Le Journal

Madrid à l'heure de la fête de l'Indépendance de la Pologne

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Les 9 et 11 novembre, coïncidant avec la fête de l'indépendance de la Pologne, le Teatro Real mettra en scène une version concert de l'opéra Halka de Stanisław Moniuszko (1819-1872) "considéré comme le créateur de l'opéra national polonais".

Dans la distribution, le Polonais Piotr Beczała [Jontek], la soprano américaine Corinne Winters [Halka], les Polonais Tomasz Konieczny, baryton-basse [Janusz] et Tomasz Kumiega, baryton [Dziembra], la basse russe Maxi Mkuzmin-Karavaev [Stolnik], la mezzo-soprano ukrainienne Olga Syniakova [Sofia] et le baryton espagnol Javier Povedano [El gaitero]. Comme d'habitude, l'Orquesta y Coro Titulares del Teatro Real participera à l'événement sous la direction musicale de Łukasz Borowicz.

À l'occasion de cette première et de la commémoration du Jour de l'Indépendance nationale de la Pologne, le Teatro Real a programmé deux concerts qui auront lieu le 22 novembre et le 23, dont les œuvres sélectionnées correspondent à trois grands compositeurs polonais, de différentes époques, avec lesquels il souhaite mettre en valeur la musique polonaise dans l'histoire européenne : le Quatuor Meccore con stitué de musiciens polonais interprêtera les œuvres suivantes : le Quatuor à cordes n° 2, op. 56, de K. Szymanowski,  le Quatuor à cordes n° 3, "Feuilles d'un journal non écrit", de K. Penderecki et le Quatuor à cordes de W. Lutosławski.

Création du "Requiem" de Marcos Fernández Barrero

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Ce lundi, l'Orquesta y Coro de la Comunidad de Madrid (ORCAM) créera le Requiem du compositeur Marcos Fernández Barrero à l'Auditorio Nacional. Il le fera sous la direction de sa chef d'orchestre, Marzena Diakun, dans un programme qui sera complété par Totentanz de Franz Liszt (piano de Yoav Levanon) et L'île des morts de Serguei Rachmaninov.

"Basé sur des textes d'Antonio Machado, le Requiem du Barcelonais Marcos Fernández-Barrero propose un voyage spirituel analogue à celui du texte latin couramment utilisé dans ce genre. Le matériau littéraire -poétique plutôt que liturgique- s'éloigne de l'eschatologie chrétienne -la vie après la mort- pour éclairer ce sujet à partir de l'expérience de la perte, transformant chaque section de l'œuvre en une recréation sonore des différentes phases du deuil et enveloppant le texte dans un tissu musical où se mêlent une myriade d'influences, parmi lesquelles on peut deviner des traces d'Anders Hillborg, de Karl Jenkins, d'Arvo Pärt ou de György Ligeti".

"Retour à la caverne", acte 2

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En travaux depuis avril dernier, la façade principale du palais Garnier avait disparu sous les échafaudages. Mais à la rentrée, la construction provisoire était à son tour revêtue d’une œuvre de l’artiste JR. Le premier acte de ce projet s’intitulait « entrée de la caverne » et reproduisait une partie de la façade de l’Opéra, au milieu de laquelle était représentée une mystérieuse grotte. L’œuvre mêlant architecture classique et structure archaïque faisait ainsi référence aux grands décors des opéras du XIXe siècle et aux origines de l’art lyrique et du ballet.

Deux mois plus tard, le rideau s’ouvre sur le deuxième acte de l’œuvre intitulée « Retour à la caverne » :  l’architecture du bâtiment s’efface pour laisser place à l’entièreté de la grotte, enveloppant la façade de son écorce minérale. Les parois sont dorénavant couvertes d’une constellation d’empreintes humaines », détaille le communiqué. Ces empreintes de main proviennent de l’atelier « Mano Habilis » proposé pendant deux mois aux visiteurs de 19M (espace créé à l’initiative de la Maison Chanel pour valoriser les métiers d’art de la mode) et mis en place par son Atelier Montex, une maison de broderie.

