Le violoniste américain Ruggiero Ricci (24 juillet 1918-5 août 2012) était connu pour ses performances et ses enregistrements des œuvres de Paganini.
Il est né à San Bruno, en Californie, fils d'immigrants italiens qui l'ont d'abord nommé Woodrow Wilson Rich. Son frère était le violoncelliste George Ricci (1923-2010), initialement nommé George Washington Rich. Sa sœur Emma a joué du violon avec le New York Metropolitan Opera. Son père lui a d'abord appris à jouer du violon. À sept ans, Ricci a étudié avec Louis Persinger et Elizabeth Lackey. Persinger deviendrait son accompagnateur au piano pour de nombreux récitals et enregistrements.
Ricci donne sa première représentation publique en 1928 à l'âge de 10 ans à San Francisco où il interprète des œuvres de Wieniawski et Vieuxtemps. Il a acquis la réputation d'être un enfant prodige. À l'âge de 11 ans, il a donné son premier concert avec orchestre, jouant le Concerto de Mendelssohn, et peu de temps après, il a fait ses débuts très réussis au Carnegie Hall.
Dans les années 1930, Ricci étudie à Berlin avec Georg Kulenkampff, où il apprend un "style allemand" de jeu dans la tradition d'Adolf Busch. Il a également étudié avec Mishel Piastro et Paul Stassevich .
Il a servi dans l'armée américaine de 1942 à 1945, où il était un "spécialiste du divertissement".
En 1947, Ricci est le premier violoniste à enregistrer l'intégrale des 24 Caprices, op. 1 de Paganini, dans leur forme originale. Le premier enregistrement de Ricci était sur le label Decca. Après son passage dans l'armée, il découvre de nombreuses pièces de compositeurs du XIXe siècle qu'il interprètera en solo. En 1993, il enregistre les Œuvres complètes pour violon et orchestre de Saint-Saëns. Il a également interprété les premières mondiales de pièces de nombreux compositeurs contemporains, dont les concertos pour violon de Gottfried von Einem, Carlos Veerhoff et Alberto Ginastera.
En plus d'avoir donné plus de 6 000 concerts dans 65 pays au cours de ses 70 ans de carrière solo, Ricci a également réalisé plus de 500 enregistrements, sur tous les grands labels. Il a enseigné le violon à l'Université de l'Indiana, à la Juilliard School et à l'Université du Michigan. Il a également enseigné à l'Université Mozarteum de Salzbourg, en Autriche. Ricci a donné des master classes aux États-Unis et en Europe. Il a écrit "Left Hand Technique", un volume pédagogique pour violon publié par G. Schirmer. Le volume persan de ce livre est également publié par Mohsen Kazemian, Iran.
Ricci possédait de nombreux instruments précieux, dont le Guarneri Del Gesù connu sous le nom d'ex-Bronisław Huberman de 1734, un Storioni, un Luiz Bellini, un Curtin & Alf, un David Bague et un couple de Regazzi. Il a joué, le 18 septembre 1997, son quatrième enregistrement des Paganini Caprices sur le propre Guarneri de Paganini, Il Cannone, prêté par la ville de Gênes, en Italie.
Ricci est décédé d'une insuffisance cardiaque en août 2012 à son domicile de Palm Springs, en Californie, à l'âge de 94 ans.
Le harpiste et compositeur belge Dieudonné-Félix Godefroid est né à Namur le et mort à Villers-sur-Mer le
Son père, ruiné dans l'exploitation d'une salle de spectacle, quitte la Belgique pour s'installer à Boulogne-sur-Mer où il fonde une école de musique. En 1832, Félix suit des cours de harpe au Conservatoire de Paris. Convaincu par la harpe à double mouvement que Sébastien Érard avait brevetée en 1811, il décide de quitter le Conservatoire et de se perfectionner dans ce domaine. En 1839, il entame une brillante carrière de soliste à travers l'Europe et le Proche-Orient. Le jeune virtuose entreprend une série de tournées qui le mèneront notamment dans les pays de l’Est, en Allemagne, Angleterre, Belgique, Hollande et Espagne. En 1847, il s’installe à Paris et se décide enfin à y débuter avec un succès important à la clef.
