Le Journal

Victorien Vanoosten à l’Opéra de Toulon

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Victorien Vanoosten est nommé directeur musical de l’Opéra de Toulon.
Chef français d’envergure internationale, Victorien Vanoosten a notamment été l’assistant principal de Daniel Barenboim et se produit dans le monde entier, de l’Opéra de Berlin où il est à l’affiche en ce moment avec Wim Wenders, au Musikverein de Vienne, et jusqu’à Tokyo et Montréal.
Pour sa prise de fonction à l’Opéra de Toulon, il dirigera Thaïs en version de concert, les 23 et 25 janvier au Palais des Congrès Neptune de Toulon.

Simone Young, première cheffe pour diriger le "Ring" à Bayreuth

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La directrice du festival, la professeure Katharina Wagner, a réussi à recruter Simone Young pour diriger le «Ring des Nibelungen», alors que Philippe Jordan a dû annuler la direction du Bayreuth Ring :  d’autres engagements l’empêchent malheureusement de diriger le Ring.
Simone Young sera la première femme chef d'orchestre à diriger la Tétralogie à Bayreuth.

Rappelons que Simone Young a été directeur musical à Hambourg et Sydney.

Franz Welser-Möst quittera bientôt Cleveland

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Le chef d'orchestre autrichien a annoncé qu'il quitterait ses fonctions de directeur musical à Cleveland en juin 2027, à la fin de son contrat.
Il aura été aux commandes pendant 25 ans, plus longtemps que n'importe quel directeur musical.

"Sonatas and Interludes" de John Cage, 75 ans

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Sonates et Interludes est un cycle de vingt pièces pour piano préparé écrit en 1946-1948, peu de temps après ses recherches en philosophie indienne et après avoir reçu les enseignements de l'historien de l'art Ananda K. Coomaraswamy qui a largement influencé son travail par la suite. Bien plus complexe que ses autres œuvres pour piano préparé, le cycle Sonates et Interludes est généralement reconnu comme l'une des plus belles réalisations de Cage.

Le cycle se compose de seize sonates (treize sont en forme binaire, les trois autres en forme ternaire) et de quatre pièces plus librement structurées en interludes. Le but de ces morceaux est d'exprimer les neuf émotions permanentes de la rasa de la tradition esthétique indienne : « l'héroïque, l'érotique, le merveilleux, la joie, la douleur, la peur, la colère, l'odieux et leur tendance commune vers la tranquillité ».
Dans les Sonates et Interludes, Cage élève à un nouveau niveau de complexité sa composition du rythme. Dans chaque sonate, de courts motifs de nombres naturels et de fractions définissent la structure.

 

Giacomo Carissimi, 350 ans

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Le compositeur italin Giacomo Carissimi est baptisé à Marino, près de Rome, le 18 avril 1605 et mort à Rome le 12 janvier 16741. Il est l'un des plus éminents compositeurs de la période baroque et l'un des principaux représentants de l'école romaine. De surcroît, il est encore l'un des premiers compositeurs qui aient créé le genre d'oratorio (avant 1640, appelé dialoghi (dialogues). Sa vie est mal connue et seuls les évènements les plus importants sont certains. Il reste, pour ses héritiers, le plus grand compositeur du XVIIe siècle, « le plus grand compositeur que l'Italie ait produit » d'après Pierre Bourdelot et Pierre Bonnet en 1715.

Son père, Amico (1548-1633) exerce la profession de tonnelier. Il se marie avec Livia (1565-1622), le 14 mai 1595. Ils ont 7 enfants dont le cadet est Giacomo. La date de sa naissance, à Marino près de Rome, n'est pas connue : elle se situe en 1605 ou, au plus tôt, en 1604. Orphelin à l'âge de 10 ans, il semble être recueilli par l'une des institutions pour enfants pauvres dispensant un enseignement musical. À 18 ans, il étudie le chant et l'orgue à la cathédrale San Lorenzo de Tivoli puis en devient l'organiste deux ans plus tard. À 22 ans, il s'établit à Assise, où il exerce la fonction de maître de chapelle à la cathédrale San Rufino entre 1628 et 1629.

