Le Journal

Alain Altinoglu prolongé à La Monnaie

par

En parallèle à la désignation de Christina Scheppelmann à la Direction générale du Théâtre royal de La Monnaie, Alain Altinoglu a prolongé son mandat de Directeur musical jusqu'en 2031.

Le chef d'orchestre français est Directeur musical de La Monnaie depuis 2016 et il occupe cette même fonction auprès du Hr-Sinfonieorchester de Francfort (poste dont il vient également d'être prolongé jusqu'à la saison 2027/2028).

Ce renouvellement est de très bon augure pour le maintient du plus haut niveau musical à La Monnaie tant les représentations et les concerts dirigés par Alain Altinoglu sont des triomphes publics et critiques. Dans le contexte général de chaises musicales des postes de Direction musicale, ce renouvellement témoigne également d'une grande stabilité et d'une vision à longs termes.

 

Christina Scheppelmann succèdera à Peter de Caluwe

par

Première femme à occuper le poste de directrice générale du Théâtre royal de la Monnaie, Christina Scheppelmann succédera à Peter de Caluwe.

Après trois mandats de six ans à la direction générale du Théâtre royal de la Monnaie, Peter de Caluwe quittera ses fonctions le 1er juillet 2025 et se chargera de la programmation jusqu’à la fin de l’année 2025.

Christina Scheppelmann, actuellement à la direction générale de l’Opéra de Seattle, a été choisie parmi près de 25 candidatures après un processus de sélection rigoureux suite à un appel à candidature publié fin 2022. Née à Hambourg, Christina Scheppelmann navigue entre trois  continents, passant des opéras de Washington à Barcelone, la menant jusqu’à Seattle.

 

L'OPRL, Meilleur Orchestre Philharmonique étranger 2022

par

Le 12 juin dernier, l’Asociación de Críticos Musicales de la Argentina remettait une série de Prix pour couronner les meilleurs artistes classiques qui se sont produits en Argentine en 2022.
Cette association, fondée en 1988, se donne pour objectifs de contribuer au relèvement du niveau artistique et d’encourager le développement de l’activité musicale. Les Prix sont attribués par un jury de journalistes et de professionnels du monde de la musique.

Le Prix du « Meilleur orchestre philharmonique étranger 2022 » a été remis à l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, au Salon Dorado de l'Assemblée législative de la ville de Buenos Aires, en présence de Françoise Puissant Baeyens, Consule générale de Belgique.

Ce prix couronne le succès de la tournée en Amérique du Sud réalisée par l’OPRL en juin 2022. Sous la direction de Gergely Madaras, et avec le pianiste Nikolaï Lugansky, l’OPRL a donné 6 concerts en 8 jours, au Brésil (São Paulo), en Argentine (Rosario et Buenos Aires) et en Uruguay (Montevideo). L’orchestre liégeois était le premier orchestre étranger à revenir dans les plus grandes salles d’Amérique du Sud après la pandémie. Quatre concerts sold-out (à la Sala São Paulo, au Theatro Municipal de Rio de Janeiro et dans le mythique Teatro Colón de Buenos Aires - 2500 places !), plusieurs standing ovations et de très belles critiques de presse : un fierté pour l’OPRL qui y était accueilli par des sociétés de concerts comme « Cultura artistica » au Brésil (São Paulo) ou « Mozarteum Argentino » en Argentine (Buenos Aires), qui reçoivent depuis plus de 50 ans les plus grands artistes du monde.

David Moliner crée à Bâle des œuvres de Juan Antonio Serrano et Raimon Flores

par

Le samedi 24 juin, le compositeur et percussionniste David Moliner, originaire de Castellón, jouera au Musée Tinguely de Bâle la première mondiale de six œuvres écrites pour lui par des compositeurs de différentes nationalités, dont deux jeunes Espagnols : Dorothy Hindman (États-Unis), Seong Ae Kim (Corée du Sud), Rodrigo Espino (Mexique), José Manuel Guerrero (Venezuela), Juan Antonio Serrano (Espagne) et Raimon Flores (Espagne).

