Le Journal

Le Prix Hindemith 2024

par

La compositrice suédoise Lisa Streich (37 ans) se verra décerner le prix Hindemith 2024 dans le cadre du prochain festival de musique du Schleswig-Holstein. Le prix sera décerné pour la 35e fois et est doté de 20.000 euros.

Lisa Streich a convaincu le jury du Hindemith-Preis 2024 en raison de ses contrastes sonores et de sa grande compétence technique : Lisa Streich fait preuve d'un niveau artisanal exceptionnel. Elle crée une incroyable richesse de couleurs et gère le suspense de manière remarquable. Sa musique ouvre les oreilles à de nouveaux mondes sonores poétiques.

Lisa Streich est née en 1985 à Norra Råda, en Suède.
Elle a étudié la composition et l'orgue à Berlin, Stockholm, Salzbourg, Paris et Cologne. Ses compositions ont été jouées en Suède, en Allemagne, en Israël, en France, en Autriche, en Grande-Bretagne, au Japon, au Canada et aux États-Unis par des ensembles tels que le NDR Orchester, le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, le Quatuor Diotima, le Nouvel Ensemble Moderne, l'oenm, le Eric Ericson Kammerchor, le chœur de la radio suédoise au MATA Festival de New York, Ultraschall Berlin, l'IRCAM Paris et Wien Modern.
Lisa Streich a reçu le Prix d'orchestre du Fonds Anne-Sophie Mutter, le Prix Busoni de l'Académie des arts de Berlin, le Prix de Rome de la Villa Massimo, le Prix Ernst von Siemens pour les compositeurs et la bourse Bernd Alois Zimmermann.
Actuellement, elle est compositrice en résidence à l'Ensemble Recherche de Fribourg.

Le prix Hindemith a été décerné pour la première fois en 1990. Il vise à encourager les jeunes compositeurs et à rappeler ainsi l'action de Paul Hindemith (1895-1963) en matière de pédagogie musicale. Le montant du prix, mis à disposition par plusieurs fondations, s'élève à 20.000 euros.
Parmi les précédents lauréats, on compte notamment Olga Neuwirth, Matthias Pintscher, Jörg Widmann, Rebecca Saunders, Michel van der Aa, Thomas Adès, David Hefti, Anna Clyne, Samy Moussa, Stefan Hanke, Mithatcan Öcal, Lera Auerbach, Hannah Kendall et Alex Paxton.
Cette année, le jury était composé de Verena Andel, Astrid Bernicke, Oliver Korte, Christian Kuhnt, Frank Siebert, Jan Philipp Sprick et Tabea Zimmermann.

"Kafka-Fragments" à Barcelone

par

Anna Prohaska et Isabelle Faust feront revivre les Kafka-Fragments de György Kurtág au Liceu de Barcelone.

"Écrits entre le 6 juillet 1985 et le 9 mars 1987, ils s'imposent comme l'un des grands cycles de lieder. D'une durée de 60 minutes, les 40 miniatures sont regroupées en quatre sections qui tournent autour d'un motif principal : la recherche d'un chemin dans le labyrinthe de l'existence.
Rédigés à partir de fragments d'un journal intime, de lettres et d'un texte posthume de l'auteur du procès, les Fragments de Kafka se présentent comme une confession intime sans fil conducteur. Kurtág a confié à une soprano et un violon solistes ce fascinant kaléidoscope de paysages émotionnels où se mêlent humour, sensualité, désir, tendresse...".

Jader Bignamini reste à Detroit

par

L'Orchestre Symphonique de Détroit vient d'annoncer sur ses réseaux qu'il prolongeait le contrat de Jader Bignamini en tant que directeur musical jusqu'à la fin de la saison 2030-31. Depuis 2020, Jader a servi de leader artistique visionnaire au sein de notre orchestre, s'immergeant dans la riche culture de Détroit et construisant des liens solides au sein de notre communauté. Nous sommes impatients de faire de la merveilleuse musique ensemble pour les années à venir ! explique l'orchestre.

