Le Journal

Johan Deblieck, un nouvel orgue pour Notre-Dame de Paris

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Le facteur d'orgues bruxellois Johan Deblieck a été chargé de construire un orgue supplémentaire pour la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Les deux orgues principaux de l'édifice ont été relativement épargnés par l'incendie dévastateur de 2019, mais un petit orgue à caisson a été détruit et un nouvel orgue est nécessaire pour l'accompagnement du chœur et d'autres fonctions similaires.

La réouverture de la cathédrale est prévue pour décembre de cette année.

"Saül" de Georg Friedrich Haendel, 285 ans

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Saül (HWV 53) est un oratorio composé par Georg Friedrich Haendel sur un livret de Charles Jennens. Il a été créé le 16 janvier 1739 au King's Theatre de Londres.

Inspiré du Premier livre de Samuel, cet oratorio raconte la fin de la vie de Saül, premier roi d'Israël, et l'ascension de son successeur, le roi David. L'œuvre se focalise essentiellement sur le dilemme de Saül qui reconnait les qualités de David dont il est jaloux.
Par rapport aux pièces de Haendel dans lesquelles l'enjeu est musical, la dimension théâtrale est essentielle dans Saül. Ce thème avait déjà fait l'objet d'œuvres antérieures, et par exemple, la pièce « The Tragedy of King Saul » par Roger Boyle en 1703.

 

Vernon Duke, 55 ans

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Vernon Duke est un compositeur et lyriciste d'origine russe, naturalisé américain, né Vladimir Alexandrovitch Dukelsky à Parafianovo (Gouvernement de Vilna, dans l'Empire russe, actuel district de Minsk en Biélorussie) le , décédé à Santa Monica (Californie) le .

Vladimir Dukelsky étudie au Conservatoire de Kiev de 1916 à 1919, notamment la composition auprès de Reinhold Glière. À la suite de la révolution russe, lui et sa famille quittent le pays en 1920 et, après un passage par l'Europe, émigrent aux États-Unis en 1921, s'installant alors à New York.
L'année suivante (1922), Dukelsky rencontre George Gershwin (qui lui suggère d'adopter le nom de "Vernon Duke"), avec lequel il se lie d'une grande amitié ; il se lie également avec le frère de George, Ira Gershwin (l'un de ses collaborateurs par la suite).

De 1924 à 1929, Vernon Duke séjourne en Europe, se partageant entre Paris et Londres. Dans la capitale française, il rencontre notamment ses compatriotes exilés Serge Prokofiev, Serge de Diaghilev (qui lui commande, pour ses Ballets russes, le ballet Zéphir et Flora, créé en 1925) et surtout le chef d'orchestre Serge Koussevitzky, avec lequel il entame une fructueuse collaboration. Ainsi, la 1ère Symphonie du jeune compositeur est créée à Paris en 1928, sous la direction du chef, dans le cadre de ses "Concerts Koussevitzky" (notons que la 2e Symphonie de Duke sera également créée à Paris, en 1937, cette fois sous la direction d'Albert Wolff). Plus tard, aux États-Unis, Koussevitzy assurera la création, à la tête de son Orchestre Symphonique de Boston, de Dédicaces (titre original), pour piano, soprano obligée et orchestre (en 1939, à New York), d'un concerto pour violon (en 1943, à Boston, avec la violoniste Ruth Posselt), d'un concerto pour violoncelle (en 1946, à Boston, avec le violoncelliste et commanditaire de l'œuvre Gregor Piatigorsky, autre exilé). Pour l'heure, durant son séjour européen, Vernon Duke collabore à Londres, au théâtre, à plusieurs productions musicales diverses entre 1925 et 1929 ; si ces contributions sont le plus souvent modestes (quelques songs), deux sont toutefois de plus grande envergure : l'opérette Yvonne, créée en 1926, dont il réalise l'adaptation musicale pour cette création londonienne (il s'agit au départ d'une opérette allemande de 1925, titrée Uschi, composée par Jean Gilbert) ; et surtout, The Yellow Mask, créée en 1928, sa première comédie musicale comme compositeur à part entière.

