Nous allons écrire l'histoire, le monde n'a encore jamais connu cela en tant que cycle déclare le directeur de la Brucknerhaus, Dietmar Kerschbaum, à propos du programme du Brucknerfest 2024 pour le 200e anniversaire du compositeur : toutes les symphonies, y compris la symphonie d'étude et la Nullter seront interprétées dans leur version originale par des orchestres "Originalklang".
On s'est habitué à entendre les symphonies de Bruckner jouées sur des instruments modernes, alors que le compositeur les avait conçues pour des instruments à cordes avec des cordes en boyau à la sonorité plus douce. Pour ce projet, Dietmar Kerschbaum a pu s'assurer la participation, entre autres, du Concentus Musicus dirigé par Stefan Gottfried, du Concert des Nations dirigé par Jordi Savall, des Musiciens du Louvre avec Marc Minkowski au pupitre et de l'Orchestre des Champs-Élysées dirigé par Philippe Herreweghe.
C'était un défi, car ils ne jouent tous cela que pour nous, explique Kerschbaum. Nous voulons vraiment offrir ici une expérience d'écoute complète.
Le jour de l'anniversaire de Bruckner, le 4 septembre, on pourra également entendre Franz Welser-Möst et le Cleveland Orchestra, en plein air à Ansfelden.
L'ORF et des chaînes de télévision internationales retransmettront l'événement en direct.
Directeur de longue date de la série "Musica viva" de la radio bavaroise, le compositeur Udo Zimmermann fête son 80e anniversaire.
Il est né le 6 octobre 1943 à Dresde et a bénéficié d'une formation musicale approfondie en tant que membre du Dresdner Kreuzchor de 1954 à 1962 sous la direction de Rudolf Mauersberger.
Après avoir terminé sa scolarité, il a étudié la direction d'orchestre et le chant au Conservatoire de Dresde. En 1968, il devient maître-élève de Günter Kochan à la Deutsche Akademie der Künste de Berlin et travaille deux ans comme assistant sous la direction de Walter Felsenstein.
De 1970 à 1985, il a été dramaturge à l'Opéra national de Dresde, puis maître de conférences à partir de 1976 et enfin professeur de composition à l'École supérieure de musique de Dresde à partir de 1979.
Dès 1974, il avait fondé le "Studio Neue Musik" de Dresde. D'autres étapes ont suivi en tant que dramaturge et directeur du théâtre musical contemporain, de 1985 à 1990 à l'Opéra de Bonn et de 1990 à 2001 à l'Opéra de Leipzig, où la maison a été plusieurs fois récompensée sous sa direction pour des créations d'œuvres contemporaines de Stockhausen, Schnebel, Herchet et autres. Enfin, de 1997 à 2011, Zimmermann a créé 175 œuvres au cours de ses 14 années d'activité en tant que directeur artistique de la série "musica viva".
Outre son engagement pour ses collègues compositeurs contemporains, il a lui-même été compositeur en résidence au Festival de Salzbourg en 1993 et 1995 et il a écrit plusieurs opéras. Avec près de 200 productions depuis sa création en 1986, l'opéra Weiße Rose sur les frères et sœurs Scholl est l'un des opéras contemporains les plus joués et les plus appréciés au niveau international.
Parmi ses œuvres les plus connues figurent également Levins Mühle (d'après le roman de Johannes Bobrowski), Der Schuhu und die fliegende Prinzessin (d'après un conte de Peter Hacks) et Die wundersame Schustersfrau (d'après Federico García Lorca).
Son œuvre comprend en outre de la musique de chambre ainsi que des œuvres vocales et orchestrales.
À partir de 1979, Zimmermann a également dirigé l'Orchestre Philharmonique de Berlin, l'Orchestre Symphonique de Vienne, l'Orchestre du Gewandhaus, l'Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise, l'Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin, l'Orchestre Symphonique de la NDR, l'Orchestre de la Tonhalle de Zurich, la Staatskapelle de Dresde ainsi que les opéras de Vienne, Hambourg, Munich et Bonn.
Après une pause créative de douze ans due à ses nombreuses tâches d'intendant, Zimmermann n'a repris la composition qu'en 2009, avec notamment deux concertos pour le violoncelliste Jan Vogler (2009) et pour la violoniste Elena Denisova (2013).
En 2011, il a reçu la Médaille d'or de la radio bavaroise pour ses mérites ainsi que de nombreuses autres distinctions.
