Le Journal

John Wilbye, 450 ans

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John Wilbye est un compositeur anglais de la Renaissance, baptisé le  et mort vers septembre 1638 à Colchester.

Né à Brome, près de Diss, dans le Suffolk, d'un père tanneur, il bénéficie pour son éducation du patronage de la famille Cornwallis. « À 25 ans environ, il entre au service de la famille Kytson à Hengrave Hall, près de Bury St Edmunds ». Il a les charges de l'enseignement de la musique aux enfants de la famille, de l'entretien des instruments, de la copie des partitions, ainsi que de la composition d'œuvres pour les divertissements privés de ses maîtres.
Quand Lady Élisabeth Kytson meurt en 1628, il accompagne Lady Rivers, la plus jeune des filles Kytson, dans sa résidence de Colchester. « À sa mort, il lègue une viole au Prince de Galles (futur Charles II), ce qui indique qu'il a été en contacts avec la cour »

« Il compte parmi les plus grands madrigalistes anglais, bien qu'il n'ait pas été particulièrement prolifique », car il ne publie que deux livres de madrigaux en 1598 et 1609.

Son style, influencé par Thomas Morley, est caractéristique d'une écriture vocale délicate et d'une attention aiguë au texte : il a d'ailleurs un goût pour la poésie introspective et mélancolique, bien en accord avec sa sensibilité. À la recherche constante d'une variété de couleurs, il « se plaît à isoler une voix (ou un demi-chœur) de l'ensemble ». À plusieurs reprises, l'harmonie est audacieuse, faisant usage tantôt de fausses relations entre les modes majeur et mineur, tantôt de « lignes qui tombent par degrés du supérius et du ténor syncopés, créant des discordances momentanées avec le reste de la polyphonie » C'est que le figuralisme chez Wilbye est toujours utilisé « comme une technique subtile destinée à rehausser la valeur expressive d'un mot ou d'une strophe ».

On ne connaît qu'une seule composition pour clavier de Wilbye. Elle a survécu dans le Clement Matchett's Virginal Book : il s'agit d'une transcription d'une gaillarde de John Dowland, The Frogge.

Kiri Te Kanawa célèbre son 80e anniversaire

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Ce 6 mars, la soprano néo-zélandaise Kiri Te Kanawa fête son 80e anniversaire.

Elle a étudié à Londres et a fait ses débuts en 1971 à l'Opéra de Covent Garden dans le rôle de la Fille aux fleurs dans Parsifal de Wagner.
En 1973, elle a chanté la Comtesse de Figaro au festival d'opéra de Glyndebourne, ce qui allait devenir l'un de ses rôles phares pendant de nombreuses années.
Elle fait ensuite ses débuts au Met en Desdemona en 1974, puis en Donna Elvira à Paris en 1975 sous la direction de Georg Solti, qui appréciait particulièrement sa voix.
Elle se produit sur toutes les grandes scènes et devient particulièrement populaire dans son pays d'adoption, l'Angleterre.
En 1984, Leonard Bernstein fait appel à elle pour l'enregistrement en studio de West Side Story et elle participe également à la création du Liverpool Oratorio de Paul MacCartney en 1991.
En 2009, elle a annoncé son départ de la scène, et l'une de ses dernières représentations a eu lieu à l'Opéra de Cologne où elle a chanté la Maréchale dans Le Chevalier à la rose.
À l'occasion de son 70e anniversaire, Warner Classics a publié un coffret de 4 CD qui offre un aperçu du vaste répertoire d'opéra de l'artiste.

Opéra de Florence : Carlo Fuortes succède à Alexander Pereira

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L'ancien directeur général de la Rai et manager culturel italien Carlo Fuortes a été nommé nouveau directeur de l'opéra de Florence "Maggio Musicale Fiorentino". Il remplace le Alexander Pereira qui a démissionné l'année dernière et qui fait l'objet d'une enquête pour détournement de fonds publics.

