Le Journal

Francisco Guerrero, 495 ans

par

Francisco Guerrero de Burgos (né à Séville le , où il est décédé le ) est, avec Tomás Luis de Victoria et Cristóbal de Morales, l'un des principaux compositeurs espagnols de la Renaissance.

Adolescent, il est membre du chœur de la Cathédrale de Séville, et étudie la musique auprès de son frère Pierre, de Fernández de Castilleja et de Cristóbal de Morales.
En 1546, âgé de dix-sept ans, il est nommé maître de chapelle de la Cathédrale de Jaén. Avant qu'il n'atteigne trente ans, il jouit déjà d'une réputation exceptionnelle, et certaines de ses œuvres sont publiées à l'étranger. Il travaille par la suite au chœur de la Cathédrale de Séville.
Il effectue de nombreux voyages à travers l'Espagne et le Portugal, au service de l'Empereur Maximilien II, et passe une année en Italie (1581-1582).
Au cours d'un voyage en Terre Sainte en 1588, il est capturé par des pirates pendant le voyage de retour, avant d'être libéré moyennant rançon. Il racontera son aventure dans un ouvrage qui connaîtra un grand succès à l'époque, El viage de Hierusalem (Le voyage de Jérusalem), publié en 1590. Endetté, il est emprisonné.
Puis, le chœur de la Cathédrale de Séville fait à nouveau appel à lui, et le nomme maître de chapelle. Il meurt à Séville au cours de l'épidémie de peste de 1599.

Guerrero a séjourné moins longtemps en Italie que Victoria et Morales. Il a également composé des œuvres profanes en plus grande proportion que ces derniers. Il s'en distingue également par une abondante œuvre instrumentale, en plus d'un nombre considérable d'œuvres vocales sacrées. Comme ses contemporains espagnols, il préfère les textures homophoniques, avec une voix dominante et d'autres qui lui sont subordonnées. Il anticipe l'harmonie fonctionnelle. Ainsi, l'un de ses Magnificat, dont la partition anonyme a été trouvée à Lima, a longtemps été considérée comme une œuvre du xviiie siècle.

Il a composé dix-neuf messes et cent cinquante pièces liturgiques diverses (motets, psaumes, vêpres), ainsi que des chants sacrés et profanes.

Débuts espagnols

par

La cheffe néo-zélandaise Gemma New fait ses débuts ce week-end avec l'Orquesta Nacional de España dans des œuvres d'Henri Dutilleux et de Jean Sibelius.

Gemma New est conseillère artistique et chef d'orchestre principal de l'Orchestre Symphonique de Nouvelle-Zélande et directrice musicale de l'Orchestre Philharmonique de Hamilton au Canada.
Elle est lauréate du Sir Georg Solti Conducting Award 2021.
Au cours de la saison 2023-24, elle fera également ses débuts avec l'Orchestre Philharmonique de Londres, l'Orchestre Symphonique de Chicago, l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles, l'Orchestre Symphonique de Vancouver et l'Orchestre National de France.
Elle a passé quatre saisons en tant que premier chef invité de l'Orchestre Symphonique de Dallas, chef résident de l'Orchestre Symphonique de Saint-Louis et chef associé de l'Orchestre Symphonique du New Jersey.

Le Premio Piero Cappuccilli 2023 à Ludovic Tézier

par

Le baryton français Ludovic Tézier, 55 ans, a reçu le Premio Piero Cappuccilli de la Fondation Cappuccilli, du nom du grand baryton italien Piero Cappuccilli (1929-2005).

Décès de Patricia Janečková

par

La très jeune soprano slovaque Patricia Janečková est décédée dimanche, à l'âge de 25 ans.

On lui avait diagnostiqué un cancer du sein l'année dernière et elle avait interrompu sa carrière.
La soprano est devenue très populaire après avoir remporté le concours télévisé Talentmania en 2010 et avec ses performances sur YouTube.
Elle a été Despina dans Così fan tutte. 

Fabio Luisi met de l'ordre

par

A 64 ans, Fabio Luisi vient de renouveler avec l'Orchestre symphonique de la NHK au Japon jusqu'en 2028 (depuis 2022) et avec l'Orchestre Symphonique National du Danemark jusqu'en 2029 (depuis 2016).
Son contrat avec l'Orchestre Symphonique de Dallas court jusqu'en 2029 (depuis de 2020).

