Le Journal

Nikolay Sokolov, 165 ans

par

Nikolay Alexandrovich Sokolov (14 mars 1859) est un compositeur russe, membre du cercle qui s'est développé autour de l'éditeur Mitrofan Belaïev.

Sokolov est né à Saint Petersburg. Il est étudiant de Nikolaï Rimski-Korsakov, et enseigne ensuite au Conservatoire de Saint-Pétersbourg la composition à Alexandre Tcherepnine, Dmitri Chostakovitch et Iouri Chaporine.

Chostakovich lui a dédié de manière posthume son Thème et variations en si-bémol majeur pour orchestre, op. 3.

Les œuvres publiées de Sokolov comprennent plusieurs projets en collaboration avec le « cercle de Belyayev », notamment l'ensemble des pièces de caractère pour quatuor à cordes connu comme « Les Vendredis » ainsi qu'une série de variations pour piano et orchestre sur un thème russe.

Parmi les autres œuvres figurent le Quintette, op. 3, arrangé également pour orchestre à cordes sous forme de sérénade ; le chœur final du Don Juan d'Alexis Konstantinovitch Tolstoï, op. 5 ; des pièces pour chœur de femmes, op. 12 (publiées en 1892) ; des variations pour piano, op. 25 ; des Variations sur un thème populaire russe pour quatuor à cordes (publié en 1899). Il y a aussi trois quatuors à cordes et un Trio à cordes en ré mineur, op. 45 (publié en 1916). Toutes ces œuvres publiées par Belyayev.

Il est possible que, lorsque Sergei Diaghilev a cherché un compositeur pour son ballet de L'Oiseau de feu, Sokolov ait été pressenti avant qu'Igor Stravinsky ne soit finalement choisi.

Il est mort à Petrograd en 1922, âgé de 63 ans.

Anne-Sophie Mutter veut prendre du recul

par

Dans une interview accordée au Handelsblatt, la violoniste s'explique :

"Je ne me produirai pas pendant quelques mois vers la fin de l'année. Je veux réévaluer la façon dont je souhaite poursuivre ma carrière de musicien. Pendant cette pause, j'espère améliorer mes compétences en tir à l'arc et approfondir la méditation en tant que partie intégrante de ma vie....

Ma vie n'a pas toujours été facile. Moi aussi, j'ai traversé de profondes vallées de larmes et j'ai dû surmonter des crises humaines et artistiques. Ces crises font partie de la vie. La question est de savoir si l'on en sort grandi.

Mon 60e anniversaire a été davantage associé à la gratitude d'être encore en vie, car le père de mes enfants est décédé d'un cancer du poumon peu après son 60e anniversaire. J'en garde un souvenir très lourd. Mais j'ai encore la possibilité de faire quelque chose de sensé de ma vie".

Carmen, l'original avec René Jacobs et le Choeur de Chambre de Namur

par

Ce mercredi, le Teatro Real propose une version de concert de l'immortel chef-d'œuvre de Georges Bizet, Carmen, tel que le compositeur l'a conçu en 1874, avant d'y apporter les modifications exigées par l'Opéra Comique de Paris qui ont donné naissance à la version que nous connaissons aujourd'hui.

Cette renaissance musicale prend vie dans l'édition critique de Paul Prevost, qui sera interprétée sous la direction de René Jacobs à la tête de l'ensemble d'instruments d'époque B'Rock Orchestra. Le Chœur de Chambre de Namur et les Petites Cantores de l'ORCAM sont également de la partie.

La version originale choisie par Jacobs reflète le travail de composition original de Bizet dans sa forme la plus pure, sans aucune intervention extérieure, et présente un caractère beaucoup moins hispanisant. En témoigne l'air "L'Amour est enfant de bohème", dont l'élaboration initiale ignore encore les arrangements de Sébastien de Yradier, introduits à la demande de la mezzo-soprano Célestine Galli-Marié - première interprète de Carmen - qui ont transformé ce numéro en la fameuse habanera que l'on connaît.