(extrait de Diapason Mag)

Bach et Luther, ensemble au théâtre à Amsterdam

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Avec le violoncelliste Joris van Haaften, l'acteur Thomas de Bresil se produit dans des théâtres, des églises et  dans des établissements de santé. De Bres se met dans la peau du compositeur Johann Sebastian Bach, dans les années 1717-1723, lorsqu'il écrit six Suites pour violoncelle. Van Haaften en joue des fragments.

Et entre les deux, il s'agit de l'influence de Luther sur Bach. Sur les similitudes entre les deux esprits libres, fidèles à ce qu'ils considéraient comme leur vocation, même si cela les mettait en conflit avec l'autorité et les normes dominantes de leur époque. Et il s’agit des parallèles entre cette époque et aujourd’hui.

"De quoi t'inquiètes-tu ?", demande De Bres dès les premières minutes -il joue toujours lui-même. Le public peut réagir : la guerre en Israël et à Gaza, en Ukraine, le climat, les soins aux personnes âgées. 

Ensuite, De Bres mentionne quelques « faits d'actualité » datant de plus de deux cents ans. L’époque de Bach était tout aussi agitée. Pour ne citer qu’une chose : un dirigeant imprévisible en Russie. Le tsar Pierre le Grand s'est proclamé empereur en 1721 et a placé l'Église orthodoxe russe sous son contrôle.
En outre, il y a eu des épidémies de maladies infectieuses et l'Europe du Nord a connu une crise du crédit en raison du « commerce éolien » d'actions de sociétés inexistantes.

Bach a vécu dans ce monde –un organiste et compositeur brillant, têtu, comme le décrivent De Bres et Van Haaften. Jeune organiste à Arnstadt, il donne des coups à un bassoniste qui ne connaît pas son rôle. Il demande un mois de congé pour entendre jouer l'organiste révolutionnaire Dietrich Buxtehude, à 380 kilomètres de là, à Lübeck, mais reste à l'écart pendant quatre mois. C'était en 1705.

Douze ans plus tard, il passe quatre semaines en prison pour avoir « rigoureusement imposé sa démission » : il souhaite mettre fin à son contrat avec le Duc de Weimar et être transféré dans la principauté de Köthen.

De Bres décrit le génie de Bach dans l'interprétation, tandis que Van Haaften joue : « La gamme : la séquence de notes montant ou descendant en hauteur, généralement constituée des tons diatoniques d'une octave. La structure nécessaire pour former les accords et l'harmonie. Structure mathématique extrêmement précise. Ligne par ligne. Note après note.

Lorsque Thomas de Bres joue le spectacle dans une église, il monte en chaire lorsqu'il s'agit de Bach et de la musique lors de l'inauguration du temple.

Bach a écrit de la musique comme il le souhaitait, même si cela ne faisait pas plaisir à ses employeurs ou à ses fidèles. L'envie de liberté, de repousser les limites, de faire ce que l'on pense devoir faire, même si l'on va à l'encontre de l'ordre établi, Bach a cela en commun avec Luther. C'est l'histoire de la performance.

L'idée est venue du violoncelliste, raconte De Bres. Il voulait créer un spectacle basé sur une musique spéciale sur les origines des Suites pour violoncelle de Bach. Pour moi, c'était un cadeau. J'avais joué Beethoven deux ans auparavant, dans une performance avec l'altiste Esther Apituley. Et j'ai toujours eu un faible pour la foi, pour le sens. J'aime les rituels; J'aime me promener dans les vieilles églises. Ensuite, vous ressentez : les gens viennent ici depuis des siècles, les gens y ont réfléchi et des choses ont été dites – des mots de réconfort, de connexion et d'unité.

Le lien avec Luther semble également familier à De Bres. Il n'est pas membre de la communauté luthérienne d'Amsterdam, mais un « ami ». Il a participé à plusieurs reprises à une « école d'été » et a fait un voyage à Wittenberg avec un groupe dirigé par le théologien luthérien et président du synode Andreas Wöhle. !'

