Le Journal

Les adieux de Nina Stemme à Isolde

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Nina Stemme fera ses adieux à Isolde, son rôle iconique depuis un certain Festival de Glyndebourne, à Palerme en mai 2024.
Sur scène, le soprano suédois sera accompagné de son Tristan le plus complice, Stephen Gould et de la vétérane Violeta Urmana.

La renaissance d'Hélène de Montgeroult

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Hélène de Montgeroult (1764-1836) -de Nervo, de son nom de jeune fille-est une des compositrices dont le nom est ressorti dans les dernières années à la faveur du mouvement actuel de valorisation des artistes issus de groupes historiquement marginalisés. Pas que cette Comtesse ait été oubliée : elle est restée dans les annales pour avoir été sauvée de la Terreur grâce à son talent déjà notoire à l’époque, qui lui vaudra d’être engagée dès l’ouverture du Conservatoire avec, fait rare, un traitement salarial égal à celui de ses collègues masculins. Elle tenait également un des plus importants salons musicaux de son temps.

Élève de Clementi et de Dussek pour le piano, et du légendaire Antoine Reicha pour l’écriture, de Montgeroult acquiert un métier (écriture pianistique, harmonie, contrepoint…) qui n’a rien à envier à bien des compositeurs de l’époque. Ses partitions pour piano, notamment son célèbre recueil d’études, loué par Antoine-François Marmontel, futur professeur de Bizet et de Debussy, montrent une connaissance intime du clavier.

En deux, trois ou quatre mouvements, ses sonates, d’une exécution souvent assez exigeante, font la synthèse du XVIIIsiècle musical (Bach, Haendel, Mozart…), tout en témoignant d’un certain préromantisme. On n’atteint certes pas la grandeur des sonates de Mozart ou de Haydn, mais les thèmes sont toujours bien découpés, le traitement formel assuré et les climats habilement évocateurs, le tout enveloppé d’un remarquable sens du chant.

Ses neuf sonates, en trois groupes de trois, ont été publiées entre 1795 et 1807 et ne sont pas moins intéressantes que celles de Clementi qui, pour leur part, ont déjà été l’objet de nombreux disques.
Le premier enregistrement intégral des sonates de Montgeroult a été réalisé en 2021 par le Français Nicolas Horvath sur un Steinway moderne. Celle du Romain Simone El Oufir Pierini se distingue avantageusement par l’utilisation d’un pianoforte d’époque.

A Kassel, 70 minutes intenses

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Les "concerts dans l'obscurité" au Musée de la culture sépulcrale sont déjà une tradition : ils consistent en "70 minutes intenses" au cours desquelles un arc d'œuvres doit être tendu, en partie aussi par mouvements. On découvrira un quatuor à cordes de Guillaume Lekeu d'après l'Évangile de Matthieu, un "geste de romantisme tardif" avec le trio à cordes d'Ysaÿe.

Le pianiste Markus Becker plongera dans les Lieder der Tröstung de Viktor Ullmann, composés dans un camp de concentration qui prendront un accent de guérison, "ce sont des chants très fins avec un beau texte".

La violoniste Tianwa Yang partagera avec la soprano Caroline Melzer son enthousiasme pour la nouvelle contemporaine.

Le jeune ensemble Frau Musika emporte Vivaldi en tournée.

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La cinquième production de Frau Musika, orchestre international "under 30" construit sur des instruments originaux et né l'an dernier d'une idée d'Andrea Marcon, est entièrement dédiée au génie d'Antonio Vivaldi et à ses "Concerti con molti instromenti".

Pour la tournée de quatre jours en Vénétie prévue à la mi-septembre,  Marcon, à la tête de son jeune ensemble, a sélectionné huit des précieuses pages de Vivaldi qui ont été mises au jour entre le milieu des années 1810 et le début des années 1930. Tous les Concerti au programme reflètent pleinement la définition "con molti instromenti", grâce à la richesse de l'ensemble, à la variété des instruments solistes, à l'exubérance, à l'imagination et aux contrastes rythmiques qui les caractérisent.