Steve Reich présente pour la première fois à New York Jacob's Ladder, une nouvelle œuvre pour grand ensemble et voix sur des textes bibliques, assurée par les musiciens du New York Philharmonic et Synergy Vocals sous la direction de Jaap van Zweden. Jacob's Ladder est une commande conjointe du New York Philharmonic, de BBC Radio 3, de la Fundação Casa da Música, de l'Istanbul Music Festival et du Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra, du Queen Silvia Concert Hall et de O/Modernt, de Radio France et du Vancouver Symphony Orchestra.
La première européenne aura lieu le 6 février 2024 dans le cadre d'une rétrospective d'une semaine de la musique de Steve Reich au festival Présences de Paris.
La pièce d'une vingtaine de minutes pour grand ensemble plus deux sopranos et deux ténors est divisée en quatre courtes sections (chacune mettant en musique une des quatre lignes de texte), suivies de quatre sections plus longues qui approfondissent et développent les précédentes. Reich utilise assez librement l'image de l'"échelle" pour générer des mouvements mélodiques largement déterminés par les instruments de l'ensemble.
La création de Jacob's Ladder fait partie d'une série de concerts par lesquels le New York Philharmonic Orchestra rend hommage à Jaap van Zweden pour sa dernière saison en tant que chef d'orchestre principal, avec des exécutions de compositeurs que le chef d'orchestre a soutenus au cours de son mandat.
En 2019, van Zweden a dirigé la première new-yorkaise acclamée de Music for Ensemble and Orchestra de Reich.
Le 28 octobre, le rideau se lèvera sur la première européenne du dernier opéra de John Adams, Antony and Cleopatra au Teatre del Liceu de Barcelone, sous la direction musicale du compositeur, dans la mise en scène de la première édition réalisée l'année dernière par Elkhanah Pulitzer.
L'opéra a été créé avec succès en septembre 2023 à l'Opéra de San Francisco sous la direction de la cheffe Eun Sun Kim et sera présenté au Metropolitan Opera de New York au cours d'une prochaine saison.
La soprano catalane Montserrat Caballé, née le à Barcelone, est décédée le dans la même ville.
Pour rappel, surnommée « La Superba » en raison de sa technique, de sa longueur de souffle, de l'amplitude et des nuances de sa voix (notamment ses pianissimi), elle est célèbre pour ses interprétations du répertoire belcantiste et notamment des rôles de Rossini, de Bellini et de Donizetti.
Le compositeur allemand Max Butting est né le et mort à Berlin le .
Fils d'un quincailler et d'une professeur de piano, Max Butting reçoit ses premières leçons de piano de sa mère puis plus tard, de l'organiste Arnold Dreyer. À la suite de ses études au lycée (Realgymnasium), il étudie à l'Académie de composition (Akademie der Tonkunst) de Munich de 1908 à 1914. Il y prend des cours de composition avec Friedrich Klose, de direction avec Felix Mottl et Paul Prill et de chant avec Karl Erler.
À l'Université de Munich il suit occasionnellement des cours de psychologie, de philosophie et de musicologie.
Il doit sa formation de compositeur en grande partie aux cours particuliers que lui dispense Walter Courvoisier, désigné à Butting après la brouille de celui-ci avec Klose.
Lors de la Première Guerre mondiale, Max Butting est réformé en raison de sa faible constitution physique. Il retourne en 1919 à Berlin, où il assistera son père dans ses affaires jusqu'en 1923, après que celui-ci l'a instamment appelé. On lui laisse toutefois le temps libre nécessaire à son activité de compositeur.
Rapidement il va nouer des contacts avec d'autres artistes et se lie entre autres avec Walter Ruttmann et Philipp Jarnach. Il adhère en 1921 au Novembergruppe,dont il dirige la formation musicale jusqu'en 1927. En 1925, il travaille en outre comme critique musical dans les Sozialistischen Monatsheften (Cahiers Mensuels Socialistes).
Son œuvre obtient un grand succès à la suite des représentations données lors des festivals de musique de la Gesellschaft für Neue Musik (« Société pour la musique contemporaine ») -dans laquelle il travaille en tant que membre de la direction de la section allemande de 1925 à 1933- et du Donaueschinger Musiktagen (Festival de Donaueschingen).
En 1929, le concert de sa 3e Symphonie dirigée par Hermann Scherchen à Genève lui confère une reconnaissance au niveau international.
La même année, il devient président suppléant de la Genossenschaft deutscher Tonkünstler (« comité allemand des compositeurs »).
