Le Journal

Georg Fritzsch reste à Karlsruhe

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Le directeur musical du Staatstheater Karlsruhe et de la Badische Staatskapelle, Georg Fritzsch, 60 ans, restera à ce poste jusqu'en 2027 : il a prolongé son contrat de trois années supplémentaires. Fritzsch occupe le poste depuis 2020.

En 1998, il a été nommé directeur général de la musique de la Philharmonie Südwestfalen et directeur musical du théâtre de Hagen.

De 2003 à 2019, il a été directeur musical du théâtre de Kiel. Parallèlement, il a été professeur de direction d'orchestre à l'école supérieure de musique de Tilburg (Pays-Bas) de 1999 à 2003.  Depuis lors, il dirige des cours de direction d'orchestre du Dirigentenforum et il a été chef d'orchestre principal de l'Orchestre Symphonique du Tyrol à Innsbruck de 2009 à 2011.
En 2017, il est devenu professeur de direction d'orchestre à la Hochschule für Musik und Theater de Munich.

Le Festival de musique de film de Ténérife rend hommage à la musique de Penderecki

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Le 7 juillet, le Festival international de musique de film de Tenerife (FIMUCITÉ) propose le concert "Electronic Penderecki", dont la première partie rendra hommage au compositeur et chef d'orchestre polonais Krzysztof Penderecki, décédé en 2020, dont la musique a fait partie des bandes originales de films d'horreur classiques tels que The Shining et The Exorcist.

Le compositeur et arrangeur polonais Jan Sanejko et le groupe britannique Juno Reactor sont chargés de la tâche monumentale de recréer l'univers musical de Penderecki avec des arrangements de ses pièces De natura sonoris 1, Awakening of Jacob, Polimorphy, Passacaglia - Allegro moderato et Threnody for the victims of Hiroshima.

La deuxième partie du programme sera principalement consacrée à Angelo Badalamenti, auteur de la musique emblématique de la série Twin Peaks.

La représentation sera assurée par l'ensemble de chambre Sinfonietta Cracovia, dont les sons seront fusionnés avec des éléments électroniques créés par Juno Reactor.

La Société Wilhelm Furtwängler est en deuil

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La SWF l'annonce elle-même :

C'est avec une grande tristesse que la SWF vous annonce le décès de Sami Habra, survenu hier à l’âge de 88 ans.
Comme vous le savez, il fut un des membres fondateurs de la SWF à laquelle il consacra une part de sa vie.
Comment ne pas rappeler les centaines de conférences qu'il a données pendant des décennies, conférences agrémentées d'anecdotes et de « bons mots » qui étaient un régal pour les auditeurs.
Il contribua également à l'édification de la discographie de notre société.
Nous l'admirions également pour toute une mémoire musicale qu'il se plaisait à partager. Il eut l'opportunité de rencontrer, entre autres, Eugen Jochum, Otto Klemperer et se lia d'amitié avec Hans Schmidt-Isserstedt.

Avec le décès de Sami Habra, en quelque sorte, la SWF perd son patriarche et c'est tout un pan de son histoire qui disparaît.
Étant très modeste, ceux qui l'ont connu savaient qu'il n'aimait ni les éloges ni les remerciements, toutefois, nous ne pouvons pas nous empêcher de lui dire : « Merci Sami pour tout ce que tu nous as donné ! ».

La jota, manifestation représentative du patrimoine culturel immatériel

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Le Conseil des ministres a approuvé un décret royal déclarant la jota patrimoine culturel immatériel dans le but de "protéger" cette tradition, contribuant ainsi "de manière décisive à sa sauvegarde" en tant que genre traditionnel.

Cette tradition, qui comprend la musique, le chant et la danse, enracinée dans de nombreuses régions de notre pays, est d'une valeur incalculable, a déclaré la porte-parole du gouvernement et ministre de la politique territoriale, Isabel Rodríguez.

Mme Rodríguez a rappelé qu'il s'agit d'une mesure visant à "protéger, reconnaître et sauvegarder ce genre, manifestation du mode de vie espagnol". Elle a également souligné qu'il s'agit d'une étape préliminaire "très importante" pour soutenir la candidature de la jota au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, à laquelle participent quinze communautés autonomes.

