Le 28 octobre, le rideau se lèvera sur la première européenne du dernier opéra de John Adams, Antony and Cleopatra au Teatre del Liceu de Barcelone, sous la direction musicale du compositeur, dans la mise en scène de la première édition réalisée l'année dernière par Elkhanah Pulitzer.
L'opéra a été créé avec succès en septembre 2023 à l'Opéra de San Francisco sous la direction de la cheffe Eun Sun Kim et sera présenté au Metropolitan Opera de New York au cours d'une prochaine saison.
La soprano catalane Montserrat Caballé, née le à Barcelone, est décédée le dans la même ville.
Pour rappel, surnommée « La Superba » en raison de sa technique, de sa longueur de souffle, de l'amplitude et des nuances de sa voix (notamment ses pianissimi), elle est célèbre pour ses interprétations du répertoire belcantiste et notamment des rôles de Rossini, de Bellini et de Donizetti.
Le compositeur allemand Max Butting est né le et mort à Berlin le .
Fils d'un quincailler et d'une professeur de piano, Max Butting reçoit ses premières leçons de piano de sa mère puis plus tard, de l'organiste Arnold Dreyer. À la suite de ses études au lycée (Realgymnasium), il étudie à l'Académie de composition (Akademie der Tonkunst) de Munich de 1908 à 1914. Il y prend des cours de composition avec Friedrich Klose, de direction avec Felix Mottl et Paul Prill et de chant avec Karl Erler.
À l'Université de Munich il suit occasionnellement des cours de psychologie, de philosophie et de musicologie.
Il doit sa formation de compositeur en grande partie aux cours particuliers que lui dispense Walter Courvoisier, désigné à Butting après la brouille de celui-ci avec Klose.
Lors de la Première Guerre mondiale, Max Butting est réformé en raison de sa faible constitution physique. Il retourne en 1919 à Berlin, où il assistera son père dans ses affaires jusqu'en 1923, après que celui-ci l'a instamment appelé. On lui laisse toutefois le temps libre nécessaire à son activité de compositeur.
Rapidement il va nouer des contacts avec d'autres artistes et se lie entre autres avec Walter Ruttmann et Philipp Jarnach. Il adhère en 1921 au Novembergruppe,dont il dirige la formation musicale jusqu'en 1927. En 1925, il travaille en outre comme critique musical dans les Sozialistischen Monatsheften (Cahiers Mensuels Socialistes).
Son œuvre obtient un grand succès à la suite des représentations données lors des festivals de musique de la Gesellschaft für Neue Musik (« Société pour la musique contemporaine ») -dans laquelle il travaille en tant que membre de la direction de la section allemande de 1925 à 1933- et du Donaueschinger Musiktagen (Festival de Donaueschingen).
En 1929, le concert de sa 3e Symphonie dirigée par Hermann Scherchen à Genève lui confère une reconnaissance au niveau international.
La même année, il devient président suppléant de la Genossenschaft deutscher Tonkünstler (« comité allemand des compositeurs »).
Max Butting est l'un des premiers compositeurs à s'être intensivement investi dans le média de la radiodiffusion. Ainsi participe-t-il à la programmation culturelle de l'heure radiophonique (Funkstunde) entre 1926 et 1933, et dirige-t-il un studio d'interprétation radiophonique au Conservatoire de musique Klindworth-Scharwenka. D'autre part, à l'office d'expérimentation radiophonique (Rundfunkversuchsstelle) du Conservatoire de musique de Berlin, il tient des cours avancés de composition radiophonique, auxquels prend part entre autres Ernst Hermann Meyer.
En Butting est encore nommé membre de l'Académie prussienne des arts même s'il apparait indésirable aux national-socialistes peu après qu'Hitler arrive au pouvoir. Butting pourra encore travailler dans la société des droits d'auteur STAGMA jusqu'en 1938. Il doit par la suite vivre à nouveau de la quincaillerie de son père, qu'il a cédée en 1932 à un associé et qu'il reprend alors à son compte début 1939. Afin de garantir le bon fonctionnement de son affaire ainsi que ses propres conditions d'existence, il se trouve finalement contraint d'adhérer au parti nazi.
Après la Seconde Guerre mondiale, Max Butting abandonne son activité professionnelle et passe sa vie en tant que compositeur à Berlin-Est.