Il est le professeur de la harpiste Clotilde Cerdà, connue sous le nom d'Esmeralda Cervantes, et a également donné des cours à la Reine Isabel II d'Espagne.
Il est l'auteur de pièces pour la harpe et pour le piano, instrument dont il était également virtuose, ainsi que de messes et de deux opéras, La Harpe d'or et La Fille de Saül. Sa méthode Mes exercices pour la harpe fut utilisée par plusieurs générations de harpistes.
Félix Godefroid garde contact avec ses racines namuroises par l'entremise de Félicien Rops, qui dessine son portrait en août 1856.
Son frère aîné Jules-Joseph (1811-1840) fut également harpiste et compositeur.
Il est enterré au cimetière ancien de Puteaux (Hauts-de-Seine).
Le compositeur français Adolphe-Charles Adam est né le à Paris, et mort dans la même ville le .
Son père, Jean-Louis Adam était un pianiste et compositeur alsacien, professeur de piano au Conservatoire de musique à Paris, sa mère, Élisabeth-Charlotte-Jeanne (dite Élisa) Coste, la fille d'un médecin. Mauvais élève, Adam désertait les cours avec un cancre de la même envergure, Eugène Sue.
Après avoir commencé à étudier la musique en cachette de son père, il entra à l'École royale de musique et de déclamation en 1817, fut élève de François-Adrien Boieldieu mais n'hésita pas à user de subterfuges pour se faire connaître : il travaillait le soir à l'orchestre du Gymnase, allant jusqu'à reverser ses cachets à ceux qui acceptaient de se faire remplacer et écrivait des chansons et musiques de circonstance pour autrui. Malgré ces facéties, il acquit assez de métier pour devenir lauréat du second prix de Rome en 1825.
Adolphe Adam choisit la carrière qui conduisait alors le plus sûrement à la renommée et à la fortune : celle de compositeur lyrique. Son maître, Boieldieu, l'orienta vers l'opéra-comique, genre alors en pleine mutation. En 1834, il connut son premier succès important, avec son opéra-comique Le Chalet, considéré depuis comme le point de départ de l'opérette à la française, et qui influença Offenbach à ses débuts.
En 1836, l'opéra-comique Le Postillon de Lonjumeau obtint un succès phénoménal qui gagna l'Europe, même si l'ouvrage se joue de moins en moins aujourd'hui. Peu à peu, la renommée d'Adam s'accrut. Les critiques élogieuses du Brasseur de Preston parvinrent aux oreilles du Tsar Nicolas Ier et Adam gagna Saint-Pétersbourg en 1839, où il fut accueilli par son propre ballet La Fille du Danube. Il composa alors un nouveau ballet, L'Écumeur des mers (Morskoï Rasbonick). Considéré comme le digne successeur de Boieldieu, qui fut maître de chapelle à Saint-Pétersbourg, il se vit proposer la même fonction, mais la déclina.
Il composa une Marche funèbre pour le retour des cendres de l'Empereur Napoléon Ier et leur inhumation aux Invalides le .
1841 vit la naissance du succès le plus durable d'Adolphe Adam, son ballet Giselle, ou les Wilis, sur un livret de Théophile Gautier, inspiré d'un poème extrait de De l'Allemagne de Heinrich Heine.
En 1844, il fut nommé membre de l'Académie des Beaux-Arts en composition musicale. En 1845, il obtint à nouveau un grand succès avec son ballet Le Diable à quatre.
En 1847, à la suite d'une dispute avec la direction de l'Opéra-Comique, il fut l'instigateur de la création du Théâtre-National, installé dans la salle du Cirque-Olympique ; ce théâtre avait pour premier but, fort louable, d'accueillir les jeunes compositeurs ne parvenant pas à faire jouer leurs ouvrages ailleurs. Le premier à en bénéficier fut Louis-Aimé Maillart, dont l'opéra Gastibelza ouvrit le premier rideau de cette nouvelle scène lyrique (seul son opéra-comique Les Dragons de Villars est aujourd'hui connu). Mais la révolution ruina cette tentative : le Théâtre-National fut fermé en 1848 et, afin d'apurer les dettes, Adam dut trouver d'autres sources de revenus et se mit à écrire des articles.