De retour à New York en 1929, Vernon Duke entame dès 1930 une carrière à Broadway ; jusqu'en 1958, il compose principalement pour des comédies musicales et revues (dont deux des Ziegfeld Follies), collaborant entre autres avec le chorégraphe George Balanchine et les lyricistes Ira Gershwin et Yip Harburg -lui-même sera occasionnellement lyriciste-. L'un de ses grands succès est la comédie musicale Un petit coin aux cieux (Cabin in the Sky), créée en 1940, chorégraphiée par Balanchine, avec une distribution exclusivement afro-américaine (dont Ethel Waters et Rex Ingram, qui reprendront leurs rôles dans l'adaptation au cinéma de 1943, réalisée par Vincente Minnelli). Sa dernière contribution à Broadway est une musique de scène pour la pièce de Jean Anouilh Léocadia, adaptée sous le titre Time remembered (jouée en 1957-1958). Ultérieurement, les créations prévues à Broadway de deux autres comédies musicales (The Pink Jungle en 1959 et Zenda en 1963) seront annulées, après les représentations préalables en tournée aux États-Unis.

Observons ici que Duke reprend en 1934-1935 ses études musicales et suit des cours d'orchestration auprès de Joseph Schillinger, en prévision notamment de son futur travail à Broadway. Et en 1939, il obtient la citoyenneté américaine, sous le nom désormais officiel de Vernon Duke (occasionnellement, pour certaines de ses compositions "classiques", il continuera toutefois d'utiliser par la suite son nom de naissance).

Après la Seconde Guerre mondiale (il sert alors au sein de l'US Coast Guard), il fait un nouveau séjour à Paris de 1946 à 1948, durant lequel sont créés le ballet Le Bal des blanchisseuses (titre original) -par les Ballets des Champs-Élysées, en 1946-, ainsi que la cantate Paris aller et retour (titre original) -à la radio, en 1948. Revenu aux États-Unis, il quitte New York et s'installe définitivement en Californie. En 1957, il épouse la chanteuse Kay MacCracken qui, devenue sa veuve en 1969, fera donation à la Bibliothèque du Congrès (Washington), dans les années 1980, des manuscrits, correspondances et autres documents du compositeur, désormais librement consultables.

Vernon Duke collabore également avec Hollywood. À côté de ses quelques contributions originales (entre 1929 et 1948), bon nombre des songs qu'il a écrits pour Broadway seront utilisés au cinéma, comme dans Avril à Paris (April in Paris) : ce film musical américain, sorti en 1952, emprunte son titre au song éponyme (écrit pour la revue Walk a Little Faster, créée à Broadway en 1932). Très rapidement, April in Paris (lyrics de Yip Harburg) s'imposera comme un standard de jazz et sera repris notamment par Louis Armstrong, Billie Holiday ou Charlie Parker. Autre exemple, le song Autumn in New York (tiré de la revue Thumb Up !, créée à Broadway en 1936) deviendra de même un standard de jazz.

Dans le domaine de la musique classique, Vernon Duke (influencé par le néo-classicisme -dont Serge Prokofiev est l'un des tenants les plus connus- et le néoromantisme) est l'auteur de pièces pour piano, de quelques œuvres de musique de chambre, de compositions pour orchestre (concertos, symphonies, ballets...), ainsi que de nombreuses partitions pour voix soliste(s) et/ou chorales (dont des mélodies et un opéra).

Enfin, il est l'auteur d'une autobiographie, publiée en 1955.

Médaille d'or d'honneur de la ville de Munich pour le chef d'orchestre Zubin Mehta

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Le chef d'orchestre Zubin Mehta se voit décerner la Monnaie d'or d'honneur de la ville de Munich en reconnaissance de ses prestations culturelles en faveur de la ville musicale. Avec la Médaille d'or d'honneur, la ville rend hommage à des prestations particulières et extraordinaires en faveur de Munich, généralement dans les domaines culturel et économique.
Les noms des détenteurs de la Monnaie d'or d'honneur sont inscrits sur les tableaux d'honneur dans le foyer supérieur de l'ancien hôtel de ville.

Le maire Dieter Reiter a déclaré : Le nom de Zubin Mehta est ... est étroitement lié à l'Orchestre philharmonique de Munich, l'orchestre de notre ville, avec lequel il a fait ses débuts en 1987. 