Jader Bignamini (° 1976)  chef d'orchestre et clarinettiste italien a dirigé pour la première fois en Amérique du Nord, à l'Opéra de Santa Fe en juillet 2015, puis au Metropolitan Opera en novembre 2017.
En juin 2018, Bignamini a dirigé pour la première fois l'Orchestre Symphonique de Détroit (BBC NOW), remplaçant en urgence de Leonard Slatkin.
Il est retourné à Détroit en octobre 2019 pour une autre mission de direction.
En janvier 2020, l'Orchestre Symphonique de Détroit annonce la nomination de Bignamini comme son prochain directeur musical, à compter de la saison 2020-2021, avec un contrat initial de 6 saisons.
Cette nomination marque son premier poste de directeur musical.

Bignamini et son épouse Lidia, elle-même clarinettiste, résident à Crémone.

Honneur à Gregory Kunde

par
La Casa Museo Enrico Caruso vient de décerner son prix au ténor américain. Gregory Kunde succède ainsi à Jonas Kaufmann, couronné l’année dernière. L’artiste est qualifié de « rossinien rigoureux, belcantiste et bellinien pur à la voix somptueuse et au phrasé élégant (…).
Gregory Kunde, né le 24 février 1954 à Kankakee dans l'Illinois, d'abord spécialisé dans les répertoires lyriques puis belcantistes des opéras italiens et français, a élargi son répertoire en abordant à plus de 60 ans, les emplois spinto.
Il a ainsi chanté les deux Otello, celui de Rossini et celui de Verdi.

Simon Laks, 40 ans

par

Simon (Szymon) Laks (, Varsovie - , Paris) est un compositeur et violoniste polonais naturalisé français.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient chef d'orchestre des prisonniers du camp d'Auschwitz après sa déportation en .

Né à Varsovie, il est alors sujet de l'empire russe.
Il étudie les mathématiques à Wilno (Vilnius) et à Varsovie.
En 1921, il entre au Conservatoire de Varsovie, la capitale de la Pologne nouvellement indépendante. Et devient citoyen polonais.
En 1924, la Philharmonie de Varsovie joue pour la première fois une de ses œuvres en public. Il s'agit d'un poème symphonique, Farys, aujourd'hui perdu.
Il quitte la Pologne pour Vienne en 1926. Pour vivre, il accompagne au piano les films muets.

Il rejoint ensuite Paris où il continue ses études musicales jusqu'en 1929 au Conservatoire national. Il parle à ce moment-là le polonais, le russe, le français, l’allemand et l’anglais.
Il devient l’un des premiers membres de l’Association des jeunes musiciens polonais à Paris fondée à la fin de 1926, dont il s'occupe activement.
Plusieurs œuvres de Laks sont inscrites au programme des concerts parisiens : son Quintette pour instruments à vent (perdu), son Deuxième Quatuor à cordes (perdu) et sa Sonate pour violoncelle et piano.
À Paris, Simon Laks se lie avec Tadeusz Makowski. Dans les années trente, il entame une collaboration artistique fructueuse avec la cantatrice Tola Korian. Il écrit pour elle des chants sur des textes polonais et français, dont beaucoup sont écrits par la chanteuse elle-même. Simon Laks compose une musique néo-classique.

