Le Journal

Giuliano Carmignola joue et dirige Bach et Vivaldi avec le JONC au Palau de la Música Catalana

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Dans le cadre du festival Bachcelona qui se déroule ces jours-ci à Barcelone, le Palau de la Música Catalana accueille ce lundi 17 juillet le Jove Orquestra Nacional de Catalunya, dirigé par le violoniste et chef d'orchestre Giuliano Carmignola.

Le musicien italien et l'orchestre catalan proposeront un programme centré sur le baroque, spécialité de Carmignola, avec des concertos pour violon de Jean-Sébastien Bach (BWV 1042, BWV 1041), bien sûr, et d'Antonio Vivaldi (RV 265, RV 208). Les musiciens joueront depuis l'espace Platea du Petit Palau.

Giuliano Carmignola participe régulièrement à des festivals de musique baroque à travers l’Europe, notamment à Bruges, Lucerne, Vienne, Bruxelles, Salzbourg et Barcelone. En 1999, il a été nommé professeur de violon à la Haute École de Lucerne et il a enseigné à l’Académie musicale Chigiana de Sienne.

Giuliano Carmignola, Andrea Marcon et l’Orchestre baroque de Venise ont participé en  au festival Mostly Mozart de New York et sont repartis peu après aux États-Unis pour une tournée d’un mois.

Professeur de violon au Conservatoire de Venise pendant 10 ans, il a aussi été premier violon de l’orchestre de La Fenice de 1978 à 1985. En travaillant avec I Sonatori de la Gioiosa Marca, et maintenant avec l’Orchestre baroque de Venise, Giuliano Carmignola est devenu un interprète majeur du violon baroque, en particulier dans le domaine de la musique italienne du xviiie siècle.

Pour interpréter la musique baroque, Giuliano Carmignola joue avec un violon de Johannes Florenus Guidantus de 1739 dans son état original et le Stradivarius « Baillot » de 1732 mis à disposition par la Fondazione Cassa di Risparmio in Bologna. Pour interpréter la musique classique et romantique, il joue un Pietro Guarneri datant de 1733.

Un rapport étrille la gestion de l'Opéra de Marseille

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«Aucun projet stratégique», d'importantes dépenses de fonctionnement mais des recettes «faibles»: la gestion par la ville de Marseille de l'opéra municipal et du théâtre de l'Odéon est étrillée dans un rapport de la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur, rendu public mardi.
L'opéra (1.800 places) et le théâtre (800 places) «ne disposent d'aucun projet stratégique» et «aucun bilan annuel ne permet de retracer l'activité détaillée des deux équipements culturels» gérés en régie municipale directe et réunis sous une même direction depuis 2013, relève la synthèse du rapport, qui porte sur les années 2016 et suivantes. «L'opéra et le théâtre de l'Odéon ne sont pas dotés d'un projet d'établissement formalisé» et «sont ainsi gérés par la collectivité au fil des saisons», précise le rapport, qui ajoute que «l'élaboration d'une stratégie nécessite au préalable une connaissance fine des publics», qu'aucune des deux structures n'a entreprise.

«Ni l'orchestre, ni l'opéra ne disposent d'un label national», poursuivent les magistrats, selon lesquels cette absence «a privé l'opéra de ressources en provenance de l'État» et «l'a aussi affranchi de toutes les obligations liées au respect de cahiers des charges». La ville est cependant engagée depuis 2022 dans une démarche pour obtenir le label «Opéra national en région», précise le rapport.

Par ailleurs, «en l'absence de comptabilité analytique, la commune ne connaît pas le coût complet de ce service qui emploie pourtant plus de 350 agents et génère des dépenses de fonctionnement de plus de 20 millions d'euros par an, soit l'équivalent du budget de fonctionnement d'une commune de 15.000 habitants», relève le rapport, notant qu'en outre «les recettes sont faibles», en raison notamment d'une politique de gratuité opaque. «Les tarifs sont bas, mais la commune ne peut les augmenter, au vu des conditions de confort qui devraient être améliorées», avec des «bâtiments, entrepôts et ateliers (...) dans un état avancé de dégradation», complète-t-il. Dans le même temps, l'activité des deux structures «s'infléchit», selon le rapport, qui pointe une réduction du nombre d'œuvres et de représentations proposées à l'opéra au cours des cinq saisons étudiées.

