L’anniversaire de Georges Bizet (né en 1838) et de Johann Strauss II (né en 1825), compositeurs d’opéra pour le premier et d'opérette pour le second, a servi de date annuelle pour la création d’une Journée mondiale de l’opéra (World Opera Day).
Le 25 octobre est un jour où les compagnies d'opéra, ainsi que les artistes, les amateurs et les professionnels de l'opéra peuvent montrer et célébrer la valeur de cette forme d'art. Des opéras du monde entier ouvrent leurs portes (virtuelles ou non) pour un aperçu des coulisses pour faire mieux connaître leur univers.
Cette journée a été lancée en 2019 par trois organisations d'opéra : OPERA America, Opera Europa et Ópera Latinoamérica. Il est soutenu par un certain nombre de partenaires internationaux : Europe créative, le Cercle européen des philanthropes de l'opéra et du ballet, l'International Artist Managers' Association, l'International Theatre Institute, Opera for Peace et RESEO – European Network for Opera, Music & Dance Education… et d’organisations nationales d'opéra et de théâtre musical du Canada, de Chine, de France, d'Inde, d'Italie, d'Allemagne, de Norvège, du Royaume-Uni et d'autres pays.
La première de Rigoletto au théâtre municipal de Giessen, annoncée pour le 21 octobre, a dû être reportée. Le rôle deRigoletto -qui fait tout pour protéger sa fille des tentations du monde et la perd malgré tout douloureusement dans un enchaînement de circonstances malheureuses- est l'un des grands défis auxquels aspire un chanteur dans sa carrière. La force et la délicatesse, l'humour et la profondeur résident dans ce personnage.
Un rôle taillé sur mesure pour Grga Peroš, membre permanent de la troupe du théâtre municipal de Giessen. Malheureusement, Grga Peroš est tombé malade à la dernière minute, mais le théâtre municipal a décidé de ne pas laisser la première se dérouler sans lui.
Nadine Sierra annule sa participation à l'opéra Turandot dans le rôle de Liù.
Elle souffre de "problèmes musculaires qui nécessitent un traitement pendant les dates de la représentation".
Pour la remplacer, les sopranos Vannina Santoni et Adriana González.
Osud (Destin) est un opéra en trois actes de Leoš Janáček sur un livret du compositeur et de Fedora Bartošová d'après la vie de Kamila Urválková.
L'ouvrage est composé de 1903 à 1905 puis révisé en 1906 mais rejeté par le théâtre de Brno et le théâtre Vinohrady de Prague en 1907.
La première audition est donnée à la radio de Brno en 1934 et la création sur scène eut lieu en 1958 sous la direction de František Jílek au Festival Janáček à l'occasion du trentième anniversaire de sa mort.
Cet opéra malgré la qualité de la musique ne s'imposa pas sur la scène lyrique sans doute à cause d'un livret perfectible.
On retient vraiment peu de choses d'Algis Shuraitis (1928 - 1998).
Chef d'orchestre lituanien et russe.
Artiste du peuple de la RSFSR (1976).
Prix d'État de l'URSS (1977).
Prix du concours international de musique Santa Cecilia (Rome, 1968).
Il a été chef d'orchestre du Théâtre Bolchoï.
Ludwig Wilhelm Maurer (8 février 1789 - 13-25 octobre 1878) est un compositeur, chef d'orchestre et violoniste allemand né à Potsdam. En 1802, il fait ses débuts à Berlin avec son premier grand concert de violon. Après une brève période d'étude du style de violon français à Mitau (Lettonie), Maurer se rend en Russie à l'âge de 17 ans, en 1806, où il restera la majeure partie de sa vie. Pour cette raison, Maurer est considéré comme un compositeur à la fois allemand et russe.
À son arrivée à Saint-Pétersbourg, Maurer se produit beaucoup jusqu'à ce que le violoniste et compositeur français Pierre Baillot l'aide à devenir le chef de l'orchestre du Comte Vsevolozhsky à Moscou. Maurer dirige l'orchestre jusqu'en 1817, date à laquelle il part en tournée en Allemagne et à Paris. En 1819, Maurer commence à utiliser Hanovre comme base pour diriger, tout en effectuant des tournées et en composant. Au cours de cette période, Maurer entretient également une collaboration avec Aleksey Nikolayevich Verstovsky pour la composition d'opéras-vaudevilles. Vers la fin de cette période, Maurer part en tournée en Allemagne avec ses fils Vsevolod et Alexis, qui jouent respectivement du violon et du violoncelle.