En 1948 il devient membre de l'association culturelle et directeur de la programmation du comité radiophonique national de la RDA.
En 1950 il est membre fondateur de la Deutsche Akademie der Künste (« Académie allemande des arts »), dont il est président entre 1956 et 1959, et membre directeur de l'Association des compositeurs et arrangeurs allemands (VdK der DDR) ainsi que représentant du conseil de la société de protection des droits de représentation (Anstalt zur Wahrung der Aufführungsrecte - AWA) à partir de 1951.
En RDA, Max Butting est honoré à de nombreuses occasions : il est décoré en 1961 de l'Ordre national du Mérite d'abord en argent puis en or, nommé docteur d'honneur de la Faculté de philosophie de l'Université Humboldt de Berlin en 1968, et récipiendaire du Prix national de la RDA en 1973.
La musique de Butting se rattache dans un premier temps à celle d'Anton Bruckner et de Max Reger, puis se rapproche, dans les années 1920, de courants plus modernes. Petit à petit il est parvenu à développer un style personnel prononcé, principalement marqué par une composition contrapuntique se tenant à égale distance du néoclassicisme et de l'expressionnisme. La forme métrique est habituellement riche et contient souvent des changements de mesure. L'harmonie se meut à l'intérieur d'une tonalité perçante et souvent dissonante. On y trouve occasionnellement des thèmes chromatiques, comme par exemple dans sa 9e Symphonie, sans jamais pour autant basculer vers un thème dodécaphonique, à l'instar d'Arnold Schoenberg à l'égard duquel Butting est admiratif mais demeure critique.
Formellement, le compositeur s'oriente vers des modèles traditionnels, comme la forme sonate en la modifiant toutefois régulièrement jusqu'à l'abandonner dans plus d'une œuvre au profit de formes de développement sans interruption.
Il s'est toujours efforcé de trouver une solution formelle particulière pour chaque œuvre et, à ce titre, son travail symphonique peut passer pour exemplaire : toutes les possibilités de la forme cyclique, du simple mouvement au cinq mouvements y sont représentées.
Compositeur modérément productif avant 45 et presque réduit au silence durant la période nazie, Butting connait un nouvel élan créatif après la fin de la guerre. On peut expliquer que la plupart de ses œuvres furent composées en RDA par le fait que le compositeur se fit un devoir d'écrire de la "musique utile" ("Gebrauchsmusik"), répondant aux exigences de l'État concernant un art populaire et à la portée de tous. Il s'attacha ainsi à certaines de ses œuvres stylistiquement proches d'une musique élaborée de divertissement qui étaient tout d'abord destinées à la radio dès la fin des années 1920.
Au cœur de l'œuvre de Butting se trouvent les dix symphonies qui firent de lui l'un des compositeurs symphoniques allemands les plus importants de sa génération. Parmi celles-ci on compte une symphonie de chambre pour treize instruments solistes, deux sinfoniettas et un triptyque pour grand orchestre. D'autre part Butting a avant tout écrit des œuvres de musique de chambre, parmi lesquelles dix quatuors à cordes se distinguent. Il faut encore citer un concerto pour piano ainsi qu'un concerto pour flûte, de nombreuses pièces d'orchestre, principalement des œuvres pour piano tel que l'oratorio Das Memorandum, l'opéra Plautus im Nonnenkloster d'après Conrad Ferdinand Meyer et plusieurs cantates.
Le "Códice rico", avec 200 cantigas d'Alfonso X el Sabio, est exposé au Musée du Prado.
Il s'agit de l'une des Cantigas de Santa María, une œuvre d'une importance extraordinaire commandée par Alphonse X le Sage. Le manuscrit fait partie de l'exposition "El espejo perdido. Juifs et conversos dans l'Espagne médiévale".
Le conservateur, Joan Molina, souligne que le "Códice rico" est l'œuvre la plus ancienne de l'exposition : il s'agit du témoignage européen le plus important sur les images chrétiennes qui représentaient les Juifs.
Le manuscrit sera exposé ouvert. Il illustre la légende d'un juif qui vole une icône mariale et qui, après l'avoir jetée dans les latrines, meurt sous les coups du diable.
La tablette, miraculeusement restée intacte, exhale un doux parfum qui provoque la conversion de la communauté juive locale.
