Le Journal

La garde-robe de Teresa Berganza

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"Combien de fois Teresa Berganza, avec son savoir faire rossinien, a-t-elle chanté cette phrase dans laquelle Rosine découvre qu'elle est la bien-aimée de son Lindoro !
Cette citation de Il barbiere di Siviglia sert de publicité à l'exposition qui présente à la Escuela Superior de Canto de Madrid une sélection de la garde-robe de l'éminente chanteuse madrilène. Là, où Berganza a étudié avec sa bien-aimée Lola Rodríguez Aragón, sont présentés quelques-uns des beaux costumes qui ont marqué la carrière de la mezzo-soprano. Dès le début de sa carrière professionnelle, Teresa Berganza s'est attachée à faire appel aux meilleurs stylistes pour ses costumes de concert. Elle tenait également un journal détaillé de la robe qu'elle portait pour chaque concert et dans chaque ville, afin de ne pas répéter le même style dans la même ville.

Des noms comme Balenciaga, Bernhayer, Caruncho, Azzaro, Dior, Lacroix, Saint Laurent, ont jalonné une belle carrière de chanteuse, de la robe de cocktail des années 50 d'Enrique Caruncho à l'ensemble de gaze noire et de paillettes du début des années 2000 de Loris Azzaro, en passant par l'étincelant modèle de Christian Lacroix [photo] spécialement créé pour l'ouverture de l'Opéra Bastille en 1989, chaque pièce est accompagnée dans l'exposition de sa fiche technique complète et d'une photographie de Teresa Berganza portant le modèle.

A Stockholm, Víkingur Ólafsson transforme les Variations Goldberg en un voyage spatial poétique

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En compagnie de Vikíngur Oláfsson, les Variations Goldberg deviennent une promenade printanière -non pas sur les sommets des montagnes, mais bien à travers les labyrinthes du jardin baroque, où des arabesques éblouissantes et des danses de cour ensoleillées viennent de résonner alors que l'obscurité descend autour de la couveuse au crépuscule. Le mathématicien à l'esprit clair, le pianiste au toucher sec et clair se métamorphosent dans la quinzième variation en expressionniste chargé d'émotion à partir d'albums qui mélangent les genres comme "Bach reworked" et l'élégant "Glassworks". Juste au moment où l'auditeur commence à se sentir en sécurité dans la virtuosité arrogante de Vikíngur Ólafsson, la réalité éclate en rubatos assourdis et en accords mineurs brisés, comme si les brumes s'étaient dissipées et que le château dans le parc était devenu une ruine.

Il faut un moment avant que le pianiste s'arrête de jouer. Le mouvement de la musique se propage dans la salle, alors que les pas et les voix qui semblent littéralement provenir de la musique s'avèrent réels.

 

Tournée en Europe pour l'OSM

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L’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM) entreprendra le 19 novembre prochain une tournée de huit villes européennes.
Dirigé par le chef Rafael Payare, il s’arrêtera d’abord à Londres, puis au Luxembourg, à Paris, à Hambourg, à Berlin, à Amsterdam, à Munich et à Vienne.

C’est le pianiste russe Daniil Trifonov qui accompagnera l’OSM durant cette tournée -la quatrième de Rafael Payare depuis qu’il a pris la tête de l’orchestre.

Les compositrices françaises sont moins programmées que les compositeurs, une surprise ?

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Les compositrices de musique classique sont moins jouées que les compositeurs. C’est l’enseignement principal de l’étude « Compositrices : quelle place dans les programmations françaises ? » Pour arriver à ce constat, 3 365 programmes de musique classique d’orchestres, d’opéras, de festivals et de lieux de diffusion de musique classique de la saison 2022-2023 en France ont été passés au peigne fin.

Sur les 14 892 œuvres jouées sur cette période, seulement 951 ont été écrites par des femmes et les compositions masculines représentent 96 % du temps total de programmation en France.

A l’Opéra, les compositrices sont moins jouées que dans les autres salles. Seulement 4 % des œuvres programmées, et quatre opéras, ont été conçus par des femmes.

