Composées parallèlement au Deuxième Quatuor à cordes, les Dix Pièces pour instruments à vent constituent une série de miniatures où alternent des morceaux d'ensemble et des morceaux solistiques, véritables concertinos dédiés à chacun des cinq musiciens.
La deuxième pièce met ainsi la clarinette sur le devant de la scène, la quatrième est réservée à la flûte, la sixième au hautbois, la huitième au cor, et la dernière au basson. Dans ces pièces paires, l'écriture du soliste est extrêmement virtuose, visant les limites mêmes de la réalisation technique, ce qui renvoie chez Ligeti à l'idée d'une expressivité poussée à ses extrêmes.
Parmi les pièces de groupe, il y a un intérêt manifeste pour la rencontre de certains timbres dans l'extrême-aigu, rencontres qui produisent des interférences, appelées sons différenciels, qui se substituent aux sons notés (ils peuvent être douloureux pour l'oreille !). On les trouve dans la conclusion de la première pièce, et surtout dans la neuvième, réservée au piccolo, au hautbois et à la clarinette.
Ligeti raconte qu'il avait entendu enfant de tels sons différenciels en écoutant les voix de jeunes filles hongroises chantant de faux unissons. Ce phénomène qui lui paraissait alors étrange et fascinant, il le comprendra physiquement en travaillant dans les studios électroacoustiques.
On retrouve par ailleurs une écriture de textures propre au Ligeti de cette période, où les mouvements mélodiques indépendants de chacun des instruments, dans des vitesses et des rythmes légèrement différents, créent des entrelacs où l'on ne distingue plus les voix individuelles. Il existe un rapport entre ces micropolyphonies et les sons différenciels: on entend le produit des rencontres non comme la synthèse ou la somme des notes mises en jeu, mais comme leur métamorphose dans une dimension nouvelle – une harmonie résultante, douce ou déchirante.
Ces Dix Pièces forment un kaléidoscope de figures ramenées à des traits génériques -mélodie, accord, échos, figurations, passages, etc.- qui sont constamment recombinés. Il y a là un mélange entre une pensée du développement fondée sur des motifs caractéristiques et une pensée du collage brassant les éléments afin de leur donner des formes toujours nouvelles. C'est ce qui permet à Ligeti des sautes stylistiques qui renvoient à des changements d'expression, à des alternances entre le trivial et le spirituel, entre des traits brillants et des passages amorphes, entre le grotesque et le tragique.
Claudio Abbado, né le à Milan, fils de Michelangelo Abbado et de Maria Carmela Savagnone.
Son père est violoniste et professeur au Conservatoire ; sa mère est pianiste et auteur de livres pour enfants ; son frère aîné, Marcello, est pianiste et directeur du Conservatoire, de 1973 à 19964 ; sa sœur est violoniste. La figure toute-puissante de mon enfance était surtout mon grand-père [maternel, Guglielmo Savagnone (1867-1956). Il enseignait à l’Université de Palerme l’histoire de l’antiquité et apprenait presque chaque année une nouvelle langue ; ainsi était-il, à mes yeux du moins.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses parents, foncièrement antifascistes, font acte de résistance; sa mère est torturée et emprisonnée pour avoir aidé une famille juive à échapper à la déportation; le jeune Claudio écrit “Viva Bartók” sur les murs des édifices publics en signe de dissidence8 (en 1940, la mort dans l'âme, le grand compositeur national hongrois avait quitté la Hongrie, pour aller vivre aux États-Unis, à une époque où la guerre avait commencé, et où Hitler et Staline étaient alliés). Son orientation politique et artistique est conditionnée par cette résistance aux dictatures, et d'abord au fascisme de Mussolini, alors au pouvoir en Italie. Comme bien d'autres, Abbado se rapprochera plus tard du Parti communiste italien, avant de s'en séparer à la suite de l'invasion soviétique qui écrasa le Printemps de Prague, en 1968.
