Le Journal

Elīna Garanča annule Salzbourg

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Le Festival de Pâques de Salzbourg a annoncé que la mezzo-soprano lettone Elīna Garanča a été contrainte d'annuler ses débuts dans le rôle de Vénus lors des représentations de Tannhäuser prévues à Salzbourg dans quelques jours.

Elle sera remplacée par la chanteuse britannique Emma Bell, qui rejoint la distribution menée notamment par Jonas Kaufmann, Christian Gerhaher et Georg Zeppenfeld, le tout sous la direction d'Andris Nelsons avec son orchestre du Gewandhaus de Leipzig.

Décès de Bernard de Launoit, président de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth

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Bernard de Launoit, CEO et président exécutif de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, est décédé ce jeudi à l'âge de 59 ans.

"Bernard nous a quittés, entouré des siens, d'une maladie contre laquelle il s'est battu de toutes ses forces depuis 6 mois. Un combat exemplaire", souligne son équipe. "Nous nous souviendrons de lui comme quelqu'un ayant vécu sa vie avec passion. Une passion dévorante pour l'art sous toutes ses formes et un amour infini de la musique classique", ajoute-t-elle. "Il a mené la barre de la Chapelle Musicale durant près de 20 ans, l'amenant à rayonner à travers le monde, sous le signe inconditionnel de l'excellence."

Après une licence en Sciences Économiques à l'Université Libre de Bruxelles, Bernard de Launoit débute son parcours dans le domaine des arts à la fin des années 80, en travaillant au Musée d'art contemporain d'Anvers (Muhka). Il rejoint ensuite la Galerie Isy Brachot à Bruxelles et Paris, avant de devenir durant cinq ans (de 1994 à 1999) administrateur délégué de la maison de vente aux enchères Christie's Belgium.

Fils du Président du Concours Reine Elisabeth Jean-Pierre de Launoit, Bernard de Launoit rejoint un temps l'Orchestre des Champs-Élysées à Paris et compte parmi les fondateurs de la Fondation Magritte. C'est à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth qu'il s'établira finalement durant près de deux décennies.

 

La cheffe Marie Jacquot à l'Orchestre Symphonique de Vienne

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L'Orchestre Symphonique de Vienne, qui a perdu son directeur musical l'année dernière, a nommé Marie Jacquot comme premier chef invité à partir de septembre.

La cheffe parisienne (32 ans), est l'assistante de Kirill Petrenko.
En août 24, elle deviendra chef principal du Théâtre royal danois à Copenhague.

Les BBC Singers en voie de sauvetage

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La BBC a publié ce matin, à 9h30, le communiqué suivant :

"La BBC a reçu des approches de la part d'un certain nombre d'organisations proposant des modèles de financement alternatifs pour les BBC Singers. Nous avons convenu avec le syndicat des musiciens de suspendre la proposition de fermer les BBC Singers pendant que nous étudions activement ces options. Si elles sont viables, ces options alternatives assureront l'avenir de l'ensemble.
Nous pouvons également confirmer que les BBC Singers participeront aux BBC Proms de cette année.
Nous savons que les BBC Singers sont très appréciés par la communauté classique et que leur professionnalisme, leur qualité et leur réputation n'ont jamais été remis en question. Nous avons toujours dit que ces décisions étaient difficiles à prendre. C'est pourquoi nous voulons explorer pleinement les options qui nous ont été présentées pour voir s'il existe une autre voie à suivre. La BBC doit encore faire des économies et prévoit toujours d'investir plus largement dans l'avenir du chant choral au Royaume-Uni.
La BBC, en tant que plus grand commanditaire de musique et l'un des plus grands employeurs de musiciens du pays, reconnaît qu'elle a un rôle vital à jouer dans le soutien de la musique orchestrale et chorale.
Nous continuerons à dialoguer avec le syndicat des musiciens et les autres syndicats de la BBC au sujet de nos propositions concernant les orchestres anglais de la BBC. Nous nous engageons à mener des consultations sérieuses et à éviter, dans la mesure du possible, les licenciements obligatoires".