2024 sous les meilleurs auspices pour le CAV&MA

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L'année 2024 du Cav&ma ce sera

- Le 60e concert du Diluvio Universale à Namur, succès inégalé sur la planète musique ancienne,
- les 60 ans du Festival Musical de Namur,
- l'entrée du Chœur de Chambre de Namur à l’ElbPhilharmonie de Hambourg,
au Festival de Salzbourg et au Teatro Real de Madrid,
- le cap des 60 000 spectateurs au Namur Concert Hall et une 3e saison merveilleuse !
- l’inauguration avec l'Orfeo de Monteverdi de la Cité Bleue de Leonardo García Alarcón à Genève,  un lieu pour un schéma élargi de création,
et toujours la plus belle musique avec des artistes passionnés.

"Votre Faust" d'Henri Pousseur, 55 ans

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Votre Faust : Fantaisie variable genre Opéra est un opéra (ou plus précisément une "fantaisie variable dans le style d'un opéra") en deux actes du compositeur belge Henri Pousseur pour cinq acteurs, quatre chanteurs, douze instrumentistes et bande.
Le texte est de l'auteur français Michel Butor. Écrit à l'origine entre 1960 et 1968, il a été créé le 15 janvier 1969 à la Piccola Scala de Milan, et révisé en 1981.
Bien qu'il existe environ sept heures de matériel interprétable, la structure variable ne permet pas de tout utiliser dans une seule version, et les représentations à ce jour ont duré entre trois heures et trois heures et demie.

En 1960, l'écrivain français Michel Butor publie un article "La musique, un art réaliste : Paroles et musique ". En lisant l'exhortation de Butor aux compositeurs à redécouvrir le pouvoir de représentation de la musique, Pousseur se sent en résonance avec ses propres doutes sur l'esthétique de Darmstadt à laquelle il a été associé pendant près d'une décennie.
Le 29 septembre 1960, Pousseur écrit à Butor pour lui demander de collaborer à un projet et lui proposer le thème de Faust. Leur premier contact a lieu quelques mois plus tard, alors que Pousseur prépare la première de Répons au Domaine musical à Paris, et en juin 1961 Butor vient en Belgique pour planifier les détails du projet avec Pousseur.
En 1962, ils publient une version préliminaire du livret. Le travail sur la musique progresse lentement, sur une période qui inclut la résidence de trois ans de Pousseur à l'Université de Buffalo.
L'opéra est créé en version de concert le 17 mars 1968 à Buffalo, New York, et finalement mis en scène pour la première fois le 15 janvier 1969 à la Piccola Scala de Milan, dans une production qui dure près de trois heures et demie.

Peu après la représentation de Milan, un film documentaire d'une heure a été réalisé pour la télévision belge, sans la participation des metteurs en scène et des décorateurs de la Scala. Ce film, intitulé « Les voyages de Votre Faust » et réalisé par Jean Antoine, comprend la partie finale de l'opéra, avec toutes les fins possibles montrées successivement, chacune avec un certain nombre de scènes précédentes assemblées dans des séquences différentes, pour illustrer les contextes changeants.

Jusqu'à la fin du XXe siècle, Votre Faust n'a été mis en scène que deux fois depuis la première à Milan en 1969 : une production de la version révisée dans une traduction allemande (présentée comme une "première mondiale") au Musiktheater im Revier à Gelsenkirchen le 13 mars 1982, et une autre à Bonn en 1999. Aucune de ces mises en scène n'a été totalement réussie. Pousseur lui-même a qualifié la première production de "création-naufrage" de l'opéra et de "désastre artistique", et la seconde de "seulement une approximation".
L'opéra a été remis en scène au Radialsystem V à Berlin en mars 2013, dans une coproduction de Work in Progress et du Theater Basel, et repris à Bâle en novembre de la même année.

György Cziffra, 30 ans

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György Cziffra  (Budapest,  – Longpont-sur-Orge, ) est un pianiste virtuose hongrois naturalisé français en 1968.

Surtout connu pour son interprétation des œuvres virtuoses de Franz Liszt, György Cziffra a également enregistré plusieurs compositions de Chopin et de Schumann. Son interprétation du Carnaval de Vienne de ce dernier a été particulièrement appréciée par Alfred Cortot. Considéré comme un des meilleurs pianistes du xxe siècle, il est également connu pour ses transcriptions pour piano de différentes œuvres, dont Le Vol du bourdon de Nikolaï Rimski-Korsakov qui présente une stupéfiante imbrication d'octaves alternées.