Marcon et ses jeunes musiciens emmèneront en tournée les Concertos en sol mineur RV 577 pour paires de violons, flûtes, hautbois et bassons,  RV439 "La notte" pour flûte traversière, cordes et basse continue, RV 531 pour deux violoncelles et RV 576 pour violon et hautbois. S'y ajoutent les deux concertos en fa majeur (RV 538 pour deux cors et RV 569 pour violon, basson et paires de hautbois et cors), le Concerto en si mineur pour quatre violons et violoncelle, et enfin le Concerto en do majeur RV 443 pour piccolo, cordes et basse continue.

Une épreuve exigeante pour les musiciens qui font partie du projet de formation artistique conçu par Marcon et rendu possible par le mécénat de la Fondazione Cariverona à travers l'instrument art bonus.

L'ensemble Frau Musika a été créé en 2022 dans le cadre d'un projet de formation artistique innovant conçu par Andrea Marcon et mis en œuvre par l'Orchestre du Teatro Olimpico de Vicence. Les jeunes maîtres d'orchestre, sélectionnés au niveau international parmi les meilleurs musiciens de moins de 30 ans spécialisés dans le répertoire ancien, participent à une formation avancée et à une étude approfondie de la pratique de l'interprétation avec des instruments originaux. À la Villa San Fermo de Lonigo, où se déroulent les activités de formation, les musiciens suivent les enseignements de Marcon et d'une équipe de maestros qualifiés qui jouent régulièrement comme premières parties dans les ensembles baroques Venice Baroque Orchestra et La Cetra Basel.

L'Opéra National grec annonce le programme de l'anniversaire de la Callas

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On en sait désormais un peu plus  sur l'hommage que l'Opéra National d'Athènes rendra à Maria Callas à l'occasion de son centenaire : un gala d'opéra, une exposition et un film documentaire, entre autres événements.

Le gala aura lieu le 16 septembre, date anniversaire de la mort de Maria Callas en 1977.
L'exposition "Unboxing Callas - An archival exploration of the Pyromallis Collection and the GNO Archive"  sera inaugurée le 26 novembre.

Le film documentaire " Maria, Mariana, Maria - The Unsung Greek Years of Callas " de Vasilis Louras sera projeté en avant-première le 2 décembre.

Le directeur artistique de l'Opéra national grec, Giorgos Koumendakis, déclare : Avec ce programme du GNO, présenté à l'occasion du centenaire de Maria Callas, nous espérons mettre en lumière ses liens avec notre maison d'opéra, mais aussi rapprocher les jeunes générations de la légendaire Callas, exemple brillant de talent et de travail acharné, de dévouement, d'impeccabilité et de brillance."

(d'après Pizzicato)

Peter Otto, de Cleveland à Nashville

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L'Orchestre Symphonique de Nashville a nommé Peter Otto au poste de violon solo, à partir de janvier.
Peter Otto, né en Allemagne, a été premier violon solo par intérim de l'Orchestre de Cleveland de 2018 à 2022.

Gian Francesco Malipiero, 50 ans

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Le compositeur italien, musicologue et éditeur de musique Gian Francesco Malipiero est né à Venise le Trévise 

Petit-fils du compositeur d'opéra Francesco Malipiero (1824-1887), Gian Francesco Malipiero connaît une enfance agitée : ses parents se séparent en 1893 et son père Luigi, pianiste et chef d'orchestre, l'emmène avec lui à Trieste, Berlin et Vienne.
Malipiero étudie au Conservatoire de Vienne en 1898 avant de retourner chez sa mère à Venise en 1899.

Il entre alors au Liceo Musicale et apprend le contrepoint avec Marco Enrico Bossi. Lorsque ce dernier s'installe à Bologne en 1902, Malipiero étudie seul. Il découvre et transcrit les compositeurs baroques italiens, alors complètement tombés dans l'oubli, notamment Claudio Monteverdi et Girolamo Frescobaldi. Cette découverte va transformer sa vie. Lorsqu'il rejoindra Bossi à Bologne en 1904, sa technique d'écriture sera suffisamment achevée pour qu'il obtienne le diplôme du Liceo Musicale de Bologne. Malipiero devient alors l'assistant du compositeur aveugle Antonio Smareglia.

Malipiero assiste à la première du Sacre du printemps à Paris en 1913, juste après avoir fait la connaissance d'Alfredo Casella. Il en est bouleversé et dira qu'il avait eu l'impression de sortir d'une longue léthargie. Malipiero acquiert la notoriété en remportant quatre des cinq prix de composition d'un concours organisé par l’Accademia di Santa Cecilia à Rome à laquelle il soumet cinq compositions sous cinq pseudonymes différents.