Esther Hoppe, directrice artistique de la Camerata Zürich

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La violoniste née à Zoug (Suisse) occupera le poste à partir de la saison 2025-26. Successeure d'Igor Karsko, elle sera également premier violon.

Esther Hoppe s'est fait un nom au niveau international en tant que soliste, musicienne de chambre et pédagogue. Après des études à Bâle, Philadelphie, Londres et Zurich, elle a notamment remporté le Concours international Mozart de Salzbourg.
Le trio Tecchler, qu'elle a cofondé (2003 - 2011), a remporté le Deutscher Musikwettbewerb, le Prix Crédit Suisse et le ARD-Musikwettbewerb.
De 2009 à 2013, Esther Hoppe a été premier violon solo de l'Orchestre de Chambre de Munich.
Depuis 2013, elle est professeur de violon à l'Université Mozarteum de Salzbourg.

La Zarzuela, "Manifestation représentative du patrimoine culturel immatériel"

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La Zarzuela sera déclarée manifestation représentative du patrimoine culturel immatériel. C'est ce qu'a décidé le Conseil du patrimoine historique -organe auquel participent les directeurs généraux du patrimoine culturel de toutes les communautés autonomes et qui est convoqué par le ministère de la Culture et des Sport - lors de sa réunion à Lanzarote (Îles Canaries).

En prenant cette décision, le Conseil a tenu compte du fait que la zarzuela est un genre lyrique né en Espagne au XVIIe siècle comme spectacle de cour, qui a évolué jusqu'à nos jours, se transmettant de génération en génération, devenant un signe distinctif de la culture espagnole pour sa versatilité et sa capacité à s'adapter à des contenus et des styles musicaux différents. En outre, son lien avec les thèmes populaires et sa recréation constante par la communauté lui ont permis de s'intégrer à l'imaginaire culturel. De plus, son expansion dans le monde hispanique avec une production spécifique en fait un témoin de la diversité des peuples qui composent le patrimoine identitaire hispanique.

Il s'agit du premier pas sur la voie de la reconnaissance de la zarzuela comme patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO, une candidature promue par le Teatro de la Zarzuela et son directeur artistique Daniel Bianco, sur laquelle ils ont travaillé activement avec un comité d'experts en la matière.

Nicolò Umberto Foron remporte la Donatella Flick LSO Competition (DFCC)

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Le jeuyne chef d'orchestre italo-allemand Nicolò Umberto Foron (25 ans) a remporté la Donatella Flick LSO Competition (DFCC) à Londres. Il reçoit un prix de 15.000 livres sterling (environ 17.000 euros) et peut participer un an aux répétitions et aux concerts du London Symphony Orchestra (LSO) en tant que chef assistant.

Parmi les 20 participants, l'excellente combinaison de charisme, d'énergie, de technique et de musicalité de Foron a le plus grand potentiel pour un avenir professionnel passionnant, a déclaré le président du jury David Alberman, violoniste du LSO.
Au total, 80 chefs eujropéens de moins de 30 ans avaient posé leur candidature.

Né à Gênes en 1998, Nicolo Umberto Foron a d'abord étudié le piano avec Karl-Heinz Kämmerling au Conservatoire de Hanovre et la direction d'orchestre avec Jormal Panula. À l'âge de 16 ans, il a commencé ses études de direction d'orchestre au Conservatoire d'Amsterdam, puis au Royal College of Music et à la Royal Academy of London. Foron est premier chef d'orchestre assistant de l'Ensemble Intercontemporain à Paris. En 2022, il a été sélectionné pour le programme de mentorat de Peter Eötvös et comme Conducting Fellow au festival de Tanglewood. Cette saison, il fait notamment ses débuts avec l'Orchestre National de Montpellier, la Staatskapelle de Weimar et l'Académie Mendelssohn de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.

