Le Journal

La pianiste française Colette Maze est décédée à l'âge de 109 ans

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La pianiste française Colette Maze, née le  et morte le dans la même ville, est connue pour sa longévité exceptionnelle, avec une carrière s'étendant sur une centaine d'années.

Colette Claire Saulnier naît le . Née au sein d'une famille bourgeoise d'un père industriel, sa famille habite rue du Faubourg Poissonnière. Elle reçoit des cours de piano dès l'âge de 5 ans, ses parents ayant remarqué son don précoce pour la musique. Ils s'opposent pourtant à ce qu'elle devienne pianiste professionnelle, mais elle obtient d'intégrer, à 15 ans, l’École normale de musique de Paris, où elle suit les cours d’Alfred Cortot et de Nadia Boulanger.

Elle devient professeur de piano, et enseigne pendant toute sa carrière à l'École normale de musique de Paris et au Conservatoire de Bagneux.

À 100 ans, elle joue toujours du piano, pour entretenir sa mémoire, dit-elle.
À 103 ans, elle sort son quatrième album dédié à l'un de ses compositeurs préférés, Claude Debussy, à l'occasion du centenaire de sa mort, tout en proposant également des interprétations de Federico Mompou, d'Astor Piazzolla et d'Alberto Ginastera.
Le , alors âgée de 106 ans, elle annonce pour le mois d'avril la publication d'un sixième album dédié à nouveau à Debussy.
Colette Maze attribue sa longévité à son régime alimentaire, sa passion pour le piano et sa pratique de la danse. Sa devise est « Toujours aller de l’avant ! »
En , elle sortait un septième et dernier album, à l'âge de 109 ans.

Jeune, elle est élevée durement par sa mère qui la frappe. Elle se réfugie alors dans la musique. Elle joue du piano, qu'elle préfère à ses poupées. Elle déclare par la suite que son instrument lui donnait de la tendresse. Asthmatique, elle se calme en écoutant sa mère jouer du violon avec son professeur de piano.

À 18 ans, elle refuse les prétendants riches proposés par sa famille et vit une histoire d'amour avec un homme dont elle a un fils en 1949. Abandonnée par le père de son enfant, Colette l'élève seule et doit affronter les critiques de son milieu.

Elle épouse le Émile Maze, un musicien fondateur de L'Œuvre des Vieux Musiciens dont elle prend le nom que portera aussi son fils, le réalisateur Fabrice Maze.

 

Trois jours pour Chigiana 100

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Du 22 au 24 novembre se déroule  à Sienne "Chigiana 100", une manifestation spéciale de trois jours destinée à célébrer le centenaire des activités musicales (1923-2023) de l'Accademia Musicale Chigiana.

Le 22 novembre, jour de la Sainte-Cécile, le Comte Guido Chigi Saracini inaugure au son de l'orgue nouvellement achevé, conçu par Carlo et Francesco Vegezzi Bossi, le Salone dei Concerti au cœur de son palais de Via di Città, à Sienne, qui deviendra dès lors un temple de la musique, point de référence de la musique occidentale pour les années à venir.

Cent ans plus tard, dans la même salle -après d'importants et complexes travaux de restauration de l'orgue, resté inutilisé pendant plus de 20 ans, et des travaux de restauration qui ont également concerné la salle elle-même et la scène sur laquelle se sont produits de nombreux artistes parmi les plus importants du siècle dernier- l'Accademia Musicale Chigiana célébre le centenaire de ses activités musicales (1923-2023) avec une série d'événements spéciaux qui s'étendront sur trois jours dans d'autres lieux historiques de Sienne.

Les événements de ces "trois jours" comprennent, en résumé :
- une avant-première du documentaire produit par RAI Cultura "MICAT IN VERTICE. L'Accademia Musicale Chigiana" ;
- la conférence internationale "CHIGIANA 100. Éducation, recherche et production musicale du XXe siècle à l'avenir" ;
- trois concerts de la saison MICAT IN VERTICE 101 organisés dans des lieux tels que le Teatro dei Rinnovati et la salle de concert du Palazzo Chigi Saracini, avec des protagonistes tels que Uto Ughi et I Filarmonici di Roma, Bernard Foccroulle ;
- la présentation, comme prévu, de l'orgue restauré dans la salle de concert du Palazzo Chigi Saracini.

