Le Journal

A Munich, grève mais aussi "Mozart immortel"

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Une grève d'avertissement dans les services publics des Länder n'est pas répercussions sur le programme de l'Opéra d'État de Bavière :  Il barbiere di Siviglia sera présenté en version concertante.
Pour rappel, la représentation a lieu devant le "rideau de fer". Les solistes chantent en masque et en costume sur une avant-scène élargie. L'orchestre joue dans la fosse d'orchestre. Une partie du chœur se trouve dans les loges.

Dans le même temps se prépare "La semaine Mozart à la Jörg-Widmann"
Le chef d'orchestre, clarinettiste et compositeur est le Creative Partner de la Deutsche Radio Philharmonie 2023-24.
Né en 1973 à Munich, Jörg Widmann n'est pas seulement un admirateur avoué de Mozart, mais il représente encore au 21e siècle la force romantique et émotionnelle, voire psychologique, de la musique. En tant que partenaire créatif de la Deutsche Radio Philharmonie, il organise cette saison deux cycles de manifestations -après Wolfgang Amadeus Mozart (du 22 au 26 novembre 2023), le deuxième cycle sera consacré à Felix Mendelssohn Bartholdy (du 24 au 26 avril 2024).

La semaine comportera
- le concert d'ensemble, avec l'une des œuvres immortelles de Mozart, une œuvre monstrueuse, le quintette pour clarinette où  il prend lui-même la partie de clarinette ;
- de la musique pour les jeunes oreilles : la Symphonie Jupiter pour faire découvrir la musique classique sous toutes ses facettes et à tous les sens.
- Lecture "Widmanns Mozart" :  le rapport de Widmann à la musique de Mozart et sa compréhension de celle-ci sont très particuliers. Il ne cesse de s'en inspirer en tant que compositeur. C'est là qu'il intervient avec sa "Lecture", démontrant au piano des passages qui portent en eux "beauté et vérité", répétant et expliquant des passages particuliers et permettant ainsi de comprendre ce qui fait la magie de ces sons ;
- Matinée "Gläserne Klänge" : un -parmi tant d'autres- point commun entre les compositeurs Mozart et Widmann : tous deux ont pu s'enthousiasmer de la même manière pour l'harmonica de verre et ont écrit pour cet instrument.
L'harmonica de verre est une sorte de cylindre composé de cloches de verre de différentes tailles, mises en rotation par une pédale. En touchant le cylindre en rotation, il est possible de produire trois à quatre octaves de la gamme chromatique. Mozart a écrit son adagio et son rondo pour la virtuose Marianne Kirchgessner, qu'il admirait. Cette musicienne aveugle était considérée comme la plus grande joueuse d'harmonica de verre de son époque. Jörg Widmann laisse sa virtuose Christa Schönfeldinger déployer des nappes et des couleurs sonores dans la pièce pour orchestre Armonica, d'une durée d'un bon quart d'heure, qui transporte dans des régions presque surnaturelles, éthérées et ésotériques. Deux symphonies de Mozart se regroupent autour des "sons de verre" : la Symphonie en sol mineur KV 550 et la Symphonie Jupiter en ut majeur KV 551.

 

Nouvelle production de Simon Boccanegra

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Le New National Theatre Tokyo présente une nouvelle production de Simon Boccanegra de Verdi, réalisée en collaboration avec le Finnish National Opera et le Teatro Real Madrid.

La première est dirigée par Kazushi Ono et conçue par la direction curatée de Pierre Audi - réalisée en collaboration avec Anish Kapoor pour les décors, Wojciech Dziedzic pour les costumes et Jean Kalman pour les lumières -un artiste qui a dirigé l'Opéra national néerlandais pendant de nombreuses années et qui est directeur général du Festival d'Aix-en-Provence depuis 2018.

 

Création à Madrid

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Lors de son prochain concert, l'Orquesta Nacional de España, sous la direction de Josep Pons, développera le thème de la lutte entre les instincts de vie et de mort. Après le Prélude et la mort de Tristan et Isolde de Richard Wagner, la soirée fera place à la première mondiale de El silencio después, du compositeur Juan J. Colomer.
Cette œuvre, commandée par l'OCNE, traite du suicide en tant que réalité et se base sur un recueil posthume de poèmes de Javier Bonet Silvestre. Elle est née avec une double mission, celle de se souvenir et de rappeler une tragédie aussi muette que quotidienne.

 

Le Luxembourg Philharmonic reçoit le Prix européen de la culture 2024

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Le 7 juin 2024, le Gala du Prix européen de la Culture se tiendra pour la première fois à la Philharmonie de Luxembourg : le Luxembourg Philharmonic et ses 100 musiciens de plus de 25 nationalités seront récompensés.

