Le Journal

L'honneur de Wladyslaw Szpilman

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La famille de Wladyslaw Szpilman, le musicien dont la vie a inspiré Le Pianiste de Roman Polanski, a gagné en appel son procès en diffamation contre le livre où l’artiste est accusé de collaboration avec les nazis pendant l’Occupation.
Dans son livre Wiera Gran, l’accusée (2010)Agata Tuszynkska rapporte des propos de la chanteuse polonaise Wiera Gran accusant Wladyslaw Szpilman de collaboration avec les nazis et de participation à la rafle de familles juives avec la Gestapo pendant l’Occupation.
La famille de Wladyslaw Szpilman récuse formellement ces faits jamais confirmés et, dès la sortie du livre, elle a porté plainte pour diffamation.
Après un premier procès perdu (2013) contre l’écrivain et sa maison d’édition, elle vient de remporter celui en appel à Varsovie.
Agata Tuszynkska et sa maison d’édition (Wydawnictwo Literackie, Cracovie) sont condamnées à présenter des excuses publiques à la famille Szpilman et à retirer les passages incriminés de toute future édition de l’ouvrage.

Wiera Gran (Weronika Grynberg, 1916-2007) est une actrice et chanteuse polonaise.
Dès 1926, elle se produit dans les cabarets de Varsovie et gagne beaucoup d'argent. Fuyant la Pologne en 1939 avec son futur mari, elle se réfugie d'abord à Vilnius puis, en 1940, elle rejoint Lvov alors occupée par les Soviétiques et refuge d’une partie des exilés varsoviens.
Elle rentre à Varsovie en 1941 et se produit dans les cafés du ghetto mais elle repart en 1942, deux mois après les premiers convois vers les camps d'extermination, et elle rejoindra l'année suivante la ville de Babice qui sera libérée par l'Armée Rouge en 1945.
Après la guerre, elle est plusieurs fois accusée de crimes de collaboration avec l’occupant nazi (par Jonas Turkow, Marek Edelman et Adolf Berman) mais jamais condamnée, faute de preuves. Et, rapidement, elle devient indésirable à Varsovie, Caracas, Mexico, Londres et Tel Aviv.

La justice s'est prononcée à Séoul

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On se souvient qu'à Séoul, dans le contexte de relations tumultueuses avec la directrice Madame Park, le chef Myung Whun Chung a été accusé de détournement de fonds au détriment de l'Orchestre Philharmonique pour ses dépenses personnelles.
La presse coréenne annonce aujourd'hui que le chef est totalement lavé de ces accusations. Après avoir analysé les dossiers et les reçus des titres de transports de Chung achetés entre 2005 et 2015, la police a conclu qu'il n'y avait aucune faute.
Je suis heureux qu'après une enquête approfondie, toutes les accusations portées contre moi-même et le SPO se soient avérées sans fondement. Il est malheureux que tant de dégâts aient été faits pour moi-même et le SPO au cours de la dernière année et demie, a déclaré le chef.

Mort d'un grand Alberich

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On vient d'apprendre le décès du baryton-basse Günter von Kannen.
Un Alberich puissant et convaincant à Bayreuth, une scène où il est apparu souvent.
Lauréat Concours de chant de l'ARD à Munich en 1965, il débute sa carrière à Kaiserslautern (1966-1967) puis dans les théâtres de Bielefeld (1967-1969), Würzburg (1969-1970), Bonn (1970-1972) et Gelsenkirchen (1972-77), au Staatstheater Karlsruhe en 1977 puis à l'Opéra de Zurich en 1979. Invité à l'Opéra de Paris (1983), il y est le Bartolo du Barbier de Séville que l'on retrouvera au Théâtre de la Monnaie. En 1987, il est Alberich au Staatsoper de Munich (Ring des Nibelungen)", puis c'est Bayreuth (1988-1996) avec aussi Klingsor dans Parsifal. A Salzbourg (1986), c'est le Bartolo des Noces de Figaro; au Festival de Drottningholm, Osmin dans l'Enlèvement au sérail, Claudio dans Agrippina; au Festival d'Aix-en-Provence (1987), Osmin encore et au Deutsche Oper Berlin (1988), Ochs du Rosenkavalier; il est familier du grand Théâtre de Genève, du Volksoper de Vienne puis s'envole vers les États-Unis (1983, à Santa Fe en Don Pasquale) et le Canada avant de retrouver les scènes européennes pour Hans Sachs des Meistersinger, Dulcamara de l'Elisir d'amore, Falstaff dans Les Joyeuses Commères de Windsor (Opéra-Comique de Paris, 1995), Don Alfonso dans Così fan tutte, Mustapha dans L'Italiana in Algeri, Cardillac dans l'opéra éponyme de Hindemith (Karlsruhe 1995) et Varlaam dans Boris Godounov de Moussorgski.
Sans faire l''impasse une une belle carrière de concertiste, tant dans le domaine de l'oratorio que dans les Lieder.

