Ferenc Erkel, né le à Gyula et mort le à Budapest) était un compositeur, pianiste et chef d'orchestre hongrois du xixe siècle, père de l'opéra national.
Ferenc Erkel met en musique l'hymne national hongrois d'après un poème de Ferenc Kölcsey (1790-1838) écrit en 1823 "Dieu bénisse les Hongrois". Erkel remporte le concours de 1844 pour sa mise en musique. Elle est interprétée pour la première fois à l'Opéra National de Budapest, mais ne devient officielle qu'en 1903. Quatre de ses sept fils ont fait carrière dans la musique : Gyula (1842-1909), Elek (1843-1893), László (1845-1896) et Sándor (1846-1900).
Lors de sa venue à Budapest en 1845, Hector Berlioz le rencontre et se montre très élogieux à son égard : « M. Erkel est un excellent et digne homme d'un grand talent : j'ai entendu (...) [son] opéra Hunyady (...). Il y a dans cette œuvre une foule de choses remarquables par leur originalité et surtout par la profondeur du sentiment qui les a dictées. C'est d'ailleurs purement écrit et instrumenté d'une façon très intelligente et très fine1 ».
Ferenc Erkel est aussi considéré comme l'un des joueurs d'échecs hongrois les plus forts du milieu du xixe siècle. Il commence à étudier sérieusement les échecs à partir de la fin des années 1830 et participe au match par correspondance Pest - Paris de 1842 à 1845 (les coups sont discutés collectivement avant d'être joués) que les Hongrois gagnent 2 à 0. En 1859, il fonde avec d'autres joueurs hongrois le premier club d'échecs de Pest, qu'il dirigera jusqu'à la fin de sa vie.
Le compositeur et chef d'orchestre allemand Franz Ignaz Danzi est né le à Schwetzingen et mort le à Karlsruhe.
Le père de Franz Danzi, Innocenz Danzi, est musicien de la Cour et premier violoncelliste de la chapelle de l’électeur palatin, alors la meilleure d’Europe. Il donne à son fils, en même temps qu’à sa fille Franziska Dorothea Danzi (devenue également compositrice), ses premières leçons, et lui enseigna les principes de la musique, du piano et du chant.
En composition, le jeune Danzi a uniquement une éducation pratique ; il apprend cet art seulement grâce à quelques notions d’harmonie puisées dans les livres, et à la lecture des partitions des grands maîtres. Cependant il reçoit quelques leçons de l’Abbé Georg Joseph Vogler, organiste et compositeur. À l’âge de douze ans, il a déjà écrit plusieurs morceaux pour le violoncelle, et ses progrès sur cet instrument sont si rapides, qu’à peine sorti de l’enfance, il est admis dans la chapelle comme membre de l’orchestre du Prince de Mannheim. Il compose son premier opéra Azakia, à Mannheim. En 1778, cette chapelle ayant été transportée à Munich, Danzi s'y rend et y succède à son père comme violoncelliste. L’année suivante il écrit son premier ouvrage pour le théâtre de la Cour.
Vers 1790, il épouse la fille du directeur du théâtre de Munich, Maria Margarethe Marchand. En 1791, Danzi demande et obtient un congé illimité pour voyager avec sa nouvelle épouse, cantatrice distinguée, dont le talent se développe grâce à ses leçons. Ils séjournent longtemps à Leipzig et à Prague. Danzi dirige dans ces deux villes l’orchestre de la troupe italienne de Guardatoni, et sa femme chante avec succès les rôles de Suzanne dans Le nozze di Figaro, de Caroline, dans Il matrimonio segreto, et de Nina, dans l’opéra de ce nom.
Pendant les années 1794 et 1795, il parcourt l’Italie avec sa femme, et ils s’y font remarquer pour leurs talents, particulièrement à Venise et à Florence. Un problème de santé de sa femme oblige Danzi à revenir à Munich ; il y arrive en 1797, et dans la même année il obtient le titre de vice-maitre de la chapelle électorale. Lorsque Maria Danzi succombe à une maladie de poitrine en 1799, à l’âge de 32 ans, il est frappé si douloureusement de cette perte qu’il ne peut remplir ses fonctions à la Cour pendant plusieurs années ; lorsqu’il lui faut ensuite diriger des opéras où sa femme a chanté, il éprouve des émotions si pénibles qu’il prend finalement la résolution de s’éloigner de Munich.
En 1807, il se rend à Stuttgart, où il est nommé maitre de chapelle du Roi de Wurtemberg et superviseur des instruments à vent au conservatoire de Stuttgart ; mais les changements politiques qui surviennent dans la région l’année suivante l’obligent à aller chercher fortune ailleurs. Il va à Karlsruhe, et la Cour de Bade lui accorde le même titre qu’à Stuttgart, et un traitement suffisant pour assurer son existence. Depuis lors il ne quitte plus Karlsruhe, où il finit par mourir.