La vie de Cziffra comprend deux grandes périodes : la première se déroule essentiellement en Hongrie et s'achèvera par la fuite du pays lors de l'insurrection d' ; la seconde période commence avec l'exil vers l'Autriche puis la France qui deviendra sa patrie d'adoption.

György Cziffra est le benjamin de trois enfants d'une famille de musiciens tziganes. György Cziffra père est cymbaliste et joue durant les années 1910 dans les restaurants et cabarets parisiens. Survient la Première Guerre mondiale. Le père est emprisonné en tant que citoyen d'un pays en guerre contre la France et la mère expulsée dans son pays d'origine. Elle vivra chichement avec ses deux filles dans une chambre de Budapest. Son mari, libéré de prison après la fin de la guerre, rejoint sa famille. Les retrouvailles se soldent par la naissance du petit György Cziffra le .

Dès son enfance, ce dernier montre un don particulier pour la musique. Son père lui donne ses premières leçons de piano, et à l'âge de quatre ans, il reproduit à l'oreille ce que joue sa sœur aînée. À cinq ans, il interprète des airs suggérés par le public d'un cirque itinérant dont il est, pendant quelques semaines seulement, la vedette. Il est, à neuf ans, le plus jeune élève jamais admis dans la prestigieuse Académie Franz-Liszt de Budapest. Il y est formé par István Thomán et Ernő Dohnányi. À treize ans, il finit l'opérette d'un autre compositeur en un temps record. Dès l'âge de seize ans il débute les tournées à travers l'Europe, notamment en Hongrie, Pays-Bas et Scandinavie.

György Cziffra épouse Soleilka, une femme d'origine égyptienne, en 1941. Elle lui donnera un fils, également nommé György Cziffra, qui deviendra chef d'orchestre.

La Deuxième Guerre mondiale contraint Cziffra à cesser d'étudier la musique. Il est envoyé combattre sur le front de l'Est avec l'Armée hongroise. La Hongrie est alors alliée de l'Allemagne. Il est fait prisonnier par des partisans soviétiques. Transféré quelques mois plus tard dans un camp de prisonniers, il est enrôlé dans la nouvelle armée hongroise qui se forme à la libération du territoire hongrois par l'Armée Rouge. Après avoir servi pendant plus d'un an comme instructeur, il est démobilisé et rejoint en 1946 sa femme et son fils qu'il n'avait pas revus depuis 1942.

Il reprend l'étude du piano en 1947 auprès de György Ferenczy tout en gagnant sa vie en se produisant dans des bars de Budapest, en particulier avec son ami Elek Bacsik. Opposé au régime communiste hongrois, il est arrêté lors de sa tentative de traverser la frontière clandestinement avec sa famille. Il reste prisonnier politique de 1950 à 1953, condamné aux travaux forcés où il exécute la dure tâche de porteur de pierres. Il lui en restera des séquelles qui lui vaudront, à sa libération, de longs mois de rééducation et des douleurs persistantes aux articulations. D'où son fameux bracelet de cuir au poignet droit qu'il portera plusieurs années encore après son exil.

Il est alors enfin reconnu comme un pianiste exceptionnel par le ministère hongrois des Affaires culturelles qui lui permet entre 1953 et 1956 d'accéder à une carrière d'interprète virtuose et de donner de nombreux concerts en Hongrie, sans pouvoir encore jouer à l'étranger. En 1955, il obtient le Prix Franz-Liszt de la virtuosité pianistique remis pour la première fois à un pianiste qui n'est pas lui-même compositeur.
Le , à l'occasion de la célébration de l'anniversaire de la révolution d'Octobre, il donne au théâtre Erkél de Budapest une interprétation magistrale du 2e Concerto de Bartók, un concerto d'une difficulté extrême qu'il a appris en à peine six semaines grâce à un labeur acharné. Les spectateurs, enthousiastes, en sortent transportés : "Ces quelque deux mille personnes, d'ordinaire si disciplinées, se ruèrent hors de la salle en scandant l'hymne national, arrachant sur leur passage dans les rues et boulevards avoisinants tout ce qui ne portait pas les couleurs nationales seules".
C'est alors le début de l'insurrection de Budapest.