Après la démission de Pereira en février 2023, l'opéra de Florence a été placé sous la surveillance d'un commissaire du gouvernement,dont le mandat a entre-temps expiré. Pereira, qui dirigeait le prestigieux théâtre depuis 2019, avait tiré avec sa démission les conséquences d'une enquête du parquet en cours contre lui pour des soupçons de détournement de fonds du théâtre.

Une rareté à la Fenice

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La Fenice à Venise reprend Maria egiziaca d'Ottorino Respighi

A partir de vendredi et pour 5 cinq représentations, le Teatro La Fenice de Venise récupère l'un des opéras du compositeur Ottorino Respighi : Maria egiziaca, vraiment rare dans la programmation lyrique.

Sur un livret de Claudio Guastalla, elle fut créée en 1932 au Carnegie Hall de New York. Pleine d'archaïsmes, la partition contient des échos de chant grégorien, de musique de la Renaissance et de Monteverdi. Marie, une prostituée, ressent le besoin de se rendre à Jérusalem. Là, elle se repentira de ses péchés et un ange la conduira au désert, où elle priera jusqu'à la fin de ses jours. L'abbé Zosimo la trouve mourante et creuse sa tombe avec l'aide d'un lion.

La mise en scène sera assurée par Pier Luigi Pizzi et la direction de Manlio Benzi. Le rôle-titre revient à la soprano Francesca Dotto entourée de Vincenzo Costanzo, Michele Galbiati et Simone Alberghini.

Le Quatuor Kronos remodelé

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Le violoniste John Sherba et l'altiste Hank Dutt, deux des membres fondateurs du quatuor ultra-moderniste Kronos, ont décidé de prendre leur retraite après 46 ans.Ils seront remplacés par Gabriela Díaz, violon et Ayane Kozasa, alto.De la formation originale, il ne reste que le premier violon David Harrington.
Dutt a rejoint le groupe en 1977 ; lui et Harrington ont recruté Sherba en 1978.

Le label Chandos désormais dans le giron de Klaus Heymann

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L'un des derniers labels classiques indépendants, Chandos, a été vendu au fondateur de Naxos, Klaus Heymann.

En 44 ans, Chandos a constitué un catalogue de 3 000 enregistrements, servant de rampe de lancement à des artistes d'époque tels que Mariss Jansons, Neeme Jarvi, Edward Gardner et feu Richard Hickox.

"Le Déserteur" de Pierre-Alexandre Monsigny, 255 ans

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Le Déserteur est un opéra-comique (« drame en prose mêlé de musique ») en trois actes et quatre tableaux sur un livret de Michel-Jean Sedaine, créé le 6 mars 1769 à l'Hôtel de Bourgogne par la troupe de la Comédie-Italienne.

Inspirée d'un fait divers récent -survenu en 1767 devant Louis XV-, l’œuvre mêle pour la première fois tragédie et vaudeville dans ce genre théâtral. Créée en présence notamment des Ducs d'Orléans et de Chartres, elle connaît un succès immédiat et restera au répertoire de l'Opéra-Comique jusqu'au début du XXe siècle.
Elle est ainsi reprise le 1er avril 1790 au Théâtre-Italien (salle Favart) avec Jean Elleviou dans le rôle d'Alexis, le 28 juillet 1802 au théâtre Feydeau et le 30 octobre 1843 à l'Opéra-Comique (salle Favart) dans une nouvelle orchestration d'Adolphe Adam, sous l'appellation « opéra-comique ». La dernière représentation y a lieu le 26 octobre 1911.

Lorin Maazel, 95 ans

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Chef d'orchestre, violoniste et compositeur américain, Lorin Varencove Maazel est né le  à Neuilly-sur-Seine et mort le  en Virginie à l'âge de 84 ans.