Comme chef d’orchestre, il soutient l’œuvre de son ami Carl Maria von Weber, qu’il influence également comme compositeur. Par son style, on peut le considérer comme un des pionniers du romantisme. Les compositions religieuses et instrumentales de Danzi lui font la réputation d’un savant musicien en Allemagne mais, dans ses opéras, il sacrifie souvent les convenances dramatiques à des effets d’instrumentation ou à des combinaisons harmoniques dépourvues du charme de la mélodie, alors qu’il connaît bien l’art du chant et qu’il l’enseigne à merveille.
La soprano Asmik Grigorian et la basse Michael Wagner font partie des nominés pour le Prix autrichien du théâtre musical 2023.
48 nominations au total sont prévues cette année dans 13 catégories, ont annoncé mercredi les organisateurs. Les productions et les artistes pouvaient être proposés pour le prix. La remise des prix aura lieu le 7 septembre à l'hôtel de ville de Vienne.
Le Volksoper Wien est en tête du classement des maisons avec neuf nominations, suivi du Tiroler Landestheater Innsbruck (sept) et du Theater an der Wien (six). Ces trois institutions concourent par exemple dans la catégorie "Meilleure production globale d'opéra", tout comme l'Opéra de chambre de Vienne. Deux chanteurs concourent pour le titre de "Meilleur rôle principal (masculin)" : Andreas Schager dans le rôle de Tristan dans "Tristan et Isolde" et Georg Nigl dans le rôle d'Orfeo dans "L'Orfeo", tous deux dans des productions de l'Opéra d'État de Vienne. La Haus am Ring peut espérer recevoir cinq prix au total.
Les nominations et les lauréats seront décidés par un jury d'experts composé de douze journalistes culturels et présidé par Heinz Sichrovsky (ORF III) et Joachim Leitner (Tiroler Tageszeitung). Il existe en outre une distinction pour l'œuvre d'une vie et un prix des médias.
Le Prix autrichien du théâtre musical est décerné depuis 2013 pour des prestations exceptionnelles dans l'opéra, l'opérette, la comédie musicale et le ballet. L'organisateur est l'association Art Projekt.
Le Réseau européen de musique ancienne a décidé, lors de son assemblée générale à Pavie, d'annoncer l'ouverture officielle de son réseau à toutes les organisations travaillant dans le domaine de la musique ancienne.
Cela représente le début d'une nouvelle et importante étape dans le développement de l'organisation, étant donné qu'ouvrir ses portes à toutes les structures, tant européennes que d'autres continents, signifie "encourager une réflexion profonde et collaborative pour promouvoir et développer la musique ancienne dans toute sa richesse".
Pour Veerle Declerck, Présidente du REMA : Cette ouverture est le résultat d'une préparation minutieuse et d'un vote démocratique. Cette extension est une démonstration claire de l'engagement fort de nos membres à travailler en étroite collaboration avec tous les acteurs du secteur pour façonner l'avenir de la musique ancienne.
Au cours des deux dernières années, le REMA a mené une phase expérimentale d'ouverture qui a permis à une trentaine d'organisations représentant un large éventail de structures de musique ancienne, telles que des instituts de recherche, des maisons de disques, des conservatoires et des ensembles, de participer activement à ses activités. Ces "collaborations fructueuses nous ont permis de préparer au mieux cette ouverture officielle". Dans le cadre de cette inauguration officielle, le REMA lancera un appel à candidatures pour rejoindre l'institution, qui restera ouvert pendant deux mois à partir du mois d'août, afin que toutes les organisations intéressées puissent soumettre leur candidature. Chaque année, le REMA sélectionnera un nombre limité d'organisations afin d'assurer une croissance maîtrisée et une transition en douceur.
Toutes les informations relatives au lancement officiel du REMA et à l'appel à candidatures seront publiées prochainement sur le site Internet du REMA, où de plus amples détails sur la procédure de candidature, les critères de sélection et les avantages offerts aux futurs membres potentiels seront disponibles.
Le Ravinia Festival a choisi la violoniste américano-japonaise Midori comme directrice artistique du programme de piano et de cordes du Ravinia Steans Music Institute.
Elle remplace la violoniste roumano-israélienne Miriam Fried, qui se retire après trois décennies.
Reconduction de Barbara Dragan à l'Orchestre National de France
Barbara Dragan, cheffe polonaise de 34 ans, est reconduite en tant que jeune cheffe associée de l'Orchestre National de France pour la saison 2023-24 après une année très riche. Elle avait été nommée à ce poste au début de la saison 2022-2023.