Colin Collette contre l'Eglise

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Colin Collette, le directeur musical à l'église Holy Family Catholic d'Inverness (dans l'Illinois) depuis 17 ans, a été licencié en 2014 après avoir rendu public son mariage avec son compagnon.
Il avait déposé une plainte contre l'archidiocèse de Chicago et la paroisse où il a travaillé mais l'Eglise avait soulevé une motion de procédure pour rejeter la plainte.
Toutefois, la semaine dernière, un juge fédéral a refusé de rejeter la plainte : Colin Collette peut poursuivre son action en justice et réclamer traitements et indemnités, dommages et intérêts et frais d'avocat.

Juraj Valcuha à Naples

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Le chef slovaque Juraj Valcuha vient d'être nommé à Naples où Zubin Mehta devient chef principal honoraire.
Juraj Valčuha, actuellement à la tête de l'Orchestre Symphonique de la RAI, est né en 1976 à Bratislava.
Il a étudié la composition, la direction d'orchestre et le cymbalum à l'Académie de Bratisava puis la direction d'orchestre et la composition à Saint-Pétersbourg, avant de rejoindre Janos Fürst au Conservatoire de Paris. Assistant à l'Orchestre et à l'Opéra de Montpellier de 2003 à 2005, il débute au même moment avec l'Orchestre National de France -avec lequel il enregistre l'opéra Mirra de Domenico Alaleona, et avec l'Orchestre Philharmonique de Radio-France.
Au cours de la saison 2006-2007, il dirige La Bohème à Paris et à Bologne, Le Château de Barbe-Bleue et La Voix humaine à Lyon ainsi qu'un double spectacle composé de La Chute de la maison Usher (Debussy) et du Jardin empoisonné d'Adrian Chapochnikov (à Paris avec l'ONF et au Printemps de Arts avec l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo). C'est au cours de la saison 2007-08 que débute sa collaboration avec la RAI à Turin et avec le Philharmonique de Rotterdam, avant de diriger d'autres grand ensembles : Lahti, Oslo, Genève, Munich, Berlin...

 

A Bonn, un succès déjà

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Six semaines avant son ouverture, le Festival Beethoven de Bonn (59 concerts du 9 septembre au 9 octobre)  annonce déjà que 60% des billets sont vendus et 9 concerts sold out. (www.beethovenfest.de)

Patrimoine en danger

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La maison familiale du pianiste roumain Dinu Lipatti (1917-1950), située au coeur de Bucarest, est menacée de démolition.
Une pétition a été lancée pour qu'elle devienne un musée.