En 1833, cependant, Maurer est de retour à Saint-Pétersbourg, où il restera jusqu'à la fin de sa vie. L'année suivante, il se produit en soliste lors de la première représentation du Concerto pour violon de Beethoven en Russie.
En 1835, Maurer devient chef d'orchestre et directeur de l'Opéra français de Saint-Pétersbourg. Il occupe d'autres postes sur la scène musicale de Saint-Pétersbourg et continue de composer jusqu'à sa mort en octobre 1878.
Le compositeur français Alexandre-César-Léopold Bizet, plus connu sous le nom de Georges Bizet, est né le à Paris et mort le à Bougival (Seine-et-Oise). Il est un des compositeurs de la période romantique. Il est surtout connu pour ses opéras, dont le très populaire Carmen, et ses suites orchestrales, créés sur une courte période, puisqu'il meurt prématurément à l'âge de 36 ans.
Son père, Adolphe Armand Bizet, d'abord installé comme coiffeur et perruquier, s'est reconverti dans l'enseignement du chant en 1837. Sa mère, Aimée Marie Louise Léopoldine Joséphine Delsarte, pianiste, lui enseigne les premiers rudiments de l'instrument. Son oncle François Delsarte, professeur de chant, spécialiste de Gluck, est célèbre dans l'Europe entière. L'opéra et le piano marquent donc d'emblée de leur empreinte le destin du jeune homme5.
L'enfant, fils unique, est baptisé sous le prénom Georges le en l'église Notre-Dame-de-Lorette à Paris, changement de prénom qui lui vaudra confusions et polémiques.
Il entre au Conservatoire de Paris à l'âge de neuf ans, dans la classe de piano d'Antoine François Marmontel. Il y obtiendra un premier prix de piano en 1851, puis un second prix en 1852. La même année, il entre dans la classe d'orgue de François Benoist.
En 1853, il entre dans la classe de composition de Fromental Halévy, auteur de nombreux opéras (dont La Juive) et qui a compté Charles Gounod parmi ses élèves. Le jeune Bizet obtient un premier prix d'orgue et de fugue en 1854, puis un second prix en 1855. Il travaille également avec Pierre Zimmermann, le prédécesseur de Marmontel au Conservatoire.
À l'automne 1855, âgé d'à peine dix-sept ans, il compose en un mois sa 1e Symphonie, en ut majeur, œuvre d'une grande vivacité, inspirée par la Première Symphonie de Gounod, dont il vient de publier une version pour piano à quatre mains.
Sa symphonie en ut n'a été redécouverte qu'en 1933 dans les archives du Conservatoire de Paris et n'a été créée que deux ans plus tard à Bâle. En 1857, son opérette Le Docteur Miracle, créée le , remporte le 1er Prix du concours d'opérette.
En 1857, à l'âge de dix-neuf ans, il remporte avec sa cantate Clovis et Clotilde le Prix de Rome de composition musicale, prestigieux tremplin à cette époque pour une carrière il et rejoint la Ville Medicis.
Ce séjour en Italie loin de sa famille a une importance considérable dans la vie du jeune musicien, qui découvre le bonheur d'être libre, la beauté de Rome et de la nature qui l'entoure. Ce séjour heureux lui permet de s'épanouir et de s'affranchir des règles strictes imposées par l'école et par sa mère. Selon l'association Les Amis de Georges Bizet, « Le Bizet de Carmen est né en Italie. »
Pendant son séjour à l'Académie de France à Rome, il effectue les « envois » ordinaires :
un opéra-bouffe en deux actes (1858-1859), Don Procopio, sur un livret de Carlo Cambiaggio ;
une ouverture (1861), La Chasse d'Ossian ;
un opéra-comique en un acte (1862), La Guzla de l'émir, sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré.