Viktor Kosenko, 85 ans

par

Pianiste, compositeur et enseignant, Viktor Kosenko est né le 23 novembre 1896 à Saint-Pétersbourg et décédé le 3 octobre 1938 à Kiev.
Élève d'A. Michałowski à Varsovie et diplômé du Conservatoire de Petrograd (1918), où il a étudié avec Yosyp Myklashevsky, Kosenko commence à donner des cours au Tekhnikum de musique de Zhytomyr en 1918, à l'Institut de musique et d'art dramatique Lysenko en 1929 et au Conservatoire de Kiev en 1934.
Parallèlement, il donne des concerts de piano dans différentes villes d'Ukraine.

Ses œuvres comprennent une sonate pour violoncelle et piano (1923), un trio classique pour piano, violon et violoncelle (1927), une sonate pour violon et piano (1927), une ouverture héroïque (1932), un poème moldave (1937), un concerto pour piano, trois sonates pour piano, un trio, un concerto pour violon, et une centaine de pièces pour piano, dont 24 pièces pour enfants (1936).

Stanislaw Skrowaczewski, 100 ans

par

Né le 3 octobre 1923  et décédé le 21 février 2017, le chef et compositeur Stanislaw Skrowaczewski était depuis 2015 chef d'orchestre honoraire de la Deutsche Radio Philharmonie (DRP) et il a occupé toute sa vie une place particulière sur la scène musicale internationale.
Au cours de sa longue et brillante carrière, il a dirigé tous les meilleurs orchestres et a eu jusqu'à la fin un emploi du temps très chargé qui l'a conduit en Amérique du Nord, en Europe et au Japon avec des engagements en tant qu'invité.
Il a été chef honoraire du Minnesota Orchestra et du Yomiuri Nippon Symphony Orchestra.
Le professeur Thomas Kleist, directeur général de la SR, a rendu hommage à la longue et exceptionnelle collaboration de Skrowaczewski avec l'orchestre de la Saarländischer Rundfunk : "En tant que spectateur de concerts, c'était toujours pour moi une expérience incroyable de voir avec quelle chaleur et quelle gratitude le maestro était accueilli par le public. La musique d'Anton Bruckner n'a jamais quitté Stanislaw Skrowaczweski durant toute sa vie. Il a travaillé toutes les symphonies de Bruckner et a produit des enregistrements CD qui sont considérés comme des références internationales.

Sa collaboration artistique avec l'Orchestre symphonique de la radio de Sarrebruck a débuté en 1978 et s'est poursuivie avec la même intensité après la fusion en 2007 de l'orchestre avec l'Orchestre de la radio SWR de Kaiserslautern pour former la Deutsche Radio Philharmonie.
Outre des concerts réguliers, il a réalisé un grand nombre de productions CD.
Il a conduit plusieurs fois l'orchestre avec succès en tournée au Japon.
À Sarrebruck, il a dirigé pour la dernière fois la 8e symphonie d'Anton Bruckner le 6 novembre 2015.

Georges Onslow, 170 ans

par

Le compositer français André George Louis Onslow est né à Clermont-Ferrand le et mort dans cette même ville le .

Fils d'Edward Onslow, anglais, et de Marie de Bourdeille, il est baptisé le lendemain en la paroisse Saint-Genès. Il se marie à Paris le 20 juillet 1808 en l'église Notre-Dame-des-Victoires avec Charlotte-Françoise-Delphine de Fontanges (1790-1879). Le couple a trois enfants : Louis-Arthur, Georgine et Henriette. Sa fille Henriette Onslow (1814-1883) épouse Joseph de Pierre (1808-1885), propriétaire du Château d'Aulteribe que le couple a restauré. Le château d'Aulteribe détient une partie des meubles et objets ayant appartenu à George Onslow, dont son piano Pleyel, de 1846, installé dans le grand salon du château. Chaque année, des concerts sont organisés en son honneur.