L'année suivante, il succéda à son père comme professeur de piano au Conservatoire de musique et de déclamation. Les trois derniers succès notoires d'Adolphe Adam furent les opéras-comiques Le Toréador en 1849 (l'air de bravoure Ah ! Vous dirai-je, Maman ? est toujours en vogue auprès des sopranos coloratures) et Si j'étais roi en 1852 et le ballet Le Corsaire en 1856. Bien qu'Adam ne fût plus endetté à partir de 1853, il continua d'écrire ses articles jusqu'à sa mort, survenue quelques jours après la création aux Bouffes-Parisiens de son opérette, Les Pantins de Violette.
Adolphe Adam épousa en 1829 l'actrice Sara Lescot, avec laquelle il eut un fils, Adrien-Léopold Adam (1832-1851). À la mort de sa femme en 1851, il épousa Chérie-Louise Couraud, auprès de laquelle il vécut jusqu'à sa mort.
À Paris, une rue est baptisée Rue Adolphe-Adam en 1864. Elle a été ouverte lors des travaux commencés en 1854 pour l'aménagement de la place du Châtelet et de ses abords. Elle se situe dans le IVe arrondissement, juste derrière le Théâtre de la Ville (ex-théâtre Sarah-Bernhardt), commençant au 14 quai de Gesvres, finissant au 13 avenue Victoria.
À Longjumeau, le théâtre municipal est baptisé "Théâtre Adolphe Adam". De plus, un ensemble statuaire est érigé place de la Mairie : il comporte un buste du compositeur surplombant la liste de ses principaux ouvrages et une statue symbolique du fameux Postillon.
La majorité des œuvres d'Adam n'eurent qu'un succès éphémère, notamment ses nombreuses chansons, pièces pour piano, cantates scéniques et autres œuvres vocales profanes et sacrées. Il réalisa également des arrangements et orchestrations d'œuvres d'autres compositeurs (Grétry, Monsigny, Dalayrac), parfois à la demande de Louis-Philippe lui-même. Si le Cantique de Noël, sur des paroles de Placide Cappeau, demeure célèbre aujourd'hui sous le titre de « Minuit, Chrétiens », Adam, peu attaché à la religion, ne semble pas y avoir accordé une grande importance, car il n'en dit pas un mot dans ses deux volumes de souvenirs.
Adam doit avant tout sa notoriété à ses compositions lyriques, dont quarante-six opéras ou opéras-comiques, quatorze ballets et de nombreuses opérettes et vaudevilles. Pour l'Opéra de Paris, il composa Richard en Palestine, La Bouquetière et Le Fanal, qui ne remportèrent pas un grand succès. Ses opéras les plus célèbres sont Le Roi d'Yvetot, Giralda ou la Nouvelle Psyché, Si j'étais roi, Le Chalet (son œuvre la plus populaire en France et à propos de laquelle Boieldieu écrivit « Je voudrais que cette musique fût de moi ») et Le Postillon de Lonjumeau. Cette dernière œuvre conserve un indéniable engouement en Allemagne sous le titre Der Postillon von Lonjumeau, fut souvent copiée mais pas toujours avec bonheur : en Italie, Il Postiglione di Lonjumeau de Pietro Antonio Coppola fut un four et dut être retiré dès le troisième soir ; à Madrid, la zarzuela de Cristobal Oudrid, El Postillon de la Rioja, n'obtint qu'un succès d'estime.
Parmi ses quatorze ballets, (en réalité 13 + 1, puisque "Les Hamadryades", de 1840, est un opéra-ballet), La Fille duDanube (1836) eut son heure de gloire ; néanmoins, les plus connus sont Le Diable à quatre, La Jolie Fille de Gand, La Filleule des fées, Le Corsaire et surtout Giselle, ou les Wilis (1841), qui met en scène les amours malheureuses de la jeune paysanne Giselle et du Duc Albrecht. Musicalement, Giselle introduit le principe, encore timide mais bien réel, du leitmotiv. C'est le premier ballet à établir et maintenir une ambiance, une atmosphère, dégageant la partition de son rôle unique jusqu'alors de « fournisseuse de rythmes fonctionnels », comme l'étaient La Sylphide de Jean Schneitzhoeffer, Don Quichotte ainsi que La Bayadère de Léon Minkus, La Fille du Pharaon ou le Pas de quatre de Cesare Pugni.