À 24 ans, il s'installe à Rome où il devient maître de chapelle à l'église de Sant'Apollinare attachée au Collegium Germanicum et Hungaricum de 1629 à sa mort. Invité à Venise et à Vienne, il décline les postes proposés. Il a de nombreux élèves dont Marc-Antoine Charpentier, Alessandro Scarlatti, Christoph Bernhard, Philipp Jacob Baudrexel, Giovanni Maria Bononcini et Giovanni Paolo Colonna.

Choisi pour maître de la chapelle pontificale en 1649, il introduit dans les églises l'accompagnement de la musique instrumentale. Il est le premier à employer la cantate pour des sujets religieux. Il rencontre en 1656 la Reine Christine de Suède en exil et compose de nombreuses pièces profanes en son honneur.

À la suite de son décès en 1674, le pape Clément X fait interdire de vendre les manuscrits de Carissimi. Or, la plupart de ses œuvres romaines ne sont connues que par des copies, les autographes ayant été dispersés ou détruits après la dissolution de l'ordre des jésuites en 1773. Les œuvres qui nous sont parvenues (environ 280) sont des messes, des oratorios, des motets et des cantates. Les plus remarquées ont été les oratorios Jephté (ou Histoire de Jephté, basé sur la promesse de sacrifice faite par Jephté, et composé vers 1648), ou encore le Jugement de Salomon, ainsi que son motet Turbabuntur impii. Il restera un compositeur apprécié, spécialement par Haendel (au siècle suivant), ou par le prêtre et musicologue Sébastien de Brossard († 1730, lui-même maître de chapelle et compositeur). Ce dernier fera figurer quelques oratorios et motets de Carissimi dans sa célèbre collection, actuellement conservée à la Bibliothèque nationale de France à qui il en avait fait don. Certains d'entre eux restent des exemplaires uniques de ce compositeur. Carissimi a composé au moins deux opéras, Giuditta (Rome, 1656) et Il sacrificio d'Isaaco (Rome, 1656), tous deux perdus.

Reinhard Keiser, 350 ans

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Reinhard Keiser, baptisé le  à Teuchern en Saxe-Anhalt et mort le  à Hambourg, est un compositeur allemand de musique baroque.

Fils de l'organiste et instituteur Gottfried Keiser (né vers 1650) de Teuchern, Reinhard passe son enfance dans sa ville natale et reçoit l'instruction de divers organistes de Teuchern. À l'âge de onze ans, il quitte sa famille pour entrer à la Thomasschule zu Leipzig, où il a comme maîtres Johann Schelle et Johann Kuhnau, prédécesseur direct de Johann Sebastian Bach.

En 1694, Keiser devient compositeur de chambre à la cour du duc de Brunswick-Wolfenbüttel, mais il était probablement déjà sur les lieux dès 1692 pour étudier l'opéra. Depuis 1691, la ville de Brunswick possédait une salle d'opéra de 1 200 places, dans laquelle on avait interprété son opéra Procris und Cephalus ; par ailleurs, la même année, son opéra Basilius avait été donné à Hambourg :  le musicologue Johann Mattheson notait que Basilus fut reçu avec grand succès et applaudissement.

En 1697 Keiser s'installe définitivement à Hambourg, pour devenir maître de chapelle à l'opéra am Gänsemarkt. Débute alors une période fructueuse où il compose de nombreuses œuvres pour les besoins de la ville. À côté des opéras, d'autres œuvres voient le jour : des arias, des duos, des cantates, des sérénades, de la musique d'église et de grands oratorios, de la musique de chambre et des suites pour orchestre.

De 1703 à 1709, Keiser assure la direction de la Oper am Gänsemarkt, institution publique à but commercial, contrairement aux opéras de cour dont les spectateurs sont invités privilégiés. Deux à trois représentations y sont données chaque semaine. L'un de ses plus prestigieux successeurs sera Georg Philipp Telemann, entre 1722 et 1738.

Les thèmes des opéras de Keiser sont généralement tirés de la mythologie gréco-romaine, conformément à l'usage qui prévaut encore -plus de 20 librettistes travaillent successivement pour lui. Parmi plus de 70 opéras qu'il a composés, huit ont été intégralement conservés.

Parmi les personnalités attachées à la Gänsemarkt Oper, on compte cinq musiciens de grand renom.

  • Reinhard Keiser - compositeur, maître de chapelle et directeur ;
  • Johann Mattheson - compositeur, chanteur et claveciniste ;
  • Gottfried Grünewald - chanteur ;
  • À partir de 1703 Georg Friedrich Haendel - deuxième violon, claveciniste, et par la suite, compositeur ;
  • Christoph Graupner - claveciniste et compositeur.