Le Luxembourg est un pays où de nombreuses nations et cultures sont réunies et où près de la moitié des habitants sont originaires d'un autre pays ou d'un autre continent, déclare Stephan Gehmacher, directeur général de la Philharmonie et du Luxembourg Philharmonic. Cette diversité de la société nous inspire en tant qu'orchestre et nous permet de penser la programmation bien au-delà des frontières souvent étroites de la musique classique.

 

(Pizzicato)

Mirga Gražinytė-Tyla reste à Birmingham

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L'Orchestre Symphonique de la ville de Birmingham a renouvelé le contrat avec l'insaisissable Mirga Gražinytė-Tyla.
En lieu et place de son rôle peu fréquent de principal chef d'orchestre invité, elle deviendra artiste associée.
Mirga a été directrice musicale à Brum de 2016 à 2022.

Johanna Mathieux-Kinkel, 165 ans

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Johanna Kinkel, née Mockel à Bonn le  Londres,  est une compositrice, écrivaine et révolutionnaire allemande.

Johanna Kinkel travaille la musique à Berlin avec Franz Anton Ries et Karl Böhmer.
En 1840, après cinq mois d'un mariage malheureux, elle divorce du libraire de Cologne, Matthieux. Son second mariage a lieu en 1843, avec le poète allemand Gottfried Kinkel. Ils ont quatre enfants. À la suite de la Révolution de 1848, elle est forcée de quitter l'Allemagne et de fuir à Londres. Elle est trouvée morte dans son jardin en 1858, à la suite d'une chute ; bien que le suicide ait été suspecté, aucun moyen de vérification n'est possible. Sur sa pierre tombale est inscrit : Freiheit, Liebe und Dichtung [« Liberté, Amour et Poésie »].

Mêlant ses passions (littérature et musique) pour des articles dans de nombreuses revues sur des concerts pour la Bonner Zeitung, un journal qu'elle et son mari éditent en collaboration avec Carl Schurz. On lui doit aussi un roman autobiographique, Hans Ibeles à Londres, publié à titre posthume en 1860.

Elle a également laissé de substantielles compositions. Beaucoup de ces œuvres sont écrites pour les Maikäferbund (Groupe Maikäfer -le Maikäfer est le hanneton Melolontha melolontha qui émerge de la terre en mai) festival annuel d'un groupe de poètes qu'elle dirige et auquel Gottfried, son conjoint, a également contribué.
Ce groupe, fondé en 1840, perdure jusqu'à la révolution de 1848.
Mère d'une famille nombreuse, sa production musicale consiste à divertir sa progéniture.

William Herschel, 285 ans

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Astronome et compositeur germano-britannique d'origine allemande, William Herschel est né le  à Hanovre et mort le  à Slough.

Herschel passe son enfance à Hanovre, une ville du nord-ouest de l'Allemagne ; l'électorat de Hanovre est alors en union personnelle avec la Grande-Bretagne sous le Roi George II. Il reçoit une éducation musicale de son père, violoniste et hautboïste. Garde de régiment, et hautboïste militaire, il est appelé avec son frère aîné en Grande-Bretagne en 1756 afin de parer l'invasion française (guerre de Sept Ans). Ils participent à la bataille de Hastenbeck. Horrifié par les tueries auxquelles il vient d'assister, il déserte l'armée et s'installe définitivement en Angleterre.

Il gagne d'abord sa vie comme copiste musical à Londres, ensuite en tant que professeur de musique, puis comme directeur de la milice de Durham. En 1758, il obtient la direction des concerts d'Édimbourg avant de devenir organiste à Halifax en 1766 et enfin comme organiste à la Chapelle Octogonale de la station thermale de Bath l'année suivante. Il demeure au centre de la vie musicale de la ville pendant dix ans, tout en s'intéressant de plus en plus à l'astronomie.

Astronome amateur, il a le projet de déterminer la forme et les dimensions de l'Univers.
Dans la nuit du , il découvre au cours d'une tentative de détermination de parallaxe stellaire, la planète Uranus, croyant d'abord avoir affaire à une comète ou à un disque stellaire. C'était la première planète découverte depuis l'Antiquité. Après d'autres observations de Herschel, Anders Lexell calcule l'orbite et est d'avis qu'il s'agit probablement d'une planète. William et sa sœur Caroline s'assignaient ainsi les titres de "King's Astronomer" et "Assistant to the King's Astronomer", ce qui leur incluait à chacun une pension à vie. William est devenu célèbre presque du jour au lendemain.