Après des débuts précoces d'enfant prodige aux États-Unis, il connaît une carrière de chef d'orchestre aussi bien en Europe que sur le sol américain, en tant que directeur musical de certains orchestres et opéras parmi les plus prestigieux du monde, notamment l'Orchestre de Cleveland, l'Orchestre National de France, l'Orchestre Symphonique de la radiodiffusion bavaroise et l'Orchestre Philharmonique de New York. Malgré un caractère autoritaire et les reproches quant à son obsession du détail au détriment de la forme et de l'expression, il reste admiré pour sa mémoire infaillible, et pour l'activité qu'il a menée sans relâche jusqu'à un âge avancé. Il laisse également un important legs discographique couvrant essentiellement le répertoire orchestral romantique et post-romantique, ainsi que l'opéra, de Mozart à Puccini.

Né dans une famille de musiciens américains, il est élevé par ses parents Lincoln Maazel (chanteur et comédien, par exemple dans le film de 1977 "Martin") et Marion Shulman Maazel, à Los Angeles aux États-Unis, où ils retournent en 1930 Son grand-père Isaac Maazel, juif d'origine russe, est violoniste au Metropolitan Opera. Lorin reçoit ses premières leçons de violon à l'âge de cinq ans auprès de Karl Moldrem, et de direction orchestrale à l'âge de sept ans auprès de Vladimir Bakaleïnikov, ami de la famille et chef associé de l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles.

Il fait ses débuts en public à l'âge de huit ans avec l'orchestre de l'Université de l'Idaho, dirigeant la Symphonie Inachevée de Franz Schubert, et il dirige un grand nombre d'orchestres américains entre neuf et quinze ans, notamment l'Orchestre Symphonique de la NBC en 1941, à l'invitation d'Arturo Toscanini, l'Orchestre Philharmonique de New York au Lewisohn Stadium en 1942, et l'Orchestre de Cleveland en 1943.

Il poursuit des études à l'Université de Pittsburgh où il entre en 1946, à 16 ans, et étudie les langues, les mathématiques et la philosophie, tout en jouant comme violon au sein de l'Orchestre Symphonique de Pittsburgh dont il devient aussi chef assistant en 1949.
Il fonde à la même époque le Fine Arts Quartet of Pittsburgh.
Il est également invité par Serge Koussevitzky pour se produire au festival de Tanglewood, en 1951 et de nouveau en 1952.

Il bénéficie d'une bourse Fulbright qui lui permet d'achever sa formation en Italie à partir de 1951, pour étudier la musique baroque. Résidant à Milan, il fait ses débuts de chef sur le sol européen à Catane, au théâtre Bellini où il remplace un chef souffrant, le .

Lorin Maazel acquiert bientôt une réputation grandissante. Le , il fait ses débuts à La Scala de Milan, dans un concert symphonique où il accompagne le violoniste Leonid Kogan.
En 1960, à trente ans, il est le premier chef américain et le plus jeune chef de l'histoire à être invité au festival de Bayreuth, pour diriger le Lohengrin de Wagner. La même année, il fait ses débuts à Londres avec le BBC Symphony Orchestra dans une exécution de la Symphonie n° 2 de Mahler avec Maureen Forrester. L'année suivante, il est appelé à diriger le Boston Symphony Orchestra. En 1963, il est cette fois invité au festival de Salzbourg5.

Il obtient son premier poste permanent à la Deutsche Oper de Berlin en 1965, où il prend la succession de Ferenc Fricsay, ainsi qu'à la tête de l'orchestre résident, le Radio-Symphonie-Orchester, avec lequel il crée l'opéra Ulisse de Luigi Dallapiccola. Il permet aussi à la Deutsche Oper de se produire au Kennedy Center de Washington, lors de sa dernière saison comme directeur musical, en 1975, pour une série de représentations de Lohengrin dans une mise en scène de Wieland Wagner.

Chef assistant (apprentice conductor) de Otto Klemperer au New Philharmonia Orchestra (1970-1972), Lorin Maazel obtient bientôt un poste prestigieux, à la tête de l'Orchestre de Cleveland, où il succède à George Szell en 1972, après deux ans d'intérim de Pierre Boulez.