 

Lors de la répression qui suit l'insurrection, et la fuite de dizaines de milliers de Hongrois, il profite de la brève ouverture de la frontière pour fuir le régime communiste et s'échapper vers l'Autriche avec sa famille. Profitant de ce qu'il se produit à Vienne, il demande l'asile politique et part pour la France avec sa femme et son fils de 14 ans. Il est apprécié par le public dès son arrivée à Paris (« Pianiste du siècle, réincarnation de Liszt, pianiste des pianistes, virtuose au bracelet de cuir… ») où il enregistre sa fameuse interprétation des Rhapsodies hongroises de Liszt (1956) qui restera son compositeur de prédilection avec Chopin. Certains critiqueront à ses débuts l'étroitesse d'un répertoire de saltimbanque. À cette époque, Liszt n'était pas considéré comme un compositeur suffisant pour remplir une carrière de pianiste. Cziffra s'essaiera, avec brio, à de nombreux autres compositeurs : Chopin bien sûr, Beethoven, et aussi Bartók, Ravel, Rachmaninov, Balakirev, Grieg, Rameau, Couperin…

Cziffra dans de nombreuses œuvres, allait plus loin que l'interprétation, il s'est aussi prêté au jeu de l'arrangement, par exemple avec les Danses hongroises de Brahms, dont il a fait beaucoup plus qu'une simple transcription pour piano à deux mains, ou encore avec Le Vol du bourdon (extrait de l'opéra Le Conte du tsar Saltan de Rimsky-Korsakov). On lui a souvent reproché une certaine excentricité, l'influence de son humeur sur son jeu lors de ses concerts, sa recherche d'un public populaire, avec le côté « classiques favoris » de ses récitals. En fait, son immense talent, sa virtuosité hors du commun, avaient réussi à le propulser au premier plan, mais en dehors des chemins traditionnels qui mènent les pianistes au panthéon de la renommée…

Il s'intéresse de près à la facture instrumentale des pianos de concert, ce qui n'est pas tellement fréquent chez les pianistes virtuoses. Il apprécie particulièrement le son des pianos français, avec leur sonorité romantique typique dite « à la française ». Aussi, est-ce dans cet esprit qu'en collaboration étroite avec la Manufacture de pianos Gaveau, il conçoit en 1961 avec M. Gaveau, une modification significative des marteaux du grand queue de concert nº 5 de la marque, dont il possède en outre un exemplaire personnel sur lequel il joue à son domicile de Cormeilles-en-Parisis. G. Cziffra possédait en réalité deux exemplaires de ce piano Gaveau nº 5, chacun dans les tout derniers fabriqués par la marque en 1959–1960, le second se trouvait à l'auditorium de Senlis. L'un comme l'autre lui avaient été offerts par les pianos Gaveau à la promotion desquels il se trouvait associé.

En 1966, il fonde le festival de musique de La Chaise-Dieu en Auvergne avec l'aide du Dr Georges Mazoyer et de son épouse Suzanne Chaleyé-Mazoyer, et donne l'impulsion nécessaire pour restaurer les grandes orgues Marin Carouge de l'abbaye. Il est naturalisé français en 1968 et devient Georges Cziffra.

En 1975, il crée la Fondation Cziffra (toujours en activité) qui a pour but de soutenir de jeunes talents qui deviendront des pianistes talentueux comme Jean-Gabriel Ferlan. Il achète alors l'ancienne chapelle royale Saint-Frambourg à Senlis, laissée à l'abandon et tombée en totale décrépitude. Après d'énormes travaux de restauration, il y crée l'auditorium Franz-Liszt. La même année, il signe l'avant-propos du livre de Michel Sogny, L'admiration créatrice chez Liszt.

