'une grande expressivité par la diversité rythmique et mélodique, ainsi que par les contrastes de timbres et d'effectifs.

Le travail d’Étienne Moulinié a été influencé par la musique d'autres pays, et notamment par les musiques de danse d'Espagne et d'Italie. Ses airs de cour témoignent également de certaines inflexions mélodiques d'origine languedocienne. Étienne Moulinié est par ailleurs un des premiers compositeurs à employer, en France, la technique de la basse continue. Il est aussi un des premiers à réaliser des doubles ornés (répétition d'une même mélodie, mais plus richement ornée). Autre trait de modernité : son écriture harmonique consacre la prédominance du majeur et du mineur sur les modes anciens.

La réussite d'Étienne Moulinié tient autant à son talent qu'à son penchant marqué pour la mode. Les airs italiens et espagnols qui émaillent son Troisième livre d'airs de Cour sont à ce titre révélateurs. De fait, l'essentiel de son œuvre est une musique de circonstances, composée sur commande selon les besoins et les goûts de ses mécènes. En contrepartie, la situation sociale avantageuse que ce travail lui procure lui permet de faire imprimer sans trop de difficultés sa musique et de la faire jouer par les meilleurs interprètes.

Angel Blue et Daniela Mack en Margarita Xirgu et Federico García Lorca dans "Ainadamar" au Met

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La soprano américaine Angel Blue et la mezzo-soprano argentine Daniela Mack feront revivre deux artistes historiques : l'actrice Margarita Xirgu et le poète et dramaturge Federico García Lorca, assassiné pendant la guerre civile espagnole, abattu et dont le corps -encore introuvable- a été jeté dans une fosse commune

Elles feront revivre son histoire à travers la musique d'Osvaldo Golijov et son opéra Ainadamar.