Le conflit terminé, Claudio Abbado entre au Conservatoire de Milan pour y suivre, jusqu'en 1955, des études de piano, de composition et de direction. Il suit aussi des cours de littérature avec le futur Prix Nobel Salvatore Quasimodo. Il joue parfois dans l'Orchestre des étudiants du Conservatoire, sous la direction de Carlo Maria Giulini et demeure hanté par Fêtes et par son rêve d'enfant. Le passage de Wilhelm Furtwängler à Milan en 1950 lui fait une profonde impression. Furtwängler est le plus grand de tous […] ; certes, on peut parfois contester ses choix, ses options, mais l'enthousiasme prévaut presque toujours, notamment dans Beethoven. Il est le musicien qui a eu la plus grande influence sur mon éducation artistique.
Après un passage au cours Carlo Zecchi à Sienne, il se rend en 1955 à Vienne où il suit les cours de piano de Friedrich Gulda et se perfectionne à la direction d'orchestre avec Hans Swarowsky et participe dans les chœurs aux concerts de l'Orchestre Philharmonique de Vienne dirigé par les plus grands, Hermann Scherchen, Josef Krips, Bruno Walter ou Herbert von Karajan.
En 1958, il remporte le concours Koussevitzky à Tanglewood, devant Zubin Mehta avec qui il s'était lié d'amitié à Vienne. J'avais craint d'être éliminé rapidement ; face au jury, j'étais très contracté ; je ne me suis libéré qu'en dirigeant devant le public. Au cours de ce premier séjour aux États-Unis j'ai pu, à Boston, voir Pierre Monteux et Charles Munch, dont l'art très personnel m'a influencé : ils interprétaient si bien les œuvres de Claude Debussy. Cependant, il rentre en Italie et enseigne la musique de chambre à Parme.
Il débute brillamment à la Scala de Milan en 1960 à l'occasion du tricentenaire d'Alessandro Scarlatti mais sa carrière ne “décolle” pas. Il tente une nouvelle fois sa chance en postulant, à New York, au prix Dimitri Mitropoulos. Il triomphe encore et cette fois les propositions affluent. Leonard Bernstein en fait l'un de ses assistants à l'Orchestre Philharmonique de New York (1963). Je suis resté un an auprès de lui avec des allers et retours en Europe pour diriger plusieurs concerts en Italie et à Londres. Ce séjour fut passionnant et décisif non seulement grâce à Leonard Bernstein, mais aussi en raison des contacts que j'ai eus avec George Szell qui dirigeait l'Orchestre de Cleveland… Bernstein m'avait demandé de revenir à New York pour une plus longue période; je ne l'ai jamais voulu. J'étais trop, et je suis encore, trop imprégné de culture européenne pour m'éloigner du Vieux Continent.
Peu avant son retour à Milan, un concert avec l'Orchestre de la Radio de Berlin retient l'attention d'Herbert von Karajan qui l'invite à Salzbourg pour diriger une messe de Luigi Cherubini8. Ce sont les prémices de son parcours avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne : J'avais choisi la Deuxième Symphonie de Mahler. À l'époque, en 1965, je ne connaissais pas encore toute son œuvre, mais je savais déjà que Mahler serait pour moi une référence permanente. Malgré des répétitions difficiles, Abbado obtient un triomphe avec cette symphonie qui n'avait jamais été donnée au festival et les engagements affluent : Hallé Orchestra, Covent Garden, La Scala.
Ses premiers enregistrements sont publiés en 1967 chez Decca et Deutsche Grammophon.
Il n'a que trente-cinq ans lorsqu'il devient chef principal de La Scala (1968-1986), avant d'en être nommé directeur musical en 1971. Ses liens politiques et locaux furent précieux à Milan, où les syndicats étaient tout-puissants et où son frère Marcello dirigeait le Conservatoire. Le départ à la retraite du vieux surintendant Antonio Ghiringhelli lui laisse le champ libre à une prise de pouvoir avec deux autres « radicaux » de son acabit, Paolo Grassi et Massimo Bogianckino. Les temps étaient mûrs pour des changements : il modifie profondément l'organisation et les programmes, élargissant le répertoire aux compositeurs de xxe siècle (concerts Musica del nostro tempo), allongeant la saison et diminuant le prix des places. Il ouvre le théâtre pendant les six semaines de fermeture annuelle pour présenter gratuitement des opéras filmés aux ouvriers, aux étudiants, aux enfants des écoles qui découvraient l'opéra. Avec l'orchestre, il donne des concerts dans les usines, les universités, les lycées, aussi bien à Milan que dans d'autres villes, notamment à Reggio d'Émilie (ateliers Musica/realtà).