Très respecté et admiré, notamment pour sa profonde connaissance du répertoire romantique et des œuvres de Gustav Mahler, Jean Sibelius, Giacomo Puccini ou encore Richard Strauss, dirigeant toujours de mémoire, il est successivement le directeur musical de certains des plus grands orchestres du monde. Il est aussi l'un des chefs les plus souvent invités par l'Orchestre Philharmonique de Vienne, qu'il dirige notamment dans onze concerts du nouvel an, entre 1980 et 2005 (dont neuf fois en dirigeant du violon).

Directeur musical du New York Philharmonic à la suite de Kurt Masur, entre 2002 et 2009, Lorin Maazel crée dès son entrée en fonction la pièce On the Transmigration of Souls, composée par John Adams en hommage aux victimes des attentats 11 septembre. L'œuvre et l'enregistrement dont elle fait l'objet reçoivent le Prix Pulitzer de musique et trois Grammy Awards (meilleure composition contemporaine, meilleur enregistrement orchestral et meilleur album de musique classique).
Lorin Maazel fait de nouveau l'actualité avec l'orchestre new-yorkais en dirigeant un concert à Pyongyang, en Corée du Nord, au cours d'une tournée asiatique, le . L'événement est présenté comme un acte de diplomatie culturelle, mais est fortement critiqué sur le sol américain6. Il quitte son poste au terme de la saison 2008-2009, et ne conserve que des postes permanents sur le sol européen, à l'Opéra de Valence et l'Orquestra de la Comunitat Valenciana, qu'il dirige depuis sa création en 2006, et à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Munich de 2011 jusqu'à sa mort, en 2014.

Au cours de sa carrière, pendant 72 ans, il dirige plus de deux cents orchestres différents, au cours de 7 000 concerts et de représentations d'opéra, demeurant très actif jusqu'à la fin de sa vie avec plus d'une centaine de concerts par an..

Il reçoit le Prix Sibelius en Finlande, est fait commandeur de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne, et deux fois commandeur de la Légion d'honneur par le gouvernement français. Lorin Maazel a été honoré en  d'un buste à son effigie à l'Opéra de Vienne, aux côtés de Gustav Mahler et de Herbert von Karajan.

Il connaît toutefois plusieurs conflits avec les musiciens sous sa direction, notamment à ses débuts au Royal Opera House en 1978, pour Luisa Miller, et à l'Opéra d'État de Vienne, où son contrat de quatre ans est rompu après seulement deux ans, en 1984. Son successeur à la tête de l'Orchestre de Cleveland, Christoph von Dohnanyi, relaie également les critiques de ses musiciens, qui reprochent à Maazel son autoritarisme et son unique souci de battre la mesure au détriment du phrasé. Mais sa plus grande déception concerne la succession d'Herbert von Karajan à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, qu'il espérait, avant qu'elle n'aille dans une relative surprise à Claudio Abbado.
Par la suite, Lorin Maazel décide de ne plus se produire avec cet ensemble, qu'il dirigera néanmoins en 2000 lors d'un concert Wagner dont l'enregistrement est disponible dans les archives de la Philharmonie, et dont le programme est identique à celui d'un concert qu'il avait dirigé avec cet orchestre en 1987.

Ses interprétations sont également parfois critiquées, à partir des années 1980 surtout, pour un souci excessif du détail au détriment de la forme et de l'expressivité, reproches qui culminent notamment dans ses interprétations tardives de Mahler.

Au printemps 2014, en raison de son état de fatigue, Lorin Maazel est contraint de quitter son poste de directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de Munich et annonce l'annulation de ses engagements pour la saison 2014-2015, afin de se reposer. Il faut attendre une année entière pour que l'orchestre en question trouve un successeur.

Lorin Maazel meurt le  des suites d'une pneumonie, pendant le festival de Castleton, fondé en 2009 par le chef et son épouse, dans l'ancienne ferme où ils résident, en Virginie. Il avait dirigé quelques jours auparavant, le Madame Butterfly de Giacomo Puccini, pour l'ouverture du festival.