Il convient de citer également les oratorios de Keiser, dont seulement trois nous sont restés : la Brockes-PassionDer zum Tode verurteilte und gekreuzigte Jesus et la passion selon Saint Marc. Cette dernière fut copiée par Johann Sebastian Bach en 1713 à Weimar et interprétée à Leipzig en 1726. C'est pour cette raison que la recherche musicale a longtemps attribué cette œuvre au Thomaskantor.

En 1718, à cause de l'état désolé de la Gänsemarkt-Oper, Keiser quitte Hambourg pour chercher un autre emploi. Pour cela, il se rend en Thuringe, mais peu après, on le trouve à la cour de Stuttgart. De cette période existent trois manuscrits de sonates en trio pour flûte, violon et basse continue. Pendant l'été 1721, Keiser est de retour à Hambourg, mais à peine quelques semaines plus tard, il se rend à Copenhague avec une troupe d'opéra hambourgeoise. Cet exil si rapide de Hambourg s'explique probablement par l'influence grandissante de Georg Philipp Telemann, engagé pendant l'absence de Keiser par le magistrat de la cité hanséatique. Entre 1721 et 1727, Keiser voyage régulièrement entre Hambourg et Copenhague, et reçoit le titre de Maître de la Chapelle royale danoise.

Après la dissolution de la troupe d'opéra, Keiser s'installe de nouveau à Hambourg, mais, à cause des changements de mode, il éprouve des difficultés à reproduire les succès du passé. Trois opéras de la période entre 1722 et 1734 nous sont parvenus. Les relations personnelles avec Telemann sont assez bonnes, Telemann programmant plusieurs représentations des opéras de Keiser.

Au moment où Mattheson est atteint de surdité, Keiser lui succède au poste de cantor de la cathédrale (Domkantor). Ici, son travail compositionnel est surtout centré sur les besoins de l'église.

80e anniversaire de York Höller

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Le compositeur est toujours actif et travaille à une nouvelle œuvre pour orchestre.

York Höller, qui vit à Cologne, a enrichi durablement la scène musicale internationale avec ses nombreuses œuvres orchestrales et de musique de chambre ainsi que son opéra Le Maître et Marguerite.
Des concerts récents témoignent de la forte signature musicale de Höller : Tabea Zimmermann a interprété avec succès le Concerto pour alto de Höller à Cologne et Amsterdam, et Nils Mönkemeyer l'a joué au Festival Ultraschall de Berlin.
François-Xavier Roth, le Signum Quartett, le festival Présences ou le Schwetzinger Mozartfest lui ont récemment confié des commandes d'œuvres.
Marie-Elisabeth Hecker, Martin Helmchen ou Bertrand Chamayou se sont plongés dans de nouvelles pièces.

Enfin, la nouvelle mise en scène du Maître et Marguerite 2022 à l'Opéra de Cologne a montré l'actualité intacte de sa mise en musique congéniale du roman du siècle de Mikhaïl Boulgakov. Dans un panorama sonore complexe couvrant toute une époque, la musique de Höller guide à travers la complexité théâtrale et surréelle de la satire politique grotesque et de la grande histoire d'amour de Boulgakov.

Nouvelle taxe pour les orchestres anglais en tournée

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Une nouvelle taxe frappera les orchestres britanniques à partir du 1er avril. Les orchestres qui traversent la Manche pour donner des concerts en Europe ne pourront plus bénéficier d'un allègement fiscal sur ces représentations, comme ils sont actuellement autorisés à le faire.
Le gouvernement britannique procède à ce changement pour mettre le pays en conformité avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), comme l'exige la sortie du Royaume-Uni du marché unique de l'Union européenne.

(d'après Pizzicato)

Le Basel Sinfonietta présente "#Metoo, Hitchcock"

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Le 3 mars, le Basel Sinfonietta présente "#Metoo, Hitchcock", la première d'une nouvelle musique de film de Moritz Eggert pour le classique du cinéma muet d'Alfred Hitchcock, "Blackmail". Elle sera dirigée par le nouveau chef principal, Titus Engel, qui a déjà suscité l'enthousiasme et rempli les salles lors de ses débuts à Bâle en octobre et lors de deux concerts invités à la Ruhrtriennale de Bochum.
La création aura lieu dans le cadre du 3e concert d'abonnement au Burghof de Lörrach.
Le concert sera enregistré et pourra être vu ultérieurement sur ARTE.