En 1941, Simon Laks, qui est juif, est arrêté par les autorités allemandes et interné dans le camp de Pithiviers, près d’Orléans. Il est déporté à Auschwitz en . En tant que musicien, il est mieux traité que la plupart des déportés et survit plus de deux ans pendant lesquels il est le chef d'orchestre du camp de concentration.
Il raconte après la guerre son expérience dans un livre "Mélodies d'Auschwitz". Il entend aussi méditer sur le rôle qu’avait joué la musique dans l’extermination.
Quand il arrive dans le camp, il aperçoit « …des pupitres, des pupitres à musique ! […] Qui dit pupitres, dit musiciens. Les uns sans les autres n’ont pas leur raison d’être. Qui joue donc de la musique ici ? Les bourreaux ou les victimes ? Quelle est donc la musique qui résonne en ce maudit lieu ? Des danses macabres ? Des chants funèbres ? Des chants hitlériens ? 2»

Il raconte qu'à Auschwitz, l'orchestre jouait deux fois par jour, au début et à la fin de la journée. Il accompagne les Kommandos qui passent puis repassent sous la grille du camp. Il explique que loin d'être un moyen de résistance, la musique était un moyen de torture supplémentaire, un moyen de domination totale. La musique aggrave, chez les détenus, la prostration physique et morale. Elle incite les détenus à la tâche, sans réflexion.
Le , il est transféré à Dachau.
Le , le camp est libéré par l’armée américaine. Le , il est de retour à Paris.

Simon Laks adopte, dans les genres baroque et classique, les principes traditionnels de la construction formelle et de la facture instrumentale qu'il combine avec les moyens de l’harmonie tonale. Il possède le sens des proportions, une technique polyphonique maîtrisée, une pureté rythmique et une facture simple et d’une très grande pureté.
Les nombreuses chants de Simon Laks parviennent à fondre plusieurs sphères d’influence : la tradition de la lyrique vocale romantique et du lied polonais, le style français de l’entre-deux guerres.

À partir de 1972, Simon Laks se consacre à l’écriture et à la traduction. Il se passionne pour les problèmes linguistiques, mais aussi les problèmes sociaux et politiques. Il est l'auteur de nombreux livres.

Elliott C. Carter, 115 ans

par

Elliott Cook Carter, Jr., né le 11 décembre 1908 à New York aux États-Unis et mort le 5 novembre 2012 dans la même ville, à 103 ans, est un compositeur de musique contemporaine américain.

Premier compositeur à recevoir la National Medal of Arts en 1985, il était considéré comme l'un des plus grands compositeurs du XXe siècle.

Elliott Carter grandit dans un milieu bourgeois, peu attiré par les arts. Il étudie le piano dès l'école primaire.
Adolescent, il se tourne vers le théâtre et intègre le cercle intellectuel new yorkais au cœur du quartier de Greenwich Village. C'est dans les années 1920 que son goût pour les nouvelles manifestations artistiques le pousse à s'intéresser à la musique moderne, sous la tutelle de Charles Ives qui devient à la fois un ami, un guide et un modèle.
Grâce à lui, le jeune Elliott découvre l'avant-garde musicale à travers des œuvres de Béla Bartók, Edgar Varèse et Carl Ruggles.
Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky le séduit et le décide à commencer une carrière dans la musique comme compositeur.

En 1926, Elliott Carter intègre l'Université Harvard. Il y étudie la littérature anglaise, puis la musique à partir de 1930. Son Bachelor of Arts en poche, le jeune Carter part pour la France et travaille à l'École normale de musique de Paris (1932-1935) avec Nadia Boulanger. Rentré à New York en pleine dépression économique, il est engagé comme directeur musical du Ballet Caravan de 1936 à 1940.

Dans les années 1930, Carter se rapproche du style néo-classique, sous l'influence de Stravinsky, d'Hindemith et de Nadia Boulanger. Ce n'est qu'à la fin des années 1940 qu'il parvient à trouver son propre langage, fondé sur le sens de la continuité et sur l'individualisation des différentes couches de la composition.

Écrivant une musique exigeante, loin du style américanisant d'un Copland ou d'un Bernstein, mais loin aussi de l'expérience sérielle, Carter a construit son œuvre dans un grand esprit d'indépendance. Influencé par le philosophe et mathématicien britannique Alfred North Whitehead, défenseur de l'organisme, Carter trouve son inspiration en orientant certaines de ses compositions dans la littérature, la poésie, la danse et le cinéma.