Artiste engagé et impliqué dans son temps, il collabore avec les plus grands metteurs en scène tels Giorgio Strehler, Youri Lioubimov, Jean-Pierre Ponnelle et Andreï Tarkovski ; ses prises de positions contre l'intervention américaine au Viêt Nam ou contre l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie lui valent l'inimitié d'une grande partie de la classe politique. Malgré tout, cette période de treize années sera la plus riche de l'institution italienne : l'approche musicale du chef italien va faire merveille dans les opéras de Giuseppe Verdi montés alors, de Macbeth, Simon Boccanegra, Aida, Un Bal masqué à Don Carlos.
Avec son ami le pianiste Maurizio Pollini, puis plus tard avec Rudolf Serkin, une de ses préoccupations est de démocratiser l'accès à la musique pour les auditeurs, mais aussi pour les jeunes musiciens, pour lesquels il créera, entre autres, l'Orchestre des jeunes de l'Union européenne, l'Orchestre de jeunes Gustav Mahler, s'investira dans sa fonction de directeur artistique de l'Orchestre de chambre d'Europe ou dirigera l'Orchestre national des jeunes Simón Bolívar du Venezuela.
De 1979 à 1989, comme chef principal puis directeur musical du London Symphony Orchestra, il trouve un instrument idéal pour son éclectisme musical : il y célèbre le centenaire d'Anton Webern en 1983, présente un cycle Mahler puis un cycle Beethoven avec Maurizio Pollini, enregistre une Carmen de Georges Bizet exceptionnelle.
Excédé par certains démêlés administratifs, il quitte La Scala en 1986 et devient (jusqu'en 1991) directeur musical de l'Opéra de Vienne et chef principal de l'Orchestre Philharmonique de Vienne, où il dirige Verdi, Beethoven, Schubert. Comme à Milan et à Londres, il innove et impose à un public plutôt conservateur des programmes de plus en plus souvent inédits en Autriche : il crée en 1988 le Festival Wien Modern consacré à la musique contemporaine10 et présente des œuvres de Berg (Wozzeck), Rihm, Nono, Kurtág, Debussy (Pelléas et Mélisande), Janáček (De la maison des morts) etc.
De 1982 à 1985, il est chef invité de l'Orchestre Symphonique de Chicago
En 1983, il participe à la création de l'Orchestre de chambre d'Europe avec Nikolaus Harnoncourt. J'aime diriger ces jeunes et j'éprouve un infini plaisir à les guider. Ils possèdent tous une technique exceptionnelle; ils font preuve d'un engagement, d'une fraîcheur qui m'enchantent. Ils ne sont pas encore marqués par certaines inerties, certaines habitudes, parfois difficiles à contourner. Je peux apprendre beaucoup d'eux.
En octobre 1989, peu de temps après la mort de Herbert von Karajan et à la surprise de tous, y compris lui-même, Abbado est élu chef principal de l'Orchestre Philharmonique de Berlin. Il venait de subir un revers dans la conquête de la succession de Georg Solti à la tête de l'Orchestre Symphonique de Chicago, remportée par Daniel Barenboim, et le renouvellement de son contrat à l'Opéra de Vienne venait de se négocier à des conditions nettement moins avantageuses que les précédentes. La veille du vote berlinois, Abbado se trouvait en pourparlers avec l'Orchestre Philharmonique de New York. Il avait dirigé l'orchestre pour la première fois le et un total de trente-six concerts11. Pour son concert inaugural à Berlin, il choisit deux symphonies de Schubert et de Mahler, séparées par le Dämmerung (Crépuscule) de Wolfgang Rihm.