 

Un siècle de magie musicale à l'IMEP - Du muet à l'écran d'aujourd'hui !

par

Dimanche 07 avril 2024 à 17h - Grande salle du Delta - Avenue F. Golenvaux, 18 - 5000 Namur

Voyagez à travers le temps et l’évolution captivante de la musique de film avec la classe de chant pop de l’IMEP !
Ce périple enchanteur transporte depuis les premiers instants du cinéma en 1896, avec l’iconique « Arrivée d’un train en gare de La Ciotat », jusqu’aux écrans modernes de 2023 avec « Dance the Night »de Barbie, révélant ainsi l’impact magistral de la musique sur cette évolution. Explorez les plus grands airs de la musique de film de tous les temps, une symphonie qui traverse les époques et les genres, interprétés par des étudiants talentueux accompagnés d’un band de musiciens de haut vol.
De James Bond à l’irrésistible fièvre de Grease, en passant par les compositions intemporelles de Michel Legrand, les enivrantes mélodies du Moulin Rouge, et le magique « Over the Rainbow » du Magicien d’Oz, chaque note résonne comme un souvenir précieux de moments cinématographiques inoubliables. Des souvenirs du noir et blanc à l’éclatante modernité de Barbie, illustrant magistralement l’évolution des musiques de film à travers les âges.

Tarif : 15€ – 10€ (60+) - Gratuit (-26 ans)

Réservations obligatoires (en ligne sur le site de l’IMEP) lien:

Création de "Tenebrae Responsoria" de Joan Magrané

par

Le compositeur Joan Magrané créera son Tenebrae Responsoria le 29 mars à l'Església del Carme, dans le cadre du programme de l'édition de Pâques du 38e festival de Castell de Peralada.

L'œuvre qui s'inspire de la tradition des répons traditionnels, en particulier des Leçons de ténèbres du Vendredi saint et des influences de Couperin (en raison des deux voix solistes, deux sopranos, converties en sopranos), sera jouée à l'Església del Carme : deux sopranos, transformées ici en une soprano et un violoncelle) et Gesualdo (pour le choix des textes), seront dirigées par Francesc Prat à la tête de la GIO Symphonia dans un ensemble de 10 instruments, ainsi que par la soprano María Hinojosa et le violoncelliste Pau Codina.

 

Anton Heiller, 45 ans

par

Anton Heiller, né à Vienne, le , décédé à Vienne, le , est un organiste, claveciniste, compositeur, professeur et chef d'orchestre autrichien.

Après un apprentissage initial de la musique liturgique avec Wilhelm Mück -organiste à la Cathédrale Saint-Étienne de Vienne- Heiller combina son travail de répétiteur et de directeur de chorale à l’Opéra populaire de Vienne (Wiener Volksoper) avec l’étude du piano, de l’orgue et du clavecin sous Bruno Seidlhofer, ainsi que la théorie musicale et la composition sous Friedrich Reidinger au Conservatoire de musique de Vienne.
Il fit son service militaire, surtout comme aide médical.
Diplômé du Conservatoire en 1945, il y devint la même année professeur d’orgue puis professeur agrégé en 1957.

La carrière de Heiller après la Seconde Guerre mondiale est une suite ininterrompue de concerts, conférences, enregistrements, de participation à des concours de musique comme juge, et d’honneurs reçus. En 1952 il fit une tournée des États-Unis et de l’Europe avec le premier prix du Concours international d’orgue de Haarlem en poche.
Ses récitals d’orgue à Harvard sur les orgues Fisk nouvellement installées à la Memorial Church ont été particulièrement appréciés. L'enregistrement de ces concerts est disponible en coffret de quatre CD.
Quelques années avant le lancement du premier de ces disques, il avait déjà publié sous étiquette Vanguard une étonnante série d’enregistrements de plusieurs pièces importantes du répertoire pour orgue de Bach interprété sur un majestueux orgue Marcussen en Suède.

On lui offrit la direction de l’orchestre de l’Opéra de Vienne qu’il refusa afin de parfaire son jeu au clavier. Il reviendra plus tard à la direction d’orchestre.