Les six œuvres sont le résultat d'un programme de mentorat promu par le musée et dirigé par Moliner lui-même depuis la fin de l'année dernière, et toutes ont pour prémisse d'établir un dialogue, à partir de différentes perspectives, avec l'art cinétique du sculpteur suisse. Aforisme I (2023), de Juan Antonio Serrano (Alcanar, 1997), cherche à recréer "les caractéristiques névrotiques des sculptures de Tinguely", ainsi que, parallèlement, à réaliser "un hommage au compositeur et artiste aux multiples facettes Carles Santos". Dans Cogs and Wheels (2023), Raimon Flores (València, 1994) cherche quant à lui à suggérer "l'image d'une machine" qui, au fur et à mesure qu'elle est "traversée par des interférences organiques, devient de plus en plus dysfonctionnelle".

Selon Moliner lui-même, toutes les œuvres utilisent une "instrumentation relativement minimaliste" et comportent une composante très importante de "dramaturgie vocale et corporelle (...), à travers laquelle elles tenteront de montrer une approche différente de la percussion".

Doris Stockhausen est décédée dans sa centième année.

par

Quatre ans plus âgée que son mari et sa première source d'inspiration, Doris Stockhausen est allée à l'encontre de sa riche famille hambourgeoise et s'est convertie au catholicisme pour l'épouser en décembre 1951. Ils eurent bientôt quatre enfants.

Lorsque Stockhausen tombe amoureux en 1957 de l'artiste Mary Bauermeister, Doris accepte qu'elle vive avec leur famille. Elle divorça finalement de Stockhausen en 1965, mais resta en bons termes avec lui.

Doris est la dédicataire de son œuvre-phare, Gesang der Jünglinge.
Mary est décédée au début de l'année, à l'âge de 88 ans.

Étienne-Nicolas Méhul,260 ans

par

Son père, Jean-François, fut d’abord maître d’hôtel du Comte de Montmorency puis modeste marchand de vin à la mort du Comte. Les parents ayant détecté les dons précoces du petit Étienne, mais étant trop pauvres pour lui offrir une éducation musicale régulière, l’enfant reçut ses premières leçons d'un pauvre organiste aveugle appelé « de Givet », dont on ne sait rien. Ses aptitudes étaient telles que, à dix ans, on le nomma organiste des Franciscains au couvent des Récollets, toujours à Givet.

En 1775, un musicien et organiste allemand de l'Abbaye de Schussenried, le moine Guillaume Hanser, fut engagé, par l'Abbé Remacle Lissoir, au Monastère de Laval-Dieu, non loin de Givet, pour y fonder une école de musique. Méhul devint son élève occasionnel, en contrepoint notamment, et son suppléant en 1778. Sur l'orgue de l'église du village qui est l'ancienne chapelle de l'Abbaye, on pouvait lire « Méhul a touché sur cet orgue sous le père Hanser moine et organiste de Laval-Dieu. » C'est pendant ce séjour que le musicien développa sa passion pour les fleurs et surtout pour la tulipe et la renoncule

Âgé de quinze ans en 1779, Méhul vint à Paris grâce à la générosité d’un mécène qui l’avait entendu à la tribune, armé d’une lettre de recommandation à l’intention de Gluck :

Il prit leçons chez Jean-Frédéric Edelmann, un claveciniste fort apprécié à Paris, installé depuis 1775, et lui-même ami de l’idole de Méhul, Gluck. Edelmann, d'origine strasbourgeoise, eut aussi Jean-Louis Adam pour élève et retourna dans sa ville natale dès la Révolution où il fut guillotiné à la fin de la Terreur en juillet 1794 comme robespierriste.
Dès son arrivée, Méhul assista à la première d’Iphigénie en Tauride et en fut très ému.

Ses premières armes de compositeur consistèrent à adapter des airs d’opéras populaires comme Thésée de Gossec. Une Ode sacrée de Jean-Baptiste Rousseau fut jouée au Concert Spirituel en 1782. La première composition publiée de Méhul fut un livre de trois sonates pour pianoforte en 1783 ; il avait tout juste vingt ans. En 1788, un nouveau recueil de sonates forme son opus II. Par ces publications, « Méhul s'imposait là comme l'un des meilleurs représentants de la première véritable école française de piano-forte… ».