Au cours de sa période berlinoise, Abbado élargit le répertoire de l'orchestre, il utilise la petite salle de la Philharmonie pour une série de concerts de musique expérimentale, rajeunit l'effectif et l'esprit de groupe ; contrairement à Karajan, il invite ses collègues à diriger l'orchestre. Dans un hommage pour le 80e anniversaire de Karajan, Abbado écrivait : Herbert von Karajan a créé une sonorité d'orchestre liée à sa personnalité, unique en notre siècle ; pourtant il fait évoluer le son de l'orchestre vers plus de clarté sur le plan horizontal et vertical, les musiciens utilisent des instruments remis à la mode par le courant du renouveau de l'interprétation de la musique baroque, ouverture qui sera poursuivie par son successeur, Simon Rattle. Comme à Londres et à Vienne, il présente des cycles thématiques : Prométhée, Hölderlin, Faust, Shakespeare, Amour et mort. Il réenregistre ses œuvres fétiches, complétant sa discographie avec des œuvres de Ludwig van Beethoven (édition Jonathan Del Mar), de Johannes Brahms en passant par Gustav Mahler, mais aussi de Franz Schubert, Robert Schumann ou Modeste Moussorgsky.
En 1994, il succède à Herbert Karajan au poste de directeur musical du Festival de Pâques de Salzbourg où il ouvre également le répertoire.
En 1997, il crée le Mahler Chamber Orchestra qu'il dirige jusqu'en 2003, laissant sa place à Daniel Harding.
En , Claudio Abbado annonce qu'il ne renouvellera pas son contrat avec le Philharmonique de Berlin après la saison 2001/2002. En 2000, un cancer de l'estomac l'éloigne de l'orchestre et il doit annuler une tournée prévue au Japon ; il subit une très grave opération en juillet. À son retour, au faîte des honneurs et de la gloire, malgré les pressions commerciales, il maintient sa décision de quitter l'orchestre en 2002 mais le retrouve pour un concert annuel qui est un grand moment comme en témoignent divers enregistrements. Il dirige alors de rares concerts très attendus dans des œuvres choisies et approfondies avec au programme Mozart, Beethoven, Debussy, Bach ou Mahler.
En août 2003, il ressuscite l'Orchestre du Festival de Lucerne fondé en 1938 par Arturo Toscanini et abandonné en 1993, avec des instrumentistes des orchestres qu'il a souvent dirigés (les orchestres philharmoniques de Berlin, de Vienne), ses orchestres (l'Orchestre de chambre d'Europe, l'Orchestre de chambre Gustav Mahler) et aussi de grands solistes, redevenus modestes instrumentistes. Pour le premier concert, il choisit l'œuvre qu'il avait interprétée pour ses débuts à Vienne, la 2e symphonie, Résurrection, de Gustav Mahler. Puis en 2004, c'est Tristan et Isolde de Richard Wagner. Il poursuit son cycle Mahler, les années suivantes avec un égal succès et à partir de 2010, il en conduit une tournée des grandes capitales mondiales.
Son amour des compositeurs anciens va le pousser à être très respectueux des interprètes du baroque de la fin du xxe siècle, il dira son intérêt pour les interprétations des symphonies de Beethoven par Nikolaus Harnoncourt. Il crée, dirige l'Orchestre Mozart de Bologne avec des instruments anciens, collaborant aussi avec son ami Giuliano Carmignola.
En 2009, il reçoit à Madrid la Médaille d'or du Círculo de Bellas Artes.
Il est nommé sénateur à vie par le président Giorgio Napolitano le , en même temps que Carlo Rubbia, Renzo Piano et Elena Cattaneo.
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Claudio Abbado rencontre la chanteuse Giovanna Cavazzoni au Conservatoire de Milan et ils se marient en 1956 ; leur fils, Daniele Abbado (1958) est directeur d'opéra ; ils ont également une fille, Alessandra (1959), qui travaille dans la direction de théâtre ; ils se séparent en 1968. D'un second mariage avec Gabriella Cantalupi (une costumière) nait Sebastiano qui est archéologue. Il a également eu une relation de quatre ans avec la violoniste Viktoria Mullova et est le père de son fils aîné, Misha Mullov Abbado, qui est contrebassiste et compositeur de jazz. Son neveu, Roberto Abbado (le fils de son frère Marcello), est aussi chef d'orchestre.