La foi ne joue pas un rôle majeur dans la performance. «Il s'agit de l'époque de Bach à Köthen. Là, il ne travaillait pas pour l'église, mais à la cour. Il a donc écrit une musique très différente. Vous pourriez aussi faire une représentation sur Bach et la Passion selon Saint Matthieu, vous obtiendrez alors quelque chose de complètement différent.

Mais la référence à David est là, à une note que Bach lui-même a faite dans sa Bible lors de l'inauguration du temple. Lorsque les trompettes, cymbales et autres instruments de musique sonnent avec le chœur du prêtre, la maison est remplie d'un nuage de gloire et de grâce de Dieu. Dans la musique issue de la foi, la grâce de Dieu est présente, écrit Bach. Thomas de Bres, comme Bach, le dit : Faire l'expérience de cela, pouvoir provoquer cela, c'est mon rêve !

Débuts à Vienne

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Après avoir ouvert la saison avec La clemenza di Tito de Mozart, le chef espagnol Pablo Heras-Casado revient à l'Opéra d'État de Vienne pour prendre les rênes musicales du Grand Macabre de György Ligeti, la seule œuvre scénique écrite par le grand compositeur hongrois dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance.

Le Grand Macabre sera présenté sur la scène viennoise du 11 au 23 novembre dans une production de Jan Lauwers. La distribution vocale comprend entre autres Georg Nigl, Sarah Aristidou, Andrew Watts, Maria Nazarova, Isabel Signoret et Wolfgang Bankl.

Créé en 1978, Le Grand Macabre s'inspire de "La Balade du Grand Macabre" du dramaturge belge Michel de Ghelderode pour créer un opéra qui est, selon les termes de Ligeti, un "événement comique aux couleurs vives dans lequel les personnages et les situations scéniques doivent être directs, brefs, non psychologiques, surprenants et pourtant totalement sensuels".

Renforçant l'élément comique et grotesque, la partition fait appel à une hétérogénéité stylistique variée en utilisant des citations de la musique classique européenne, des fusions de différents styles de musique folklorique (sambas brésiliennes, flamenco andalou, rythmes bulgares et verbunkos hongrois) et des formes compositionnelles historiques telles que les chorals, les canons en miroir, les passacailles et les ostinati.

La soprano Sarah Aristidou y fait ses débuts samedi lors de la première. Elle semble abonnée aux œuvres contemporaines et modernes : la soprano a souvent été appréciée dans des premières et des créations et pour laquelle des œuvres ont même déjà été écrites spécialement, par Aribert Reimann et Jörg Widmann par exemple. Il n'est donc pas étonnant qu'elle fasse ses débuts à l'Opéra d'État de Vienne dans Le Grand Macabre où elle chante à la fois Vénus et le chef de Gepopo : C'est tout simplement un grand opéra. J'ai rarement rencontré une œuvre qui va aussi loin dans l'alliance de l'humour, de la sagesse, des messages directs et indirects. Tout doit être bien dosé. J'ai alors l'impression d'être sur une corde raide - et à gauche et à droite, c'est l'abîme.

Le Prix Brahms 2023

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La Brahms-Gesellschaft Schleswig-Holstein a choisi la chef de chœur Friederike Woebcken et le Madrigalchor Kiel comme lauréats du Prix Brahms 2023.
En décernant ce prix, la Brahms-Gesellschaft Schleswig-Holstein souhaite mettre l'accent sur l'être choral de notre époque qui, pendant la longue phase de la pandémie de Corona, a souffert comme peu d'autres genres musicaux des conditions de lockdown et d'évitement de l'infection.
En décernant le prix Brahms de l'année 2023, la Brahms-Gesellschaft rend hommage à Friederike Woebcken et au Madrigalchor Kiel, représentants exceptionnels de ce genre si indispensable et élément constitutif d'une vie de concert florissante. Depuis sa création en 1990, Woebcken a conduit le chœur de chambre d'une quarantaine de personnes, grâce à ses qualités artistiques et à un travail continu, à devenir un reflet de haut niveau sur la scène chorale. Le chœur a effectué de nombreuses tournées sur plusieurs continents, dont les États-Unis, le Japon et l'Afrique du Sud, et entretient de nombreux contacts artistiques, notamment avec les pays scandinaves et baltes.

