Le Journal

Un an de patience

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Le Teatro La Fenice (Venise) a subi une importante baisse de subvention qu'elle ne pouvait prévoir. En conséquence, elle vient de décider de reporter à 2017 la production d’ Il Combattimento di Tancredi e Clorinda (Monteverdi) prévue en ce mois de juillet. L'oeuvre, mise en scène par Olivier Lexa, s'inscrivait dans le cadre du festival Lo spirito della musica di Venezia et fait l'objet d'une  collaboration avec le Venetian Centre for Baroque Music.

Andris Nelsons quitte Bayreuth

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Le chef quitte Bayreuth et ne dirigera pas, cet été, la production de Parsifal dont la première doit faire l'ouverture du Festival, le 25 juillet.
Le festival parle de "divergences de vues et d'une atmosphère peu propice à un travail satisfaisant". Il semble que ce soit dans les désaccords avec le directeur musical Christian Thielemann (nommé en 2015, conseiller musical du festival depuis 2008) qu'il faille trouver les raisons de cette décision brutale.
Pour rappel, ce sont déjà des "malentendus" avec le même Christian Thielemann qui avaient mené à l'annulation du contrat de Serge Dorny à Dresde.
Andrisss Nelsons est actuellement à la tête de l’Orchestre Symphonique Boston, un poste auquel s'ajoutera, en 2018, la direction de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.

Chose promise,...

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En Grande Bretagne, un sondage commandé par le Conseil des Arts (de la photo) montre déjà une baisse sensible du public qui soutient les subventions pour les arts.
Sur les 1700 personnes sondées, 45% souhaitent des réductions de ces aides et des dépenses dans la culture. Il y en a 9%  seulement qui sont favorables à une augmentation.
Ce sont surtout les + 65 ans qui appuient la réduction.

Cinquième femme chef au Canada

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Mélanie Léonard (38 ans) vient d'être nommée Directeur Musical de l'Orchestre Symphonique de Sudbury.
Elle était jusqu'ici directrice artistique du New Music Festival Calgary et chef de l'Orchestre Philharmonique de Calgary.
Elle rejoint donc  Tania Miller (Victoria Symphony), Gemma New (Hamilton Philharmonic), Anne Manson (Manitoba Chamber Orchestra) et Rosemary Thomson (Okanagan Symphony Orchestra) et devient la cinquième cheffe en poste au Canada.

Mort au combat

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Le chanteur lyrique Wassyl Slipak est décédé ce mercredi sur le front ukrainien, tué par un sniper russe dans la région de Donetsk.
Wassyl Slipak a vécu et travaillé en France pendant 19 ans comme chanteur lyrique avant de rejoindre le front de l’est ukrainien comme soldat bénévole dans les rangs d'un groupe ultranationaliste, le Secteur Droit.
Amoureux de la musique française, il avait quitté l’Ukraine en 1996 pour rejoindre le Centre de Formation Lyrique de l’Opéra National de Paris et il a commencé en France sa carrière de soliste : Opéras de Clermont-Ferrand et de Paris (Don Carlo et La Guerre et la Paix en 1999) puis il tourne en France et à l'étranger.
Sensible à la cause ukrainienne après les événements de la place Maïdan à l'hiver 2013-14, il s'engage depuis la France pour défendre son pays en participant aux manifestations de soutien et fonde avec des chanteurs l'association Opera friends for children qui organise des concerts pour venir en aide aux enfants victimes de guerre.
En avril 2014, Wassyl Slipak suspendait sa carrière pour s'engager militairement et combattre à Donbass avant de se retrouver à Donetsk.

Nono numérisé

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Grâce à la Fondation Ernst von Siemens et les 180.000 euros qu'elle a dédié à ce projet, l’ensemble des archives de Luigi Nono (60 000 pages) a été numérisé et confié à la Fondation Paul Sacher. Ses chercheurs de Bâle et ceux de la Fondazione Archivio Luigi Nono à Venise peuvent désormais  les consulter ce matériel. Le fonds contient des partitions, des notes et des dessins du compositeur.
La numérisation était nécessaire : les nombreuses annotations au feutre sur les partitions ne cessent de pâlir.
La correspondance de Nono sera elle aussi numérisée, mais un second temps.

Happy Birthday, en toute liberté

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Après des années de combats, un tribunal américain vient de déclarer officiellement le célèbre Happy Birthday dans le domaine public.
Depuis 1988, les droits d'auteurs revenaient à Warner/Chappell, une filiale du Warner Music Group et générait chaque année 2 millions de dollars de redevances.
Le juge George H. King de Los Angeles a jugé que les droits ne s'appliquent pas au texte Happy Birthday to You apparu au début du 20e siècle. Un jugement salué comme une "grande victoire pour les musiciens, les artistes et les gens du monde entier qui ont attendu ce jour pendant des décennies".
Happy Birthday était protégé depuis 1935.