En 1786, Méhul rejoint la loge maçonnique l’Olympique de la Parfaite Estime (constituée en 1782), dans sa partie musicale. En cela, il partage ce trait avec de nombreux musiciens de son siècle : Gossec, Cherubini, Devienne, Philidor, Pleyel, Saint-George, Viotti, etc. C'est dans cette loge que les symphonies parisiennes de Joseph Haydn furent interprétées (1787). Plus tard, il compose une musique de scène lyrique pour la Loge du Grand-Sphinx, dont il est membre, à l'occasion de la cérémonie funèbre du  de Henri Belleteste, membre de l'Institut d'Égypte.

Aidé et encouragé par Gluck, qui rend consciente sa vocation, Méhul envisage une carrière de compositeur dramatique. En 1785, l’écrivain Valadier lui offre le livret de Cora. Bien que présenté à l’Académie Royale de Musique, l’opéra ne sera monté que six ans plus tard.

À la même époque Méhul trouve, en la personne du librettiste François-Benoît Hoffmann, son collaborateur favori. Il donne le texte de son premier opéra représenté : Euphrosine, ou Le tyran corrigé. La première, à la Salle Favart le , fut un immense succès et a marqué le compositeur par le talent qu’on lui reconnut.

Sa carrière était lancée et c’était le début d’une longue relation avec le théâtre de la Comédie Italienne (renommé Opéra-Comique en 1793).

En dépit de l’échec de Cora, présenté seulement le , et de l’interdiction d’Adrien par la Commune de Paris pour raisons politiques en , Méhul a consolidé sa réputation avec des œuvres telles Stratonice (Favart, ) ou bien Mélidore et Phrosine (Favart, ).

Durant la Révolution, Méhul a composé de nombreux chants patriotiques et des pièces de propagande. Le plus célèbre étant le Chant du départ (1794) sur un poème de Chénier, qui est comme une seconde Marseillaise. L’engagement de Méhul fut récompensé par sa nomination à Institut de France en 1795, avec François-Joseph Gossec et André Grétry. La même année, il obtient un des cinq postes d’inspecteurs du Conservatoire de Paris, lors de sa fondation le 3 août, sous l'initiative de Bernard Sarrette, Capitaine de la Garde nationale. Le musicien en devint l'un des membres les plus dynamiques. Méhul est aussi « le plus important compositeur d’opéras en France pendant la Révolution8 ».

Dans la nouvelle institution, où il exerça jusqu'en 1816, il eut pour élève notamment Louis-Joseph-Ferdinand Herold.

Méhul était en bons termes avec Napoléon Ier : il devint l’un des premiers Français à recevoir la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur (1804), en même temps que François-Joseph Gossec et André Grétry.

En 1807 il obtient le second Prix de Rome (le premier n’est pas décerné) avec une Cantate Ariane à Naxos. Ce prix est partagé avec Fétis.

Le succès des opéras de Méhul ne fut pas si grand aux débuts du xixe siècle qu’à la fin du xviiie siècle, cependant des œuvres tel Joseph (1807) furent célèbres. Le Premier Consul Napoléon, qui appréciait beaucoup la musique vocale, récompensera l’ouvrage. Deux arias notamment : Champs paternels, Hébron, douce vallée et À peine au sortir de l’enfance furent très populaires. L’opéra fit carrière à l’étranger, particulièrement en Allemagne.

En revanche, l’échec de son opéra Les Amazones en 1811 (présenté à l’Opéra le 17 décembre) fut un coup sévère et a clos sa carrière de compositeur pour le théâtre. Il prit alors une retraite bien méritée, dans sa maison de Pantin, pour cultiver « les œillets, les oreilles d'ours et surtout les renoncules, les jacinthes et les tulipes, ses fleurs les plus favorites » (Cherubini).

En dépit de ses liens avec Napoléon, la carrière musicale de Méhul ne pâtit point de la Restauration, d'autant qu'il sut ne pas se compromettre durant les Cent jours. Ainsi il est nommé au Conservatoire en 1816. Retiré un temps à Hyères entre janvier et mai pour y trouver un peu de repos et un soulagement à sa phtisie (tuberculose), le compositeur mourut de cette maladie à Paris le matin du , chez lui, no  28 rue de Montholon, âgé de 54 ans.