Par leurs qualités, les ballets d'Adam amorcent le renouveau de la musique de ballet où brilleront plus tard Léo Delibes, Édouard Lalo, André Messager et tant d'autres. Tchaïkovski lui-même relisait toujours la partition de Giselle avant d'écrire un nouveau ballet et disait de cette œuvre : « C'est un bijou, poétique, musical et chorégraphique ». Camille Saint-Saëns, quant à lui, déclarait au sujet de Giselle : « Qu'a donc fait Adam dans Giselle ? Non seulement il a fait la musique la plus symphonique qu'il a pu, mais il a donné dans ce qu'on est convenu d'appeler la musique savante, n'ayant pas hésité à faire danser les Wilis sur une fugue ! Il a su écrire aussi dans Giselle de vrais airs de danse ». Plus loin, dans le même ouvrage : « C'est dans ses ballets, où n'ayant pas de modèles, n'étant pas préoccupé d'imiter Auber ou Rossini, qu'Adam a été créateur et a donné toute sa mesure. Il est vraiment étrange que ce mélodiste de profession n'ait complètement réussi que dans la “symphonie” ; car le ballet, c'est la symphonie qui s'amuse, mais c'est toujours la symphonie, et les ballets d'Adam sont des chefs-d'œuvre. [...] Y avait-il donc, dans cet ennemi de la musique sérieuse et de la symphonie, un symphoniste qui s'ignorait ? Le plus célèbre de ses ballets, Giselle, est un pur chef-d'œuvre. Je l'ai vu, dans ma première jeunesse, alors qu'on l'exécutait avec foi, “avec conviction”. L'effet en était surprenant ; les larmes montaient aux yeux quand Giselle, à la fin, disparaissait peu à peu dans les herbes, sous les yeux de son amant. (...) L'instrumentation en est originale, colorée, merveilleuse. »
En revanche, Richard Wagner, jeune critique alors inconnu, se borna lors de la création de Giselle à railler la frivolité des Français si amateurs de ballet …
Le centre d'art de Stuk Leuven recevra 225.000 euros supplémentaires chacune des cinq prochaines années pour des activités liées au patrimoine de la danse. Ainsi, l'œuvre de Rosas, Ultima Vez et Les Ballets C de la B, entre autres, reste vivante.
La danse contemporaine flamande est très appréciée à l'échelle internationale. La génération qui a ouvert la voie dans les années 1980 a laissé son empreinte. Des chorégraphes comme Anne Teresa De Keersmaeker, Wim Vandekeybus, Marc Vanrunxt, Alain Platel, Meg Stuart et Sidi Larbi Cherkaoui ont construit une œuvre impressionnante avec leurs compagnies. Afin de maintenir et de transmettre ce répertoire, le centre d'art de Louvain Stuk met en place une opération sur le patrimoine immatériel de la danse.
Après des années à proposer une large programmation pluridisciplinaire, le centre d'art s'est spécialisé en 2015 en tant que maison de la danse, de l'image et du son.
Il ne s'agit par d'ériger un mausolée pour cette génération dorée. Nous voulons activement transmettre leur travail. C'est pourquoi nous voulons également impliquer les jeunes générations, comme Jan Martens et Alexander Vantournhout. En situant leur travail dans la lignée des pionniers, nous pouvons contribuer à l'ancrer.
À la fin de ces cinq premières années, Louvain espère mettre en service un site ambitieux pour les arts de la scène . Il pourrait devenir un centre d'expertise, d'étude et d'expérience de la danse. Une série de performances à long terme pourrait être complétée par une exposition ou un cours d'expérience avec les nouvelles technologies.
Fille de l’illustre Giulio, la Florentine a laissé des madrigaux aux lignes raffinées et un opéra pour voix virtuoses.
Pouvait-elle seulement imaginer échapper à son destin, Francesca Caccini (1587- env. 1645), fille de l’illustre Giulio ? Elle qui a côtoyé dès sa petite enfance l’homme par qui l’opéra prononça ses premiers balbutiements et par qui le «stile nuovo» -un chant épuré, monodique, au plus près des affects, accompagné de quelques instruments- a vu le jour ? La Florentine s’est inscrite dans le sillon musical du géniteur, en s’initiant avec sa sœur aux arts de la voix, du luth, du théorbe et d’autres instruments encore.