Réouverture du Théâtre National de Munich il y a 60 ans

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Le 22 novembre 1963, le Théâtre National de Munich a été solennellement rouvert : la réouverture a été célébrée par une cérémonie encadrée par la musique et la première de La femme sans ombre de Richard Strauss, en présence de nombreux invités issus du monde politique, artistique et économique.
Près de vingt ans après la fin de la guerre, la réouverture, rendue possible notamment grâce à une grande initiative citoyenne, était une profession de foi en faveur de la ville culturelle de Munich.

La reconstruction du Théâtre National de Munich a marqué la naissance de la première initiative citoyenne de l'après-guerre en faveur de l'art : après leur fondation en 1951, les Amis du Théâtre national ont apporté une contribution essentielle et indéniable à la renaissance de la vie culturelle et sociale dans la ville de Munich. Le résultat fut la réouverture du Théâtre national le 22 novembre 1963, qui n'aurait sans doute jamais vu le jour sous sa forme actuelle sans l'engagement durable des Amis du Théâtre national. C'était un besoin intérieur des fondateurs de ramener à la lumière, après la dévastation intellectuelle et morale, la culture humaine et chrétienne qui avait été ensevelie sous les décombres de l'inhumanité. Du point de vue de l'époque, la reconstruction du Théâtre national était le signe d'une volonté citoyenne engagée et une déclaration sur l'éducation culturelle dont avait besoin de toute urgence une société.

C'est avec Richard Strauss, l'un des "dieux de la maison" de l'Opéra national de Bavière, que le nouveau vieux bâtiment a rouvert ses portes : la première de La femme sans ombre était à l'affiche dans une nouvelle mise en scène de Rudolf Hartmann et avec Joseph Keilberth au pupitre. Avec une distribution que le monde entier enviait à Munich : Ingrid Bjoner, Inge Borkh, Jess Thomas, Dietrich Fischer-Dieskau et Martha Mödl.

Le "Boléro" de Ravel, 95 ans

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Le Boléro de Maurice Ravel est une musique de ballet pour orchestre en ut majeur composée en 1928 et créée le 22 novembre de la même année à l’Opéra Garnier par sa dédicataire, la danseuse russe Ida Rubinstein.
Mouvement de danse au rythme et au tempo invariables, à la mélodie uniforme et répétitive, le Boléro de Ravel tire ses seuls éléments de variation des effets d’orchestration, d’un crescendo graduel et, in extremis, d’une courte modulation en mi majeur.

Cette œuvre singulière, que Ravel disait considérer comme une simple étude d’orchestration, a connu en quelques mois un succès planétaire qui en a fait son œuvre la plus célèbre et, de nos jours encore, une des pages de musique savante les plus jouées dans le monde. Mais l'immense popularité du Boléro tend à masquer l'ampleur de son originalité et les véritables desseins de son auteur.
L'œuvre porte la référence M.81, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat.

Le Boléro est une des dernières œuvres écrites par Maurice Ravel avant l'atteinte cérébrale qui le condamna au silence à partir de 1933. Seuls l'orchestration du Menuet antique (1929), les deux concertos pour piano et orchestre pour la main gauche (1929–1930) et en sol majeur (1929–1931) et les trois chansons de Don Quichotte à Dulcinée (1932–1933) lui sont postérieurs.

Année faste pour la musique, 1928 vit aussi la naissance du Quatuor à cordes no 4 de Bartók, du Quatuor à cordes no 2 de Janáček, du Concerto pour clarinette de Nielsen, de la Symphonie no 3 de Prokofiev, des Variations pour orchestre de Schönberg, du Baiser de la fée et d'Apollon musagète de Stravinsky.