Heiller enregistra une grande part de son répertoire s’étendant de Gabrieli, Buxtehude et Bach à Reger et son ami Hindemith ; le répertoire romantique pour orgue l’intéressait moins que le Baroque et la musique du XXe siècle. Dans tout ce qu’il aborda, il démontra une technique irréprochable, un sens du rythme indéniable et un talent rare pour clarifier et maintenir l'élan rythmique des plus complexes passages polyphoniques, ce qui laissait au mélomane l’impression d’une grande facilité d’exécution.

Depuis l’adolescence, Heiller composa des morceaux d’un style hermétique, souvent dodécaphoniques, avec des clins d’œil à Hindemith et Frank Martin, morceaux qui n’atteignirent jamais la notoriété de ses prestations. Ils sont toutefois nombreux et incluent bon nombre de pièces pour les instruments dont il jouait, y compris un concerto pour orgue (1963), et ce qui semble être le seul concerto jamais écrit pour orgue et clavecin (1972).

Sa mort prématurée à l’âge de 55 ans (d’un malaise cardiaque probablement provoqué par un étouffement au cours d’un repas) priva l’Europe d’un des musiciens les plus polyvalents et d'un des meilleurs interprètes de l’œuvre de Bach pour orgue.

Julia Perry, 100 ans

par

Julia Amanda Perry ( 25 mars 1924 , Lexington , Kentucky – 29 avril 1979, Akron , Ohio ) était une compositrice , pédagogue musicale et violoniste afro-américaine .

Julia Perry a étudié le violon, le solfège et la composition au Westminster Choir College de Princeton , New Jersey , de 1943 à 1948, obtenant son baccalauréat en musique en 1947 et sa maîtrise en musique en 1948.
Elle a ensuite étudié à la Juilliard School of Music en 1948.
En 1949, elle put étudier avec Hugh Ross grâce à une bourse du Berkshire Music Center à Tanglewood .
De nouveau, en 1951, elle fréquente le Berkshire Music Center à Tanglewood et étudie avec Luigi Dallapiccola .
Grâce à une bourse supplémentaire de la Fondation Solomon R. Guggenheim, elle put étudier à l' Académie Chigiana de Sienne en 195 , ainsi qu'à nouveau avec Luigi Dallapiccola à Florence et avec Nadia Boulanger à Paris .
Au cours des étés 1956 et 1958, elle étudie la direction d'orchestre avec Emanuel Balaban , Adone Zecchi et Alceo Galliera à l'Academia Chigiana de Sienne.

Durant son séjour en Europe, elle a organisé et dirigé une série de concerts pour l'Agence d'information des États-Unis.

De retour aux États-Unis en 1959, elle enseigne pendant plusieurs années au Florida A&M College de Tallahassee et à l'Université d'Atlanta.

En 1971, elle tomba malade d'une apoplexie paralytique et dut rester à l'hôpital pendant plusieurs années. Pendant cette période, elle a appris (en autodidacte) à écrire de la main gauche et a également pu à nouveau composer.

En tant que compositrice, elle a écrit des œuvres pour divers genres tels que des œuvres pour orchestre (12 symphonies), des concertos pour instruments et orchestre, orchestre d'harmonie, musique religieuse, quatre opéras, cantates, chorale et musique de chambre. Son style est principalement néoclassique.

François Joseph Fétis, 240 ans

par

François-Joseph Fétis, né le 25 mars 1784 à Mons et mort le 26 mars 1871 à Bruxelles, est un compositeur, critique musical et musicographe belge.

Ayant reçu sa formation musicale à Mons puis au Conservatoire de Paris, il obtient le second prix au concours de l'Institut.

En 1806, il épouse à Paris Adélaïde Robert, fille du révolutionnaire Pierre-François-Joseph Robert et de Louise-Félicité de Kéralio. Leur fils, Édouard (1812-1909), sera directeur de la Bibliothèque royale de Belgique.

Il occupe ensuite des fonctions d’enseignement dans le nord de la France, en particulier à Douai, avant d’obtenir en 1821 un poste au Conservatoire de Paris pour enseigner le contrepoint et la fugue. En cette période, Juan Crisóstomo de Arriaga fut son élève. À partir de 1826, il y est aussi bibliothécaire. Il démissionne de ces deux fonctions le 1er mai 1833.