Puis, elle joue pour le Grand-Duché de Toscane et à la Cour d’Henri IV à Paris, où elle fait fort impression. Quant à la composition, on la retrouve dans le registre intimiste du madrigal, profane et sacré, pour voix seule et basse continue. Une autre partie, très consistante, de son travail est consacrée à la scène: elle collabore alors avec des poètes et librettistes de renom comme Michelangelo Buonarroti, Ferdinando Saracinelli ou Jacopo Cicognini pour des comédies et des ballets aujourd’hui perdus.
Un seul opéra nous est parvenu, La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina et avec lui, un recueil imposant de pièces pour une ou deux voix d’un grand raffinement.
(d'après la Tribune de Genève)
L'Autriche met "My Fair Lady" en pause après 650 représentations
Après la première représentation le 30 octobre 1965, le succès au box-office fut au programme plus de 650 fois dans trois productions différentes. La première représentation a été dirigée par Karl-Heinz Hanicke, explique le premier chef d'orchestre Christian Garbosnik (59 ans). La jeune Marita Böhme (aujourd'hui âgée de 84 ans) jouait alors Eliza. Mon père lui a donné des cours de chant, raconte le fils du chef d'orchestre Uwe Hanicke (63 ans).
Il y a encore la réduction originale pour piano. Jusqu'en 1978, elle a brillé dans 400 représentations aux côtés de Peter Herden (†2013) dans le rôle du professeur Higgins.
Puis elle a poursuivi avec succès.
Johann Vesque von Püttlingen (pseudonyme Johann Hoven), né J. Vesque de Puttelange le 23 juillet 1803 et décédé 29 octobre 1883, était un avocat, diplomate, auteur, compositeur et chanteur autrichien. Son nom complet et son titre en allemand étaient Johann Vesque, Freiherr von Püttlingen.
Il est né au palais Lubomirski (pl:Pałac Lubomirskich) à Opole Lubelskie (à l'époque situé en Galice occidentale, une province du Saint Empire romain germanique dans l'est de la Pologne, maintenant dans la voïvodie de Lublin).
Son père, Jean Vesque de Puttelange, né à Bruxelles, était fonctionnaire de l'État à Bruxelles, à l'époque dans le Duché de Brabant, une région des Pays-Bas autrichiens, eux-mêmes faisant partie du Saint Empire romain germanique.
Jean Vesque dut partir précipitamment après l'invasion française des Pays-Bas en 1793, mais il se trouva banni (avec les autres fonctionnaires belges de la défunte administration bruxelloise) de Vienne où il y avait déjà assez de fonctionnaires. Ayant rejeté une offre française de citoyenneté de la nouvelle grande France -comprenant désormais le sud de la Belgique et le Luxembourg- ses biens ont été confisqués et il s'est retrouvé apatride.
Après de nombreuses années d'errance en Europe, souvent à pied, Jean Vesque obtient un poste vers 1801 au palais du prince Alexandre Lubomirsky à Opole Lubomirskie, où il travaille comme bibliothécaire et tuteur de sa fille Alexandra Francis Lubomirska, et où son fils, également Johann Vesque (plus tard von Püttlingen), est né en 1803. La Galice occidentale était récemment passée sous le contrôle des Habsbourg après la troisième partition de la Pologne en 1795.
L'interdiction faite aux fonctionnaires austro-belges de s'installer à Vienne a été levée l'année suivante, 1804, et la famille a déménagé à Vienne. La vie ultérieure de l'enfant Johann Vesque se divise en deux carrières entrelacées, celle de fonctionnaire du gouvernement et celle de compositeur.
Le juriste
Après ses études -y compris une formation musicale- il entra à l'Université de Vienne en 1822 pour étudier le droit, obtenant son LLD (Dr. jur.) avec mention en 1827. Il devint ensuite fonctionnaire, entrant dans le service juridique (ou magistrature) de Basse-Autriche en tant qu '"Auscultant" ou stagiaire (Anwärter auf das Richteramt), devenant le directeur administratif de Salzbourg en 1872. Il a rejoint le service diplomatique autrichien, chef de section au ministère des Affaires étrangères et, en 1866, il est élevé à la baronnie (Freiherrenstand). En 1876, il devint conseiller privé du Conseil impérial.