Le Boléro est une œuvre de commande.
À la fin de 1927, Ravel, dont la réputation était depuis longtemps internationale, venait d’achever sa Sonate pour violon et piano et s'apprêtait à effectuer une tournée de concerts de quatre mois aux États-Unis et au Canada quand son amie et mécène Ida Rubinstein, ancienne égérie des Ballets russes de Diaghilev, lui demanda un « ballet de caractère espagnol » qu’elle comptait représenter avec sa troupe à la fin de 1928. Ravel, qui n’avait plus composé pour le ballet depuis La Valse en 1919 et dont les derniers grands succès scéniques remontaient à Ma mère l'Oye et aux Valses nobles et sentimentales en 1912, fut enthousiasmé par cette idée et envisagea d'abord, en accord avec sa dédicataire, d’orchestrer six pièces extraites de la suite pour piano Iberia du compositeur espagnol Isaac Albéniz. Mais à la fin de juin 1928, alors qu’il avait commencé le travail (le ballet devait au départ s’appeler Fandango), il fut averti par son ami Joaquín Nin que les droits d’Iberia étaient la propriété exclusive d'Enrique Arbós, directeur de l'Orchestre Symphonique de Madrid et ancien disciple d’Albéniz, et qu'ils étaient déjà en cours d'exploitation pour un ballet destiné à La Argentina. D'abord sceptique, Ravel, pris au dépourvu, pensa à contrecœur abandonner ce projet.

Apprenant l’embarras de son confrère, Arbós aurait proposé de lui céder gracieusement ses droits sur Iberia, mais Ravel avait déjà changé d'idée. Il était revenu à un projet expérimental qui avait germé en lui quelques années plus tôt : « Pas de forme proprement dite, pas de développement, pas ou presque pas de modulation ; un thème genre Padilla, du rythme et de l’orchestre », écrivit-il à Nin durant l’été 1928.
Pour ce qui est du rythme, le fandango initial laissa la place à un boléro, autre danse traditionnelle andalouse. La naissance présumée de la mélodie est rapportée dans le témoignage d'un confrère et ami de Ravel, Gustave Samazeuilh, qui lui rendit visite à Saint-Jean-de-Luz à l’été 1928. Il raconta comment le compositeur, avant d’aller nager un matin, lui aurait joué un thème avec un seul doigt au piano en lui expliquant : Mme Rubinstein me demande un ballet. Ne trouvez-vous pas que ce thème a de l’insistance ? Je m'en vais essayer de le redire un bon nombre de fois sans aucun développement en graduant de mon mieux mon orchestre. »

L'éditeur de musique Jacques Durand, réjoui que Ravel compose une œuvre entièrement nouvelle, pressa le compositeur d'achever le ballet pour le début de la saison 1928-1929. Ravel composa son Boléro entre juillet et octobre 1928 et le dédia à sa commanditaire Ida Rubinstein.

Le Boléro reçut un accueil largement favorable de la presse nationale au lendemain de sa création. Sous la plume d'Henry Malherbe, Le Temps parla dès le 24 novembre 1928 d'un "chef-d'œuvre véritable" et d'un "exercice d'une virtuosité instrumentale sans seconde" ; Le Figaro souligna les « dons singuliers » de Ravel et estima que ce nouvel opus ajoutait "à l'œuvre d'un de nos compositeurs les mieux réputés, quelques pages vivantes, colorées, lancinantes, narquoises aussi, avec une expression supérieure d'indifférence feinte et d'ardeur masquée qui est le comble de l'art vainqueur" ; pour Le Matin, "le synchronisme étroit de la danse et des intentions de la musique produit une puissante impression" ; dans Comœdia, Pierre Lalo, jadis très virulent envers la musique de Ravel, jugea que "la seule sonorité de l'orchestre de M. Ravel est un plaisir. Ce n'est pas que son Bolero soit grand'chose, mais le musicien y paraît dès la première mesure", avant de conclure que "la valeur de la chose écrite dépend de la valeur de l'homme qui l'écrit" ; dans Excelsior, Émile Vuillermoz fit l'éloge de l'orchestration de Ravel : "Toute l'habileté de notre rhétorique classique serait incapable de nous faire accepter vingt variations rythmiques, mélodiques et contrapuntiques sur un thème de ce genre. Ravel a trouvé le moyen non seulement d'éviter toute monotonie, mais d'éveiller jusqu'au bout un intérêt toujours croissant, en répétant vingt fois (sic) son thème comme un motif de frise, en demandant à la seule magie de la couleur vingt changements d'éclairage qui nous conduisent, émerveillés, d'un bout à l'autre de ce paradoxe musical. Il n'y a pas, dans toute l'histoire de la musique, un exemple d'une virtuosité pareille" ; dans Candide, le même Vuillermoz ajouta quelques jours plus tard qu'il voyait dans le Boléro "le triomphe de la maîtrise technique" et "un tour de force éblouissant" ; enfin pour Jane Catulle-Mendès, dans La Presse : "Boléro, argument et musique de M. Maurice Ravel, est un délice d'élégance, d'art choisi et délicat, un bibelot musical ravissant. Presque rien. Un danseur qui bondit, une phrase de plus en plus amplifiée qui l'inspire et le soulève. Et c'est parfait".
Quelques critiques furent plus nuancées voire plus sévères.