Kyrill Kondrashin, 120 ans

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Le chef d'orchestre russe Kirill Kondrashin (en russe : Кирилл Петрович Кондрашин) est né le  à Moscou et mort le  à Amsterdam. En 1960, il remporte un Grammy Awards de la meilleure performance classique -concerto ou soliste instrumental, avec orchestre.

Kirill est né dans une famille de musiciens moscovites : son grand-père était tromboniste, son père, Piotr Kondrachine, était altiste et sa mère, violoniste à l'orchestre du Bolchoï. Vers six ou sept ans, il commence l'étude du piano, notamment des cours privés avec Constantin Chtchedrine ; mais la musique semble peu l'intéresser.

À quatorze ans, il se prend d'un grand intérêt pour l'orchestre en tant qu'« instrument », et prend des leçons privées avec Nikolaï Djouliaïev (théorie, composition, direction, orchestration), qui vont décider définitivement de sa vocation comme chef d'orchestre.

En 1931, il entre dans la classe de direction d'orchestre au Conservatoire avec Boris Khaïkine (1904-1978), dans la droite filiation avec Rimski-Korsakov, puis Nikolaï Malko. Il obtient ses premiers engagements comme chef au Théâtre pour Enfants et au Théâtre d'Opéra Stanislavsky de Moscou. Il reçoit également des leçons d'Alexandre Gaouk.

En 1934 il est engagé comme chef assistant au théâtre Nemirovitch-Danchenko de Moscou. Il y fera ses débuts dans Les Cloches de Corneville de Planquette ().

Il poursuit ses études jusqu'en 1936 (sanctionné par un premier prix), mais obtient avant même son examen un poste au Petit Théâtre dramatique (Maly Téatr) à Léningrad, en même temps que Boris Khaïkine. Se distingue dans Pompadour d'Andreï Pachtchenko (1939), La fanciulla del West de Puccini et Kalinki de Mikhaïl Tcheriomoukhine. Il y restera jusqu'en 1943, en ayant la possibilité de diriger d'autres orchestres.

En 1938, il obtient un prix d'honneur au Grand concours de direction d'orchestre de l'Union : pour la virtuosité de sa technique de direction et la qualité de sa pédagogie avec les orchestres.

Tout juste âgé de vingt-neuf ans, à la suite d'un concert triomphal avec l'Orchestre du Bolchoï à Moscou, organisé à l'initiative de Boris Khaïkine et Dmitri Chostakovitch, il est nommé chef permanent du Théâtre Bolchoï à Moscou. Il y restera de 1943 à 1956.

Ce sera le temps de nombreuses productions -y compris des mises en scène. On peut citer parmi elles : La Fiancée vendue de Smetana, La force ennemie d’Alexandre Serov, La Demoiselle des neiges de Rimski-Korsakov (1943), Rouslan et Ludmila de Glinka, Le Prince Igor de Borodine, Halka de Moniuszko.

Après la guerre, il commence à diriger des concerts symphoniques. Vont se suivre les trois premiers Concertos pour piano de Prokofiev en un concert, avec Yakov Zak () ; un cycle de concerts avec David Oïstrakh sur les grands concertos pour violon ; la première du Concerto pour violon de Nikolaï Rakov, dédié à Oïstrakh (enregistré) (1947/48) ; un cycle de concerts sur les grands concertos pour piano avec Emil Gilels et divers orchestres, dont l'Orchestre Philharmonique de Moscou, l'Orchestre de la radio de l'URSS, l'Orchestre d'État de Moscou, la Philharmonie de Leningrad...

En 1949, il est appelé, notamment sous l'impulsion de son ami David Oïstrakh, à faire de nombreuses tournées à l'étranger.