Midori Seiler au festival de musique ancienne de Cologne à partir de 2025

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La violoniste Midori Seiler sera la nouvelle directrice artistique du zamus : early music festival, qui a lieu chaque année en mai à Cologne, à partir de 2025.
L'artiste, qui vit à Cologne, enseigne le violon baroque à l'Université Folkwang des Arts d'Essen et est très demandée à l'échelle internationale, assurera la direction artistique du festival pendant trois ans (de 2025 à 2027). Elle succède ainsi à Ira Givol, conformément au principe de rotation. Depuis 2020, le violoncelliste a considérablement renouvelé et enrichi le célèbre zamus : early music festival, qui met l'accent sur la musique ancienne. Ira Givol présentera sa dernière édition du festival du 21 au 29 mai 2024 à Cologne.

 

Création de "Hymn" à Barcelone

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Le 10 mars, le concours international de musique María Canals entamera sa 69e édition au Palau de la Música Catalana de Barcelone. Cette année, 73 candidats de 32 nationalités différentes ont été sélectionnés pour participer aux différentes phases du concours et remporter plus de 80 000 euros de prix.

Dans le but de soutenir la création contemporaine et d'encourager son exécution parmi les jeunes générations de pianistes, ainsi que sa diffusion auprès du public, les organisateurs du concours commandent depuis des années une nouvelle œuvre à différents compositeurs. En 2024, l'élue est la compositrice et pianiste Sira Hernández, qui a composé l'œuvre Hymn. L'œuvre peut être choisie par les candidats pour faire partie de leur audition.

Selon Sira Hernández, lorsque, fin mai 2023, le Concours María Canals m'a demandé de composer et d'écrire une nouvelle œuvre pour piano, il m'a semblé que la chose la plus appropriée à faire était d'écrire une pièce qui soit un hymne à la Vie et à l'Espérance. Et quoi de mieux qu'un Hymne ? Un hymne qui montrerait la force et la vitalité de la jeunesse, ainsi que la volonté et l'espoir de surmonter et de s'élever au-dessus de ce qui se passe dans le monde. C'est donc un hymne à la vie et à l'espoir.

Sira Hernández, née à Barcelone, a fait ses débuts à l'âge de 16 ans dans l'auditorium du Conservatoire G. Verdi de Turin. Elle y étudie la musique sous la direction de Remo Remoli, disciple d'Arturo Benedetti Michelangeli, et de Felice Quaranta, alors directeur du conservatoire, ainsi que compositeur et pianiste de renom.

Après avoir terminé ses études à Turin, elle retourne à Barcelone où elle perfectionne ses études de piano à l'Académie Marshall où elle travaille avec Alicia de Larrocha. Entre 1993 et 1994, elle étudie le contrepoint et la fugue ainsi que la composition avec Manuel Oltra, prolongeant ainsi les études quelle avait commencées avec Felice Quaranta à Turin, et commence ensuite ses études d'improvisation avec Emilio Molina, professeur à l'Escuela Superior de Música de Cataluña (ESMUC) et à l'Escuela Superior de Música Reina Sofía.

Elle a participé, en tant qu'interprète et compositrice, à différents cycles de concerts et festivals internationaux.

Au disque, elle a reçu des critiques exceptionnelles pour ses enregistrements de compositeurs tels que D. Scarlatti, J. S. Bach, F. Chopin, I. Albéniz et M. Oltra, et ses enregistrements de la Música Callada de F. Mompou et du Padre Antonio Soler ont été salués par les critiques musicaux spécialisés.

Outre son activité d'interprète, Sira Hernández a collaboré et développé différents projets artistiques en tant que compositrice, avec des danseurs, des acteurs, des poètes et des artistes plasticiens, proposant des récitals et des spectacles où la musique entre en dialogue avec les autres arts.

L'Initiación a la Sombra, inspirée par les vers d'Ángel Crespo, son étroite collaboration avec Pablo Arán, premier danseur de la compagnie Wüpperthal Tanztheater de Pina Bausch, ou ses projets avec la plasticienne Stella Rahola ou l'acteur Manuel Galiana, entre autres, ont conduit Sira Hernandez à développer des projets artistiques en tant que compositrice avec des danseurs, des acteurs et des poètes, à se plonger dans le domaine de la composition, ce qui l'a amenée en 2017, au Teatre Akademia de Barcelone, à créer sa propre musique pour piano dans le spectacle "L'altra voce", du metteur en scène et chorégraphe italien Moreno Bernardi, inspiré par les vers du grand poète italien Alda Merini.

Buchbinder passe la main

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Le Festival de Grafenegg, près de Vienne, a été fondé par le pianiste Rudolf Buchbinder en 2007 qui le dirige depuis lors.