De retour en France, il se consacre à l'enseignement et à la composition. Il a à peine 25 ans quand en 1863, Léon Carvalho lui commande Les Pêcheurs de perles, sur un livret de Carré et Cormon, pour le Théâtre-Lyrique. Berlioz, qui dit avoir apprécié « un nombre considérable de beaux morceaux expressifs pleins de feux et d'un riche coloris », en donne une critique très favorable dans le Journal des débats du . Cette œuvre est donc un succès encourageant pour le jeune compositeur et connaîtra dix-huit représentations.
Pour honorer une commande, il compose en 1866 et fait jouer en 1867 La Jolie Fille de Perth, opéra en 4 actes sur un livret médiocre de J. H. V. de Saint-Georges et de J. Adenis librement adapté du roman homonyme de Walter Scott.
Il épouse le Geneviève Halévy, fille de son professeur de composition Fromental Halévy, mort sept ans plus tôt, et de Léonie Rodrigues-Henriques. Le jeune compositeur a 30 ans et la jeune femme vingt ans. Il entre ainsi par son mariage dans la famille Halévy, une grande famille juive qui compte à cette époque dans la société française. Son beau-père avait été membre de l'Institut et secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, tandis que Ludovic Halévy, le librettiste de talent qui composera, avec Henri Meilhac, le livret de Carmen, est le cousin germain de Geneviève.
Le jeune couple s'installe dans un hôtel particulier 22, rue de Douai au sein de la Nouvelle Athènes à Paris. Sa jeune épouse lui donne un fils, Jacques (1872-1922), qui comptera parmi les meilleurs amis de jeunesse de Proust.
Il réalise de nombreuses transcriptions pour piano d'œuvres lyriques à la mode pour le compte des éditeurs Choudens et Heugel. Pendant la guerre de 1870, il s'engage dans la Garde nationale, puis part pour Libourne. Il revient au Vésinet auprès de son père, puis en 1871 à Paris après la Commune. La même année, il tire une Petite suite d’orchestre de ses Jeux d'enfants, pour piano à quatre mains. Elle sera créée le , au théâtre de l'Odéon, par Édouard Colonne. Djamileh est jouée la même année à l'Opéra-Comique mais est arrêtée après onze représentations.
Pour la pièce de théâtre L'Arlésienne d'Alphonse Daudet, il compose une musique de scène ; mais l'œuvre, jouée au théâtre du Vaudeville le , est retirée de l'affiche après vingt représentations. Bizet extrait de sa musique une suite orchestrale qui, créée le mois suivant aux Concerts Pasdeloup, remportera un succès qui ne s'est jamais démenti depuis. Il l'adapte également pour piano à quatre mains. Patrie, pour orchestre est jouée fin 1872, par les Concerts Pasdeloup au cirque d'Hiver.
À l'image d'un Rossini, Bizet imaginait une vie matérielle confortable, une « vie de rentier », grâce à quelques succès rapides à l'Opéra-Comique qui ne se produisirent jamais. Les Pêcheurs de perles, La Jolie Fille de Perth, Djamileh, L'Arlésienne n'ont pas été de grands succès couronnés de nombreuses représentations. Sa vie a été dévorée par les travaux alimentaires pour les éditeurs et par les leçons de piano.
Sa vie familiale n'est pas plus heureuse. Il ne peut pas partager ses difficultés et ses soucis avec sa jeune épouse Geneviève, nerveusement fragile et dont la coquetterie lui aurait inspiré l'héroïne de Carmen selon le témoignage de son cousin Louis Ganderax. Le bonheur initial de leur mariage ne dure pas et, en janvier 1874, Geneviève le quitte pour aller vivre chez son cousin Ludovic Halévy, mais elle regagne le domicile conjugal six mois plus tard. Il y a alors des rumeurs de liaison entre lui et la cantatrice principale Célestine Galli-Marié tandis que sa femme avait une liaison avec le pianiste Élie Delaborde. Son fils Jacques n'aura que trois ans à sa mort
Il faudra toute la ténacité de Bizet et de Ludovic Halévy, son librettiste, pour convaincre le directeur de l'Opéra-Comique d'accepter un opéra si différent de ses aspirations : après trois mois de travail sans répit et 1 200 pages de partition, Carmen, son chef-d'œuvre, est prêt. Son livret est signé par Henri Meilhac et Ludovic Halévy qui ont déjà écrit les livrets des plus célèbres opéras-bouffes de Jacques Offenbach : La Belle Hélène, La Vie parisienne et La Périchole.