En 1981, la mort soudaine de son fils György, chef d'orchestre, dans l'incendie possiblement volontaire de son appartement à Paris, a des répercussions très négatives sur les apparitions en public de Georges Cziffra. Ses concerts se font de plus en plus rares et plus jamais il ne rejouera avec orchestre. « La seule vue d'un piano me donnait envie de vomir. La nuit, j'agressais les passants, whisky, vodka, deux bouteilles par jour... Jusqu'en 1984, je ne me suis pas relevé, et brusquement j'ai compris que tout cela ne changerait rien à la mort de mon fils, j'ai eu terriblement honte, j'ai cessé de boire et de manger, je me suis imposé, sans l'aide de personne, d'avoir faim sept jours sur sept. J'ai perdu vingt-trois kilos et j'ai recommencé à travailler, quatre à cinq heures par jour, jamais je n'avais eu faim de musique à ce point. » Il a tout repris à zéro, musculairement, mentalement et son grand retour a lieu en 1986. On m'a dit que c'était un concert magnifique, mais je sais bien que je n'étais pas moi-même. Autrefois j'étais d'une sûreté absolue ; je ne suis plus qu'à quatre-vingts pour cent. J'ai perdu bien de ma virtuosité, mais je la retrouve, petit à petit, j'ai gagné ! 

En  et , il enregistre à Senlis plusieurs œuvres de Liszt (EMI Pathé Marconi 2704171 / PM 375) dans un disque qu'il dédiera -de sa main- à la mémoire de son fils Gyorgy.

Il retrace les étapes significatives de sa vie mouvementée dans son livre Des canons et des fleurs avec, à la fois, beaucoup d'émotion, de simplicité, d'authenticité et de ferveur. On y découvre comment il s'en est fallu de peu que le destin ne prive la communauté musicale du xxe siècle d'un de ses plus grands interprètes. Cependant sa carrière musicale n'y est pas retracée. L'un de ses disciples, le pianiste Pascal Amoyel a créé un spectacle-hommage, Le pianiste aux 50 doigts, retraçant sa vie, de l'enfance jusqu'à son premier grand concert, créé à l'auditorium Cziffra à La Chaise-Dieu.

Atteint d'un cancer du poumon, il meurt le à Longpont-sur-Orge, à l'âge de 72 ans.

En 2019, Jean Dherbey a publié un roman intitulé : « 1956, Le jour où Cziffra… ».

 

Kiyoshige Koyama, 110 ans

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Kiyoshige Koyama (15 janvier 1914 - 6 juin 2009), était un compositeur japonais pour orchestres, voix et instruments traditionnels japonais.
Il est né à Nagano City, dans la préfecture de Nagano.
Bien que nationaliste, il ne compose pas avant la trentaine, c'est-à-dire après la période d'expansionnisme impérial.

Ernest Reyer, 115 ans

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Louis Étienne Ernest Rey, dit Ernest Reyer, né le 1er décembre 1823 à Marseille et mort le 15 janvier 1909 au Lavandou, est un compositeur français.

Son père, notaire marseillais, ne désire pas voir son fils embrasser une carrière musicale. Il ne lui fait pourtant pas obstacle et lui permet de suivre les cours du Conservatoire de six à seize ans. Il est inscrit au lycée Thiers de Marseille au cursus de commerce nouvellement créé.

En 1839, à l'âge de seize ans, Ernest part pour l’Afrique travailler sous les ordres de son oncle maternel Louis Farrenc, chef de la comptabilité à la Trésorerie centrale du gouvernement de l'Algérie. Cet emploi ne lui convient pas et Reyer montre les plus parfaites indiscipline et nonchalance. On dit de lui que les papiers administratifs ne lui servent qu'à écrire d'innombrables essais de jeunesse, romances peu originales ou morceaux de danse. Ces premiers écrits d'autodidacte authentique lui permettent de se faire une notoriété locale et les milieux algérois apprécient notamment une messe restée inédite, exécutée à la cathédrale Saint-Philippe lors de l'arrivée du Duc d'Aumale en 1847.

Lors des événements de 1848, il monte à Paris. Cette période le voit introduit, à moins de trente ans, dans le milieu bohème des artistes parisiens comme Gustave Flaubert, le chansonnier Dupont ou Théophile Gautier. Il parvient tout de même à conserver son allure toute provençale (d'aucuns diraient « populaire »), continuant à fréquenter les petites gens avec lesquels il adore jouer aux dominos tout en fumant la pipe, cette pipe dont il dit qu'il lui doit ses meilleures inspirations.