Le cancer de l'estomac qu'il avait surmonté au début des années 2000 finit par l'emporter. Il meurt à Bologne, à l'âge de quatre-vingts ans, le . Parmi tous les hommages qui lui sont rendus en Italie et en dehors, des milliers de personnes se réunissent à Milan une semaine après sa mort au son de la Marche funèbre de la 3e Symphonie de Beethoven (la Filarmonica della Scala étant dirigée par Daniel Barenboim, un ami de longue date) retransmise depuis la salle entièrement vide de la Scala, en signe de deuil. Il est enterré à Sils-Maria, dans les Grisons en Suisse, dans le petit cimetière de l’église de Fex Crasta, dans le Val Fex où il possédait une maison. Son héritage musical a été transféré à la Bibliothèque d'État de Berlin où il est en train d'être catalogué et numérisé
Son éthique musicale guide le choix d'œuvres rarement exécutées, de compositeurs de la Seconde école de Vienne, d'Igor Stravinsky, Béla Bartók, de plus contemporains tels Luigi Nono ou Wolfgang Rihm dans lesquelles il est à son summum de musicalité. Chef très estimé de ses musiciens, il est un accompagnateur attentionné, qu'ils soient solistes ou chanteurs.
Avec un souci constant du respect de la partition, il dirigeait toutes les œuvres par cœur.
Sa grande sensibilité, sa profonde musicalité et l'importante étendue de son répertoire (de Claudio Monteverdi à Pierre Boulez), son influence sur la nouvelle génération de chefs d'orchestre, font de Claudio Abbado un des grands chefs d'orchestre du xxe siècle. Sa personnalité attachante et son ouverture d'esprit se retrouvent dans ses interprétations marquées par l'intensité et la tension : la trame orchestrale tendue se déroule inexorablement au paroxysme à des moments clés de l'œuvre et, souvent au concert, n'est rompue que par les applaudissements, parfois quelques longues secondes après la fin de la musique.
Paul Ben-Haim, né Paul Frankenburger le 5 juillet 1897 à Munich; décédé le 20 janvier 1984 à Tel Aviv) est un compositeur israélien.
Après ses études au Wilhelmsgymnasium de Munich, Ben Haim a étudié de 1915 à 1920 à l' Akademie der Tonkunst à Munich auprès de Friedrich Klose et Walter Courvoisier (pour la composition) ainsi que de Berthold Kellermann (piano).
Il a été ensuite l'assistant de Bruno Walter et Hans Knappertsbusch.
De 1924 à 1931, il a été Kapellmeister à Augsbourg.
En 1933, il a fui l'Allemagne et a vécu à Tel Aviv en tant que compositeur et chef d'orchestre.
Grâce à sa collaboration avec la chanteuse Braha Zefira, il a appris à connaître les chants juifs et arabes, dont les mélodies et le rythme ont influencé ses compositions.
Parmi ses élèves, on compte Eliahu Inbal, Tzvi Avni, Ben-Zion Orgad, Ami Maayani et Noam Sheriff.
Il a pris son nom juif en devenant un citoyen israélien après l'indépendance du pays en 1948.
Né le 20 janvier 1894 à Rockland, dans le Maine, Walter Piston a été reconnu de son vivant comme l'artisan musical par excellence, produisant un ensemble d'œuvres orchestrales et de musique de chambre qui se distinguent par leurs qualités néoclassiques quintessentielles de clarté et de proportion.
Également pédagogue de renom, Piston a enseigné à Harvard de 1926 à 1960 et a écrit trois manuels de musique importants : Harmony (1941), Counterpoint (1947) et Orchestration (1955).
Elliott Carter, Leonard Bernstein et Arthur Berger comptent parmi les nombreux élèves de Piston.