A 77 ans, Buchbinder a décidé de céder son poste de directeur artistique à l'Autrichien Johannes Neubert, actuellement à la tête de l'Orchestre National de France. Buchbinder deviendra président de Grafenegg.

Né en 1969 à Iéna, Johannes Neubert a déjà occupé de 2005 à 2010 le poste de directeur opérationnel du festival de Grafenegg qu'il a cofondé. En 2011, il est devenu directeur général de l'Orchestre symphonique de Vienne, avant de rejoindre en 2019 l'Orchestre national de France/Radio France en tant que directeur opérationnel. La nouvelle nomination de Neubert à Grafenegg s'est faite en étroite concertation avec Buchbinder, a-t-on appris.

En tant que directeur artistique, Neubert sera responsable de toutes les manifestations propres au festival de Grafenegg, dont les concerts de l'Orchestre des musiciens en résidence et les programmes éducatifs tels que la Grafenegg Academy et la résidence de l'European Union Youth Orchestra. L'accent doit continuer à être mis sur la saison estivale des festivals. Il ne peut pas encore annoncer de détails sur la saison 2027.

Un nouveau directeur au BBC Orchestra

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Le BBC Concert Orchestra, qui était destiné à être fusionné avec le Symphony Orchestra dans le cadre des réductions prévues l'année dernière, a reçu une nouvelle assurance de sa sécurité avec l'embauche d'un nouveau directeur, qui commence à travailler ce mois-ci.

Il s'agit de Matthew Swann, ancien directeur général du City of London Sinfonia.

"Quatuor à cordes" de Maurice Ravel, 120 ans

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Composé entre décembre 1902 et avril 1903, le Quatuor en fa majeur est la seconde œuvre de chambre que Ravel compose. Il a 27 ans. Elle est dédiée à son professeur de composition, Gabriel Fauré, et inspirée par le Quatuor en sol mineur de Claude Debussy qui la précède de dix ans.
Debussy se montre très enthousiaste au sujet de l'oeuvre de Ravel, parvenant même à dissuader l'auteur indécis de modifier son finale « Au nom des dieux de la musique, et au mien, ne touchez à rien de ce que vous avez écrit de votre Quatuor » lui écrit-il.

Pierre Cochereau, 40 ans

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Organiste, improvisateur, pédagogue et compositeur français, Pierre Cochereau est né à Saint-Mandé (Val de Marne) le  et mort le  à Lyon.

Pierre Cochereau choisit la musique après ses études secondaires et une année de droit. Après avoir commencé l'orgue avec Marie-Louise Girod, et travaillé ensuite avec André Fleury, il entre au Conservatoire national de musique de Paris où il reçoit l'enseignement de Marcel Dupré, Maurice Duruflé, Henri Challan, Noël Gallon, Tony Aubin, Norbert Dufourcq. Il y obtient les premiers prix d'orgue, d'harmonie, d'écriture et d'histoire de la musique. Marcel Dupré avait très tôt reconnu son talent, et dira de lui, plus tard, qu'il était « un phénomène sans équivalent » Dès 1942, il est titulaire de l'orgue de Saint-Roch et devient en 1955 titulaire des grandes orgues de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, sans concours. Il avait en réalité déjà joué cet instrument, au cours d'une messe, improvisant un offertoire, sous les yeux de Léonce de Saint-Martin, alors titulaire.

Il fait de cette tribune un lieu d'accueil pour les organistes du monde entier auxquels il cède ses claviers tous les dimanches après-midi pour des auditions d'une heure au cours desquelles tous les styles d'œuvres pour orgue auront droit de cité. Ces concerts présentés par Jehan Revert, maître de chapelle de Notre-Dame, sont à sa demande systématiquement enregistrés, ce qui fait de ces archives un témoignage du « jeu » organistique aux XXe et XXI siècles. Il fait preuve d'éclectisme pour le répertoire propre à cet instrument, admettant lors de ces auditions les œuvres les plus modernes à son époque d'Arvo Pärt à Iannis Xenakis, en passant par des compositeurs sous-estimés tels Georges Delerue qui lui écrivit une Sonate pour trompette et orgue.