Le violoniste Yury Revich, lauréat des International Classical Music Awards 2015 dans la catégorie Young Artist, fusionne ses "Friday Nights" pluridisciplinaires en une semaine annuelle de "Festival Nights".
"Friday Night"s est le nom du format auquel le violoniste Yury Revich a convié à intervalles réguliers pendant des années. Toujours dans d'autres lieux, toujours avec des artistes de différentes disciplines. Désormais, cela ne suffit plus.
Il se passe pas mal de choses dans ma carrière, dit ce Moscovite d'origine, de nationalité autrichienne, qui a étudié à l'université privée de musique et d'art de la ville de Vienne. Revich vient de se rendre à Los Angeles pour des séances de studio et à Seattle pour un concert.
Il sera également en Amérique cet automne, puis en Chine et en Amérique latine. La France et Abu Dhabi, la Serbie et le Japon figurent également sur l'agenda de ce jeune homme de 32 ans très actif. Entre-temps, il a accompagné une équipe de tournage chez Plachutta et Gerstner pour une émission de télévision culinaire sud-coréenne. Dans ces conditions, il est difficile d'organiser un événement tous les deux ou trois mois, dit-il. C'est pourquoi les Friday Nights se transforment désormais en Festival Nights : Une fois par an, mais pendant une semaine.
La première édition se déroule à la Heidi Horten Collection (Vienne, Musée d'Art Moderne) où le public peut se déplacer librement. Les trois niveaux du musée sont successivement investis par des musiciens, des danseurs et des artistes de scène.
Le Concours International d’Art Lyrique de Namur (CIALN) à l'IMEP
En 2019, Namur, capitale de la Wallonie, accueillait le premier envol du Concours International d’Art Lyrique de Namur (CIALN). C’est un jury composé de représentants de maisons d’opéra, d’agents artistiques, de critiques musicaux et d’artistes lyriques de renommée internationale, qui auditionnait 56 candidats provenant de 19 pays différents. Réelle promotion de jeunes talents confirmés, ce Concours a été conçu pour être un tremplin à leur carrière professionnelle.
Placé sous le parrainage de Madame Patrizia Ciofi et s'’appuyant sur l’axe majeur de la tradition du chant à Namur mais également sur le développement de l'IMEP, cet évènement se veut un complément au positionnement de la ville et de l’Institut Royal de musique et de pédagogie en les plaçant comme des références incontournables au niveau de la pratique de l'art lyrique, s’inscrivant ainsi parfaitement dans la dynamique « Namur Confluent culture ».
La prochaine session du CIALN aura lieu du 31 janvier au 11 février 2024 avec la participation de l’orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, sous la direction de Ayrton Desimpelaere.
Le SIGMA Project termine sa tournée en Colombie avec le "Concerto pour quatre saxophones" de Glass.
Ce vendredi, le quatuor de saxophones SIGMA Project interprètera le Concerto pour quatre saxophones de Philip Glass au Teatro Metropolitano José Gutiérrez Gómez de Medellín, avec l'Orchestre symphonique Iberacademy dirigé par Alejandro Posada, dans le cadre de sa tournée en Amérique latine pour célébrer le 15e anniversaire du groupe.
Au cours de cette dernière semaine,, SIGMA Project a créé un nouveau quatuor de la compositrice colombienne Carolina Noguera au Festival Sacro de Bogotá et il a donné, en première en Colombie, quatre partitions d'Arvo Pärt.
Outre la première de Carolina Noguera, SIGMA Project se tournera aussi, au cours des deux prochains mois, aux premières mondiales de deux autres nouveaux quatuors qui leur sont dédiés et qui ont été écrits par les compositrices mexicaines Ana Lara et Erika Vega.
Après l'habituelle sélection exhaustive, le Philharmonique de Berlin a choisi le Français David Guerrier pour diriger la section de trompettes.
Âgé de 39 ans, David Guerrier arrive de l'Orchestre Philharmonique de Radio France.
Originaire de Toulon, il a commencé à jouer de l'instrument à l'âge de sept ans et il a attiré l'attention des Allemands en remportant le concours de l'ARD il y a quelques années, avant de décrocher un premier emploi au sein de l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg.