Les lumières de Garnier

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Quelque 900 personnes mobilisées pour restaurer les lumières du Palais Garnier : la campagne d'appel aux dons lancée en 2013 par l'Opéra de Paris auprès du public pour la restauration de ses lampadaires, candélabres, cariatides et colonnes s'est achevée mardi, a annoncé l'Opéra. Cette campagne a suscité une large mobilisation auprès de près de 900 donateurs privés, qui ont permis de rassembler 1,8 million d'euros, a indiqué l'Opéra dans un communiqué.
Au total, 60 éléments de décoration et d'éclairage extérieurs du Palais Garnier, formant une "ceinture de lumière", qui n'avait pas été restaurée depuis la construction de l'Opéra en 1875, ont été remis en état.
La première phase des travaux s'était achevée en avril 2014 avec l'inauguration de la Rampe de l'Empereur, entrée conçue pour l'usage exclusif de Napoléon III. La seconde phase des restaurations s'est terminée ce mardi avec l'inauguration de la façade Est, marquant la fin de la campagne de la "ceinture de lumière".
Particuliers et entreprises pouvaient contribuer aux travaux ou carrément adopter un des 22 lampadaires, 2 candélabres, 22 cariatides et 14 colonnes (dont 4 pyramidales, 8 rostrales et 2 impériales) qui éclairent l'édifice et le décorent, en finançant l'intégralité de sa restauration : 15.000 euros pour un lampadaire et 150.000 pour une colonne rostrale (ornées de proues de bateau).
C'est une première pour l'Opéra de Paris mais de nombreuses institutions font ponctuellement appel au public : Versailles avait déjà lancé une campagne d'adoptionpour adopter 10.000 arbres après la tempête de 1999.

La viola organista de Leonard de Vinci

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Léonard de Vinci rêvait d'un instrument réunissant orgue, clavecin et viole de gambe : la viola organista dont il a laissé de nombreux dessins mais qu'il n'a pas eu le temps de construire.
Cinq cents ans plus tard, le pianiste polonais Sławomir Zubrzycki en a construit un prototype présenté en Pologne en 2013.
Selon les croquis du maître, les cordes de la viola organista, disposées dans une boîte résonnante (comme le clavecin) ne seraient pas pincées mais frottées par un système de poulies actionnées par les touches et les pédales.
Un premier prototype fut construit à Nuremberg, que Michael Praetorius évoque dans son Syntagma Musicum (1620) comme l’instrument révolutionnaire qui peut reproduire à la fois un son de clavier et de cordes, et obtenir des sons longs et soutenus. Un instrument adapté tant à la musique de la rue que de la cour.
Lorsqu'il en découvre le principe de fonctionnement, Sławomir Zubrzycki est devant une réplique signée Jan Jarmusewicz, un facteur polonais du 19e siècle. Mais l'instrument n'est plus en état et, pendant trois ans, Sławomir Zubrzycki remonte le fil de l'histoire d'un instrument oublié mais il ne retrouve aucun instrument ayant survécu jusqu'à nos jours et les croquis de Léonard de Vinci ne donnent aucune précision sur la nature des matériaux à utiliser et les détails techniques.
Sławomir Zubrzycki dit s’être inspiré à la fois de la facture des instruments à cordes et de ceux à clavier. A l'intérieur de la viola organista, 61 cordes d'acier sont reliées aux touches du clavier. La pédale fait tourner quatre poulies enveloppées de crin de cheval qui viennent frotter les cordes et produire un son. Le résultat ressemble à un son d'un consort des violes ou à un orgue.

 

Spontini au Château d'Ursel

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La bibliothèque du Château d'Ursel (Hingene, Belgique) renfermait les partitions de quatre opéras perdus de Gaspare Spontini qui viennent d'être retrouvées : Il quadro parlante (1800), Il geloso e l'audace (1801), Le metamorfosi di Pasquale ossia Farsa (1802) et L'Eccelsa gara (1806).
Comment sont-elles arrivées là ? La thèse privilégiée cite les héritiers de Celeste Érard (famille des fabricants de pianos) et Sabine Franquet de Franqueville, l'épouse du duc Roberto d'Ursel (1873-1955).
Une unité de recherche du Conservatoire Royal d'Anvers est chargée de les examiner et d'en préparer éventuellement des représentations.