Enfin, en matière de ressources humaines, les magistrats fustigent un «recours croissant» aux intermittents, notamment pour «pallier l'absentéisme des fonctionnaires» tandis que les musiciens, dont certains «cumulent plusieurs emplois à temps complet», n'effectuent en moyenne «que la moitié ou les deux tiers» du «nombre de services (répétitions et représentations) prévu par le règlement de travail de l'orchestre»

Dans un rapport de décembre 2021, la Chambre régionale des comptes avait déjà sévèrement épinglé la gestion par la ville de ses musées municipaux.

A Santander, Antoni Ros-Marbà et la "malice" de composer à 86 ans

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Depuis plus d'un siècle, les musiciens vénèrent le solo de basson avec lequel Stravinsky annonça l'avènement de la modernité en 1913. Ce passage dans l'aigu du début du Sacre du printemps se glisse dans les premières mesures du Divertimento concertante en fa pour quintette à vent, piano et cordes d'Antoni Ros-Marbà, mais il est de courte durée et son effet n'est pas celui escompté : en l'entendant, les membres de l'orchestre demandent au soliste de se taire. "Le temps passe, les habitudes changent, et en plus, c'est l'été, pas le printemps", plaisante le compositeur catalan, qui dirigera la première de son œuvre : Il n'y a pas de message caché dans ma partition, juste de la musique combinée à de grandes doses de théâtralité et de bonne humeur.

C'est Paloma O'Shea elle-même, fondatrice et présidente de la Fondation Albéniz, qui, en 2020, lui a commandé une œuvre qui pourrait être interprétée par les étudiants de l'Encuentro de Música y Academia, qui réunit depuis 22 ans à Santander les meilleurs étudiants des conservatoires du monde entier et les professeurs les plus éminents de chaque catégorie. Il voulait continuer à fêter ses 80 ans avec de la musique nouvelle, et j'ai terminé la composition du Divertimento le jour de mon propre anniversaire, pour boucler la boucle, poursuit ce disciple de Celibidache, que Karajan avait invité à diriger l'Orchestre Philharmonique de Berlin en 1978. Ce n'est pas une œuvre longue, ni courte, mais elle est très difficile, car elle exige une grande virtuosité. Tous les musiciens doivent se mouiller.

C'est ce qu'a confirmé la contrebassiste madrilène Jimena Rodríguez San Miguel après la dernière répétition. Ros-Marbà pousse les possibilités de chaque instrument à la limite, mais il n'y a pas de plus grand luxe pour un jeune musicien que de jouer une œuvre qui n'a jamais été entendue auparavant et d'être dirigé par son compositeur, confesse la jeune musicienne de 22 ans, ancienne élève de Wies de Boevé à la chaire de contrebasse Unidad Editorial de l'Escuela Reina Sofía.

Le directeur artistique de l'Encuentro, Péter Csaba, a personnellement sélectionné les étudiants au cours d'un marathon d'auditions à travers l'Europe. Tout le monde veut participer aux étés de Santander, car c'est une expérience qui change la vie et ouvre de nombreuses portes, explique le hautboïste Fidel Fernández Moraleja, 25 ans, originaire de Cuenca et issu de l'académie des jeunes de l'école. Plusieurs récitals m'attendent et j'en profiterai pour préparer avec mon professeur, Hansjörg Schellenberger, les pièces des concours auxquels je souhaite participer.

À leur manière, les élèves exercent aussi leur propre enseignement. On peut apprendre des jeunes, affirme Ros-Marbà qui, à 86 ans, n'a rien perdu de sa curiosité. Composer, c'est avant tout savoir écouter. Et en répétition, chaque réponse à un problème nécessite un consensus dans le dialogue et une mise en commun des solutions créatives. Lors de sa dernière séance avec les musiciens de l'Ensemble del Encuentro, ceux-ci ont reçu des instructions sur le vibrato des cordes du deuxième mouvement du Divertimento (intitulé Variazioni a Isabel et qui fait le lien avec la Chanson et Danse n°2 de son très regretté Mompou) et sur le tenuto d'un des longs passages de la conclusion Till revisited, où le compositeur joue avec le thème principal du poème symphonique Till Eulenspiegel de Richard Strauss.