Max Butting est l'un des premiers compositeurs à s'être intensivement investi dans le média de la radiodiffusion. Ainsi participe-t-il à la programmation culturelle de l'heure radiophonique (Funkstunde) entre 1926 et 1933, et dirige-t-il un studio d'interprétation radiophonique au Conservatoire de musique Klindworth-Scharwenka. D'autre part, à l'office d'expérimentation radiophonique (Rundfunkversuchsstelle) du Conservatoire de musique de Berlin, il tient des cours avancés de composition radiophonique, auxquels prend part entre autres Ernst Hermann Meyer.
En Butting est encore nommé membre de l'Académie prussienne des arts même s'il apparait indésirable aux national-socialistes peu après qu'Hitler arrive au pouvoir. Butting pourra encore travailler dans la société des droits d'auteur STAGMA jusqu'en 1938. Il doit par la suite vivre à nouveau de la quincaillerie de son père, qu'il a cédée en 1932 à un associé et qu'il reprend alors à son compte début 1939. Afin de garantir le bon fonctionnement de son affaire ainsi que ses propres conditions d'existence, il se trouve finalement contraint d'adhérer au parti nazi.
Après la Seconde Guerre mondiale, Max Butting abandonne son activité professionnelle et passe sa vie en tant que compositeur à Berlin-Est.
En 1948 il devient membre de l'association culturelle et directeur de la programmation du comité radiophonique national de la RDA.
En 1950 il est membre fondateur de la Deutsche Akademie der Künste (« Académie allemande des arts »), dont il est président entre 1956 et 1959, et membre directeur de l'Association des compositeurs et arrangeurs allemands (VdK der DDR) ainsi que représentant du conseil de la société de protection des droits de représentation (Anstalt zur Wahrung der Aufführungsrecte - AWA) à partir de 1951.
En RDA, Max Butting est honoré à de nombreuses occasions : il est décoré en 1961 de l'Ordre national du Mérite d'abord en argent puis en or, nommé docteur d'honneur de la Faculté de philosophie de l'Université Humboldt de Berlin en 1968, et récipiendaire du Prix national de la RDA en 1973.
La musique de Butting se rattache dans un premier temps à celle d'Anton Bruckner et de Max Reger, puis se rapproche, dans les années 1920, de courants plus modernes. Petit à petit il est parvenu à développer un style personnel prononcé, principalement marqué par une composition contrapuntique se tenant à égale distance du néoclassicisme et de l'expressionnisme. La forme métrique est habituellement riche et contient souvent des changements de mesure. L'harmonie se meut à l'intérieur d'une tonalité perçante et souvent dissonante. On y trouve occasionnellement des thèmes chromatiques, comme par exemple dans sa 9e Symphonie, sans jamais pour autant basculer vers un thème dodécaphonique, à l'instar d'Arnold Schoenberg à l'égard duquel Butting est admiratif mais demeure critique.
Formellement, le compositeur s'oriente vers des modèles traditionnels, comme la forme sonate en la modifiant toutefois régulièrement jusqu'à l'abandonner dans plus d'une œuvre au profit de formes de développement sans interruption.
Il s'est toujours efforcé de trouver une solution formelle particulière pour chaque œuvre et, à ce titre, son travail symphonique peut passer pour exemplaire : toutes les possibilités de la forme cyclique, du simple mouvement au cinq mouvements y sont représentées.
Compositeur modérément productif avant 45 et presque réduit au silence durant la période nazie, Butting connait un nouvel élan créatif après la fin de la guerre. On peut expliquer que la plupart de ses œuvres furent composées en RDA par le fait que le compositeur se fit un devoir d'écrire de la "musique utile" ("Gebrauchsmusik"), répondant aux exigences de l'État concernant un art populaire et à la portée de tous. Il s'attacha ainsi à certaines de ses œuvres stylistiquement proches d'une musique élaborée de divertissement qui étaient tout d'abord destinées à la radio dès la fin des années 1920.
Au cœur de l'œuvre de Butting se trouvent les dix symphonies qui firent de lui l'un des compositeurs symphoniques allemands les plus importants de sa génération. Parmi celles-ci on compte une symphonie de chambre pour treize instruments solistes, deux sinfoniettas et un triptyque pour grand orchestre. D'autre part Butting a avant tout écrit des œuvres de musique de chambre, parmi lesquelles dix quatuors à cordes se distinguent. Il faut encore citer un concerto pour piano ainsi qu'un concerto pour flûte, de nombreuses pièces d'orchestre, principalement des œuvres pour piano tel que l'oratorio Das Memorandum, l'opéra Plautus im Nonnenkloster d'après Conrad Ferdinand Meyer et plusieurs cantates.