Le Boléro a été édité la première fois par les éditions Durand en 1929. Ravel avait cédé à son éditeur, par contrat daté du 16 octobre 1928, la propriété pleine et entière du Boléro et de sa transcription pour piano à 4 mains contre la somme de vingt mille francs et la perception du tiers des droits d'exécution publique. Ce contrat prévoyait l'exclusivité des droits pour les éditions Durand jusqu'à l'expiration des droits d'auteur du compositeur, effective en France depuis mai 2016.
Le manuscrit autographe complet de 1928, document à l'encre noire de 76 pages dont 38 de musique, porteur de plusieurs indications et annotations rajoutées par Ravel et Lucien Garban en vue de l'édition, est conservé à la Morgan Library à New York.
Une esquisse préparatoire du Boléro, manuscrit au crayon de 31 pages comportant des ratures et des passages gommés, a été acquise lors d'une vente publique le 8 avril 1992 par l'État français, usant de son droit de préemption, pour la somme de 1,8 million de francs. Elle était auparavant conservée dans les archives de Lucien Garban. La Bibliothèque nationale de France en est dépositaire.
Le manuscrit autographe de la réduction du Boléro pour piano à 4 mains est conservé au Metropolitan Museum of Art de New York, dans la collection Robert Lehman. La British Library en a été dépositaire de 1981 à 1986 dans le cadre d'un échange.

Ravel a lui-même composé deux réductions pour piano de son Boléro, l’une à deux mains et l’autre à quatre mains. Elles sont très rarement jouées en public.

Les arrangements populaires de cette œuvre sont légion. Les sœurs Labèque ont enregistré en 2006 une version modifiée pour deux pianos de l’arrangement de Ravel, en lui ajoutant des percussions basques On ne compte plus les adaptations du Boléro en jazz et en blues.

Chorégraphies

1928 : Boléro de Bronislava Nijinska, avec Ida Rubinstein (Opéra de Paris, 22 novembre)
1930 : Iberian Monotone de Ruth Page (Highland, Illinois)
1935 : Boléro de Michel Fokine (Compagnie Ida Rubinstein, Paris)
1940 : Bolero d'Anton Dolin (Robin Hood Dell, Philadelphie, 25 juin)
1941 : Boléro de Serge Lifar (Opéra de Paris, 27 décembre)
1944 : Boléro d'Aurél Milloss (Opéra de Rome, 20 mai)
1961 : Boléro de Maurice Béjart, avec comme danseuse étoile Duška Sifnios (Théâtre de la Monnaie, 10 janvier) ; reprise en 1974 par Maïa Plissetskaïa ; reprise en 1979 en rôle masculin, avec Jorge Donn ; cette version sera filmée par Claude Lelouch pour clore son film Les Uns et les Autres.
1996 : Trois Boléros d'Odile Duboc (La Filature de Mulhouse, 8 mars)
1998 : Double Points: One and Two d'Emio Greco
1998 : Boléro de Meryl Tankard (Opéra national de Lyon, décembre)
2001 : Boléro de Thierry Malandain (Centre chorégraphique national de Biarritz, 19 mai)
2002 : Boléro de Marc Ribaud (Opéra de Nice, juin)
2004 : Bolero de Stanton Welch (Houston Ballet, 3 décembre)
2008 : Mon Boléro de Isabelle Anna, danseuse française de Kathak
2010 : Shanghai Bolero de Didier Théron (Exposition universelle de Shanghaï, ballet, 31 mai) ; puis en triptyque (festival Montpellier-Danse, 28 juin 2011)
2012 : Ballet Nacional de España
......