Il a réalisé une synthèse entre les diverses tendances de la musique du XXe siècle et entre des conceptions musicales appartenant à des époques ou à des cultures très différentes. Les orchestres les plus renommés et les plus grands solistes, de même que de nombreux ensembles, lui ont commandé des partitions.
Au total, Elliott Carter a composé plus de 150 œuvres d'une très grande variété. Au cours de sa carrière longue de huit décennies, il remporte deux fois le Prix Pulitzer de musique.

En 1954 et en 1963, il est lauréat du Prix de Rome américain (Rome Prize) en composition musicale.

Il est élu membre de l'Académie des arts de Berlin en 1971.
Dans les années 1980, Carter enseigne la composition, notamment à l'Université Columbia et à la Juilliard School of Music.

À 90 ans, il aborde l'opéra avec What next, créé à l'Opéra de Berlin en 1999 par Daniel Barenboim.

Il meurt le 5 novembre 2012 dans sa ville natale, quelques mois seulement après la création et l'inauguration de sa dernière œuvre, Dialogues II8. Il était âgé de 103 ans.

Hector Berlioz 220 ans

par

Hector Berlioz est né le 11 décembre 1803 à La Côte-Saint-André (Isère) et décédé à Paris le 8 mars 1869.

La reconnaissance artistique lui a cependant été largement refusée de son vivant, la plus haute position qu'il ait pu obtenir en France étant celle de conservateur et de bibliothécaire au Conservatoire de Paris.
Son père, médecin,  s'intéressait beaucoup à la littérature, moins à la musique.
Enfant, Berlioz acquiert lui-même des connaissances et des compétences musicales. Selon les idées de son père, Hector devait faire des études de médecine, mais à Paris, il s'occupait plus de musique que de médecine, allait constamment à l'opéra, prenait des cours auprès de Jean-François Lesueur et Anton Reicha et se présentait également au public avec ses propres compositions, par exemple en 1830 avec la Symphonie fantastique.
La même année, après plusieurs tentatives, il obtient le très convoité Premier Prix de Rome, lié à un séjour d'études de deux ans en Italie.
C'est là que furent composés Lélio ou Le retour à la vie (1831), la suite de la Symphonie fantastique et l'ouverture Le Roi Lear ; Harold en Italie (1834) est également un reflet de cette période.
Il retourne ensuite à Paris et gagne sa vie comme feuilletoniste et bibliothécaire au Conservatoire.
Berlioz a constamment des problèmes d'argent et s'endette à plusieurs reprises. A partir de 1842, il tenta d'améliorer sa situation économique et artistique par des tournées de concerts en Allemagne, en Autriche, en Russie et en Angleterre, et trouva en Franz Liszt et Robert Schumann des compagnons de route éloquents pour son nouveau principe stylistique : la musique à programme.
Partant des symphonies de Beethoven, qui représentaient selon lui l'apogée de ce genre, il élargit la forme avec des idées programmatiques extra-musicales et augmenta en même temps la force expressive par une nuance extrême de l'instrumentation jusqu'à l'utilisation de formations chorales et orchestrales surdimensionnées d'une taille jusqu'alors insoupçonnée. Il devint ainsi un précurseur pour Liszt, Wagner et Strauss ainsi que pour toute la musique romantique tardive du 19e siècle.
Son "Idée fixe" comme moyen de relier musicalement les mouvements individuels entre eux est un modèle pour le leitmotiv wagnérien.
Avec la musique à programme, Berlioz ouvre un nouveau chapitre de l'histoire de la musique : les expériences, les idées, les poèmes devaient être représentés par la musique. Outre son propre vécu, comme dans sa Symphonie fantastique -"Episode de la Vie d'un Artiste", dans laquelle se reflète son amour déçu pour une actrice, il souhaite également recréer des poèmes (Roméo et Juliette en 1839 d'après Shakespeare, La Damnation de Faust en 1846 d'après Goethe).
Ses œuvres de musique d'église, en particulier le Requiem Grande Messe des Morts (1837) et un Te Deum en dreichor, produisent de grands effets. Les ouvertures et de nombreux passages précieux ont trouvé leur place dans les salles de concert. En revanche, Berlioz a complètement échoué avec ses opéras (Benvenuto Cellini en 1838, Les Troyens en 1859 et Béatrice et Bénédict en 1862 d'après "Beaucoup de bruit pour rien" de Shakespeare) : il n'a pu en publier aucun à Paris de son vivant, tout comme ses œuvres n'ont commencé à être reconnues en France qu'après sa mort.
Berlioz a également exercé une influence considérable avec son "Traité d'instrumentation et d'orchestration moderne" (1844) et ses écrits (l'édition allemande de 1903 et suivantes comprend dix volumes).