Dinu Lipatti reste une des musiciens les plus célèbres de Roumanie. Il est né dans une famille de musiciens : son père était violoniste, sa mère pianiste, et son parrain n'est autre que le compositeur Georges Enescu. Lorsqu'il remporte le 2e Prix au Concours international de Vienne (1934), Alfred Cortot -qui considérait qu'il méritait la première place-, démissionne du jury en signe de protestation.
Lipatti étudiera ensuite à Paris avec Cortot, Nadia Boulanger, Paul Dukas (composition) et Charles Münch (direction d'orchestre). Dès 1936, il fait des tournées de concerts et enregistre des disques avec le producteur Walter Legge.
Arrive la Seconde Guerre mondiale : Lipatti fuit la Roumanie en 1943 avec son épouse Madeleine Cantacuzène (1915-1982) et s'installe à Genève où il accepte une classe de virtuosité au conservatoire. Mais rapidement apparaissent les premiers signes de la maladie de Hodgkin qui réduit son activité de concertiste une fois la guerre terminée et l'emportera à l'âge de trente-trois ans : il est enterré au cimetière de Chêne-Bourg, non loin de la frontière française, aux côtés de sa mère et de sa femme.
Son jeu ? Une extrême fidélité au texte et une technique pianistique exceptionnelle visant la perfection musicale. Il faut réécouter au disque ses Mozart, Chopin, Schubert, Liszt, Ravel, Schumann, Bach,... et les sonates d'Enescu aux côtés de leur auteur.
Lipatti a aussi laissé de nombreuses compositions qui s'inscrivent dans les traditions esthétiques française et roumaine : une dizaine de mélodies sur des poèmes français, Les Bohémiens -suite "tzigane" pour orchestre, un concertino pour piano et orchestre, une symphonie concertante pour deux pianos et orchestre, trois danses roumaines pour deux pianos, une sonatine pour violon et piano, un concerto pour orgue et piano, un quatuor pour instruments à vent, une sonatine pour la main gauche ou encore deux nocturnes pour piano.

 

Grève en septembre

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Les musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Gran Canaria ont voté en faveur d'une grève dès le début début de septembre si la ville de Las Palmas laisse en place son manager, Juan Mendoza.
Les musiciens se plaignent d'une atmosphère de travail "toxique", de licenciements abusifs et du mépris des traditions de l'ensemble. Jusqu'ici, il n'y a pas de réaction officielle ni de Mendoza, ni la ville.
Juan Mendoza Rosales (Las Palmas, 1956) a été désigné au poste en janvier 2014, parmi les 29 candidats prêts à remplacer Tilman Kuttenkeuler qui avait rejoint l'Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin à la fin de 2013.
Architecte de profession, Juan Mendoza avait auparavant été responsable des programmes de la Société Philharmonique de Gran Canaria pendant six ans et directeur du Festival de musique des Canaries à partir d'avril 2006, après la démission de Rafael Nebot.

Andre Hajdu est décédé

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Nous venons d'apprendre le décès du compositeur israelien Andre Hajdu.

Né en Hongrie en 1932, Andre Hajdu a d'abord étudié à l'Académie Franz Liszt de Budapest avec Endre Szervanszky et Ferenc Szabó (composition), Erno Szegedi (piano) et Zoltán Kodály (ethnomusicologie). Grâce à ce dernier, il a participé pendant deux ans aux recherches sur la culture musicale tzigane et il a publié plusieurs articles à ce sujet.
Après la révolution hongroise de 1956, il part à Paris et y poursuit ses études au Conservatoire avec Darius Milhaud (composition) et Olivier Messiaen (philosophie de la musique). Il y rencontre Gilbert Amy, William Bolcom, Philip Corner et Paul Mefano pour n'en citer que quelques-uns.
Depuis 1966, il vivait à Jérusalem. Il y a enseigné à l'Académie de Musique de Tel Aviv de 1966 à 1991 et à la Bar-Ilan University à partir de 1970. Il en a présidé le département de musique et y a fondé un département de composition.
Il s'est beaucoup intéressé aux répertoires klezmer et juif hassidique au sujet desquels il a publié plusieurs articles.
Comme compositeur, il s'est impliqué dans tout ce qui touche à la judéité : folklore et liturgie, mais aussi les sujets plus abstraits de la pensée juive (Loi orale, ouvrages philosophiques) et l'histoire juive.
Nombre de ses travaux sont consacrés à l'enseignement de la musique, en particulier le piano et la théorie à travers une approche créative.
Par son dévouement à l'enseignement, Andre Hajdu a nourri quelques-uns des plus grands talents de musiciens israéliens dont Gil Shohat, Yonatan Razel, Yoni Rechter, Matti Kovler et Matan Porat.

Trifinov annule

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Malade, Daniil Trifonov a annulé ses deux dates à Tanglewood cette semaine.
Il est remplacé par le Canadien Marc-André Hamelin en récital et par l'Argentine Ingrid Fliter dans le deuxième concerto de Chopin.
L'occasion pour Ingrid Fliter de faire enfin ses débuts avec le Boston Symphony.