Outre la création mondiale, le programme du concert comprend évidemment d'autres oeuvres. Un assortiment de "raretés extraordinaires" auxquelles Ros-Marbà, avec sa franchise habituelle, ne trouve aucun "lien apparent" avec son Divertimento. C'était un peu comme si on lançait les dés et qu'on se réjouissait de la fortune du nombre obtenu, explique-t-il. car, à mon âge, composer une telle œuvre ne peut être qualifié que d'espièglerie.

Les candidats sélectionnés pour Operalia

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Pour sa 30e édition, le Concours Operalia se déroulera au Cap, en Afrique du Sud, du 30 octobre au 5 novembre 2023.

Trente-quatre chanteurs et chanteuses étaient candidats. Au total sont sélectionnés 15 chanteuses (8 sopranos et 7 mezzo-sopranos) et 19 chanteurs  (9 barytons, 5 ténors, 2 contre-ténors, 1 baryton-basse, 2 basses) :

Semyon Antakov, baryton, Russie
Nicolò Balducci, contre-ténor, Italie
Gabrielle Beteag, mezzo-soprano, Etats-Unis
Charles Buttigieg, baryton, Malte
Ekaterina Chayka-Rubinstein, mezzo-soprano, Allemagne
John Findon, ténor, Royaume-Uni
Caitlin Gotimer, soprano, Etats-Unis
Navasard Hakobyan, baryton, Arménie
Eugénie Joneau, mezzo-soprano, France
Maria Kalinina, soprano, Russie
Hovhannes Karapetyan, baryton-basse, Arménie
Taehan Kim, baryton, Corée du Sud
Omer Kobiljak, ténor, Bosnie-Herzégovine
Oleh Lebedyev, baryton, Ukraine
Maayan Licht, contre-ténor, Israël
Luvo Maranti, ténor, Afrique du Sud
Thando Mjandana, ténor, Afrique du Sud
Sakhiwe Mkosana, baryton, Afrique du Sud
Siphokazi Molteno, mezzo-soprano, Afrique du Sud
Anita Monserrat, mezzo-soprano, Royaume-Uni
Stephano Park, basse, Corée du Sud
Gabriel Rollinson, baryton, Allemagne
Julie Roset, soprano, France
Sarah Saturnino, mezzo-soprano, Etats-Unis
Daniel Schliewa, ténor, Allemagne
Alexandria Shiner, soprano, Etats-Unis
Yosif Slavov, baryton, Bulgarie
Libby Sokolowski, soprano, Etats-Unis
Luke Sutliff, baryton, Etats-Unis
Elena Villalón, soprano, Etats-Unis
Alan Williams, basse, Etats-Unis
Alexandra Yangel, mezzo-soprano , Russie
Nombulelo Yende, soprano, Afrique du Sud
Yuliia Zasimova, soprano, Ukraine

Bayreuth rappelle un fidèle

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Pour assurer le remplacement d'Andreas Schager, qui chante Parsifal à la place de Joseph Calleja, qui remplaçait précédemment... et ainsi de suite, Baureuth a rappelé Tomislav Mužek, qui a chanté le rôle en 2013, 2014, 2015 et 2018.

Alexander Mosolov, 50 ans

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Le compositeur soviétique Alexandre Vassilievitch Mossolov est né le  à Kiev et mort le  à Moscou.

Son père était avocat et sa mère cantatrice. Il passe sa jeunesse à Moscou où il est fortement influencé par les idées prorévolutionnaires de son beau-père, le peintre Mikhaïl Leblanc, que sa mère avait épousé en secondes noces en 1905.