Ouvert aux violonistes de toutes nationalités nés après le 4 novembre 1997, le Concours International de Violon de Mirecourt, organisé par les Jeunesses Musicales de Mirecourt, a publié les noms des candidats qui y participeront cette année :
Leonid Anikin (22 ans, Russie)
Garance Cartou (19 ans, France)
Sung-Chi Chang (22 ans, Taïwan)
Lea Glubochansky (22 ans, Canada/Israël)
Matthew Hakkarainen (23 ans, États-Unis/Finlande)
Myeongbin Han (24 ans, Corée du Sud)
Hyewon Huh (18 ans, Corée du Sud)
Anna Im (26 ans, Corée du Sud)
Hannah Kim (21 ans, Corée du Sud)
Hsin-Yu Shih (24 ans, Taïwan)
Chih-En Kuo (23 ans, Taïwan)
Hyunjeong Lee (24 ans, Corée du Sud)
Clara Messina (18 ans, France)
Sakura Nakagawa (23 ans, Japon)
Muriel Oberhofer (23 ans, Suisse)
Yixuan Ren (22 ans, Chine)
Emrik Revermann (15 ans, Canada/Allemagne)
Biel Ricart Gélinas (22, Espagne/Canada)
Jieun Son (25 ans, Corée du Sud)
Maria Sotriffer (24 ans, Autriche)
Leyang Tang (23 ans, Chine)
Kristóf Tóth (23 ans, Hongrie)
Maxim Tzekov (23 ans, Autriche)
Yoichiro Ueno (21 ans, Japon)
Quentin Vogel (22 ans, France)
Sophie Wang (24 ans, Taïwan)
Jaewon Wee (24 ans, Corée du Sud)
Esther Yang (23 ans, Corée du Sud)
Yinan Zhao (25 ans, Chine)
Le jury 2023 sera composé de Christian Altenburger (Autriche), Nora Chastain (États-Unis), Hu Kun (Chine), Alissa Margulis (Russie), Mihaela Martin (Roumanie), Lavard Skou-Larsen (Brésil) et Marianne Piketty (France).
Étienne Ozi (Nîmes, - Paris, ) est un bassoniste, compositeur et pédagogue français.
Étienne Ozi est considéré comme le plus grand bassoniste de son temps. Ce Nîmois d’origine s’installe à Paris en 1779 et y fait une magnifique carrière. En effet, il joue jusqu’en 1790 au Concert Spirituel au moins 37 concertos pour basson dont 19 sont de sa composition.
L'Almanach musical, à propos d'un concert donné en , relate par exemple : « M. Ozi a joué sur le basson un concerto. Cet instrument prend sous les doigts de ce virtuose une harmonie si flatteuse pour l'oreille du spectateur, qu'on ne peut s'empêcher d'applaudir l'Artiste qui l'anime, et de prendre part au plaisir qu'il prend lui-même à jouer de cet instrument ».
Lié comme Mozart à la franc-maçonnerie, il eut pour protecteur le Duc d’Orléans et fut premier basson de la musique du Roi. Musicien pour de nombreuses institutions (du Cirque du Palais-Royal en 1790 à la Chapelle de musique de Napoléon, en passant par le Théâtre de la République et des Arts (1799-1800), compositeur pour un basson à six ou sept clés et directeur de la maison d’édition du Conservatoire, Ozi est également connu pour son enseignement.
Il fut en effet professeur à l’École gratuite de musique de la Garde nationale parisienne, futur Conservatoire national de musique de Paris où il enseigna jusqu'en 1813.
L'établissement affiche dès l'origine son intention d’unifier l’enseignement, à travers l’élaboration d’un ensemble d’ouvrages pédagogiques qui seront imposés aux élèves. Quatorze méthodes officielles, tenant compte de l’évolution la plus récente de la facture instrumentale, voient ainsi le jour entre 1800 et 1814, dont celle d'Ozi pour le basson.
D’impact international, la Nouvelle Méthode de basson d’Ozi adoptée par le Conservatoire pour servir à l’étude dans cet établissement (1802), premier manuel complet pour l’apprentissage du basson en France, «contient les Principes détaillés pour l’Étude du Basson, des Exercices dans tous les Tons avec Accompagnement de Basse, douze Sonates d’une difficulté progressive, Trente Gammes variées et Quarante deux Caprices. Elle renferme aussi la manière de conserver l’Instrument, et les Moyens de faire les Anches.»