La Brahms-Gesellschaft Schleswig-Holstein a été fondée en 1987 par Justus Frantz et Sir Yehudi Menuhin à Heide, la ville des ancêtres de Brahms, dans le but de rénover entièrement la "Brahms-Haus" locale et de sauver son patrimoine. En 1990, la maison, dans laquelle avaient vécu au 19e siècle des ancêtres et des proches parents de Brahms, a été solennellement rouverte.

Depuis sa création, la Brahms-Gesellschaft décerne une fois par an le prix Brahms à des artistes renommés ou à des institutions prestigieuses qui se sont particulièrement distingués par leur contribution à l'œuvre de Johannes Brahms ou à la promotion de la jeune génération de musiciens.
Parmi les lauréats précédents, on compte notamment Leonard Bernstein, Dietrich Fischer-Dieskau, Anne-Sophie Mutter, Christian Tetzlaff, Sabine Meyer, Lars Vogt, Thomas Hengelbrock, Thomas Quasthoff, Christoph Eschenbach, Pieter Wispelwey, Paolo Giacometti, Herbert Blomstedt, Christiane Karg et le Midori.

Annulations à l'Opéra de Paris

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Après les ballets Jerome Robbins et la représentation de Cendrillon, c’est Turandot qui a été annulée. La raison : un mouvement de grève d’une partie du personnel, qui fait écho à celui, national, lié à la renégociation des droits des intermittents du spectacle.
On ne sait pas ce qu’il adviendra des spectacles des prochains jours.

 

(d'après Forum Opéra)

Un concerto à découvrir

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L'Orchestre Symphonique de l'Inde a annoncé une deuxième tournée au Royaume-Uni, qui débutera le 29 novembre. Il se produira notamment à Coventry, Londres, Cambridge, Croydon, Bradford, Birmingham et Édimbourg.

En guise de nouveauté, il présente un triple concerto de Zakir Hussain.

Décès du fondateur de l'Opéra de Berlin

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Le décès d'Henry Akina, cofondateur du Kammeroper Berlin dans les années 1980 avec le chef d'orchestre Brynmor Liewelyn Jones, a été annoncé à Miami.
En tant que metteur en scène, Akia s'est spécialisé dans les opéras baroques et modernes, présentant quelque 70 œuvres différentes.
En 1996, il est retourné à Honolulu pour devenir directeur artistique du Hawaii Opera Theater.
Il a pris sa retraite en 2017 en raison d'une santé fragile.

Ennio Morricone, 95 ans

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Mondialement célèbre grâce à ses musiques de films pour lesquelles il est considéré comme un des meilleurs compositeurs1, il a composé, entre les années 1960 et 2020, plus de 500 musiques pour le cinéma et la télévision, dont il a vendu 70 millions de disques. Parmi ses musiques les plus connues figurent celles réalisées pour la Trilogie du dollar et la Trilogie du temps de son ami Sergio Leone, ainsi que les bandes originales des films La Bataille d'AlgerThéorèmeSalò ou les 120 Journées de SodomeLe Clan des SiciliensLe CasseLe ProfessionnelMissionL'Oiseau au plumage de cristalEnquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon et La classe ouvrière va au paradis.

Au cours de sa carrière, il a remporté dix David di Donatello et onze Rubans d'argent. En 1995, il est récompensé par un Lion d'honneur et, en 2007, par un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
Six fois nommé pour l'Oscar de la meilleure musique de film, il remporte une seule fois cette récompense pour le film Les Huit Salopards de Quentin Tarantino.
Il est académicien titulaire de l'Accademia nazionale di Santa Cecilia et membre de l'association Nuova Consonanza engagée dans la diffusion et la production de musique contemporaine en Italie.
Le , il devient Chevalier grand-croix de l'Ordre du Mérite de la République italienne, la seconde plus haute distinction honorifique nationale.

Ennio Morricone est le fils aîné de Mario Morricone, trompettiste dans des orchestres de jazz, et de Libera Ridolfi, femme au foyer, qui lui donnent un frère et trois sœurs : Adriana, Aldo, Maria et Franca7. La famille vit dans le quartier romain de Trastevere. À l'école primaire, chez les Frères Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle, il est dans la même classe que Sergio Leone, mais les deux enfants ne sont pas très proches et se perdent de vue.