En 1923, Malipiero se joint à Alfredo Casella et Gabriele D'Annunzio qui créent la Corporazione delle Nuove Musiche. Dans l'Italie fasciste, il est en bons termes avec Mussolini jusqu'à ce qu'il mette en musique le livret de Luigi Pirandello La favola del figlio cambiato, ce qui lui vaudra la condamnation des fascistes.

Installé dans la petite ville d'Asolo en 1921, Malipiero poursuit son grand œuvre éditorial entre 1926 et 1942, l'édition complète des œuvres de Monteverdi.
En 1932, il est nommé professeur de composition au Liceo Musicale de Venise (qui deviendra conservatoire en 1940 sous le nom de Conservatoire Benedetto Marcello de Venise). Il en sera le directeur de 1939 à sa retraite en 1952.

Jerome Moross, 110 ans

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Après sa formation, il s'illustre dans quatre secteurs :

  • Au cinéma, il est d'abord arrangeur et orchestrateur, dans les années 1940, de nombreuses partitions écrites par des confrères (ainsi, Honni soit qui mal y pense (1947) ou Jeanne d'Arc (1948), avant de composer lui-même les musiques de seize films entre 1948 et 1969, dont plusieurs westerns. Sa musique de film la plus connue est sans doute celle pour Les Grands Espaces (1958), d'une grande ampleur symphonique.
  • Pour la télévision, il compose plusieurs thèmes de séries, entre 1960 et 1967, notamment Gunsmoke (1961) et La Grande Caravane (1963-1964).
  • Pour le théâtre, à Broadway, il écrit en 1935, conjointement avec Hanns Eisler et Alex North, la partition d'une "pièce avec musique" de Bertolt Brecht, Mother, interprétée entre autres par Lee J. Cobb. Puis il compose seul les musiques de comédies musicales, Ballet Ballads (comprenant trois pièces d'un acte) en 1948, et The Golden Apple en 1954, toujours pour Broadway.
  • Enfin, il est l'auteur de plusieurs œuvres "classiques", dont des musiques de ballets (Paul Bunyan, an American Saga (1935), Frankie and Johnny  (1938), une symphonie (1942), créée l'année suivante par Thomas Beecham, un opéra (Sorry, wrong Number en 1977), un Quintette avec piano en 1964, un Concerto pour flûte et orchestre à cordes (ou pour flûte et quatuor à cordes) en 1978, ou encore une Biguine pour orchestre en 1934 (liste non exhaustive)

Hans Rott, 165 ans

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Le compositeur autrichien Hans Rott est né le 1er août 1858 à Vienne et mort dans cette même ville le .
Il est souvent comparé à Anton Bruckner et Gustav Mahler. Il y a un regain d'intérêt pour ses œuvres et le nom de Hans Rott ressurgit peu à peu de l'oubli.

Hans Rott est issu de l'union entre Karl-Matthias Rott et la chanteuse et comédienne Maria-Rosalia Lutz. Au cours de sa scolarité, Hans Rott révèle des dispositions musicales qui le conduisent à s'inscrire au Conservatoire de Vienne de 1874 à 1877. Il y étudie l'harmonie avec Hermann Graedener, le piano avec Leopold Landskron et l'orgue avec le compositeur Anton Bruckner qui l'estime beaucoup. Pendant ses études musicales au Conservatoire de Vienne, il se lia d'amitié avec Hugo Wolf et Gustav Mahler, avec qui il partagea une chambre. Outre l'influence de Bruckner, Rott découvre l'œuvre de Richard Wagner au Festival de Bayreuth de 1876.

Au conservatoire, Hans Rott compose intensément avant de composer une Symphonie en mi majeur (1878-80) qui impressionne par sa maîtrise orchestrale et ses qualités mélodiques autant que par ses citations wagnériennes à peine dissimulées. Bien qu’encouragé par Bruckner, Rott échoue à la faire jouer par Hans Richter, puis la soumet au jugement de Johannes Brahms, Eduard Hanslick et Karl Goldmark afin de pouvoir bénéficier d’une bourse d’État. Nouvel échec, car Brahms voit dans la symphonie autant de  belles choses que d’éléments banals ou dépourvus de sens .