Peinture

En 1946, Salvador Dalí peint Le Boléro de Ravel à la demande de la Capehart Corporation, qui lui avait proposé -ainsi qu'à quelques autres artistes- d'interpréter plastiquement une pièce musicale. Aujourd'hui, le tableau appartient à une collection privée depuis sa revente par Capehart en 1990.

Nous ne reviendrons pas ici sur les péripéties qui entourèrent le moment où le Bolero "tomba" dans le domaine public.

Tatiana Nikolayeva, 30 ans

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Compositrice et pianiste russe, Tatiana Petrovna Nikolaïeva (en russe : Татьяна Пeтрoвнa Николаева) est née le  à Bejitsa (oblast de Briansk) et morte le  à San Francisco.

Tatiana Nikolaïeva commence à jouer du piano à l'âge de trois ans, elle étudie au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou avec Alexandre Goldenweiser et Evgueni Goloubev. En 1950, elle remporte le 1er Prix du Concours international Bach de Leipzig.
Lors de ce concours, elle rencontre Dmitri Chostakovitch et devient amie avec lui.
C'est elle qui crée le  à Leningrad ses Vingt-quatre Préludes et Fugues.

À partir de 1959, elle devient professeur au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou où elle succède à son professeur Alexandre Goldenweiser. Parmi ses élèves on peut compter le pianiste russe Nikolaï Luganski.

Son répertoire allait de Bach dont elle jouait l'intégralité de la musique composée pour le clavecin à la musique contemporaine russe et même française (elle a joué la Sonate d'Henri Dutilleux). Elle a enregistré plus de 100 disques.
Elle réalisa également une fantaisie de concert pour piano seul d'après le conte musical Pierre et le loup de Sergueï Prokofiev (PierreL'oiseauLe canardLe chatLe grand-pèreLe loup, et La marche triomphale).

En 1971, elle partage avec Günther Leib le Prix Robert-Schumann.
Elle est récompensée par un prix Staline en 1951, pour la composition d'un concerto pour piano avec orchestre, et sacrée Artiste du peuple de l'URSS en 1983. Elle était membre de l'Académie royale de musique de Suède.

Elle a été membre du jury du Concours International de Piano de Santander Paloma O’Shea en 1990.

Le , au cours d'un récital à San Francisco, elle fait une hémorragie infra-cérébrale et meurt 9 jours plus tard, le .

Claude Paul Taffanel, 115 ans

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Claude Paul Taffanel, né le  à Bordeaux et mort le  à Paris, est considéré comme le fondateur de l'école française de flûte traversière, qui domina la discipline de cet instrument tant au plan de la composition que de l'interprétation pendant la majeure partie du xxe siècle. Il était également chef d'orchestre.

Claude Paul Taffanel est le fils de Simon Jules Taffanel et d'Anne Bessière.
Il reçoit dès l'âge de neuf ans, ses premières leçons de flûte de son père, professeur de musique à La Rochelle. L'année suivante, il donne son premier concert.
En 1858, il monte à Paris où il étudie au Conservatoire de Paris sous la direction de Louis Dorus. Il remporte son diplôme de flûte en 1860 (l'un des premiers sur un modèle Boehm), puis d'harmonie deux ans plus tard (classe de Reber) et de fugue en 1865 (avec Massenet comme condisciple).
À seize ans, il remporte son premier prix de concours d'interprétation, et de là mène trente ans durant une carrière de soliste d'abord à l'Opéra-Comique (1862-1864), puis à l'Orchestre des concerts du Conservatoire (1865-1892).
Il se produit également dans toute l'Europe4. Appartenant à la même génération de musiciens que Dvorák, Bartók et Sibelius, il cherche, comme eux, à promouvoir un style national en musique et se fait un activiste du style musical français.