Il travaille au secrétariat du parti bolchevique et n'hésite pas à s'engager dans le 1er régiment de cavalerie de Moscou (1918-1920) partant se battre contre les armées blanches. Lorsqu'il regagne Moscou, blessé, décoré par deux fois, il prend des leçons de piano auprès de Prokofiev et suit, au Conservatoire (1922-1925), les classes de Konstantin Igoumnov pour le piano, et de Nikolaï Miaskovski pour la composition. Il reçoit à Kiev les conseils de Reinhold Glière.

Entre 1924 et 1928, il écrit une trentaine d'ouvrages, à la fois d'avant-garde et de pionnier socialiste convaincu. De nombreux manuscrits semblent perdus, ainsi quatre des huit sonates pour piano recensées. Les Sonates no 4 op. 11 (achevée en 1927) et no 5 op. 12 (1929) suffisent à montrer l'originalité d'un talent faisant le lien entre l'héritage de Scriabine et le « pianisme motorique » du Prokofiev « parisien ».

L'opus 11 est en un seul mouvement alternant constamment presto et lento, poétique dans laquelle le charme est remplacé par l'extatisme dissonant, le diabolique postlisztien par la violence. L'opus 12 demeure la sonate la plus impressionnante en ses quatre mouvements (allegro affanato, elegia, scherzo martiale et adagio languente e patetico), aussi excessifs et imprévisibles sur le plan de l'expression que témoins d'une science achevée de l’écriture. À cette époque, l’œuvre de chambre comprend : le Quatuor à cordes no 1 (créé au festival 1927 de la Société internationale pour la musique contemporaine, SIMC, à Francfort-sur-le-Main) ; deux sonates, l'une pour violon et piano (1927), l'autre pour alto et piano (1928) ; un Trio pour violoncelle, clarinette et piano (1927) ; la Suite de danses pour trio avec piano (1928).

Il étudie la musique au Conservatoire de Moscou et s'initie à la composition auprès de Reinhold Glière.

Il incarne un temps l'avant-garde musicale soviétique et se rend célèbre en 1927 par cette pièce symphonique Les Fonderies d'acier tirée du ballet L'Acier.
Il est alors à la musique ce que Fernand Léger est à la peinture, cherchant à traduire musicalement, après Paul Hindemith, Arthur Honegger et Sergueï Prokofiev, le mouvement du machinisme et de l'industrialisme.

Accusé de formalisme, il tombe en disgrâce sous le règne de Staline dans les années 1930 et est exclu de l'Union des compositeurs soviétiques en 1936.

Il a laissé une œuvre variée comportant des sonates au piano, des concertos pour violoncelle, un concerto pour piano, un concerto pour harpe, de la musique de chambre et deux opéras. Il est enterré au cimetière de la Présentation à Moscou.

Joseph Jongen, 70 ans

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Le compositeur et organiste belge Joseph (Marie Alphonse Nicolas) Jongen est né le  à Liège et mort à Sart-lez-Spa le . Il est le frère aîné du compositeur Léon Jongen, chef d'orchestre et ancien directeur du Conservatoire de Bruxelles.

Très tôt, les dons de Joseph Jongen sont manifestes et évidents aux yeux de son père, Alphonse Jongen (1843-1927), ébéniste d'art, qui lui enseigne les premiers rudiments et l'encourage, ainsi qu’à ceux d’amis musiciens lors d'exécutions de chorals ou saynètes que son père dirige pour des fêtes de famille ou dans des Cercles d'amateurs à Liège et en province.

Joseph Jongen accomplit toutes ses études musicales au Conservatoire Royal de Liège : le piano, l'orgue et les branches théoriques, solfège, fugue, harmonie, contrepoint, avec Sylvain Dupuis et Jean-Théodore Radoux.

En 1894 il est couronné par l'Académie Royale de Belgique pour son 1er Quatuor à cordes (op. 3), œuvre "d'une maîtrise étonnante chez ce quasi débutant (...) d'une polyphonie riche, subtile" et aussitôt publiée à Leipzig.