Sa tante, Louise Farrenc, professeure de piano au Conservatoire et compositrice de talent, dirige ses études et, dès 1850, il compose la musique d'une ode symphonique avec chœurs, signée Théophile Gautier, le Sélam, exécutée au théâtre italien.
En 1854, il compose la musique d'un opéra en un acte, Maître Wolfram, dont le libretto est de Joseph Méry. L'œuvre est jouée à l'Opéra-Comique. Sur cette œuvre, le maître, Hector Berlioz, repère Reyer. Il déclare que la musique du Marseillais n'avait « rien de commun avec la démarche tantôt affectée, tantôt dégingandée de la muse parisienne […]. Ses mélodies ont du naturel […]. Il y a du cœur et de l'imagination là-dedans. »

Peu à peu, une certaine renommée s'installe. En 1857, Charles Monselet écrit de lui : « Est-ce un musicien qui écrit ou un écrivain qui fait de la musique ? Je ne sais, mais je le tiens pour un garçon d'esprit, qui fera son chemin en chantant et en écrivant. » Certes, Reyer ne fait pas (encore) l'unanimité et quelques critiques pointent du doigt son orchestration qui n'est pas, semble-t-il, au niveau de son génie musical.

L'année suivante, il compose un ballet, Sakountala, dont le mimodrame était une fois de plus de Théophile Gautier, d'après « La Reconnaissance de Shâkountalâ ». Le ballet est joué vingt-quatre fois jusqu'en 1860.

En 1861, il s'attelle à un opéra-comique en trois actes et six tableaux, La Statue, dont le libretto est tiré des « Mille et Une Nuits ». Les paroles sont signées Michel Carré et Jules Barbier. En moins de deux ans, La Statue totalise une soixantaine de représentations, un chiffre impressionnant pour l'époque.

L'œuvre de Reyer est enfin unanimement reconnue, et la consécration vient en 1862. Le 14 août, le compositeur marseillais devient Chevalier de la Légion d'honneur.
Cette même année, il compose Érostrate, un opéra en deux actes, joué en aout 1862 au théâtre de Baden-Baden sous le regard des grandes familles d'Europe, ce qui lui vaut de recevoir la distinction de l'Aigle Rouge des mains de la Reine de Prusse.

Peu à peu, pourtant, sa renommée commence à décliner. Le même Érostrate échoue complètement à Paris et ne peut totaliser trois représentations, ce qui prive l'œuvre de sa présentation à l'Opéra.

Sans doute sous le coup de la déception, et de la fatigue aussi peut-être, Reyer cesse alors de composer durant plus de vingt années, hormis quelques compositions sans ambition aucune. Il entre dans la presse artistique, à la Revue française, au Moniteur universel, à la Gazette musicale, au Journal des débats, ou au Courrier de Paris. Il devient membre de l'Académie des beaux-arts en remplacement de Félicien David, le 11 novembre 1876.

C'est seulement en janvier 1884 (à 61 ans) qu'il fait représenter son œuvre majeure à La Monnaie de Bruxelles : Sigurd, un opéra en 4 actes et 9 tableaux esquissé en 1862. Le livret est de Camille du Locle et Alfred Blau et, en mai suivant, Sigurd est donné au Covent Garden de Londres, puis au théâtre de Lyon en janvier 1885, et enfin à l'Opéra de Paris, le 5 juin de la même année.

Il doit son succès tant à la magie de la musique qu'au talent incomparable de ses interprètes. À cet égard, la cantatrice Rose Caron donne un véritable souffle épique à l'œuvre dans le rôle de Brunehilde et emporte l'adhésion de tous les spectateurs. En deux ans, Sigurd obtient cinquante représentations et en aurait sans doute eu davantage sans le retour de la cantatrice à Bruxelles.

La dernière grande œuvre de Reyer, Salammbô, toujours avec sa cantatrice vedette, la Caron, est représentée quarante-six fois de mai à décembre 1892. L'œuvre est pourtant antérieure de plusieurs années, mais les mêmes résistances qui ont retardé l'admission de Sigurd sont reparues. Elle est représentée d'abord à La Monnaie de Bruxelles, en février 1890, puis au théâtre des Arts de Rouen, le 23 novembre suivant. Son arrivée à Paris date du 16 mai 1892.