En 1879, il créa la Société de musique de chambre pour instruments à vent, active jusqu’à 1892, et remit ainsi à la mode les compositions pour instruments à vent de musiciens de la fin du xviiie siècle, tels que Mozart. La position jusque-là dominante du piano et des cordes dans la musique de chambre commença, de ce moment, à régresser.

En 1890, jusque 1903, il dirige l'Orchestre du Conservatoire et, la même année, troisième chef, puis premier chef de l'Opéra en 1893.
En 1893, il est nommé professeur de flûte au Conservatoire, à la succession d’Henri Altès et y modernise le répertoire -notamment en y réintroduisant les compositeurs étrangers ou anciens tels que Jean-Sébastien Bach et les méthodes pédagogiques.

Il enseigne à ses étudiants à jouer doucement, d'un jeu régulier, sobre et dépouillé, avec un bon contrôle des vibratos. En 1897, il obtient la direction des orchestres, tout en continuant à enseigner la flûte.

Il laisse inachevée une grande méthode de flûte, "17 Grands Exercices journaliers de mécanisme", complétée après sa mort par deux de ses élèves, Louis Fleury et Philippe Gaubert1 (il dédie à ce dernier son Andante pastoral et Scherzettino). Cette méthode fait encore autorité de nos jours et est une des plus connues de par le monde pour la découverte de l'instrument. Il est considéré comme le père de l'école française de flûte, initié par Dorus. Il est surnommé le « Paganini de la flûte » (L'Europe artistique, 1895). Citons également d'autres élèves, Gaston Blanchart, André Lespès, Marcel Moyse et Georges Barrère.

Victime d'une attaque en 1901, Taffanel meurt à Paris en 19086 quelques années plus tard, écrasé par le surmenage. Ayant abandonné la plupart de ses fonctions officielles, il tint cependant à conserver sa classe de flûte au Conservatoire jusqu'à sa mort. I

Il est marié avec Geneviève Deslignières (1852-1940), sœur de l'architecte Marcel Deslignières, qui a conçu deux maisons du couple Taffanel.

Benjamin Britten, 110 ans

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Il y a 110 ans naissait l'un des compositeurs les plus importants d'Angleterre : Benjamin Britten. Il est né le 22 novembre 1913 à Lowestoft (Suffolk), le dernier de quatre enfants. Son père Robert était dentiste, sa mère Edith lui donna ses premières leçons de piano à l'âge de cinq ans.
À son entrée à l'école, le compositeur Frank Bridge devint son professeur de piano et d'alto, et l'influença considérablement.
Britten a écrit ses premières compositions à l'âge de huit ans. Avec les Variations sur un thème de Frank Bridge (1937), Britten ne rendait pas seulement hommage à son professeur, mais il attirait aussi pour la première fois l'attention du public en tant que compositeur.
De 1930 à 1933, il étudie le piano et la composition au Royal College of Music de Londres. En 1937, il fait la connaissance du ténor Peter Pears, pour lequel il écrit de nombreuses chansons et de nombreux rôles de ténor dans ses opéras et qui devient son compagnon.
En 1939, en signe de protestation et en tant que pacifiste déclaré, Britten quitte l'Europe pour les États-Unis, mais revient en Angleterre en 1942. Il refuse de faire son service militaire et est reconnu comme objecteur de conscience.
Il s'installe à Aldeburgh et se consacre à la composition et à l'exécution de ses œuvres en tant que chef d'orchestre et pianiste accompagnateur (le plus souvent avec Peter Pears). Avec Benjamin Britten, l'Angleterre a de nouveau, depuis Henry Purcell, un compositeur important qui a créé un opéra anglais indépendant.
Britten était venu au théâtre par le biais du cinéma et de la radio. Son premier opéra, Peter Grimes (1944), a connu un succès considérable et fait aujourd'hui partie du répertoire des scènes. Ses nombreux autres opéras ont également obtenu une reconnaissance internationale.
Le "groupe d'opéra anglais" se forma, pour lequel Britten écrivait chaque année une œuvre (la plupart du temps sans chœur et avec une formation de chambre) et qui voyageait avec ces œuvres : Le vol de Lucretia (1946, avec un orchestre de chambre de douze instruments solistes), Albert Herring (1947, opéra-comique), Billy Budd (1951, d'après Melville), Gloriana (1953, opéra-couronnement).
Dans l'opéra pour enfants Wir machen eine Oper (1949), le public est invité à participer activement.
L'ensemble de son œuvre comprend également de la musique de chambre, des lieder, des symphonies (Sinfonia da Requiem, 1940), des variations et fugues sur un thème de Purcell, et des concertos pour piano et violon dans un style modérément moderne.
En 1974, l'opéra Mort à Venise (d'après Thomas Mann) a été créé, en même temps que sa dernière œuvre.
Benjamin Britten est décédé le 4 décembre 1976 à Aldeburgh.
En 1948, il avait fondé un festival de musique dans sa ville d'Aldeburgh, qui existe encore aujourd'hui.