En 1897, le Premier Grand Prix de Rome lui est décerné pour sa cantate Comala (op. 14). Cette récompense lui permet de réaliser un voyage d’études à l'étranger d’une durée de près de quatre ans, d’ à .
Il passe un an et demi en Allemagne, à Berlin où il découvre la musique de Brahms, rencontre Vincent d'Indy et également Richard Strauss qui lui donne des leçons de composition. À Munich où il rédige son Concerto pour violon (op. 17), tandis qu’il occupe le poste de maître de chapelle en 1900 à Bayreuth. Puis, il découvre Vienne et s'établit ensuite huit mois à Paris où il se lie avec différents musiciens français tels Gabriel Fauré et Charles Bordes et devient l'élève de Vincent d'Indy. Il termine son périple par un séjour de huit mois à Rome. Pendant ce voyage fructueux, il a composé plusieurs œuvres importantes : une symphonie (op.15), deux concertos (op. 17 et 18), un quatuor avec piano (op. 23) et d’autres pièces qui témoignent d'une nette maturation de son style.

De retour en Belgique en 1902, Joseph Jongen est nommé en 1903 professeur d'harmonie et de contrepoint au Conservatoire de Liège.

Marié depuis 1909 et père de trois enfants, il emmène les siens en Angleterre pour y passer les années de la Première Guerre mondiale, et participe activement à la vie musicale comme organiste et pianiste au sein du Belgian Quartet dont il est l'un des fondateurs avec le violoniste Désiré Defauw, le violoncelliste Etienne Doehaerd et l’altiste Lionel Tertis.

Dès , Jongen reprend son poste à Liège, puis est nommé en 1920 professeur de fugue au Conservatoire Royal de Bruxelles, établissement dont il assume la direction de 1925 à sa retraite en 1939. Durant ce directorat, il invite d'éminentes personnalités musicales étrangères à faire partie de jurys aux concours de fin d'année qui connaissent un grand succès et portent haut et loin la notoriété de l'institution. C’est à ses débuts de directeur de Conservatoire, qu’il compose sa célèbre Symphonie concertante pour orgue et orchestreop. 81.

De 1919 à 1926, Joseph Jongen dirige les Concerts Spirituels de Bruxelles et exerce une activité de chef de chœur et d'orchestre. Il dirige notamment quelques premières en Belgique comme Le Roi David d’Honegger, Psaume LXVII de Florent Schmitt et Saint-François d’Assise de Malipiero.

Auteur de très nombreuses œuvres, l’art de Jongen est d'une rare distinction et d'une subtilité harmonique qui se tient toujours dans les limites de la tonalité, possède une "patte" reconnaissable dans la sève mélodique souple et rythmée. Il est sans conteste le compositeur le plus doué de sa génération. Ernest Closson dira de lui : On se sent en présence d'un art infaillible, d'œuvres sans fissure, écrites avec une sûreté imperturbable : on reprocherait presque à l'auteur de "ne jamais rien rater".

Nombre de ses meilleures œuvres portent l'inscription « Sart-lez-Spa le... ». C’est dans ce petit village ardennais entouré d’une nature fraîche et sauvage, que le compositeur belge possède une seconde résidence et qu’il trouve une source d’inspiration incomparable. Année après année, il accumule tous les genres de la musique pure : un impressionnant catalogue qu’il réduit lui-même à 137 œuvres dont la dernière fut écrite en 1951.

Deux ans plus tard, le , c’est à Sart-lez-Spa qu’il décède, atteint du cancer.

Par la suite, de nombreuses manifestations ont été données en l’honneur du compositeur belge.

En 2003, de nombreux concerts en Belgique ont célébré le cinquantième anniversaire de sa mort. La Bibliothèque royale de Belgique a accueilli l’exposition « Joseph Jongen, une vie de musicien » du  au .
En 2013, l’Union du Corps Professoral du Conservatoire royal de Bruxelles a donné le nom du compositeur à son Auditorium Joseph Jongen.

La Bibliothèque du Conservatoire Royal de Bruxelles conserve précieusement le Fonds Joseph Jongen7, rassemblant les manuscrits autographes, la bibliothèque musicale et les archives du compositeur.