Peu à peu, le déclin pointe. Sur la fin du siècle, Maître Wolfram et La Statue sont repris, mais les œuvres ont soudain une allure bien vieillotte. Reyer n'a certes plus rien à prouver. Il fait alors de bien brefs séjours à Paris, préférant vivre l'hiver au Lavandou et l'été à Mouthier-Haute-Pierre. Il se rend aussi occasionnellement à Marseille où il garde de nombreux amis.

À sa mort, le 15 janvier 1909, à son domicile du Lavandou, il conserve auprès de ses pairs une réputation de grand compositeur, mais également de grand homme. Théophile Gautier parle, à son sujet, de « l'amour de son art poussé jusqu'à la passion et au fanatisme, un enthousiasme pour le beau que rien ne décourageait, et la résolution immuable de ne jamais faire de concession au mauvais goût du public ». Commentaires auxquels Henry Roujon, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, ajoute : « Louera-t-on jamais assez l'unité morale de sa vie, la rigueur de ses principes, la dignité de son attitude, son mépris de la réclame, et cette austérité artistique qui fut inébranlable, sans se draper jamais5. »

Il a été promu au grade d’Officier de la Légion d’honneur, le 29 décembre 1888, de Commandeur, le 31 décembre 1891, élevé à la dignité de Grand Officier le 10 août 1899, et enfin de Grand'Croix, le 22 juillet 1906.

En 1926, l'avenue Ernest-Reyer à Paris a reçu son nom en hommage. Il existe également une rue Ernest Reyer à Hyères, ainsi qu'à Mouthier-Haute-Pierre. Une avenue du 9e arrondissement de Marseille, sa ville natale, et une place du 1er arrondissement sur laquelle est situé l'opéra de Marseille portent aussi son nom. Au Lavandou, commune où il s'éteignit, la place devant l'hôtel de ville porte également son nom ; son buste y est présent. Une rue Ernest Reyer existe aussi à Alger.

 

Eduard Lassen, 120 ans

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Eduard Lassen (né le  à Copenhague et mort le  à Weimar) est un chef d'orchestre et compositeur belge d'origine danoise.

Il est né à Copenhague, mais est venu enfant à Bruxelles et a été formé au Conservatoire royal de Bruxelles où il a obtenu les prix de piano (1844) et de composition (1847).
Il a remporté le Prix de Rome belge en 1851, ce qui lui a permis de faire un long séjour en Allemagne et en Italie. Il a fait connaissance de Louis Spohr et de Franz Liszt et a composé son premier opéra Landgraf Ludwig's Brautfahrt .
Après son retour à Bruxelles en 1855, Lassen a essayé en vain de faire représenter son opéra. Liszt, cependant, a accepté de produire l'opéra au Grossherzogliches Theater (actuellement la Staatskapelle Weimar) et la première a eu lieu à Weimar en 1857. L'année suivante, Liszt a recommandé Lassen pour le remplacer comme directeur de la musique à la cour de Weimar, ce qui comprenait la direction des orchestres de l'opéra et de la cour. Il a pris plaisir à ce travail et a occupé ce poste jusqu'à sa retraite en 1895. Il a été amené ainsi à diriger plusieurs créations mondiales dont celle du Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns le . Il est resté à Weimar après l'arrêt de son activité et y est mort en 1904, peu après avoir été nommé Docteur honoris causa par l'Université d'Iéna

Lassen a écrit trois opéras, de la musique de scène, deux symphonies (en ré majeur, ca.1868 et en ut majeur, op.78, publiée en 1884), une marche de fête pour orchestre symphonique, deux ouvertures, et 11 pièces pour piano. Il a aussi composé de la musique chorale, des lieder, et des mélodies pour voix et piano.

Les opéras de Lassen, Landgraf Ludwig's Brautfahrt (1857), Frauenlob (1861), et Le Captif (1868), n'ont pas eu un succès durable, même si sa musique pour le Faust de Goethe (1876) a connu la popularité et a été appréciée par Liszt. Sa musique vocale pour voix seule ou duos montre une grande variété d'inspiration. Beaucoup de ses mélodies, par exemple Vöglein wohin so schnell, ont été traduites en anglais et en français et ont été populaires à la fin du xixe siècle2.