Hector Berlioz meurt le 8 mars 1869 à Paris, dans la solitude.

Carl Friedrich Zelter, 265 ans

par

Carl Friedrich Zelter, né à Berlin le 11 décembre 1758 et mort le 15 mai 1832 dans cette même ville, est un compositeur, chef d'orchestre, théoricien et pédagogue prussien, membre de la seconde école de Berlin.

Carl Friedrich Zelter travaille d'abord comme maçon avec son père puis fait de brillantes études musicales avec comme professeur Carl Friedrich Christian Fasch, auquel il succède comme directeur de l'académie royale de chant.

Il se fit connaître assez jeune en particulier par un Concerto pour alto en mi bémol majeur daté de 1779.Il est aussi membre honoraire (1806)4, puis professeur (1809) à l'Académie prussienne des arts au sein de laquelle il fonde l'association chorale « Liedertafel ».
Ami de Goethe, Carl Friedrich Zelter organise la bibliothèque musicale de Berlin, privilégiant les œuvres de Johann Sebastian Bach.

Il a été le professeur de Felix Mendelssohn et de sa sœur Fanny Mendelssohn.

Symphonie « Kaddish » de Leonard Bernstein, 60 ans

par

La Symphonie no 3 « Kaddish » est une œuvre pour orchestre, chœur mixte, chœur d'enfants, récitant(e) et soprano solo du compositeur américain Leonard Bernstein écrite en 1963 et révisée en 1977. Les paroles sont de Leonard Bernstein et en partie celles du kaddish, prière hébraïque de louange en l'honneur de Dieu.
La symphonie est dédiée « à la bien-aimée mémoire de John F. Kennedy ».

En ces temps de guerre froide où la perspective d'un anéantissement de l'humanité est tangible (crise des missiles de Cuba, 1962), le besoin de foi est un thème qui inspire Bernstein dans ses symphonies Jeremiah et The Age of Anxiety ; le troisième volet Kaddish est, selon son ami le compositeur David Diamond, cette prière de paix que Bernstein veut offrir à tous.

En raison de la nature juive de l'œuvre, Bernstein souhaite que la création ait lieu en Israël et l'Orchestre Symphonique de Boston renonce à ses droits sur la première. Inquiet que la nature controversée du texte puisse heurter, Bernstein prend contact avec l'Orchestre Philharmonique d'Israël et offre de retirer l'œuvre si elle devait causer des problèmes. Le directeur de l'orchestre, Abe Cohen, le rassure : des experts en littérature et en philosophie hébraïque n'ont rien trouvé d'offensant dans le texte, et des précédents similaires ont existé. Les paroles sont alors traduites en hébreu et la symphonie est donnée en première mondiale le 10 décembre 1963 à Tel Aviv, avec l'actrice Hannah Rovina comme récitante et Jennie Tourel comme soprano, dirigés par le compositeur.