Après treize ans, Kondrachine démissionne en affirmant que cette maison est un temple du conservatisme et qu'il lui est impossible d'y monter des spectacles de musique contemporaine, outre les changements continuels de musiciens et le manque de répétitions. Il devient chef itinérant, se produisant avec un grand nombre d'orchestres (Louhansk, Kharkov, Sverdlovsk, Rostov) et accompagnant de grands solistes, tels que Sviatoslav Richter, Mstislav Rostropovitch ou Leonid Kogan.

En 1958, le premier Concours de Piano Tchaïkovski et le triomphe de l'Américain Van Cliburn exposent Kondrachine aux médias du monde entier et lui assurent une réputation internationale.

Il est le premier chef d'orchestre soviétique à diriger aux États-Unis et le premier artiste soviétique à être reçu à la Maison-Blanche par Eisenhower. Suivent des disques : Concerto pour piano no 1 de Tchaïkovski avec Van Cliburn avec l'Orchestre RCA Victor. Enfin la tournée se termine avec la représentation d'un opéra à Chicago : Madame Butterfly, avec Renata Tebaldi et Giuseppe Di Stefano.

Il devient directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de Moscou de 1960 jusqu'à son départ de l'URSS en 1975 et élevant l'orchestre à un niveau international. Il entreprend des tournées avec l'orchestre de Moscou dès 1963 en URSS d'abord, puis à l'étranger.

Kondrachine était un grand pédagogue et adorait enseigner. Il fut titulaire de la classe d'orchestre au Conservatoire de Moscou et donna leur chance à de nombreux jeunes chefs de l'école russe, Oleg Caetani, Igor Golovchine ou Woldemar Nelsson et Vassili Sinaïski qui furent ses assistants à Moscou.

Kondrachine reçut la médaille de la Société internationale Mahler (basée à Vienne) pour ses activités de promoteur de la musique de Mahler en URSS, notamment par des enregistrements historiques.

Il a écrit trois livres sur la direction d'orchestre et un sur les symphonies de Tchaïkovski.

En , Kondrachine décide de passer à l'Ouest, « afin de jouir entièrement de sa liberté artistique », laissant ses trois fils en URSS. Il est reçu par les Pays-Bas où Bernard Haitink lui propose de partager avec lui le poste de chef permanent du Concertgebouw d'Amsterdam, orchestre qu'il avait régulièrement dirigé depuis 1968. Il dirige aussi régulièrement l'Orchestre de la Radio Bavaroise.

Aux Pays-Bas, il épouse son assistante interprète, la musicologue Nolda Broekstra (née en 1944). À leur première rencontre vers 1975, Nolda Broekstra avait trente ans de moins et ne parlait pas russe ; tous deux étaient mariés et ne parlaient pas couramment l'anglais. Pourtant, ils sont tombés amoureux, ont essayé d'être ensemble quand ils le pouvaient et ont échangé des lettres. Nolda Broekstra commença diligemment à étudier le russe et l'anglais et maîtrisa rapidement les deux langues. Leur vie de couple aux Pays-Bas a été courte, Kondrachine étant décédé d'une crise cardiaque à Amsterdam : il meurt dans la nuit du 7 au , à l'issue d'un concert qu'il avait donné au pied levé, à la tête de l'Orchestre Symphonique de la NDR de Hambourg. Il y dirigeait la 1ère Symphonie de Mahler.

On ne connait presque rien de sa carrière à l'opéra jusqu'en 1956, mais il semble que Kondrachine ait été empêché ensuite d'y revenir.

Son répertoire était largement plus vaste que ne le laisse penser sa discographie. Ainsi les classiques Mozart, Haydn, Mendelssohn, Schubert ou Schumann étaient couramment joués, mais il reste très peu de traces de ce travail. De même il est très surprenant de trouver si peu de Tchaikovski alors qu'on sait les affinités qu'il entretenait avec ce compositeur par ses livres ou de rares concerts parvenu jusqu'à nous, comme les interprétations avec le Concertgebouw.

Spécialiste de la musique russe et particulièrement de Dmitri Chostakovitch dont il a créé les 4e et 13e (Babi Yar) Symphonies en 1961 et 1962, il enregistre également les Danses symphoniques de Sergueï Rachmaninov.