Joseph Jongen fut promu

  • Grand officier de l'ordre de Léopold II
  • Commandeur de l'ordre de Léopold

Aubrey Brain, 130 ans

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Aubrey Brain (né à Londres le 12 juillet 1893 et mort à Londres le 21 septembre 1955) était un corniste britannique. Il y avait beaucoup de cornistes dans sa famille.
Son père, Alfred Edwin Brain senior, a joué dans l'orchestre d'Henry Wood lors du tout premier bal de fin d'année en 1895. Plus tard, il a joué pour l'Orchestre Symphonique de Londres.
Son frère, également appelé Alfred Edwin Brain, était cor solo dans l'Orchestre du Queen's Hall d'Henry Wood, mais il a ensuite émigré aux États-Unis où il a fini par jouer pour l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles.
Son fils, Dennis Brain, allait devenir le corniste le plus célèbre de tous.

Aubrey Brain commence à apprendre le cor avec son père. En 1911, il obtient une bourse d'études au Royal College of Music. Il devient rapidement l'un des meilleurs cornistes de Grande-Bretagne. Les autres grands joueurs de cor sont son père, son frère aîné et Adolf Borsdorf. Il devient cor solo de la Beecham Opera Company. C'est là qu'il rencontre Marion Beeley, une mezzo-soprano. Ils se sont mariés à l'été 1914, juste avant la Première Guerre mondiale. Lorsque la guerre a éclaté, il s'est engagé dans les Welsh Guards et a joué du cor dans l'orchestre. Après la guerre, il a d'abord eu du mal à trouver un bon emploi de corniste. Les meilleurs postes de cornistes étaient déjà occupés par son frère Alfred.
Aubrey et Marion ont eu deux fils : Leonard (°1915) et Dennis (°1921).
En 1922, Alfred émigre aux États-Unis. Aubrey devient rapidement premier cor de la Royal Philharmonic Society (son père jouait le second cor) et premier cor du Queen's Hall Orchestra. Il est également premier cor du New Symphony et rejoint bientôt l'Orchestre de Covent Garden en tant que premier cor. En 1923, il rejoint l'Orchestre Symphonique de Londres.

En 1923, Borsdorf prend sa retraite en tant que professeur de cor à la Royal Academy of Music, et Aubrey prend sa place. L'un de ses premiers élèves est son jeune frère Arthur. Bien que très doué, Arthur décide de ne pas se lancer dans la pratique professionnelle du cor et entre dans la police. Plus tard, Dennis, le fils d'Aubrey, fut l'un de ses élèves.

Aubrey a connu une carrière très fructueuse, non seulement en tant que premier cor dans plusieurs orchestres, mais aussi en tant que soliste. Il a joué le 2e Concerto pour cor de Mozart en 1923 aux Proms. On peut entendre son jeu sur plusieurs des tout premiers enregistrements réalisés par le LSO pour HMV. Plusieurs œuvres ont été écrites pour lui, notamment le Concerto pour cor, violon et orchestre de Dame Ethel Smythe. Il l'a très bien joué, y compris les accords du dernier mouvement (il est possible de jouer des accords au cor en fredonnant une note et en jouant une autre note de la série harmonique). Il l'a jouée aux Proms. Le chef d'orchestre Bruno Walter l'invite à la jouer à Berlin. Aubrey devient ainsi le premier corniste britannique à jouer un concerto solo à l'étranger.

Lorsque l'Orchestre Symphonique de la BBC a été créé en 1930, Aubrey en était le premier corniste. Il est resté corniste principal dans les autres grands orchestres londoniens (ce qui serait impossible de nos jours), mais il a progressivement abandonné ces postes à mesure que l'Orchestre Symphonique de la BBC recevait de plus en plus de travail et avait besoin de ses cornistes à plein temps.