En Israël, la presse réserve à la symphonie "un accueil enthousiaste"(à une exception près) en dépit des nombreux obstacles qu'avait rencontré l'exécution. […] Les “blasphèmes supposés” furent reconnus comme faisant partie de la pensée juive par plusieurs critiques, entre autres par un écrivain aussi éminent que Max Brod. »

La première américaine a lieu le 10 janvier 1964 par l’Orchestre Symphonique de Boston sous la direction de Charles Munch avec Jennie Tourel en soprano et Felicia Montealegre, l’épouse de Bernstein, récitant le texte en anglais. La critique américaine est mitigée, certains attaquant Bernstein pour « vulgarité », « clichés » et une musique peu originale. « Contre toute attente, certains auteurs américains prirent ombrage de ces mêmes irrévérences, notamment de ce que l'image du Seigneur fût souillée par une accusation telle que Tin God (croque-mitaine) ». Harold Rogers, le critique du Christian Science Monitor (un des journaux américains de premier plan) est un de ceux qui réagirent favorablement, décrivant le compositeur comme à son meilleur ; le critique du New York World Telegram et du Sun, Louis Biancolli, qui avait presque toujours soutenu Bernstein, écrivait « une gigantesque impulsion d'intégrité palpite à travers elle »; cependant, Alan Ric, du Herald-Tribune suggère que le titre de kaddish pourrait être remplacé par houtzpah (חֻצְפָּה, insolence, audace, impertinence) ; le magazine Time écrit que Bernstein est « le désespoir de l'orgueilleux ».

La version révisée de 1977 est créée le 25 août 1977. Elle est créée en France en 1995 à la salle Pleyel par le Chœur et Orchestre des Grandes Écoles (COGE) dirigé par Michel Podolak, avec Mickael Lonsdale en récitant et Mari Kobayashi en soliste.

L'Orchestre Symphonique de Paris, sous la direction de John Axelrod, l’interprète sur le texte inédit de Samuel Pisar lors du concert de l'UNESCO 2009 à l'occasion de la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste, le 26 janvier 2009.

Henning Christiansen, 15 ans

par

Henning Christiansen (28 mai 1932 à Copenhague - 10 décembre 2008) était un compositeur danois et un membre actif du mouvement Fluxus.
Il a travaillé avec des artistes tels que Joseph Beuys, Nam June Paik, Bazon Brock et Wolf Vostell, ainsi qu'avec sa femme Ursula Reuter Christiansen, mais aussi avec Bjørn Nørgaard, Carlo Quartucci, Carla Tato, Ernst Kretzer, Ben Patterson, David Moss, Ute Wassermann, Andreas Oldörp, Christophe Charles, Bernd Jasper, Henrik Kiel, Vilem Wagner, Vladimir Tarasov, Niko Tenten, et bien d'autres.

Son objectif général était de travailler en collaboration et de dépasser les frontières conventionnelles. Il s'opposait à l'idée d'un génie artistique isolé et l'ensemble de sa production peut être considéré comme un exemple ultérieur et vibrant d'une praxis en constante évolution. Il croyait en la nécessité de dépasser les frontières conventionnelles entre les disciplines artistiques. Cela est visible depuis son engagement dans Fluxus, en passant par de nombreuses performances en collaboration, jusqu'à sa position de professeur à l'Académie des arts de Hambourg (Hochschule für Bildende Künste - HfBK).

Christiansen a vécu près de 40 ans sur l'île danoise de Møn. Il a présenté une exposition rétrospective à Copenhague et il a participé au festival de musique Wundergrund peu avant sa mort.

Le mot "minimal" a peut-être été utilisé pour la première fois en relation avec la musique en 1968 par Michael Nyman, qui "a déduit une recette pour le succès du happening "minimal-music" à partir des spectacles présentés par Charlotte Moorman et Nam June Paik à l'ICA", qui comprenaient une performance de Springen par Henning Christiansen et un certain nombre de pièces d'art performatif non identifiées.