Il était l'un des principaux avocats d'Autriche et il était actif aussi en tant qu'écrivain dans ce domaine : il a notamment publié un ouvrage novateur sur "Les droits de l'auteur musical" (1864), une description de la loi relative aux citoyens étrangers en Autriche, et un examen des accords de l'Autriche avec des États étrangers.
Le compositeur
A 13 ans, il avait commencé des cours de piano avec Maximilian Josef Leidesdorf, un pianiste bien connu qui était un ami (et éditeur) de Schubert et de Beethoven. Il étudie la composition avec Eduard von Lannoy, qui vient de Bruxelles comme le père de Johann, Jean Vesque ; il fit la connaissance de Schubert en 1827-1828 et, par son intermédiaire, prit des cours de chant avec le célèbre baryton Johann Vogl. Le critique Eduard Hanslick a décrit sa voix de ténor bien entraînée: Le ton spirituel, légèrement accentué, presque français" respirant ", que Vesque -en particulier dans son récit de ses lieder humoristiques- était conscient de mettre, était tout à fait unique.
À partir de 1828, il publie un certain nombre de ses propres compositions sous le nom de 'J. Hoven', ou plus tard 'Johann van Hoven'. dont beaucoup -comme le reste de son œuvre- étaient des contributions au répertoire vocal lyrique ; plus de 100 de ses Lieder étaient des arrangements de Heinrich Heine. Au total, il composa plus de 330 Lieder, notamment les Ironischen Lieder ; six opéras, dont Turandot (1838)[7] et Jeanne d'Arc (1840) ; et une vingtaine de quatuors, tant sacrés que profanes.
Parmi ses contacts figuraient Robert et Clara Schumann, Hector Berlioz, Franz Liszt, Carl Loewe, Giacomo Meyerbeer, Felix Mendelssohn et Otto Nicolai.
Quatre de ses six opéras furent montés avec succès au Kärntnertortheater : Turandot (1838), Johanna d'Arc (1840), Liebeszauber (1845), Ein Abenteuer Carl des Zweiten (1850). Il contribua à la reconstruction de la Gesellschaft der Musikfreunde menacée, et en fut le vice-président 1851-52, tout en poursuivant la construction du Conservatoire du GdM qu'il dirigea. Il organise des représentations des oratorios de Mendelssohn à Vienne et dirige les festivals de musique de l'École royale d'équitation espagnole d'hiver. Il a été membre de la Commission royale pour l'Exposition universelle de 1873.
Le compositeur français Georges Auric est né le à Lodève (Hérault) et mort le à Paris.
Compositeur de musiques de films, il est notamment à l'origine de la bande-son de films célèbres tels que La Belle et la Bête de Jean Cocteau, Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy et La Grande Vadrouille de Gérard Oury. Il fut également compagnon de route du Parti communiste français.
Il fait ses premières études de piano au Conservatoire de Montpellier puis entre en 1913 au Conservatoire de Paris où il est l'élève jusqu'en 1914 de Georges Caussade (1873-1936) en contrepoint et fugue. À partir de 1914, il étudie la composition avec Vincent d'Indy à la Schola Cantorum de Paris. À partir de 1915, il fréquente Igor Stravinsky et Erik Satie avant de se joindre au groupe des Six avec Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Louis Durey et Germaine Tailleferre. Ami de Jean Cocteau, du peintre Jean Hugo, de Valentine Hugo et de Raymond Radiguet, il passe avec eux plusieurs vacances au Piquey (bassin d'Arcachon) et dactylographie le texte du Bal du comte d'Orgel.
Ses premières mélodies s'inspirent d'Erik Satie, d'Igor Stravinsky, d'Emmanuel Chabrier.
Il a écrit des critiques musicales dès 1913 (il avait quatorze ans) dans la Revue française de musique. Le , celle-ci publie son article intitulé « Erik Satie, musicien humoriste » qui ravira le compositeur. Satie lui demandera à le rencontrer et sera tout surpris de l'âge du rédacteur.