.Aubrey jouait d'un cor de type français (un "cor de Raoux") à perce étroite (le tube était très étroit). Le cor de type allemand avait un bode plus large et produisait un son légèrement différent. En jouant sur un cor Raoux, il y avait plus de risques qu'une note se fende (qu'elle ne se prononce pas correctement). Le cor de type allemand devient très populaire en Angleterre, mais Aubrey insiste pour que tous les cornistes de l'Orchestre Symphonique de la BBC continuent à jouer sur des cors Raoux. Aubrey était un musicien très doué pour la musique de chambre et a enregistré avec le violoniste Adolf Busch et le pianiste Rudolf Serkin le Trio de cors de Brahms. Cet enregistrement s'est vendu à de nombreux exemplaires et a continué à se vendre pendant de nombreuses années, jusqu'à ce que les disques 78 tours soient remplacés par des disques à longue durée de vie.

Pendant la guerre, Aubrey commence à avoir des problèmes de santé. Il fait une chute le jour de Noël 1940. Vers la fin de la guerre, il commence à avoir une vision floue, son élocution devient difficile et il éprouve des sensations étranges dans les doigts et les orteils. Il a pris sa retraite en 1945, après la première répétition de la saison du bal. Il se produit encore occasionnellement, généralement avec son fils Dennis.
Il meurt le 20 septembre 1955, trois jours après une mauvaise chute qui lui a causé une crise cardiaque.

Aubrey Brain est peut-être moins connu aujourd'hui en raison de la renommée exceptionnelle de son fils Dennis. Pourtant, c'était un très grand corniste qui a contribué à améliorer le niveau du jeu de cor en Grande-Bretagne, à la fois par son enseignement et par l'exemple de ses interprétations. Les enregistrements sur lesquels on peut l'entendre ont tous été réalisés avant l'époque du microsillon. Son fils aîné, Leonard, est devenu un hautboïste réputé.

Erwin Halletz,100 ans

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Erwin Halletz (né le  à Vienne, mort le  dans la même ville) est un compositeur, arrangeur et chef d'orchestre autrichien, aussi bien pour des chansons que pour des musiques de film.

Il reçoit ses premiers cours de violon à 6 ans et son premier diplôme à 12. En 1937, il rentre à l'Académie de musique et des arts du spectacle de Vienne, où il étudie, entre autres, la clarinette auprès de Leopold Wlach.
Après de premières apparitions dans les bars, il fait son service militaire dans la fanfare, jouant à côté de Peter Kreuder ainsi que dans le grand orchestre de danse dirigé par Kurt Graunke jusqu'à peu avant la guerre.

En , Halletz intègre l'orchestre monté par le commandement soviétique. En 1946, il est le premier violon de l'Orchestre de Danse de Vienne dirigé par Horst Winter, pour qui il travaille comme arrangeur et écrit ses premières compositions. Il est aussi saxophoniste et chanteur. À partir de 1950, il prend la direction de cet orchestre, participe à de grandes tournées internationales et fait beaucoup d'enregistrements. En 1953, il compose sa première musique de film ; il en écrira plus d'une centaine.

En 1961, il est invité à Monaco puis devient l'arrangeur et le compositeur du Monte Carlo Light Symphony Orchestra pendant 41 ans.
En 1979, il est le directeur musical du Eistheater Berlin.

En 1950, il fait la connaissance de la chanteuse Nina Konsta qu'il épouse six ans plus tard.

Johann Joachim Quantz, 250 ans

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Johann Joachim Quantz (30 janvier 1697 - 12 juillet 1773) était un compositeur, flûtiste et facteur de flûte allemand de la fin de la période baroque. Il a passé une grande partie de sa carrière professionnelle à la Cour de Frédéric le Grand.
Quantz a composé des centaines de sonates et de concertos pour flûte et a écrit "On Playing the Flute", un traité influent sur l'interprétation de la flûte.
Ses œuvres ont été connues et appréciées par Bach, Haydn et Mozart.

Quantz est né sous le nom de Hanß Jochim Quantz à Oberscheden, près de Göttingen, dans l'Électorat de Hanovre. Son père, Andreas Quantz, était forgeron et mourut alors que Hans n'avait pas encore 11 ans ; sur son lit de mort, il déclara que son fils devait suivre ses traces. Dans son autobiographie, Quantz déclare avoir reçu une formation de forgeron dès l'âge de neuf ans. À la suite du décès de son père, il a la possibilité de choisir sa propre voie et, de 1708 à 1713, il commence ses études musicales avec son oncle Justus Quantz, musicien municipal à Merseburg ; il étudie également pendant un certain temps avec le mari d'une cousine, l'organiste Johann Friedrich Kiesewetter. À partir de 1714, Quantz étudie intensivement la composition et se penche sur les partitions des maîtres pour adopter leur style.