Bizet assiste à toutes les répétitions qui se révèlent épuisantes : il se heurte aux chanteurs qui n'ont pas l'habitude de bouger en scène et de jouer leurs personnages avec le naturel que Bizet attend d'eux, aux musiciens qui trouvent cet opéra trop difficile et toujours à la mauvaise humeur du directeur exaspéré par le thème de la pièce qu'il trouve indécent.
Le , il est fait Chevalier de la Légion d'honneur, le jour de la première de Carmen qui se révèle être un désastre. Les musiciens et les choristes sont médiocres, les changements de décor prennent un temps considérable si bien que la salle se vide peu à peu. Le public et la critique sont scandalisés par cette histoire sulfureuse que la presse du lendemain condamne au nom de la morale. Bizet en est bouleversé.
Il contracte une angine mais décide contre tous les avis de se réfugier dans sa maison de Bougival. Le , il se baigne dans l'eau glacée de la Seine et est pris dès le lendemain d'une crise aiguë de rhumatisme articulaire. Lors d'une représentation, Bizet a une rupture d’anévrisme au moment où Célestine Galli-Marié, chantant avec le « trio des cartes » au troisième acte, retournait
« […] la carte impitoyable qui dit toujours : la mort ! »
Il meurt d'un infarctus à Bougival dans la nuit du 2 au , à l'âge de 36 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 68). Sur son lit de mort, il révèle à son épouse que Jean Reiter, l'enfant de leur bonne, est de lui et non de son père et fait promettre à Geneviève d'en prendre soin et de garder la bonne à son service.
Le est inauguré le tombeau érigé par l'architecte de l'Opéra Charles Garnier : un sarcophage recouvert d'un toit en bâtière est taillé dans la pierre rouge jurassienne de Sampans ; une stèle en forme de pyramide tronquée est ornée d'une lyre de bronze symbolisant son art, enlacée par une couronne de lauriers. Cette stèle portait le buste du compositeur qui est volé avec cinq autres en . Retrouvé, il est depuis détenu par la conservation du cimetière.
Grâce à l'action de Jorge Chaminé, soutenu par des artistes comme Teresa Berganza et Plácido Domingo, une campagne de financement participatif est lancée en 2017 pour la sauvegarde de la maison de Bizet à Bougival et la création du Centre européen de musique.
Le dramaturge et directeur d'opéra Klaus Zehelein reçoit le prix de théâtre "Der Faust" pour l'ensemble de son œuvre. Avec cet homme de 83 ans, le jury rend hommage à un créateur de théâtre qui a marqué l'opéra moderne comme aucun autre en son temps, a annoncé l'Union des théâtres allemands.
Né en 1940 à Francfort-sur-le-Main, Zehelein a notamment été dramaturge en chef et directeur coordonné de l'Opéra de Francfort (1977-1987) ainsi que directeur de l'Opéra National de Stuttgart (1991-2006). De 2006 à 2014, il a été président de l'Académie bavaroise de théâtre August Everding et y a dirigé, ainsi qu'à l'Université Ludwig Maximilian, le cursus de dramaturgie.
De 2003 à 2015, il a été président de l'Union scénique allemande.
Le "Faust", décerné pour la 18e fois, rend hommage aux créateurs culturels dont le travail est précurseur pour le théâtre allemand. Le prix est décerné par la Fondation culturelle des Länder, l'Académie allemande des arts du spectacle, l'Union des scènes allemandes et un Land qui change chaque année.
Un jury de cinq personnes, désigné par l'Académie des arts du spectacle, décide des lauréats.
Le Prix Konrad Wolf 2022 de l'Académie des arts est décerné à l'homme de théâtre, peintre, créateur de décors et de costumes et metteur en scène Achim Freyer.