Selon le ministère de la culture, il s'agit du genre traditionnel le plus répandu, le plus diversifié, le plus dynamique et le plus réinterprété de tous ceux qui composent la carte sonore et musicale variée de l'Espagne.

La jota désigne un genre traditionnel très populaire de musique, de chant et de danse qui s'est développé jusqu'à nos jours, avec un modèle général à la base et une série de particularités et de spécificités qui en font une manifestation diverse, recréée et réinterprétée de manière constante et dynamique par les communautés qui la portent.

Parmi les valeurs culturelles apportées par la jota en tant que genre traditionnel, on peut citer son intériorisation par les individus et les communautés, faisant partie des expressions populaires dans pratiquement toute l'Espagne et devenant un puissant élément de cohésion sociale et d'identification de ses signes d'identité.

 

Décès du pianiste hongrois Jenő Jandó à l'âge de 72 ans.

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Jandó appartient à une brillante génération de pianistes hongrois, parmi lesquels László Baranyay, Sándor Falvai, Zoltán Kocsis, Dezső Ránki, Imre Rohmann et András Schiff. Tout au long de sa carrière, il a effectué un travail important en tant que professeur à l'Académie de musique Franz Liszt de Budapest, où il avait lui-même étudié.
Il a enregistré plus de soixante œuvres de Bach, Beethoven, Liszt, Schumann, Schubert, Brahms, Haydn, Bartók, Chopin et d'autres, toujours pour Naxos Records.

Juan Jesús Rodríguez au Royal Opera House Covent Garden

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Le baryton espagnol y incarne Giorgio Germont, sous la direction musicale de Keri-Lynn Wilson.

Ses débuts au Royal Opera House Covent Garden de Londres auraient dû avoir lieu dans Aida, mais la pandémie a obligé Juan Jesús Rodríguez à retarder ses débuts dans l'une des plus importantes maisons d'opéra du monde de la musique.
Finalement, il jouera dans un autre opéra de Verdi, La traviata, dans lequel il incarnera Giorgio Germont, sous la direction musicale de Keri-Lynn Wilson et la mise en scène de Richard Eyre, actualisée par la grande metteuse en scène espagnole Bárbara Lluch.
Juan Jesús Rodríguez fera ses débuts au Covent Garden le lundi 10 juillet et retournera sur la scène londonienne les 13 et 19 juillet, accompagné de la soprano Kristina Mkhitaryan dans le rôle de Violetta et de Liparit Avetisyan dans celui d'Alfredo Germont.

Tabea Zimmermann à la Fondation musicale Ernst von Siemens

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La Fondation musicale Ernst von Siemens, l'un des plus riches donateurs de prix musicaux en Europe, a annoncé un changement de président : le compositeur-administrateur Peter Ruzicka prend sa retraite à l'âge de 75 ans.

Son successeur sera l'altiste Tabea Zimmermann, qui a remporté le Prix il y a trois ans.
Celle-ci déclare : Ayant moi-même reçu le prix de la musique, j'ai pu constater à quel point cette fondation fonctionne à merveille et combien il est important de soutenir les artistes. J'ai reçu le prix à un moment où je suis encore au milieu de ma vie et où les occasions de travailler dans des comités, de suivre mon approche de la musique de chambre et de créer avec d'autres, d'échanger des idées et d'emmener d'autres personnes avec moi ne manquent pas. C'est donc pour moi un honneur et une grande responsabilité de prendre la présidence du conseil d'administration de la Fondation Ernst von Siemens pour la musique.
La fondation est merveilleusement bien positionnée grâce à son soutien ciblé à la musique nouvelle. C'est un grand mérite de la Fondation Ernst von Siemens de soutenir la musique contemporaine de cette manière, de donner de la liberté aux natures artistiques et de les encourager dans leurs activités. Le fait qu'une fondation s'implique à ce point est unique au monde.

Ce que le jour doit à la nuit...

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À l'automne 2020, pendant le confinement, le professeur de piano Daniel-Ben Pienaar a été autorisé à passer la nuit à la Royal Academy of Music de Londres.

Seul, avec un Steinway et une paire de microphones omnidirectionnels suspendus, dans le silence et sans producteur ni ingénieur, Pienaar a enregistré les 48 sonates pour piano de Haydn en huit nuits sur une période de quatre mois.