A ce titre, elle assistera le directeur musical du National Cristian Măcelaru durant ses séries de concerts, ainsi que certains chefs invités.
Elle dirigera le concert du 13 janvier 2024 et présentera au public la musique de Léna et l’Orchestre de Mathieu Lamboley, musique que l'orchestre a enregistrée avec elle en septembre dernier pour la prochaine parution d'un livre-disque chez Gallimard.
Elle sera à la tête du premier concert de l'édition 2024 de Viva l'Orchestra, projet regroupant les musiciens amateurs encadrés par les musiciens professionnels du National donnant lieu à deux concerts en public au mois de juin à l'Auditorium de Radio France. Enfin, elle dirigera les répétitions du National pour le grand projet mené par Radio France autour de la musique du film Napoléon d'Abel Gance.
Barbara Dragan est invitée au concours Mahler de Bamberg (juillet 2023) et à la 58e édition du concours international de jeunes chefs d'orchestre de Besançon (septembre 2023).
Au cours de la saison 21-22, Barbara Dragan a été Conducting Fellow à l'Opéra de Dallas et a fait ses premières apparitions aux festivals de Cabrillo (Santa Cruz) et de Ravinia (Chicago).
Elle est lauréate du Taki Alsop Conducting Fellowship (TACF). Elle a pris part à différents concours durant la saison 21-22, notamment au Deutsche Dirigentenpreis de Cologne, au concours Evgeny Svetlanov de Monaco et à la Princess Astrid International Music Competition de Trondheim.
Elle est diplômée de la Hochschule für Musik und Theater de Hambourg, de l'Universität der Künste de Berlin et de l'Université de musique Frédéric Chopin de Varsovie. Elle est née dans une famille polonaise de scientifiques. Elle a commencé à jouer du violon à l'âge de cinq ans. Tout en étudiant le violon et le hautbois, elle a passé ses examens de fin d'études en mathématiques avancées et en physique.
L'administration du Sénat de la culture de Berlin rend hommage au pianiste et chef d'orchestre Claudio Abbado (1933-2014) en apposant une plaque commémorative. Le chef d'orchestre principal de l'Orchestre Philharmonique de Berlin a vécu jusqu'en 2001 dans la Ludwigkirchstraße à Wilmersdorf. La plaque commémorative doit être dévoilée fin juin.
Fin 1989, Claudio Abbado a été élu par les musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Berlin comme successeur de Herbert von Karajan en tant que chef d'orchestre permanent et directeur artistique de l'orchestre, en plein bouleversement suite à la chute du Mur. Abbado a posé des jalons en matière de programmation pendant la décennie qu'il a passée à ce poste : il a développé des cycles de concerts thématiques, jeté des ponts entre les concerts, les théâtres, les cinémas et les musées et créé les Rencontres de Berlin, une série de concerts qui permettait à de jeunes talents exceptionnels de jouer avec des collègues expérimentés.
Après le diagnostic d'un cancer de l'estomac en 2000, Claudio Abbado a dû faire une pause, mais il a dirigé l'Orchestre Philharmonique de Berlin pendant deux saisons supplémentaires. Après le départ de Berlin (2002), Abbado a poursuivi son travail avec différents autres orchestres et a fondé, en 2003, le Lucerne Festival Orchestra.
Claudio Abbado a reçu de nombreuses distinctions pour sa carrière musicale, dont la Croix fédérale du mérite, la Croix de la Légion d'honneur, la Médaille Mahler et plusieurs doctorats honorifiques.
Les plaques commémoratives berlinoises sont un programme du Land de Berlin, intégré dans le programme de soutien "Marquages historiques de la ville de l'administration du Sénat pour la culture et la cohésion sociale".
Culture en Suisse : le Conseil fédéral propose une enveloppe d'1 milliard pour 2025-2028
Le Conseil fédéral compte réorienter sa politique culturelle après la crise due au coronavirus. Il a mis vendredi en consultation jusqu’au 22 septembre le message culture avec une enveloppe globale d’un peu plus d’un milliard de francs pour la période 2025-2028. La crise du coronavirus a mis au jour certaines faiblesses systémiques du secteur culturel, constate le gouvernement. La situation de nombreux acteurs des milieux culturels est précaire, notamment en matière de sécurité sociale.
L’Office fédéral de la culture (OFC) a ainsi analysé les enjeux actuels de la culture en Suisse au terme de la crise sanitaire. Au terme de cette analyse, l’OFC, Pro Helvetia et le Musée national suisse ont décidé de réorienter leurs activités dans six champs d’action.
Dans le domaine de l’environnement professionnel des acteurs de la culture, la Confédération compte prendre des mesures en faveur d’une rémunération équitable et d’un renforcement de leur sécurité sociale. Elle souhaite des conditions-cadres équitables, en prenant en compte les recommandations des associations professionnelles.