Au long des trente années qu'aura duré son titulariat, Pierre Cochereau a à cœur d'entretenir puis de relever « son » orgue, chef-d’œuvre (1868) du facteur Aristide Cavaillé-Coll, entre 1963 et 1975. À cette fin, il fait d'abord appel à Jean Hermann puis, à la mort de celui-ci, à Robert Boisseau et Jean-Loup Boisseau. Sous son égide, puis celle de ses successeurs, ceux-ci (auxquels il convient d'associer Bertrand Cattiaux) feront de cet instrument ce qu'il était avant l'incendie de la Cathédrale. Mais les avis seront très partagés quant aux adjonctions qu'il « subit » dans les années 1960-1970 (impliquant entre autres son électrification et sa réharmonisation et le dépavillonnage des fonds, donc la transformation profonde d'un chef-d’œuvre de Cavaillé-Coll) et aux travaux ultérieurs, qui par certains aspects reviendront d'ailleurs en arrière.

Contrairement à la plupart de ses collègues de l'époque, Pierre Cochereau est, avec les Souberbielle, Jean-Albert Villard et quelques autres organistes un peu plus jeunes, tels Michel Chapuis, Francis Chapelet ou encore Xavier Darasse pour ne citer que les plus emblématiques, très compétent en matière de facture d'orgue, qu'elle soit orientée vers un retour à la « tradition » ou empreinte de modernité. Le travail manuel ne lui est pas étranger, pas plus que ne lui sont étrangères les compétences en matière d'administration.

Il est aussi directeur du Conservatoire du Mans de 1949 à 1956, de celui de Nice de 1961 à 1979 et est enfin chargé de créer ex nihilo à Lyon, à côté du CNR, le second Conservatoire national supérieur de musique en France, dont il reste le directeur de 1980 jusqu'à sa mort en 1984.

En plus d'être un grand organiste aux interprétations à la fois brillantes et respectueuses de la tradition du répertoire d'orgue classique, romantique et contemporain, il est réputé pour ses dons exceptionnels et son solide métier d'improvisateur. Du fait de leur richesse d'invention et de leur perfection formelle, nombre de ses improvisations sont publiées en partition et réenregistrées par d'autres interprètes, ce qui est rare (un autre cas connu étant les improvisations de Charles Tournemire).

Pierre Cochereau est aussi un « organiste d'église » aussi présent à sa tribune que sa carrière de concertiste et de pédagogue le lui permet. Sa connaissance du chant grégorien et plus généralement de la musique liturgique font de ses interventions au cours des offices, soit en accompagnant soit en improvisant, d'inoubliables moments de musique. Il inaugure des orgues restaurés, comme par exemple à Beauvais ou celui de l'Auditorium Maurice-Ravel de Lyon.

Pierre Cochereau est le premier à sortir « physiquement » l'orgue de ses lieux de prédilection, en faisant des tournées, accompagné le plus souvent de son ami trompettiste Roger Delmotte, avec son orgue « itinérant » à tuyaux, d'une dizaine de jeux (facteur : Philippe Hartmann) qu'il transporte dans une remorque attelée à l'une de ses automobiles.

Pierre Cochereau est aussi avec Pierre Firmin-Didot cofondateur du Grand Prix de Chartres, concours d'orgue de renommée internationale, qui a pour originalité d'instituer à côté du traditionnel prix d'interprétation, un tout aussi important prix d'improvisation.

Même s'il encourage des organistes (comme Jacques Taddei) et inspire des improvisateurs (notamment Pierre Pincemaille), Pierre Cochereau est partiellement méconnu de nos jours. Son œuvre musicale écrite est de qualité, mais peu abondante. Il laisse en revanche, sur des centaines de bandes ReVox bien conservées, une grande quantité d'improvisations (et aussi, mais en moins grand nombre, d'œuvres du répertoire) enregistrées au cours des offices et en concert à Notre-Dame. L'écoute analytique de la somme de ces enregistrements effectués sur une période allant globalement de 1965 à sa mort et réalisés par François Carbou devrait permettre de comprendre et d'apprécier la réalité de cet artiste unique et, malgré les honneurs de son vivant, mystérieusement atypique et particulièrement flamboyant.

Pierre Cochereau meurt d'une rupture d'anévrisme dans la nuit du 5 au  à Lyon, à l'âge de 59 ans.

Il avait eu avec sa femme Nicole deux enfants qui sont aussi devenus musiciens : Jean-Marc, (1949-2011), chef d'orchestre et directeur du conservatoire à rayonnement régional de Tours et Marie-Pierre, harpiste.

Une rue porte son nom à Montpellier ainsi qu'une avenue à Roquevaire. Le Conservatoire à rayonnement régional de Nice porte également son nom.