Le coffret qui sortira contient 39 œuvres pour clavier seul authentifiées datant de 1765, et neuf œuvres antérieures qui pourraient ou non être de Hadyn.

Changement à Aldenburgh

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Roger Wright quittera ses fonctions l'été prochain après dix ans en tant que directeur général de Britten Pears Arts, qui englobe Snape Maltings, The Red House et le Festival d'Aldeburgh, qui vient de connaître sa meilleure année.
Il aura 68 ans et sera prêt pour un dernier mandat important, après avoir dirigé BBC Radio 3 et les Proms.

Après ce qui sera une décennie ici, j'ai le sentiment qu'en juillet prochain, après le 75e festival d'Aldeburgh, le moment est venu pour moi de passer à autre chose et de profiter d'une nouvelle vie plus flexible pour la première fois depuis près de cinquante ans. J'attends avec impatience ma dernière année au sein de Britten Pears Arts, avec toujours autant d'enthousiasme et de vigueur. C'est un plaisir et un privilège de travailler dans cette organisation unique et, bien qu'il soit trop tôt pour les adieux, je serai toujours reconnaissant d'avoir eu la chance de diriger Britten Pears Arts au cours d'une période aussi importante de son histoire.

 

Jacques de La Presle, 135 ans

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Admirateur de Fauré, Ravel, Debussy et Poulenc, Jacques de La Presle, opposé à l’influence de la musique de Wagner et de Strawinsky, a composé une œuvre musicale élégante et raffinée, pleine de poésie. Ses nombreuses mélodies attestent de son âme d’artiste tournée vers le beau. Ce musicien sincère, ce poète a déclaré un jour : " Je n’ai jamais rien écrit qui ne fût pour moi un besoin impérieux de le faire. Je crois que tout artiste écrit pour s’élever au-dessus de lui-même. Je suis toujours attiré vers une expression simple, plus dépouillée. C’est ce qui est le plus difficile en art. Debussy disait qu’il cherchait toujours à atteindre jusqu'à la chair même de l’émotion. C’est, il me semble, ce que recherche toujours tout artiste passionné de vérité et de sincérité. "  Un beau jour de la Grande Guerre, alors replié dans un tunnel de Saint-Quentin (Aisne), sa nature sensible et sa tendresse le poussaient à écrire pour sa future femme une Suite en sol pour quatuor, alors que les bombardements faisaient rage autour de lui. Plus tard, à l’attention de ses deux jeunes enfants, il composera un Album d’images, suite pour piano comportant des sortes de croquis d’animaux brossés en quelques traits tendres ou humoristiques.

Né le 5 juillet 1888 à Versailles, Jacques Guillaume de Sauville de la Presle est issu d’une vieille famille champenoise, aristocrate et humaniste, qui a donné trois légionnaires, dont le plus ancien Eugène-Louis est né le 4 avril 1787 à Vandières (Marne). Il joue du piano à l’âge de 6 ans, à 10 ans tient l’orgue chez les Eudistes de Versailles où il est scolarisé, et débute ses études musicales auprès de Paul Fauchet au Conservatoire de Versailles. Suivant les conseils de Paul Taffanel, le chef d’orchestre de l’Opéra et ami de la famille, tout en poursuivant ses études littéraires couronnées par un baccalauréat ès-lettres, il rejoint ensuite le Conservatoire de musique et de déclamation de Paris. Il a là pour maîtres Antoine Taudou (harmonie), Georges Caussade (contrepoint) et Paul Vidal (composition). A cette même époque, il est nommé organiste de l’église Notre-Dame de Versailles, où il succède à son professeur Paul Fauchet, parti au grand-orgue de l’église St-Pierre-de-Chaillot, à Paris.