L'opéra de Syracuse annule sa saison

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Le Syracuse Opera (NY, USA) a annoncé l'annulation du reste de sa saison 2023-24. La déclaration dit  que  les ventes de billets ont été considérablement inférieures aux prévisions, et "nous n'avons pas la capacité financière de poursuivre la saison". La pandémie de COVID-19 a eu un impact extrêmement important sur le public et les donateurs de l'Opéra de Syracuse. Bien que les ventes de billets à l'Opéra de Syracuse aient augmenté régulièrement depuis les spectacles en direct en 2021, les ventes sont toujours en baisse de 40 à 60 % par rapport à ce qu'elles étaient au début de l'année 2020. "En outre, compte tenu du climat économique et de l'incertitude qui règne dans notre monde, les subventions, les parrainages et les dons sont tous menacés, sans réelle promesse de retour aux niveaux de dons d'avant la pandémie."

 

(d'aprèss Pizzicato)

Le Festival SWR de Schwetzingen 2024 s'ouvrira avec une création

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"Depuis le début" est la devise choisie pour l'édition 2024 du Festival SWR de Schwetzingen, la huitième et dernière sous la direction artistique de Heike Hoffmann qui, à partir de l'édition 2025, cédera sa place à Cornelia Bend.

Ouverture le 26 avril avec la première mondiale de l'opéra Der Doppelgänger (Le Double) de Lucia Ronchetti sur un livret de Katja Petrovskaja d'après le roman du même nom de Fiodor Dostoïevski.

Riccardo Muti : le devoir de transmettre

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Riccardo Muti a sélectionné parmi des centaines de candidats quatre jeunes chefs d'orchestre et quatre pianistes pour participer cette année à son académie d'opéra, un projet qui, en collaboration avec la Fondation Prada, vise à devenir une chaîne de transmission de la tradition lyrique italienne.
Comme Muti l'a lui-même déclaré, "j'ai étudié avec Antonino Votto, qui avait collaboré avec Arturo Toscanini, lequel avait à son tour connu Verdi. C'est cette expérience que j'ai le devoir de transmettre".

Muti, qui a toujours critiqué l'absence de musique dans le système éducatif italien, considère l'opéra comme une partie essentielle de l'héritage culturel et de l'identité italienne. C'est pourquoi il a créé en 2015 cette académie qui cherche à attirer l'attention sur la nécessité impérative de maintenir la tradition interprétative de l'opéra italien. Chaque année, un titre d'opéra est choisi et des épreuves de sélection exhaustives sont organisées au niveau international pour choisir les étudiants de moins de trente-cinq ans qui participeront avec le maestro à la mise en scène qui, à cette occasion, entre le 19 et le 29 novembre, est l'opéra Norma.