Il a également réalisé des gravures de la quasi-totalité des symphonies de Gustav Mahler- dont les 5e et 7e.

Ses collaborations avec Oïstrakh, Kogan, Richter ou Janis ont donné quelques-uns des plus grands disques de l'histoire de l'enregistrement.

Concours Reine Elisabeth, 69 candidats pour la Première épreuve dont une Belge

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209 candidats ont soumis leur candidature fin 2023 : ils devaient s’inscrire sur le site du Concours et proposer un enregistrement vidéo où ils interprétaient différents morceaux imposés, une sonate pour violon seul de Johann Sebastian Bach, un caprice de Niccolò Paganini, le premier mouvement d’une sonate (ou sonatine) de Mozart,  Beethoven ou Schubert et une œuvre au choix avec accompagnement de piano.

Un jury international, présidé par Gilles Ledure et composé de : Augustin Dumay, Lorenzo Gatto, Philippe Graffin, Victor Kissine, Tatiana Samouil et Vineta Sareika a sélectionné 70 candidats pour la première épreuve, et après un désistement, ils ne sont plus que 69. Parmi eux, une jeune violoniste belge dnt nous avons eu l'occasion de parler à plusieurs reprises, Pauline Van der Rest, qui n'en est pas à ses premiers pas.

On entendra 32 hommes, 37 femmes, 24 nationalités, avec une majorité de candidats américains : ils sont 13, suivis de près par les candidats chinois, 11, et pour une fois, on ne pourra plus parler de vague coréenne, puisqu’ils ne sont que 6.

4 candidats russes ont été retenus, avec 2 candidats ukrainiens, le Concours ne voulant pas pénaliser les candidats provenant de ces 2 pays en conflit.

Le profil de chaque candidat est en ligne sur le site du Concours.

Pauline van der Rest est née à Bruxelles en août 2004.

Elle fait ses débuts au violon à l’âge de 7 ans avec Igor Tkatchouk, d’abord en privé, et depuis 2016, en tant que Jeune Talent à l’IMEP de Namur. Depuis 2020, elle étudie avec Boris Garlitsky à la Folkwang Universität der Künste de Essen, en Allemagne.

Elle participe chaque année avec succès à des compétitions nationales ou internationales, et collectionne déjà 17 premiers prix.

Parmi ces concours : Concorso Postacchini en Italie, Concours International Grumiaux à Bruxelles, Concours International d’Odessa en Ukraine , Concours Spohr en Allemagne.

Elle a été élue « Jeune Talent de l’année 2018 » de la province de Namur .

Pauline est régulièrement invitée à des festivals, notamment Art Dialog en Suisse, le Festival musical de juillet de Saint-Hubert, Musicorum de Bruxelles, le Festival d’Auvers-sur-Oise en France, mais également au Portugal, en Estonie, en Ukraine, en Italie, en Turquie, en Allemagne, en Grèce, en Croatie, en Suède, et en Russie : la fondation Spivakov de Moscou l’a sélectionnée pour représenter l’école russe en Belgique. Pauline a participé au concert donné à Maredsous en hommage à Arthur Grumiaux, avec l’ensemble Arthur Grumiaux.

Pauline a joué avec divers orchestres dont l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, ainsi que la Musique Royale des Guides et l’Ensemble Grumiaux. Elle a joué dans des salles renommées, telles que Bozar et Flagey à Bruxelles, la Salle Philharmonique de Liège, la Laeiszhalle à Hambourg, la Maison Internationale de La Musique de Moscou.

Elle a suivi des masterclasses avec Albert Markov, Aleksey Semenenko, Boris Garlitsky, Hrachya Avanesyan, Iossif Ivanov, Lorenzo Gatto et Leonidas Kavakos. Ce dernier lui a donné l’occasion exceptionnelle de recevoir une bourse lui permettant de suivre des cours avec lui en 2020 et en 2021.