Après avoir publié des articles dans diverses revues, il décide en 1827 de créer un hebdomadaire, la Revue musicale, qu’il rédige presque seul, accueillant toutefois les contributions occasionnelles de différents auteurs. En 1832, il regagne la Belgique, appelé par le Roi à diriger le nouveau Conservatoire royal de Bruxelles. Devant la lourdeur de ses tâches, il effectue en 1834 un rapprochement avec la Gazette musicale de Paris pour former la Revue et gazette musicale de Paris sous la direction de Maurice Schlesinger.

Fétis a développé une importante activité d’historien de la musique. Dans ce domaine où il existait encore assez peu de documents, il a publié des livres assez généraux. Il est l’auteur d’un important répertoire de musiciens (1834) qu’il a rédigé presque seul également. Cette œuvre, régulièrement rééditée (1860, 1878…) et réimprimée pour la dernière fois en 2001, rend encore d’importants services aux musicologues malgré ses erreurs et ses partis pris.

Il n’a pas été un compositeur très fécond ni très remarqué ; il est surtout connu pour des œuvres à caractère pédagogique, de la musique instrumentale et de la musique religieuse. Après la mort de Meyerbeer en 1864, il a revu son opéra L'Africaine.

Fétis a cédé sa bibliothèque personnelle d'environ 7 000 livres et partitions au Royaume de Belgique : le « Fonds Fétis », conservé à la Bibliothèque royale de Belgique, a été réparti entre la section Musique, la Réserve précieuse et le Cabinet des estampes.

Johann Adolf Hasse, 325 ans

par

Johann Adolf Hasse (né à Bergedorf le 25 mars 1699 - mort à Venise le 16 décembre 1783) est un compositeur allemand de musique baroque, considéré comme l'un des maîtres de l'opera seria italien au XVIIIe siècle.

Né près de Hambourg, il reçut sa première formation musicale de son père, organiste de l'église de Bergedorf. Comme il avait une jolie voix de ténor, il choisit la carrière lyrique et entra dans la compagnie d'opéra du Gänsemarkt dirigée par Reinhard Keiser, celle-là même où Georg Friedrich Haendel avait joué en tant que second violon quelques années auparavant. Sa réussite le fit remarquer pour être engagé par le théâtre de la Cour de Brunswick-Lunebourg et ce fut là qu'en 1723 il commença sa carrière de compositeur d'opéras avec sa première œuvre intitulée Antigonus.

Devant le succès remporté par cette première composition, le Duc décida d'envoyer Hasse en Italie pour y parfaire sa formation ; c'est ainsi qu'il arriva à Naples en mai 1722 pour y travailler avec Porpora ; il semble cependant qu'il s'entendait mal avec ce dernier, que ce soit sur le plan artistique ou personnel. En revanche, il se lia d'amitié avec Alessandro Scarlatti qui était largement plus âgé que lui, et grâce auquel il reçut sa première commande, une sérénade à deux voix, Marc'Antonio e Cleopatra, qui fut chantée chez une famille de riches marchands par deux des plus célèbres chanteurs italiens du temps, le castrat Farinelli et la Signora Tesi.

Cet événement établit sa réputation. Il devint bientôt très célèbre et son opéra Sesostrato, écrit pour l'Opéra Royal de Naples en 1726, fit connaître son nom dans toute l'Italie. Il se rendit à Venise en 1729 ou en 1730 et lia une idylle avec la célèbre chanteuse d'opéras Faustina Bordoni qui était née à Venise vers 1700 et qu'il épousa en 1730. Il se lie aussi à l'économiste et démographe prémalthusien Giammaria Ortes.

C'est au cours de son premier séjour à Naples, le 1er août 1724, que Hasse abjure le luthéranisme dans lequel il a été élevé, et se convertit au catholicisme.