Parmi les nombreux prix et distinctions reçus par Piston, citons trois New York Music Critic's Circle Awards pour sa Symphonie n° 2, son Concerto pour alto et son Quatuor à cordes n° 5, deux Pulitzers et huit doctorats honorifiques. Il a été élu à l'American Institute and Academy of Arts and Letters et à l'American Academy of Arts and Sciences. Une récente série d'enregistrements a précipité un regain d'intérêt pour l'œuvre de Piston.
Florian Leopold Gassmann est un compositeur autrichien originaire de Bohême, né à Brüx le 3 mai 1729 et mort à Vienne le 21 janvier 1774.
De 1757 à 1762, il écrit un opéra chaque année pour le carnaval de Venise, tout en dirigeant le chœur féminin du conservatoire de Venise en 1757.
En 1763, il succède à Gluck comme compositeur de ballets de la Cour à Vienne, où l'Empereur Joseph II d'Autriche le prend d'affection. En 1764, il s'occupe de la musique de chambre, avant de devenir le chef d'orchestre de la Cour en 1772.
En 1766, Gassmann rencontre le jeune Antonio Salieri à Venise et l'invite à le rejoindre à Vienne afin de suivre des cours de composition basés sur le Gradus ad Parnassum de Johann Joseph Fux.
En 1771, Gassmann fonde la Tonkünstlersozietät (Société musicale des artistes) et compose son oratorio La Betulia liberata pour l'occasion.
Les deux filles de Gassmann, Anna Fux et Therese Rosenbaum, ont été des chanteuses qui ont reçu l'enseignement de Salieri. Therese Rosembaum s'est particulièrement illustrée comme interprète de la musique de Mozart.
Le facteur d'orgues Flentrop a restauré un orgue allemand très spécial (et ancien)
La ville de Mölln est située entre les villes allemandes de Hambourg et Lübeck et compte environ vingt mille habitants. Lübeck et Hambourg sont des villes importantes dans le domaine de l'orgue. Mais Mölln occupe également une place marquante, même si elle est moins connue. Le lien entre Mölln et Hambourg est le facteur d'orgues néerlandais Flentrop, qui a été choisi dans cette dernière ville pour la reconstruction du grand orgue de l'église Sainte-Catherine. Il s’agit d’une réalisation majeure, au propre comme au figuré.
La restauration de l'orgue de Mölln, dont l'histoire remonte au début des années 1400, entre dans la même catégorie et en fait l'un des plus anciens orgues existants. Parmi les tuyaux de cette époque se trouvent les ceux avant des tours de pédales qui, après six cents ans, constituent toujours la base sonore de cet instrument au design magnifique.
Grâce à sa longue histoire, l'orgue se prête parfaitement à l'interprétation des œuvres de Hieronymus Praetorius. Il fut organiste de la célèbre église Jacobi de Hambourg de 1582 à 1629. Ses compositions comptent parmi les plus anciennes musiques d'orgue du nord de l'Allemagne. Un peu plus tard, des œuvres de compositeurs aussi célèbres que Heinrich Scheidemann, Matthias Weckman et Franz Tunder sont publiées. Leurs performances sur CD sont des exemples de prononciation et de clarté.
Dietrich Buxtehude succéda à Tunder comme organiste de la bien-aimée Marienkirche de Lübeck en 1668. Buxtehude a à son tour eu une grande influence sur Johann Sebastian Bach. Cette liste devrait également inclure les noms de Nicolas Bruhns et Georg Böhm, légèrement plus âgés que Bach et toujours très populaires.
L'orgue de l'église Saint-Nicolas de Mölln se révèle être un instrument polyvalent sur lequel Mozart se produit également bien. L'orgue, agrandi et modifié à plusieurs reprises au cours des siècles, possède de beaux jeux de flûte. Idéal pour jouer un quatuor de flûtes de Mozart, arrangé pour un jeu à quatre mains.