Son père, qui le sensibilise à la musique dès ses premières années, l'inscrit en 1940 à l'Académie nationale Sainte-Cécile de Rome. Élève de Goffredo Petrassi, il y obtient un diplôme de trompette en 1946. À l'académie, il rencontre aussi Bruno Nicolai, avec lequel il se lie d'amitié et qui sera un de ses collaborateurs les plus proches tout au long de sa carrière. Il obtient ensuite les diplômes de composition, d'instrumentation et de direction d'orchestre en 1954, et débute dans la musique classique ou expérimentale dès 1953. La même année il compose son premier arrangement professionnel pour une série d'émissions radiophoniques.

En 1956 il se marie à Maria Travia avec qui il a trois fils (dont Andrea Morricone qui devient lui aussi compositeur et son assistant) et une fille.

Il écrit sa première œuvre classique en 1957, mais les bénéfices sont trop faibles pour lui permettre de vivre de son œuvre.
Il est alors embauché à la RAI en 1958, mais démissionne après un seul jour de travail. Sans abandonner la musique classique, il se tourne vers une musique plus populaire, qualifiée de « légère » de l'autre côté des Alpes, en écrivant de nombreux arrangements pour la RAI (groupe public de radio et télévision), et des chansons pour les vedettes de variétés de l'époque : Mina (Se telefonando), Gianni Morandi (Fatti mandare dalla mamma), Gino Paoli (Sapore di sale), Rita Pavone (T’ho conosciuto), Edoardo Vianello (O mio signore), Jimmy Fontana (Il Mondo) ou Paul Anka (Stasera resta con me).

Ces travaux le font connaître et apprécier par des artistes divers, y compris par des réalisateurs qui font appel à lui à partir de 1960. Il débute donc en musique de film, après des arrangements et des travaux pour d'autres musiciens chevronnés. En 1961 il compose et signe sous son propre nom sa première bande originale, celle du film Il federale de Luciano Salce.

Il fait quelques incursions dans le domaine de la chanson en composant et dirigeant deux albums consacrés à une diva de la chanson mondiale : sa compatriote Milva, avec l'album Dedicato A Milva Da Ennio Morricone en 1968, et à la chanteuse française Mireille Mathieu, avec l'album Mireille Mathieu chante Ennio Morricone en 1974. Il arrange aussi plusieurs titres de l'album de Richard Cocciante Anima, la même année.

En 1971, Marc Gilbert, producteur de l'émission Italiques de l'ORTF, lui demande l'autorisation d'utiliser la musique du film À l'aube du cinquième jour, pour le générique de l'émission. Illustrée par un dessin animé de Jean-Michel Folon, elle servira dès lors de référence sur le service public.

Auteur de musiques pour Bernardo Bertolucci, Pier Paolo Pasolini, Dario Argento ou Marco Bellocchio, il acquiert une renommée internationale et la reconnaissance quasi immédiate de ses pairs, surtout avec Sergio Leone et la partition de Pour une poignée de dollars. Réitérant avec succès sa collaboration avec Leone pour des classiques comme Le Bon, la Brute et le Truand ou Il était une fois dans l'Ouest, qui obtiennent un triomphe discographique sans précédent, ou encore avec Il était une fois la révolution, Morricone poursuit également son travail dans des domaines de plus en plus divers, touchant à tous les genres.

Au cours des années 60, 70 et 80 son style fait de nervosité et de lyrisme est maintes fois imité tout en inspirant également l'univers des variétés. Le succès discographique accompagne par ailleurs souvent ses œuvres, comme la chanson Here's to you que chante Joan Baez pour Sacco et Vanzetti ou le fameux Chi Mai qui rythme Le Professionnel avec Jean-Paul Belmondo.
Il compose par ailleurs la bande originale de succès tels que Le Clan des Siciliens en 1969, 1900Les Moissons du cielLe PréIl était une fois en Amérique, ou encore Mission, pour lequel il est nommé aux Oscars. Dans les années 2000, il compose notamment pour la télévision italienne (Padre Pio en 2001, Cefalonia en 2005).