Aidé de sa sœur Caroline, il devient, grâce aux lunettes et aux télescopes qu'il construit lui-même, un observateur renommé. Le Roi George III, passionné d'astronomie, lui offre son soutien, notamment en  en le nommant astronome du roi et lui allouant, afin qu'il puisse se consacrer entièrement à ses recherches scientifiques et astronomiques, un traitement annuel de 200 livres -salaire bien modeste pour l'époque. Caroline reçoit pour sa part 50 livres, devenant la première femme rétribuée pour du travail scientifique.
En , il détecte le mouvement du Soleil vers un point de la constellation d'Hercule qu'il nomme l'apex.
En , il attribue à la météorologie certains changements observés à la surface de Mars et suppose, le premier, que cette planète a une atmosphère.
Entre 1785 et 1789, le frère et la sœur construisent le célèbre télescope de 40 pieds ; il ne sera toutefois pas à la hauteur des espérances.
En , il découvre deux satellites d'Uranus, Obéron et Titania, les calottes polaires de Mars et les satellites Mimas et Encelade de Saturne.
Pendant la nuit du , Herschel observe un phénomène lunaire transitoire : il attribue le phénomène à des éruptions de volcans et perçoit la luminosité du point le plus brillant comme supérieure à celle d'une comète découverte le 10 avril. Ses observations coïncident avec la survenue d'une aurore boréale au-dessus de la ville italienne de Padoue. L'activité d'une aurore boréale aussi au sud du cercle Arctique est très rare. Le spectacle de Padoue et l'observation de Herschel se produisent peu avant que le nombre de taches solaires n'atteigne un pic en mai 1787.
En 1789, il construit un télescope de 12 m de long et de 1,22 m d'ouverture.
C'est lui qui, en , découvre les « rayons calorifiques », que nous appelons aujourd'hui rayonnement infrarouge.
En , il montre qu'il y a des étoiles binaires. Il en publie plusieurs catalogues.

La musique de Herschel a été redécouverte une première fois dans les années 90 et une seconde fois avec bonheur en 2003 par les London Mozart Players dans un disque consacré aux symphonies. Les quarantaines d'œuvres « galantes » de Herschel ont été composées entre 1759 et 1770 : 24 symphonies, une douzaine de concertos (violon, alto, hautbois, orgue), des sonates pour clavecin et de la musique religieuse. Un CD d’œuvres de Herschel interprétées à l'orgue par Dominique Proust a été publié en 1992.

Départ de Weimar

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Le directeur général du Deutsches Nationaltheater Weimar (DNT) et de la Staatskapelle Weimar, Hasko Weber, quitte prématurément l'établissement à la fin de la saison 2024/25.
Il souhaite mettre fin à son contrat "pour des raisons personnelles" après douze ans, a annoncé lundi la chancellerie de l'Etat de Thuringe, responsable de la culture dans l'Etat libre.
Pour répondre au souhait de Weber, un contrat de résiliation à l'amiable sera conclu pour le 31 juillet 2025.

Concours International de Violon de Mirecourt, le palmarès

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Le Concours International de Violon de Mirecourt, organisé par les Jeunesses Musicales de Mirecourt, vient de s’achever à Mirecourt et à Thaon-les-Vosges.

  • 1er prix : Jaewon Wee (24 ans, Corée du Sud)
  • 2ème prix : Matthew Hakkarainen (23 ans, États-Unis/Finlande)
  • 3ème prix : Yixuan Ren (19 ans, Chine)
  • 4ème prix : Hannah Kim (21 ans, Corée du Sud)

Les gagnants du premier au quatrième prix recevront respectivement 5 000 €, 3 000 €, 1 000 € et 500 €.

"Halka" au Teatro Real, une renaissance

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Halka, opéra du compositeur polonais Stanisław Moniuszko sur un livret de Włodzimierz Wolski, créé à Varsovie en 1858, et contant l'histoire de la paysanne séduite et abandonnée par le noble égoïste a réussi à établir un "opéra national", un moment important pour la musique de son pays car il a catalysé le riche héritage populaire et folklorique pour l'intégrer dans une musique que l'on qualifierait aujourd'hui de "cultivée".

Halka, une paysanne aux yeux clairs, aux cheveux blonds et au teint probable rougi par la brise de la campagne, est celle qui reçoit la meilleure musique du compositeur. Une musique à la fois évocatrice et joyeuse, avec la mélancolie et l'authenticité de l'expression d'un peuple et d'une tradition qui profite du prétexte de la brève anecdote, à peine folklorique, de la pauvre femme trompée par le riche pour nous parler non pas de ce que décrit le livret cliché, des montagnes et des petits oiseaux, mais d'un patrimoine musical qui va de pair avec le prestige du genre opératique, chargé de donner une catégorie artistique aux différentes formes d'authenticité qu'il accueille en son sein.

Cette œuvre méconnue est reçue avec un siècle et demi de retard, avec la surprise stimulante d'une renaissance inattendue.