L'importance de Freyer dans la formation du Regietheater en Allemagne depuis les années 1960 est récompensée. Dès ses premières collaborations avec Ruth Berghaus, Benno Besson et Adolf Dresen, ses décors sont devenus un espace sensoriel et mental qui s'impose à la conscience et exige l'action. La non-subordination d'un art à l'autre recèle à elle seule une force qui fait éclater le système, qu'Achim Freyer a également apportée au théâtre ouest-allemand en tant que metteur en scène, et qu'il a multipliée jusqu'à aujourd'hui en tant qu'homme de théâtre et peintre, comme un fonds créatif de renouvellement inépuisable, grâce à une inventivité picturale qui, dans un jeu lucide de transgression des frontières et de symbiose entre les deux, a placé durablement les arts plastiques et le théâtre dans un rapport nouveau et égalitaire ..., a déclaré le jury, composé de membres de la section Arts du spectacle. Parmi eux figuraient Reinhild Hoffmann, Christian Grashof et Jürgen Flimm, décédé en février 2023.
Achim Freyer est né à Berlin en 1934. Après avoir suivi une formation de peintre et de graphiste, il devient maître-élève de Bertold Brecht au Berliner Ensemble et travaille ensuite comme scénographe et costumier. En 1972, il s'installe à Berlin-Ouest et y travaille pour la première fois en tant que metteur en scène. Depuis, Freyer a mis en scène de nombreuses grandes scènes en Allemagne et en Europe. Freyer a également participé à de nombreuses créations et premières représentations, notamment de compositeurs tels que Mauricio Kagel, Unsuk Chin, Dieter Schnebel, Philip Glass, Helmut Lachenmann et Erhard Grosskopf. En tant qu'artiste plasticien, il a notamment participé à la documenta de Kassel (1977 et 1987) et à la Quadriennale de Prague. De 1976 à 2002, Freyer a également été professeur à l'Université des Arts de Berlin (UdK). En 1988, il a fondé le Freyer Ensemble, avec lequel il associe les arts de la scène et les arts plastiques.
Freyer a reçu de nombreux prix et distinctions pour son travail scénique, le dernier en date étant le Prix allemand du théâtre "Der Faust" pour l'ensemble de son œuvre (2022). Depuis 1993, Achim Freyer est membre de l'Académie des Arts.
Nommé d'après le réalisateur de films et président de longue date de l'Académie des Arts de la RDA, le Prix Konrad Wolf est décerné chaque année en alternance par les deux sections de l'Académie pour des prestations artistiques exceptionnelles dans les domaines des arts du spectacle ou du cinéma et des médias. Les lauréats des dernières années étaient le cinéaste Abderrahmane Sissako, le metteur en scène et acteur Alexander Lang ainsi que la réalisatrice de films documentaires Heidi Specogna.
Thomas Hengelbrock enregistre pour la première fois la version originale de "Cavalleria rusticana".
On sait que le jeune Pietro Mascagni a composé Cavalleria rusticana en 1888 pour la présenter à un concours d'opéra lors d'un événement organisé par l'éditeur milanais Edoardo Sonzogno. Ce que très peu de gens savaient jusqu'à présent, c'est qu'au cours des répétitions pour le concert final, Mascagni a apporté quelques modifications et coupures à la partition. Celles-ci concernaient les parties de Santuzza et Turiddu, transposées dans un registre plus grave, ainsi que le chœur. En effet, plusieurs passages choraux ont été éliminés en raison de leur difficulté et de leur chromatisme, modifiant ainsi la structure globale de l'opéra. Bien que le compositeur ait considéré toutes ces modifications comme allant de soi, on est toujours curieux de savoir comment un titre aussi populaire aurait sonné dans sa production initiale.
En novembre 2022, Cavalleria rusticana a été joué en version de concert au Festspielhaus de Baden-Baden, dans la première version que Mascagni avait conçue pour le concours Sonzogno. Dirigée par Thomas Hengelbrock à la tête du Chœur et de l'Orchestre Balthasar Neumann, cette nouvelle version de l'opéra est aujourd'hui publiée en première mondiale.
L'enregistrement récupère les passages coupés et ramène les parties vocales à leur registre d'origine. Cavalleria rusticana est ainsi présentée sous un jour nouveau : la scène de l'église, par exemple, est plus longue et une tonalité plus aiguë est développée. Et dans l'aria du toast, 89 mesures appartenant au chœur et initialement coupées par Mascagni peuvent à nouveau être entendues.