Musicien infatigable et inclassable, son style éclectique allie mysticisme, sensibilité, poésie, force et lyrisme. Il est récompensé à de nombreuses reprises durant sa carrière : BAFTA de la meilleure musique de film en 1987, plusieurs Nastri D'argento, cinq nominations aux Oscars, trois Golden Globes, un Grammy Award et un Lion d'or du Festival de Venise. Il est également distingué par des titres honorifiques : le président italien Carlo Azeglio Ciampi lui décerne la Medaglia di prima Classe di Benemerito dell'Arte e della Cultura en 2000, et le président français Nicolas Sarkozy le fait cCevalier de la Légion d'honneur en 2009.

Durant la 79e cérémonie des Oscars en 2007, il est récompensé par un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

En 2015, il compose la bande originale du film Les Huit Salopards de Quentin Tarantino, grand admirateur de ses compositions, souvent réutilisées pour ses films. C'est un retour au western pour le compositeur après un arrêt de 40 ans11. Cette composition lui vaut une sixième nomination aux Oscars qu'il remportera pour la première fois à l'âge de 87 ans.

Sa musica assoluta, terme utilisé par le compositeur pour désigner sa musique de concert (en réaction à la musica applicata, appliquée à un sujet, par exemple le scénario d'un film), débute en 1946. En 1965, il intègre le groupe d'improvisation et de composition avant-gardiste Nuova Consonanza.

Il compose un nombre important de pièces de musique de chambre et pour orchestre, telles que Concerto pour orchestre en 1957, Concerto pour flûte et violoncelle en 1983, Cantate pour l'Europe en 1988,Terzo concerto pour guitare, marimba et cordes créé par l'Orchestre Symphonique français dirigé par Laurent Petitgirard en 1992 ou encore Voci del Silenzio en 2002 (œuvre chorale dirigée notamment par Riccardo Muti au festival de Ravenne). En 1991 il dédie son concerto pour trompette Ut (1991) au trompettiste soliste Mauro Maur, un de ses musiciens préférés, et collaborateur quotidien pendant 20 ans. De 2012 à 2015, il compose une messe intitulée Missa Papae Francisci. Dédiée au pape François, elle est écrite à l’occasion du bicentenaire du rétablissement de la Compagnie de Jésus.

Déjà en 1992 Ennio Morricone renoue avec la direction orchestrale, dirigeant son concerto pour trompette et orchestre dédié et exécuté par Mauro Maur, son trompettiste préféré et ami, avec l’Orchestra Sinfonica de Bari à l’Auditorium Nino Rota. À partir de 2001, Ennio Morricone ralentit son activité cinématographique et entame une tournée musicale avec des dates européennes à Vérone, Paris, Londres au Royal Albert Hall en 2003 puis dans le monde entier. Il se produit principalement à la tête de l'Orchestre Symphonique National de la RAI ou de l'orchestre Roma Sinfonietta, accompagné d'une centaine de choristes, dirigeant des morceaux tirés de ses compositions pour des films à succès tels Mission ou Cinema Paradiso, ou pour des films moins connus tels MalènaVatel ou ceux de Roberto Faenza.

En 2004 il enregistre un disque avec le violoncelliste Yo Yo Ma contenant ses thèmes à succès. Le 2 février 2007, il dirige l'orchestre Roma Sinfonietta pour un concert au siège des Nations Unies célébrant la prise de fonctions du secrétaire général Ban Ki-moon. Lors d'un concert dédié à la mémoire de Jean-Paul II en 2007 à Cracovie, il interprète avec ce même orchestre un oratorio basé sur un texte et un poème de l'ancien souverain pontife.

Ennio Morricone meurt le  à l'Université de Rome « Campus bio-médical », des suites d'une chute ayant provoqué une fracture du fémur, à l'âge de 91 ans. Dans un texte posthume, le compositeur déclare « je suis mort » et il exprime son amour pour ses proches, particulièrement pour sa femme.