Parallèlement, la Confédération souhaite adapter l’encouragement à la culture, de sorte qu’elle considère mieux les phases de travail avant et après la production. Elle veut aussi mieux tenir compte des nouvelles formes numériques et hybrides de production et de diffusion dans ses activités d’encouragement.
Le patrimoine, lui, doit être valorisé. La stratégie pour une culture du bâti doit être développée. Elle s’accompagne de mesures visant à soutenir la durabilité dans le secteur et à promouvoir la cohésion sociale.
Une enveloppe globale de 942,8 millions de francs avait été sollicitée pour la précédente période.
Hans-Hermann Rehberg, ancien directeur du Rundfunkchor Berlin, honoré
L'ancien directeur du Rundfunkchor Berlin, Hans-Hermann Rehberg, a reçu dimanche la Croix fédérale du mérite sur ruban.
Hans-Hermann Rehberg est né en 1956 dans l'Altmark (Saxe-Anhalt). Il a étudié le chant à Leipzig. Après avoir passé cinq ans dans l'ensemble de la Musikalische Komödie de Leipzig, le baryton a rejoint le chœur de la radio en 1981. Après la chute du mur, à partir de 1990, il a dirigé l'ensemble en tant que manager jusqu'à son départ à la retraite en juillet 2022.
Rehberg était un directeur aussi discret que charismatique, qui a fait évoluer le chœur de la radio, originaire de l'Est, d'une simple formation sonore radiophonique à un chœur de concert de premier plan, tant au niveau international que dans l'Allemagne unifiée.
Le manager a sa propre explication pour le ton sombre et chaud du Rundfunkchor. Lorsqu'il a rejoint le chœur, les chanteurs étaient sociables et passaient également leur temps libre ensemble. Nous avons pu conserver ce sentiment d'appartenance pendant de nombreuses années, explique Rehberg. Je pense que l'interaction sociale a aussi une composante sonore.
Découverte du premier portrait connu du compositeur Gaetano Brunetti
Musicien favori du roi Charles IV, Gaetano Brunetti (1744-1798) fait l'objet depuis quelques années d'un intense travail de récupération de la part des musicologues et des interprètes.
Originaire de Fano (Italie), il s'installe à Madrid vers 1760 et s'impose comme violoniste à la Chapelle royale de Charles III jusqu'à devenir directeur de la Chambre royale (1796) sous le règne de Charles IV. La musique de Brunetti, imprégnée des principes du classicisme naissant, n'a pas eu la diffusion européenne atteinte par Boccherini, mais elle révèle d'excellentes qualités dans le domaine de la musique de chambre (où se distinguent les quatuors à cordes) et de la musique orchestrale (avec plus de 30 symphonies).
Jusqu'à présent, aucune image de Brunetti n'était connue, mais un communiqué conjoint du Festival Brunetti de Colmenar de Oreja, de l'association Ars Hispana et de la Camerata Antonio Soler annonce la découverte d'un portrait du musicien mis au jour après presque deux siècles d'absence. Les musicologues d'Ars Hispana ont pu retrouver le portrait, qui était associé à celui de son épouse Saturnina de Soria, jusqu'à ce qu'il soit vendu à Madrid en 1837.
Le portrait est apparu en mai dernier chez un antiquaire espagnol, où il a été repéré par un membre de l'Asociación Amigos del Museo Ulpiano Checa y de la Historia de Colmenar de Oreja (Association des amis du musée Ulpiano Checa et de l'histoire de Colmenar de Oreja). La toile, dont les dimensions correspondent à celles de l'expertise, représente un homme d'âge moyen portant un manteau bleu brodé d'or et une veste assortie. Sa main droite repose sur une feuille de musique, à l'imitation des autographes du compositeur, sur laquelle on peut lire "Originale Brunetti 1782". Cayetano Brunetti devait avoir 38 ans à l'époque. Le tableau ne porte pas de signature qui confirmerait la paternité du peintre.
Le portrait de Brunetti a été acquis par le groupe théâtral Zacatín, l'association Ars Hispana et la Camerata Antonio Soler et sera ensuite donné au musée Ulpiano Checa de Colmenar de Oreja, où il sera exposé dans un avenir proche. La relation de Cayetano Brunetti avec Colmenar de Oreja a commencé à l'âge de 18 ans, lorsqu'il a épousé la Colmenareta Saturnina de Soria, et a duré jusqu'à la fin de ses jours.
Il a été enterré dans la chapelle de Nuestra Señora del Amparo (aujourd'hui appelée "del Perdón") de l'église paroissiale de Colmenar de Oreja.