Il est notamment l'auteur avec Diaghilev des ballets Les Fâcheux et Les Matelots ainsi que de la tragédie chorégraphique Phèdre. Parallèlement, il signe des musiques de films aussi célèbres que Le Sang d'un poète (1930), La Belle et la Bête (1946) et Orphée (1950) de Jean Cocteau, Moulin Rouge (1952), réalisé par John Huston, Lola Montès (1955) de Max Ophüls, Du rififi chez les hommes, réalisé par Jules Dassin (1955), "Le Mystère Picasso" réalisé par Henri-Georges Clouzot (1955), Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy et La Grande Vadrouille de Gérard Oury.
Il reçut le Prix Ondas en 1959 à Barcelone pour l'ensemble de son œuvre musicale à l'Ortf.
Il fut président de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) de 1954 à 1978, administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux du au et membre du conseil culturel du Cercle Culturel de Royaumont.
Il était marié depuis le à Eleonore Vilter (1902, Autriche - 1982, Paris), plus connue sous son nom d'artiste peintre et décoratrice Nora Auric.
Georges Auric est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse.
Le baryton allemand Hermann Prey, né le à Berlin et mort le à Krailling (Bavière), était aussi aussi à l'aise dans les lieder que dans les répertoires d'opéras ou de concerts.
Avec Dietrich Fischer-Dieskau, il a été un des deux grands barytons allemands de la seconde moitié du xxe siècle, avec des styles qui s'opposaient. Il fit ses débuts en Amérique en , avec l'Orchestre de Philadelphie sous la direction d'Eugene Ormandy, et ses débuts de récitals américains eurent lieu en 1956, à New York au Carnegie Hall.
Il était spécialiste du rôle de Figaro des Noces de Figaro.
En récital de lieder, il a eu pour partenaires Karl Engel, Philippe Bianconi, Wolfgang Sawallisch, Gerald Moore et, pendant plus d'un quart de siècle, le pianiste américain Leonard Hokanson.
Dans le domaine de l'opéra, Hermann Prey fut un mozartien reconnu mais, plus inattendu pour un chanteur allemand, également un grand interprète du rôle de Figaro dans Le Barbier de Séville de Rossini, dirigé par Claudio Abbado et mis en scène par Jean-Pierre Ponnelle en 1970-1972, avec notamment Teresa Berganza en Rosine.
Hermann Prey a reçu de nombreux prix : la citoyenneté d'honneur de la communauté "Krailling" ; en 1977, le Prix de l'Ordre du Mérite bavarois ; en 1986, l'Ordre Maximilien pour la science et l'art ; en 1998, la grande Médaille d'Argent pour de nombreux services à la République d'Autriche.
Il était également membre honoraire de la "Musikverein" de Vienne et le chanteur de chambre de l'Opéra d'État bavarois à Munich.
Une place de la ville lui a été dédiée à Bad Urach en 2014.
Reprise de l'oratorio "Giuseppe riconosciuto" de Domènec Tarradellas.
Le 29 juillet, le festival Torroella de Montgrí proposera, par l'ensemble Vespres d'Arnadí, la reprise de l'oratorio Giuseppe riconosciuto, du compositeur catalan Domènec Tarradellas.
L'ensemble historiciste sera dirigé par son fondateur, Dani Espasa, et comprendra des voix connues du circuit lyrique catalan.
Né à Barcelone en 1713, Domènec Terradellas est un représentant exceptionnel de l'école napolitaine d'opéra et une figure importante dans l'évolution de l'opéra du baroque au classicisme. Maître de chapelle à Rome et directeur du King's Theatre à Londres, il a développé sa carrière en dehors de son pays, où aucune de ses œuvres n'a été créée jusqu'à trois ans après sa mort à Rome, à l'âge de 38 ans, dans des circonstances mystérieuses.
Le festival de Torroella de Montgrí a programmé pour la première fois une œuvre de Terradellas en 2001, le solennel Té Deum.
Le festival inaugure sa 43e édition avec Giuseppe riconosciuto créé à Naples en 1736 et qui, après les recherches du musicologue Josep Dolcet, a été recréé en 1995 avec un orchestre moderne. À Torroella, elle sera jouée avec un ensemble d'instruments anciens.