Dès lors la santé mentale de Rott se détériore rapidement, et le drame se produit dans un train qui mène le jeune compositeur à Mulhouse où l’attend une place de chef de chœur. Indisposé par un voyageur qui allume son cigare, Rott le menace de son revolver puis affirme que Brahms a rempli le train de dynamite ! Aussitôt interné à l’hôpital psychiatrique de Vienne, il décède de la tuberculose (ou d'un cancer des poumons ; son acte de décès mentionne : Lungenkrank, maladie des poumons) quatre ans plus tard, après plusieurs tentatives de suicide et sans avoir plus écrit une seule note de musique.

Pendant près de cent ans, le nom et l’œuvre de Rott tombèrent dans l’oubli, avant la (re)découverte de la Symphonie en mi majeur dans les archives de la Bibliothèque nationale autrichienne à la fin des années 1980 par le musicologue Paul Banks.

À propos de Rott, Mahler aurait déclaré :

 Ce que la musique a perdu avec lui est incommensurable : son génie s'envole tellement haut, déjà dans sa première symphonie, qu'il a écrite lorsqu'il était un jeune homme de vingt ans et qui fait de lui - le mot n'est pas trop fort - le fondateur de la symphonie nouvelle, comme je la comprends. Mais ce qu'il voulait n'est pas encore atteint véritablement. C'est comme si quelqu'un lançait quelque chose de toutes ses forces mais, parce qu’il est encore maladroit, n’atteint pas vraiment son but. Mais je sais où il voulait arriver. Oui, il est si proche de ce qui m’est le plus personnel que lui et moi apparaissons comme deux fruits du même arbre, issus du même sol, nourris du même air. J’aurais pu retirer énormément de lui et peut-être aurions-nous, ensemble, d’une certaine manière exploité à fond le contenu de ces temps nouveaux qui étaient en train d’éclore pour la musique.

Hans Rott s'inscrit dans la lignée des grands symphonistes germaniques tels que Bruckner, Brahms et Schumann. Mais sa principale source d'inspiration se trouve dans l'œuvre de Wagner. En effet, nous pouvons retrouver dans le langage du jeune compositeur autrichien (Notamment dans son Ouverture pour Jules César et même dans sa Symphonie) de fortes réminiscences wagnériennes. Rott fait ainsi partie d'une génération, avec Wolf et Mahler, que l'on pourrait qualifier d'avant-garde viennoise, dont les préceptes sont hérités de la Nouvelle École allemande de Liszt, Wagner et Bruckner. Cette génération jette ainsi un pont entre le romantisme et le modernisme.

Malheureusement, Hans Rott ne put avoir une influence directe sur l'évolution du langage musical. Mais ses œuvres peuvent être considérées comme le chaînon manquant entre les symphonies de Bruckner et celles de Mahler, notamment dans sa remarquable Première Symphonie, où l'on remarque que son langage évolue d'un lyrisme wagnérien à un modernisme mahlérien tout en passant par des chorals brucknériens. Mais le langage de Rott annonce par moments les œuvres de Max Reger, en atteste son Prélude pastoral. Ainsi, malgré sa courte existence, Hans Rott peut être considéré comme un compositeur d'assez grande importance dans le courant progressiste germanique à l'instar d'un Wolf ou d'un Mahler.

Après la redécouverte des œuvres de Hans Rott, une polémique naquit au sein de nombreux cercles d'experts du fait des ressemblances troublantes avec les premières œuvres de Gustav Mahler. Ainsi, ce dernier fut accusé de plagiat notamment à cause des similitudes du Scherzo de la "Titan" avec celui de la Première Symphonie de Rott ou encore de l'apparition de plusieurs thèmes de son condisciple dans ses Symphonies n°1 et 2. Mais cette polémique est atténuée par le fait que plusieurs experts se sont souvenus du Klagende Lied, qui fut antérieur à la Symphonie de Hans Rott et qui comporte beaucoup plus d'éléments mahlériens que cette dernière. Cependant, Mahler considérait Rott comme "le père de la Symphonie nouvelle", il n'est donc pas exclu qu'il se soit inspiré du travail de son ancien camarade.

Une ovation exceptionnelle

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La soprano Anna Pirozzi, qui dirigeait la deuxième distribution d'Aïda aux Arènes de Vérone, a été applaudie jusqu'à son hôtel, portant ses bouquets à travers la ville...