En 1829, un accident de chasse le laisse sourd de l'oreille gauche. Il évoque sa douleur dans le célèbre quintette dit « de la balle », en quatre mouvements intitulés : « Allegro, douleur, convalescence, guérison. »

Tout en ayant une demeure à la campagne, il conserva toujours ses appartements à Clermont : tout d'abord place Michel-de-l'Hospital (qui s'appelait encore place du Marché-aux-Bois au début du xixe siècle), puis rue Blaise-Pascal, où il décède des suites d'un accident de chasse. Il repose au cimetière des Carmes, à côté de quelques-unes des grandes familles auvergnates. Sur la plaque de sa tombe, on peut lire la phrase d'Hector Berlioz (1829) : « Depuis la mort de Beethoven, il tient le sceptre de la musique instrumentale ».

La musique de George Onslow est rarement à l'affiche des concerts, notamment dans la musique de chambre pour cordes. 36 quatuors et 34 quintettes forment le cœur de son catalogue musical et furent à l'origine de sa renommée partout en Europe et auprès des plus grands interprètes de son temps.

Après la redécouverte qu'en fit Carl de Nys dans les années 1970-80 avec la participation du Quatuor Parrenin, quelques ensembles ont inscrit ponctuellement quelques partitions d'Onslow à leur répertoire (Quatuor Debussy, Quatuor Ruggieri, Quatuor Coull, Quatuor d'Oxford, L'Archibudelli).

Plusieurs ensembles se consacrent à l'œuvre d'Onslow :

  • le Quatuor Mandelring, qui a enregistré plusieurs CD pour le label CPO
  • le Quatuor Ruggieri pour le label Agogique et Aparté et le Salon Romantique qui a enregistré deux CD en quintette à cordes chez Pierre Verany-Arion ainsi que la transcription que George Onslow réalisa pour quatuor à cordes de son opéra Guise ou les États de Blois (chez Lygia Digital)
  • Pierre Franck et François Joël Thiollier ont gravé pour Verany une très belle version des sonates pour violoncelles transcrites à l'alto par l'auteur
  • Emmanuel Jacques (violoncelle) et Maude Gratton (pianoforte) ont gravé l'intégrale des 3 sonates pour violoncelle et piano pour le label Mirare

Le Quatuor Prima Vista fait figure de défenseur de l'œuvre chambriste de George Onslow : cet ensemble d'origine clermontoise a joué Onslow un peu partout en France, mais aussi à Londres, à New-York et Washington, ainsi qu’en Pologne et en Russie. En Auvergne, il s’est produit dans tous les sites onslowiens : Clermont-Ferrand (Chapelle du Bon Pasteur, salon de la Mairie), Château de Chalendrat, église de Pérignat-ès-Allier, Château d'Aulteribe, Mirefleurs, La Roche Noire, et Blesle.
À ce jour, le répertoire onslowien du Quatuor Prima Vista comporte 14 quatuors à cordes, 5 quintettes à cordes et 1 quintette avec piano, ce qui en fait l’ensemble qui a interprété en concert le plus grand nombre de partitions du « Beethoven français » -une expérience que Prima Vista a partagée notamment avec le public de sa saison clermontoise de 1997 à 2010, lors de plusieurs Journées Onslow, et enfin lors des dix éditions du festival des Soirées Onslow dont il est le créateur.

En 2003, à l'occasion du 150e anniversaire de la mort d'Onslow, Serge Collot, ancien altiste du Quatuor Parrenin, s'est associé au Quatuor Prima Vista pour interpréter à plusieurs reprises un programme en quintette, remettant ainsi le flambeau de la redécouverte d'Onslow à une nouvelle génération de musiciens.

Woldemar Bargiel, 195 ans

par

Woldemar Bargiel est un compositeur et pédagogue prussien, né à Berlin le  et mort dans la même ville le .

Son père, Adolph, était un professeur de piano et de chant réputé, et sa mère Mariane avait épousé en premières noces le père de Clara Schumann, Friedrich Wieck. Durant toute leur vie, Woldemar et Clara conservèrent d'excellentes relations ; c'est Clara qui fournit à Woldemar les premières occasions de se faire connaître. Elle le présenta notamment à Robert Schumann et à Felix Mendelssohn.

Après que ses parents lui ont appris le violon, le piano et l’orgue, il travaille le contrepoint avec Siegfried Dehn avant de fréquenter le Conservatoire de Leipzig -de 1846 à 1850- où il étudie le piano avec Ignaz Moscheles, la composition avec Julius Rietz et Niels Wilhelm Gade ainsi que la théorie avec Moritz Hauptmann.