Le "Códice rico", avec 200 cantigas d'Alfonso X el Sabio, est exposé au Musée du Prado.
Il s'agit de l'une des Cantigas de Santa María, une œuvre d'une importance extraordinaire commandée par Alphonse X le Sage. Le manuscrit fait partie de l'exposition "El espejo perdido. Juifs et conversos dans l'Espagne médiévale".
Le conservateur, Joan Molina, souligne que le "Códice rico" est l'œuvre la plus ancienne de l'exposition : il s'agit du témoignage européen le plus important sur les images chrétiennes qui représentaient les Juifs.
Le manuscrit sera exposé ouvert. Il illustre la légende d'un juif qui vole une icône mariale et qui, après l'avoir jetée dans les latrines, meurt sous les coups du diable.
La tablette, miraculeusement restée intacte, exhale un doux parfum qui provoque la conversion de la communauté juive locale.
Le violoniste Yury Revich, lauréat des International Classical Music Awards 2015 dans la catégorie Young Artist, fusionne ses "Friday Nights" pluridisciplinaires en une semaine annuelle de "Festival Nights".
"Friday Night"s est le nom du format auquel le violoniste Yury Revich a convié à intervalles réguliers pendant des années. Toujours dans d'autres lieux, toujours avec des artistes de différentes disciplines. Désormais, cela ne suffit plus.
Il se passe pas mal de choses dans ma carrière, dit ce Moscovite d'origine, de nationalité autrichienne, qui a étudié à l'université privée de musique et d'art de la ville de Vienne. Revich vient de se rendre à Los Angeles pour des séances de studio et à Seattle pour un concert.
Il sera également en Amérique cet automne, puis en Chine et en Amérique latine. La France et Abu Dhabi, la Serbie et le Japon figurent également sur l'agenda de ce jeune homme de 32 ans très actif. Entre-temps, il a accompagné une équipe de tournage chez Plachutta et Gerstner pour une émission de télévision culinaire sud-coréenne. Dans ces conditions, il est difficile d'organiser un événement tous les deux ou trois mois, dit-il. C'est pourquoi les Friday Nights se transforment désormais en Festival Nights : Une fois par an, mais pendant une semaine.
La première édition se déroule à la Heidi Horten Collection (Vienne, Musée d'Art Moderne) où le public peut se déplacer librement. Les trois niveaux du musée sont successivement investis par des musiciens, des danseurs et des artistes de scène.
Le Concours International d’Art Lyrique de Namur (CIALN) à l'IMEP
En 2019, Namur, capitale de la Wallonie, accueillait le premier envol du Concours International d’Art Lyrique de Namur (CIALN). C’est un jury composé de représentants de maisons d’opéra, d’agents artistiques, de critiques musicaux et d’artistes lyriques de renommée internationale, qui auditionnait 56 candidats provenant de 19 pays différents. Réelle promotion de jeunes talents confirmés, ce Concours a été conçu pour être un tremplin à leur carrière professionnelle.
Placé sous le parrainage de Madame Patrizia Ciofi et s'’appuyant sur l’axe majeur de la tradition du chant à Namur mais également sur le développement de l'IMEP, cet évènement se veut un complément au positionnement de la ville et de l’Institut Royal de musique et de pédagogie en les plaçant comme des références incontournables au niveau de la pratique de l'art lyrique, s’inscrivant ainsi parfaitement dans la dynamique « Namur Confluent culture ».
La prochaine session du CIALN aura lieu du 31 janvier au 11 février 2024 avec la participation de l’orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, sous la direction de Ayrton Desimpelaere.
Le SIGMA Project termine sa tournée en Colombie avec le "Concerto pour quatre saxophones" de Glass.
Ce vendredi, le quatuor de saxophones SIGMA Project interprètera le Concerto pour quatre saxophones de Philip Glass au Teatro Metropolitano José Gutiérrez Gómez de Medellín, avec l'Orchestre symphonique Iberacademy dirigé par Alejandro Posada, dans le cadre de sa tournée en Amérique latine pour célébrer le 15e anniversaire du groupe.
Au cours de cette dernière semaine,, SIGMA Project a créé un nouveau quatuor de la compositrice colombienne Carolina Noguera au Festival Sacro de Bogotá et il a donné, en première en Colombie, quatre partitions d'Arvo Pärt.
Outre la première de Carolina Noguera, SIGMA Project se tournera aussi, au cours des deux prochains mois, aux premières mondiales de deux autres nouveaux quatuors qui leur sont dédiés et qui ont été écrits par les compositrices mexicaines Ana Lara et Erika Vega.