 

 

 

Le Conservatoire Boito de Parme reçoit une partition rare de Wagner ayant appartenu à Toscanini a été formalisé.

par

À l'occasion de la Fête européenne de la musique, le Teatro Farnese de Parme accueille un événement baptisé "Il dono di Sigfrido" (Le don de Siegfried), avec un ensemble du Conservatoire "Arrigo Boito" de Parme dirigé par Pierpaolo Maurizzi. À cette occasion, la famille de Gino Gandolfi (1887-1977), célèbre chef d'orchestre de Parme, officialisera la donation au Conservatoire de la précieuse partition de cette dernière œuvre, celle-là même qu'Arturo Toscanini dirigea en 1930 à Bayreuth à l'occasion de la mort de Siegfried Wagner, fils de Richard, à qui l'œuvre était dédiée.

 

Ivor Bolton, Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique

par

Ivor Bolton, directeur musical du Teatro Real de Madrid, a été nommé Commandeur de l'Ordre le plus excellent de l'Empire britannique par le roi Charles III sur proposition du cabinet britannique, "pour services rendus à la musique".

Cette distinction fait partie des King's Birthday Honours, qui sont rendus publics lors de la célébration officielle de l'anniversaire du Roi du Royaume-Uni et des 15 communautés du Commonwealth, afin de reconnaître et de souligner les travaux et les bonnes actions des citoyens de ces pays.

Ivor Bolton est directeur du Teatro Real de Madrid depuis 2015. Le 29 mai, il a reçu le Prix Teatro Real. Le travail d'Ivor Bolton à la tête de l'Orquesta Titular del Teatro Real a contribué de manière décisive à la qualité de ses représentations, à sa plasticité stylistique reconnue et à son prestige national et international, explique le Teatro de Madrid dans un communiqué de presse.

Des «concerts secrets» pour découvrir le Canton de Genève

par
Ce concept, venu remplacer en 2021 celui des pianos en libre-service disposés dans de nombreuses communes, a une genèse bien particulière. «À la base, l’idée a émergé à cause des contraintes posées par le Covid, explique Jean-Daniel Conus, coordinateur à l’association Tako, laquelle gère le festival. En 2021, il était impossible, pour des raisons d’hygiène, de mettre à disposition les pianos comme nous le faisions d’habitude. De plus, nous ne pouvions donner directement le lieu du concert, ce qui aurait risqué de créer de trop gros attroupements.»

Le trio tchèque  Incendio reçoit cette année le Prix Hans Gál

par

L'ensemble fondé en 2016 se distingue "par sa clarté stylistique, son esprit et sa très grande sensibilité", a fait savoir mardi l'Académie des sciences et de la littérature de Mayence. "Les interprétations du trio témoignent de la plus grande responsabilité vis-à-vis du texte et de l'esprit du compositeur, associée à une interprétation artistique fascinante et à une capacité rare à déceler ce qui est caché 'entre les lignes'. Ils réussissent ainsi des représentations d'une densité et d'une atmosphère extrêmes", a déclaré le jury.

Le prix Hans Gál est décerné depuis 2020 à un ensemble international de jeunes talents. Le prix est doté de 10.000 euros. Cette année, la remise du prix doit avoir lieu le 1er décembre. La cérémonie sera associée à un concert des lauréats Karolina Františová (piano), Filip Zaykov (violon) et Vilém Petras (violoncelle), au cours duquel une œuvre de Hans Gál sera également interprétée.

Le prix Hans Gál rend hommage au compositeur, musicologue et pédagogue (1890-1987), qui fut directeur du conservatoire de Mayence de 1929 à 1933. En raison de ses origines juives hongroises, il fut mis en congé après la prise de pouvoir par les nationaux-socialistes et émigra d'abord en Autriche, puis en 1938 en Grande-Bretagne. En 1945, il obtient la nationalité britannique et enseigne à l'université d'Édimbourg jusqu'en 1955.

Le prix est décerné par l'Académie des sciences et de la littérature de Mayence et la fondation Villa Musica Rheinland. Les précédents lauréats étaient le quatuor à cordes Esmé de Cologne, le trio français Sōra et le quatuor Javus de Salzbourg.