L'organiste néerlandais et expert en orgue de renommée internationale Pieter van Dijk a participé à la restauration de l'orgue de Mölln. Il est l'un des trois organistes qui jouent de cet instrument. Il joue Mozart avec le musicien d'église de la Nicolaikirche, Thimo Neumann. Le troisième organiste est Arvid Gast, un musicien éminent de Lübeck, mais également actif dans presque toutes les régions du monde. Le fait qu'ils associent tous leur nom à l'orgue de Mölln en dit long sur la qualité de cet instrument.
En déplacement avec sa nouvelle ministre de la Culture, aux Ateliers Médicis, à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, Emmanuel Macron a déclaré vouloir «ouvrir l'accès à la culture» autour des Jeux olympiques, avec une offre de théâtre, de musique, voire de cinéma proposé «de manière totalement gratuite» pendant les «deux mois d'été» 2024.
Manon est un opéra-comique en cinq actes de Jules Massenet, livret de Henri Meilhac et Philippe Gille, d'après le roman de l'abbé Prévost, « l'Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut » (1731).
Il fut créé à l'Opéra-Comique de Paris le 19 janvier 1884.
Alceste ou le Triomphe d'Alcide, LWV 50, est une tragédie lyrique composée par Jean-Baptiste Lully sur un livret de Philippe Quinault.
Alceste est la deuxième tragédie lyrique de Jean-Baptiste Lully après Cadmus et Hermione, créée l'année d'avant. À la demande du Roi Louis XIV, les répétitions d'Alceste eurent lieu à Versailles. Madame de Sévigné écrit : « Le roi a déclaré à Baptiste que s'il se trouvait à Paris au moment des représentations, il irait l'entendre tous les soirs ». Alceste est créé le 19 janvier 1674 à Paris au Théâtre du Palais-Royal.
Si l'œuvre fut accueillie avec enthousiasme à la Cour, il n'en fut pas de même à Paris. Les ennemis de Lully, qui étaient nombreux depuis son obtention du privilège de l'Opéra, s'étaient regroupés dans la salle lors de la première représentation parisienne. La cabale ne lâcha aucun applaudissement de la soirée. Le lendemain, les critiques ne furent guère élogieuses. Pourtant, les représentations suivantes connurent un succès considérable et les mauvaises langues finirent par reconnaître la valeur de cette œuvre.
Hans Hotter, né à Offenbach-sur-le-Main le et mort à Munich le , est un baryton-basse allemand, chanteur d'opéras et de lieder.
Il est issu de la tradition d'éducation musicale germanique qui fait de lui un musicien complet, à l'instar d'autres chanteurs célèbres comme Dietrich Fischer-Dieskau. Ce bagage musical lui permet d'aborder très jeune des rôles lourds vocalement et dramatiquement, si bien que lorsque sa carrière, retardée par la Seconde Guerre mondiale, prend de l'ampleur, il a déjà acquis une pratique importante de ces rôles qui lui permet de triompher sur toutes les scènes du monde. Il reste dans les mémoires l'un des meilleurs Wotan de son époque.
Son répertoire de prédilection est l'opéra wagnérien, qu'il a chanté pendant seize ans au festival de Bayreuth, et le lied allemand, particulièrement Schubert et son Voyage d'hiver. Mais son répertoire est vaste, et il chante également beaucoup de musique sacrée et participe à la « Verdi Renaissance » qui a lieu en Allemagne dans les années 1930 et qui voit des artistes allemands remettre les opéras de Verdi à l'honneur.
C'est l'un des chanteurs lyriques les plus importants du xxe siècle.
Issu d'un milieu cultivé, il étudie l'orgue et la direction d'orchestre au Conservatoire de Munich, puis le chant lyrique auprès du ténor wagnérien Matthäus Römer (aussi appelé Matthaeus Roemer) qui l'initie au lied, à l'opéra et lui fait découvrir sa voix1. Parallèlement, il entreprend des études de philosophie et de musicologie. Il travaille ensuite comme organiste et chef de chœur, mais finalement choisit la carrière de chanteur. Il fait ses débuts à l'opéra à Troppau (aujourd'hui Opava) en 1929 dans le rôle du Sprecher (le récitant) dans La Flûte enchantée. En 1932 il est engagé à l'Opéra d'Etat de Prague (Neues Deutsches Theater à l'époque).