En 1716, il rejoint l'orchestre municipal de Dresde où, en 1717, il étudie le contrepoint avec Jan Dismas Zelenka.
En mars 1718, il est nommé hautboïste dans la toute nouvelle Chapelle polonaise de Dresde d'Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne. Comme il devenait évident qu'il ne pourrait pas progresser en tant que hautboïste à la Chapelle polonaise, Quantz décida de se consacrer à la flûte, étudiant brièvement en 1719 avec Pierre-Gabriel Buffardin, flûte solo de l'Orchestre royal. Il se lie d'amitié avec Johann Georg Pisendel, premier violon solo de l'Orchestre royal, qui influence grandement son style.

Entre 1724 et 1727, Quantz complète sa formation en effectuant un "Grand Tour" de l'Europe en tant que flûtiste. Il étudia le contrepoint avec Francesco Gasparini à Rome, rencontra Alessandro Scarlatti à Naples, se lia d'amitié avec le flûtiste Michel Blavet à Paris et fut encouragé par Haendel à rester à Londres. Au cours du carnaval 1728, le Prince héritier Frédéric le Grand se rendit à Dresde et rencontra ou répéta avec Pisendel et Quantz.
En avril, Frédéric souffre de dépressions et ne mange presque rien ; son père craint pour sa vie.
En mai 1728, Quantz accompagna Auguste II lors d'une visite d'État à Berlin La Reine de Prusse fut impressionnée et voulut l'engager pour son fils. Bien qu'Auguste II refuse, il autorise Quantz à se rendre à Berlin et à Bayreuth deux fois par an. En juin 1730, il participa au Zeithainer Lustlager et se rendit à Berlin. Quantz raconta plus tard à l'écrivain Friedrich Nicolai que lui et Hans Hermann von Katte durent un jour se cacher dans un placard lors d'un accès de colère du père dominateur de Frédéric, qui désapprouvait la coiffure de son fils, ses études musicales, ses livres douteux et ses robes de chambre fantaisistes.
Quantz épousa Anna Rosina Carolina Schindler en 1737 ; le mariage ne fut pas heureux et il était généralement connu à Berlin que sa femme le tyrannisait. Jusqu'en 1741, Quantz reste à la Cour de Saxe à Dresde.

Lorsque Frédéric II devint roi de Prusse en 1740, Quantz accepta enfin un poste de professeur de flûte, de facteur de flûte et de compositeur. Il rejoint la Cour de Berlin en décembre 1741 et y reste jusqu'à la fin de sa carrière.  Il fabrique des flûtes depuis au moins 1739 et innove dans la conception des flûtes, ajoutant par exemple une deuxième clé (mib, en plus du ré# standard) pour faciliter l'intonation. Frederick possédait 11 flûtes fabriquées par Quantz.

Outre les centaines de sonates et de concertos qu'il a écrits, principalement pour la flûte, il est aujourd'hui connu comme l'auteur de "Versuch einer Anweisung die Flöte traversiere zu spielen" (1752) (intitulé "On Playing the Flute" en anglais), un traité sur le jeu de la flûte traversière. Il s'agit d'une source de référence précieuse concernant la pratique de l'interprétation et la technique de la flûte au XVIIIe siècle.

Quantz ne rejoignit jamais son orchestre, vécut à Berlin-Mitte, mais joua à la Cour de Frédéric jusqu'à sa mort en 1773. Une biographie est parue en 1755 dans "Historisch-kritischen Beyträgen zur Aufnahme der Musik" de Friedrich Wilhelm Marpurg ; une autre, en italien, a suivi en 1762. Son petit-neveu, Albert Quantz, a publié une biographie complète en 1877.