La Grande Guerre interrompt prématurément ses études musicales. Jacques de La Presle ne peut même pas concourir une nouvelle fois pour le Prix de Rome, à la suite d’un premier essai vain en 1914. Parti au front dès le début de la guerre comme soldat brancardier au 119e Régiment d’Infanterie, il se retrouve à trois reprises à Verdun. Trois mois avant la signature de l’armistice, le 15 août 1918, il est sérieusement gazé, ce qui lui vaut sept mois d’hôpital entre la vie et la mort. Durant cette période, de La Presle n’abandonne pas pour autant la musique. Se souvenant d’avoir été autrefois, lors de son service militaire, trombone à coulisse avec quelques camarades également passionnés de musique parmi lesquels André Caplet, Georges Jouatte, Taillardat, Maurice Maréchal, René Dorin et plusieurs Prix du Conservatoire, il fonde un orchestre de 35 instrumentistes. Avec cette formation militaire, il s’évertue à faire oublier quelques instants aux soldats les affres de cette guerre épouvantable. Il monte de grandes œuvres, comme la suite pour orchestre, Impressions d’Italie de Gustave Charpentier, qui avait d’ailleurs déjà obtenu un succès considérable chez Lamoureux quelques années auparavant.
Sa brillante conduite durant la guerre lui vaut la Médaille militaire, et deux citations. La deuxième, remise en même temps à lui et son ami le chansonnier René Dorin par le général Dethuy, commandant la 12e brigade d’infanterie, comportait le texte suivant : "remarquable brancardier, accompli depuis le début de la campagne ses fonctions de brancardier, dans les secteurs et sur les pistes les plus battus par le feu de l’ennemi, avec une vigueur et une énergie exemplaires. A contribué, en outre, dans les cantonnements de repos, par son entrain et son ascendant sur ses camarades, à ramener la gaieté et la bonne humeur, après les épreuves les plus pénibles". Le texte de cette citation fut une nouvelle fois lue en public le 7 mars 1921 au Théâtre des Arts de Rouen, lors d’une conférence du Lieutenant-Colonel breveté de La Gontrie. Elle traitait des musiques militaires à travers les âges, avec audition des vieux airs militaires français exécutés par la Musique et les Chœurs de la 5e Division sous la direction du Chef de musique Clément. Fut notamment interprété le Cri de guerre de la 6e Division d’Infanterie composé par Jacques de La Presle, sur une poésie de René Dorin, qui avait été donné aux armées la première fois le 30 juin 1915 par le 119e Régiment d’Infanterie, devant Aix-Noulette (Pas-de-Calais).

Une fois la guerre terminée, Jacques de la Presle se remet au travail, réintègre la classe de composition de Paul Vidal et décroche en 1920 le Second Prix au Concours de Rome, avec la cantate Don Juan. L’année suivante, c’est enfin le Grand Prix avec Hermione, suivi du traditionnel séjour de quatre années à la Villa Médicis, aux frais de l’Académie des Beaux-Arts (1922 à 1925). Il en gardera sa vie durant un souvenir sans égal, s’étonnant même que certains compositeurs, et non des moindres, aient pu en contester les bienfaits : " Il faut vivre à Rome pendant quatre ans comme je l’ai fait pour en pénétrer tout le caractère d’éternité. J’ai voulu la comprendre à fond et je puis dire qu’elle a pris toute ma chair : je dis Rome plus que les autres villes d’Italie, car, quelle que soit la magnificence de toutes, dans nulle autre on ne trouve une semblable lumière, une aussi forte pérennité des siècles illustres écoulés. Le temps de Rome a été pour moi un temps merveilleux. Je dirai même ceci, [...] qu’à mon avis le musicien a peut-être plus encore à retirer de l’Italie que le peintre ou le sculpteur, lesquels me semblent plus particularisés et profiter moins de l’ambiance. ", et de conclure par : " j’estime donc que le Prix de Rome est un privilège extraordinaire. "

C’est dans un studio de Rome qu’il avait loué pour y accueillir sa femme, née Mlle Portalis, et ses deux jeunes fils Thibaut et Jean, qu’est né son oratorio en 3 tableaux, l’Apocalypse de saint Jean. Plus tard il précisera à propos de cette œuvre, primée au Concours musical de la Ville de Paris en 1928, et donnée en première audition par Albert Wolff chez Lamoureux, le 16 février 1929 : " J’ai voulu faire quelque chose de construit, réagir contre cette tendance moderne à disséminer les idées, à rétrécir les formes, à appauvrir l’écriture. C’est peut-être encore beaucoup de prétention de ma part, mais je me tiens en dehors de toute chapelle. J’essaie de rester moi-même, de faire ce que je crois, tout en demeurant très large d’idées et sympathique aux diverses tendances modernes : je réclame seulement le strict droit de ne pas les suivre quand elles sont contraires à ma nature. " Charles Pons, commentant cette partition, soulignait en 1938 : " l’aisance dans la maîtrise, l’élégance du ton, la clarté de la ligne mélodique, les jeux chatoyants d’accords enluminés par les prodigieuses trouvailles de l’orchestre, une puissance d’ennoblissement... "