Le couple d'artistes est invité en 1731 à Dresde, répondant à une offre intéressante du munificent Électeur de Saxe Auguste II. Après avoir créé l'opéra Cleofide, adapté de l’Alessandro nell'Indie de Métastase, Hasse retourne ensuite en Italie avec son épouse qui prend part, malgré plusieurs grossesses, à la création de ses opéras. Contrairement à ce qu'a longtemps cru la littérature sur Hasse, le compositeur semble n'avoir pas répondu aux invitations de la faction aristocratique anti-Haendel, qui veut lui faire jouer le rôle de concurrent à cet illustre rival et contrer ses entreprises en matière d'opéra. C'est donc en l'absence de Hasse, sous la direction de Porpora et de Broschi, qu'est exécuté à Londres l'Artaserse dont la première représentation avait eu lieu à Venise en février 1730.

L'Électeur Auguste II meurt en 1733 et Hasse s'installe à Dresde, ayant été nommé maître de chapelle par le nouveau Prince Auguste III. Il bénéficie alors de conditions extrêmement favorables et partage son activité artistique entre la Cour de Saxe et les théâtres commerciaux italiens où il s'impose comme un musicien de premier plan, composant, surtout dans les années 1730 et 1740, jusqu'à cinq opéras par an.
Le début de la guerre de Sept Ans en 1756, qui contraint la Cour à quitter Dresde pour Varsovie, pousse le compositeur à effectuer un nouveau voyage en Italie et à écrire de nouveaux opéras pour les théâtres de Venise (Nitteti, 1758) et surtout de Naples (quatre opéras nouveaux de 1758 à 1760). En 1763, de retour à Dresde, Hasse participe à la réouverture de l'Opéra, où est créée sa nouvelle version de Siroe, Re di Persia. Le compositeur et son épouse, qui s'est retirée de la scène en 1751, sont cependant congédiés de la Cour sans aucune pension, l'éphémère Prince-Electeur Friedrich Christian (dix mois de règne) étant confronté à d'énormes difficultés financières.

Mais Hasse était encore trop jeune pour se reposer sur ses lauriers. Il partit pour Vienne avec sa famille et créa encore, en étroite collaboration avec Métastase, poète de la Cour, plusieurs opéras qui vinrent allonger la liste de ceux qu'il avait écrits. Sa dernière œuvre scénique fut l'opéra Il Ruggiero composé à l'occasion du mariage de l'Archiduc Ferdinand à Milan. À cette même occasion fut exécutée une œuvre de Mozart, qui avait alors 14 ans. Hasse aurait alors déclaré : « Questo ragazzo ci fara dimenticar tutti ! ». Cependant, la remarque est selon toute vraisemblance apocryphe : elle n'est pas attestée dans la correspondance de Hasse, ni dans celle de Leopold Mozart, mais coïncide avec des paroles qu'aurait prononcées Francesco Durante à propos de Christoph Willibald Gluck. Pour plaire à sa femme, Hasse finit par s'établir à Venise, d'où elle était native ; c'est là qu'il mourut.

Pendant toute sa carrière, il compose pas moins de 56 opéras ainsi que des oratorios, plusieurs dizaines de cantates et toutes sortes de pièces instrumentales. Pendant le siège de Dresde par les Prussiens en 1760, la plus grande partie de ses manuscrits furent détruits par un incendie alors que devait être publiée une édition complète aux frais de l'Électeur de Saxe. Quelques-uns de ses ouvrages, au nombre desquels l'opéra Alcide al Bivio (1760), ont été publiés et les bibliothèques de Vienne et de Dresde possèdent les manuscrits de quelques autres.

La décennie que passe le compositeur à Venise avant sa mort, si elle marque son retrait de la vie théâtrale, se caractérise par la poursuite de ses activités musicales. Il donne ainsi des leçons à de jeunes compositeurs tels l'Abbé Vogler, recommande Johann Gottlieb Naumann à la Cour de Dresde, et continue à composer ; on peut noter par exemple, parmi ces œuvres de la dernière partie de la vie de Hasse, deux cantates de chambre à deux voix sur des textes de Métastase (La Danza, 1775, et Il Ciclope, 1776), un Te Deum créé en mai 1782 à l'occasion de la visite du Pape Pie VI à Venise (la musique en est cependant perdue) et surtout trois missæ ultimæ (ses trois « dernières messes ») envoyées à Dresde, la dernière datée de 1783, année de la mort du compositeur alors âgé de quatre-vingt-quatre ans.