Tout au long du Troisième Reich (1933–1945), il se produit sur diverses scènes en Allemagne et en Autriche, et est notamment engagé à la Staatsoper de Munich où en 1937, il succède à Hans Hermann Nissen, et devient célèbre. Il devient également le baryton préféré de Strauss qui lui confie la création de plusieurs rôles dans ses opéras : le Commandant dans Friedenstag (1938), puis Olivier dans Capriccio (1942).
Durant la période nazie, il ne peut guère se produire à l'extérieur de l'Allemagne et de l'Autriche, mais il parvient quand même à donner quelques concerts à Amsterdam sous la direction de Bruno Walter, en particulier en 1937 où il chante Euryanthe de Weber en version concert.
Son audience au niveau international ne s'élargit qu'à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, où Hans Hotter peut donner son premier concert au Covent Garden de Londres, en 1947. Il se produit ensuite en Europe, sur les scènes les plus réputées de l'art lyrique. En 1950, c'est le Metropolitan Opera de New York qui l'accueille pour la première fois, dans une version anglophone du Vaisseau fantôme. Suivent, jusqu'en 1954, quatre saisons à demeure dans cet établissement américain, où il chante à trente-cinq reprises et dans treize rôles différents, essentiellement issus du répertoire wagnérien.
Parallèlement, entre 1952 et 1966, il devient un pilier du Festival de Bayreuth, dirigé alors par Wieland Wagner. Ses interprétations de Hans Sachs dans Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, de Gurnemanz dans Parsifal, mais surtout de Wotan dans L'Anneau du Nibelung, ont durablement marqué la scène lyrique et la discographie wagnérienne. Outre la puissance et la profondeur de sa voix, sa présence d'acteur sur scène était saisissante en raison de sa haute stature. Sa voix, d'une couleur particulièrement sombre, convenait aux rôles héroïques du grand répertoire et donc particulièrement aux grands rôles wagnériens, dans lesquels il a été quasiment insurpassable. Attentif aux mots, diseur autant que chanteur : « sa stature (vocale) imposait d'emblée un Wotan, un Hollandais de dimensions surhumaines, mais son art de la diction lui permettait toujours de faire passer une humanité extraordinaire dans ses personnages. Son Sachs est un modèle, qui doit bien entendu beaucoup à sa constante fréquentation du monde du lied. »
Il laisse un héritage discographique considérable, dont une grande partie est constituée d'enregistrements, captés en public ou en studio, d'opéras de Wagner. Par ailleurs, il met lui-même en scène la Tétralogie à Covent Garden, de 1961 à 1964.
Son interprétation de Wotan a été enregistrée pour la première fois dans une version studio des années 1930 de l'acte II de La Walkyrie. Il a ensuite été Wotan dans le Cycle du Ring chez Decca5 au début des années 1960, dirigé par Georg Solti et produit par John Culshaw. Il a également été Wotan dans des enregistrements captés en direct durant Festival de Bayreuth, lors du Ring dirigé par Clemens Krauss et Joseph Keilberth au milieu des années 1950 ainsi que l'intégrale de la Tétralogie de Hans Knappertsbusch. Il a également assuré un Ring complet à Covent Garden de 1961 à 1964 sous la direction de Georg Solti en 1961.
Son interprétation de Gurnemanz dans Parsifal a également été conservée dans plusieurs enregistrements live de Hans Knappertsbusch à Bayreuth.
Il est aussi l'un des plus admirables chanteurs de lieder, capable d'alléger son immense voix et de s'appuyer sur un legato infini. Il a chanté 127 fois le cycle du Voyage d'hiver (Winterreise) de Franz Schubert, qu'il aborde pour la première fois dès 1941, à Hambourg.
Hans Hotter fait ses adieux à la scène en 1972, mais réapparaît quelquefois par la suite, comme récitant dans les Gurrelieder d'Arnold Schönberg ou en Schigolch dans Lulu d'Alban Berg... Il se consacre dès lors à l'enseignement du chant à Vienne et à Paris. Il a notamment parmi ses élèves la soprano Cheryl Studer.