"Blackmail" est un thriller britannique de 1929, magistralement mis en scène par Alfred Hitchcock. D'une actualité étonnante, Hitchcock raconte dans ce classique du cinéma muet une véritable histoire de #metoo sous les auspices de l'époque. Il fait lutter avec succès son personnage principal contre les formes les plus diverses d'importunité et de chantage masculins -et ce avec des images fortes qui impressionnent encore aujourd'hui.

Avec "#Metoo, Hitchcock", le Basel Sinfonietta renoue avec sa tradition de musique de film : en 2007 déjà, l'enregistrement de la musique originale reconstituée de Dmitri Chostakovitch pour le film muet "Odna" sorti en 1931, est paru en collaboration avec ARTE. En 2011, la musique de film de Chostakovitch pour le film "New Bayblon" (1929), a suivi chez Naxos.

Pour sa première collaboration avec Moritz Eggert, le Basel Sinfonietta ouvre un nouveau chapitre de cette tradition.

"Stabat Mater" de Karol Szymanovski, 95 ans

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Le Stabat Mater op. 53 est une œuvre de Karol Szymanowski écrite en 1925-1926 pour soprano, alto et baryton, chœurs et orchestre.
L'œuvre utilise la traduction polonaise de Józef Jankowski (1865-1935) de l'hymne marial (Stabat Mater). Les 20 strophes sont réparties en six mouvements.

Il s'agit de la première composition de Szymanowski reposant sur un texte liturgique. Elle a été écrite durant la période nationaliste tardive du musicien (1922-1937), caractérisée par l'utilisation de rythmes et de mélodies polonaises. Au retour de son voyage à Zakopane en 1922, Szymanowski écrivit, à propos de la musique traditionnelle polonaise : "[celle-ci] est rendue vivante par sa proximité avec la nature, par sa force, par l'expression de sentiments directs, par sa pureté raciale". L'association d'éléments musicaux polonais avec le texte liturgique du Stabat Mater est unique, témoignant d'une réflexion du compositeur sur ses convictions nationalistes.

Elle a été écrite pour soprano, alto, baryton, chœurs et orchestre (flûtes, hautbois, clarinettes, bassons, par deux, quatre cors, deux trompettes, percussions, harpe, cordes et orgue). Son exécution demande un peu moins d'une demi-heure.

L'œuvre est initialement une commande de 1924 de la Princesse Edmond de Polignac (1890-1927) qui demandait « une pièce pour solistes, chœurs et orchestre (avec peut-être des textes en polonais -une sorte de requiem polonais ». Teresa Chylińska a indiqué certaines intentions de Szymanowski pour l'œuvre: « Une sorte de requiem paysan -quelque chose de rural et ecclésiastique, naïf dans la foi, une espèce de prière pour les âmes- un mélange de religion pour simples d'esprit, de paganisme et de réalisme paysan austère ». Szymanowski et la Princesse de Polignac se perdent de vue et la commande n'est plus d'actualité. Elle est remise à l'ordre du jour quelques mois plus tard lorsqu'un industriel de Varsovie, Bronisław Krystall, fait une commande à Szymanowski pour une œuvre à la mémoire de sa dernière femme. De plus, la nièce du musicien, Alusia Bartoszewiczówna, décède en janvier 1925. Il tente alors de consoler sa sœur, songeant à dédicacer son œuvre à la mère chagrinée. Des circonstances extérieures ont également motivé son écriture, probablement d'ordre pécuniaire, même s'il n'existe pas de preuve de paiement pour son Stabat Mater.

La création en a été faite le 11 janvier 1929 à Varsovie sous la direction de Grzegorz Fitelberg. L'œuvre a été publiée aux éditions Universal en Autriche.

Szymanowski a choisi la traduction polonaise de Czesław Jankowski (1865-1935) du texte du Stabat Mater. Le texte original, en latin, du XIIIe siècle est dramatique dans son essence, celui de Jankowski beaucoup plus cru. Kornel Michałowski indique que le choix du compositeur résulte de la « naïveté de la version polonaise, son inhabituelle simplicité primitive presque populaire ».