Faustina décède à Venise le 4 novembre 1781 d'une fièvre provoquée par un ulcère cancéreux. Hasse lui-même décède le 16 décembre 1783 d'une inflammation de poitrine ; il souffre alors depuis longtemps de la goutte.

 

Décès de Peter Eötvös.

par

Le monde de la musique perd à nouveau un de ses géants avec le décès, survenu ce dimanche 24 mars à Budapest, de Peter Eötvös. Il avait 80 ans.

Eötvös était né le 2 janvier 1944 à Székelyudvarhely (ville de Transylvanie alors hongroise et aujourd’hui roumaine) et avait été, dès sa plus tendre enfance, éduqué à la musique par sa mère pianiste.  A l’âge de 11 ans, sa victoire dans un concours de composition lui avait permis de rencontrer György Ligeti, qui l’avait poussé à se présenter à l'Académie de musique Franz-Liszt de Budapest devant le grand Zoltan Kodály.  Il y avait été reçu, faisant son entrée à 14 ans et étudiant non seulement la composition, mais aussi plusieurs instruments (flûte, piano, violon) et la direction d'orchestre.

Très vite, le jeune Eötvös devint musicien professionnel, accompagnant des films au piano ou à l’orgue Hammond mais composant aussi nombre de partitions pour des films ou des pièces de théâtre. En 1966, il avait été autorisé à poursuivre sa formation à l’étranger, se voyant attribuer une bourse pour étudier à Cologne, notamment auprès de Bernd Alois Zimmermann pour la composition.

Dans la foulée, il avait rencontré Karlheinz Stockhausen, qui l’engagea comme copiste et l’invita à travailler avec lui comme ingénieur au studio de la WDR de Cologne. Eötvös devint ainsi un des collaborateurs les plus proches du grand compositeur allemand, et dirigea notamment la création de Donnerstag aus Licht, un des opéras du cycle Licht. C’est de cette période allemande que datent aussi les premiers opéras de chambre d’Eötvös, Harakiri (1973) et Radamès (1975).

Compositeur fécond et au fait de toutes les dimensions techniques de la musique d’alors, le Hongrois avait aussi attiré l’attention de Pierre Boulez qui l’avait invité à diriger le concert inaugural de l'IRCAM à Paris en 1978 puis, dans la foulée, à devenir directeur musical de l'Ensemble intercontemporain, un poste qu'il allait occuper de 1979 à 1991. Il allait également être premier chef invité de l’Orchestre Symphonique de la BBC, puis directeur musical de l’Orchestre de Chambre de la radio hollandaise à Hilversum.

Le 13 mars 1998, Eötvös faisait une entrée remarquée dans le monde lyrique avec la création, à l’Opéra National de Lyon, de Trois sœurs, très belle adaptation de la pièce éponyme de Tchekhov dans laquelle les rôles de Olga, Masha et Irina étaient confiés à trois contre-ténors. Le livret, d’abord écrit en allemand, fut finalement traduit en russe. Dirigée par Kent Nagano, la création fut publiée en CD par Deutsche Grammophon, et l’œuvre connut une belle postérité dans diverses productions (parfois aussi avec des voix féminines pour les rôles des sœurs). On put d’ailleurs la voir à Bruxelles, la Monnaie accueillant en mars 2002 le spectacle lyonnais original sous la direction du compositeur.

L’espace d’une décennie, les opéras d’Eötvös, souvent basés sur des grands textes, allaient devenir les plus courus de la création lyrique. Il y eut ainsi Le Balcon d’après Jean Genet au festival d’Aix-en-Provence (2002),  Angels in America d’après la pièce éponyme de Tony Kushner sur l’émergence du sida (Paris, Théâtre du Châtelet, 2004), , Lady Sarashina sur un grand texte de la littérature japonaise ancienne (Lyon, 2008) ou Love and Other Demons  d’après De l’amour et autres démons de Gabriel Garcia Marquez (Glyndebourne,2008).