A son retour de Rome, Jacques de la Presle se livre à l’enseignement, notamment au Conservatoire de Paris où il professe l’harmonie de 1937 à 1958. Au nombre de ses élèves qui bénéficièrent avantageusement de ses leçons d’harmonie citons Maurice Jarre, Antoine Duhamel, ainsi que le compositeur canadien André Mathieu et la pianiste Agnelle Bundervoët. C’est pour elle qu’il écrira ses Thème et Variations et son Concerto en ré, qu’elle créa en 1951 chez Colonne, au théâtre du Châtelet, sous la direction de Paul Paray. Cette œuvre obtint d’ailleurs en 1953 le Prix de la Ville de Paris. Cet enseignement, qu’il considérait d’ailleurs comme " supérieurement intéressant ", était une source de joie importante. Il formait ses élèves pour en faire de véritables artistes. Certes, dans sa classe on apprenait la musique !, mais on parlait aussi beaucoup de littérature, de théâtre, de peinture, de sculpture..., bref de tous les arts qui élèvent l’âme sensible et délicate d’un artiste. Jacques de La Presle fut également directeur artistique de Radio-Paris à partir de 1930, puis de la Radiodiffusion nationale jusqu’en 1943, et inspecteur principal de l’enseignement musical de 1945 à 1952.

Dans toute l’œuvre de Jacques de La Presle on retrouve la sincérité de l'auteur, qui certes est moderne, mais n'oublie jamais l'apport du passé. Il avait d'ailleurs déclaré un jour : " La culture c'est la connaissance profonde des formes et des manifestations des sensibilités de ceux qui nous ont précédés. " Le catalogue de ses compositions donne une idée de son œuvre que l’on peut aisément qualifier d’importante. Il aurait certainement désiré écrire encore davantage, mais ses nombreuses occupations l’en empêchèrent. En dehors des partitions déjà évoquées, citons sa Sonate pour violon et piano, interprétée notamment par Lucienne Royer et Pierre Vibert, sa Petite suite en fa pour basson et piano, interprétée par Maurice Allard et André Collard, sa Pièce en concert pour violoncelle et piano, jouée par Reine Flachaut et Odette Pigault, et plus récemment par Jacques Ripoche et Ichiho Takishima, son Jardin mouillé pour harpe, au répertoire de Marielle Nordman et autrefois à celui de la regrettée Lily Laskine... Mais c’est surtout pour ses nombreuses mélodies, toujours écrites dans un style soigné et délicat, sur des textes d’Emile Verhaeren, Albert Samain, Francis Jammes, Henri de Régnier, Louis Le Cardonnel, Battanchon, ou encore Anna de Noailles, que Jacques de la Presle est reconnu. Elles étaient chantées régulièrement après la dernière guerre, notamment par le baryton Camille Maurane, grand spécialiste de la mélodie française, accompagné d’Odette Pigault ou de Catherine Brilly, qui en a enregistré beaucoup au début des années soixante : Chanson, Prière, La maison serait pleine de roses, Heures d’après-midi, Le vent, Trois impressions, La lettre, l’Attente mystique, Heures claires...

Jacques de la Presle est également l'auteur d'ouvrages pédagogiques : Soixante Leçons d'harmonie (Basses et Chants donnés. Réalisations), recueil de leçons données par l’auteur aux concours du Conservatoire (Leduc, 1945), Dix Leçons de solfège (Paris, L. de Lacour, 1947). Longtemps domicilié rue de Courcelles à Paris XVII°, il est décédé le 6 mai 1969 à Paris.

Personnage courtois, modeste et très cultivé, Jacques de la Presle qui n’ignorait rien du passé tout en prévoyant l’avenir, "parcourant avec un égal bonheur les routes de l’ampleur et celle de la finesse", nous a légué une œuvre où "l’esprit le plus pur anime toujours la manière d’ailleurs précieusement ciselée." Elle représente et représentera longtemps encore cette pure tradition de la musique française, héritière de la pensée de Franck, qui appartient à l’histoire de la musique.

(D'après Denis Harvard de la Montagne)