En 1850, il quitte Leipzig pour Berlin, où il survit en donnant des cours particuliers et devient bientôt un professeur et un compositeur reconnu. Avec le soutien de Clara et Robert Schumann, c'est là qu'il fait publier ses premières œuvres, notamment un trio pour piano.

Invité par Ferdinand Hiller à enseigner la théorie musicale au Conservatoire de Cologne à partir de 1859, il est choisi comme maître de chapelle et directeur de l’institut de la Maatschappij tot Bevordering van Toonkunst (Société pour le développement de l’art musical) de Rotterdam, fonctions qu’il assume de 1865 à 1874.
Appelé par son ami Joachim en 1874 au poste de professeur de composition de la Hoschule für Musik de Berlin -où il a entre autres Paul Juon, Alexandre Ilinski et Leopold Godowsky pour élèves-, Bargiel devient aussi membre de l’Akademie der Künste, positions qu’il conserve jusqu’à son décès.

Outre l'enseignement et la composition, il dirigea avec Brahms l'édition des œuvres complètes de Schumann et de Chopin.

L’œuvre de Bargiel, fervent défenseur de Robert Schumann, se distingue par « un excellent traitement -souvent très artistique- de thèmes assez communs, et sa musique de chambre, quoique très agréable, est malheureusement négligée. »

Alessandro Melani, 320 ans

par

Alessandro Melani (4 février 1639 - 3 octobre 1703) était un compositeur italien, frère du compositeur Jacopo Melani et du chanteur castrat Atto Melani.
Avec Bernardo Pasquini et Alessandro Scarlatti, il est l'un des principaux compositeurs actifs à Rome au cours du XVIIe siècle. Il fait également partie de la deuxième école de compositeurs d'opéras romains, qui a débuté avec l'opéra Il Girello (1668) de son frère. Aujourd'hui, on se souvient surtout de lui pour son importante production de musique liturgique, qu'il a écrite alors qu'il occupait divers postes musicaux à Rome. Le grand nombre de motets polychoraux qu'il a produits et les huit oratorios qu'on lui attribue sont particulièrement intéressants. Trois recueils publiés de sa musique liturgique subsistent aujourd'hui, ainsi que de nombreux motets solitaires tirés d'autres volumes publiés. Un certain nombre de manuscrits originaux subsistent également.

Né à Pistoia, Melani commença à chanter à la Cathédrale de Pistoia à l'âge de 11 ans. Il y resta dix ans avant de devenir maestro di cappella à Orvieto en 1663 et à Ferrare en 1665. Il retourne à Pistoia en décembre 1666 pour remplacer son frère comme maestro di cappella de la Cathédrale en juin 1667.
En octobre suivant, il est nommé maestro di cappella de la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Il y reste jusqu'en juillet 1672, date à laquelle il devient maestro à San Luigi dei Francesi, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort, 31 ans plus tard.

Melani était l'un des compositeurs préférés du Cardinal Giulio Rospigliosi (futur Pape Clément IX).
Le conclave papal de 1667 lui commanda un opéra (titre aujourd'hui inconnu) pour le carnaval de 1668. Son opéra suivant, L'empio punito (commandé par Marie Mancini), fut créé au Carnaval un an plus tard et fut notamment le premier opéra sur le thème de Don Juan.
En 1686, il collabore avec Scarlatti et Pasquini à l'opéra Santa Dimna. En 1685, il compose un oratorio, Golia abbattuto, pour le Roi Jean III de Pologne. L'œuvre a été écrite pour célébrer la victoire de la Sainte Ligue sur les Turcs ; il a obtenu la commande grâce aux efforts du Pape Innocent XI. Ceci, ajouté au fait que les neveux d'Alessandro ont été intégrés à la petite noblesse toscane à cette époque, a amené certains chercheurs à supposer que la politique a joué un rôle dans les événements qui ont entouré la commande de 1685.

Melani écrivit un autre oratorio notable en 1690, Lo scisma nel sacerdozio (aujourd'hui perdu), pour Francesco II d'Este. De tous les oratorios qui lui sont attribués, le plus joué est Il fratricidio di Caino.
Il a également bénéficié du patronage de Ferdinand II de Médicis, Grand-Duc de Toscane, et il a été cité parmi les "célèbres professeurs de musique protégés par le Prince de Toscane" en 1695.
Il est mort à Rome à l'âge de 64 ans.