Le DFCC a été créé en 1990 par la philanthrope italienne Donatella Flick afin de soutenir les jeunes chefs d'orchestre au début de leur carrière. Il a lieu tous les deux ans et compte parmi les concours de direction d'orchestre les plus importants au monde. Parmi les lauréats précédents, on compte les Français François-Xavier Roth (2000) et Alexandre Bloch (2012) ainsi qu'Elim Chan de Hong Kong (2014), la première femme à remporter le concours.

Le gouvernement autrichien sauve l'orchestre de la radio

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Les plans du radiodiffuseur national ORF visant à supprimer l'Orchestre Symphonique de la radio de Vienne ont été rejetés par le gouvernement fédéral, après un tollé musical dans toute l'Europe.

L'ORF a été prié de procéder à d'autres coupes budgétaires, pour un montant de 300 millions d'euros sur les trois prochaines années.

La secrétaire autrichienne à la culture, Andrea Mayer, a déclaré qu'il n'est pas question de procéder à des économies sur cet orchestre d'envergure internationale.

Maria Malibran, 215 ans

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Rue de Condé,  la plaque commémorative.

Elle est la fille de Manuel Garcia, ténor célèbre à l'époque, né en 1775 à Séville, et de Joaquína Sitchez, chanteuse soprano, née en 1780 à Barcelone. Elle est la sœur aînée de Pauline Garcia, dite Viardot, plus jeune qu'elle de 13 ans.

Les trois premières années de Maria se déroulent paisiblement dans un foyer « uni et aisé ». Son père rayonne autant sur scène, au Théâtre des Italiens, que dans les salons mondains, tandis que Maria fait ses premiers pas au jardin du Luxembourg et qu’un peu plus tard, sa mère lui apprend à lire, écrire, et compter.

En 1811, la famille Garcia déménage à Naples où le père de Maria a été appelé par le Roi Joachim Murat qui vient de le nommer Maître de sa Chapelle privée après l’avoir écouté au San Carlo. Avant le départ, Manuel remporte un dernier succès dans la capitale française à l’occasion des festivités données en l’honneur de la naissance de l’Aiglon, fils de Napoléon et de Marie-Louise d’Autriche.
La famille Garcia passe quatre années à Naples, "totalement rythmées par la musique". Manuel Garcia et sa femme Maria se produisent régulièrement au San Carlo, tandis que leurs deux premiers enfants, Manuel Garcia fils et Maria, apprennent le solfège et la musique avec le pianiste Hérold et le compositeur Panseron. Maria impressionne beaucoup Hérold qui écrit dans ses Mémoires que depuis Mozart, on n'a jamais vu de vocation si énergiquement prononcée pour la musique.

En 1813, Maria, alors âgée de cinq ans, fait ses premiers pas sur scène en jouant un rôle secondaire dans L’Agnese (Agnès) de Ferdinando Paër, qui consiste à apporter une lettre à son père lorsqu’il chante avec la soprano ; son neveu Louis Héritte-Viardot raconte qu'un soir, la soprano a une défaillance et que Maria prend sa suite en chantant l'air au pied levé, à la stupéfaction et à la grande joie du public. À Naples, Manuel Garcia fait également la connaissance de personnages importants, dont le ténor âgé Giovanni Ansani avec lequel il perfectionne son chant, et Rossini, alors à ses débuts, avec qui Maria et lui resteront amis à vie.

En 1815, c’est la chute de l’Empire français, suivie de celle des Murat. Les Bourbons reprennent possession du trône de Naples. Les Murat détrônés, l’engagement de Garcia ne tient plus. Il s’en va donc à Rome avec sa famille et Rossini. L’hiver de cette même année, à la demande du Duc de Sforza-Cesarini, Rossini compose Le Barbier de Séville et le rôle du Comte Almaviva est attribué à Manuel Garcia.

En 1816, la famille Garcia revient à Paris où Manuel ouvre une école de chant au Palais-Royal, rue de Louvois. Sa notoriété et sa technique lui attirent des élèves qui feront de carrière, tels le haute-contre Adolphe Nourrit. Il assure aussi la formation vocale de Maria, mais la voix de sa fille est rebelle. Le père et la fille ont tous les deux un caractère fort, aussi les leçons tournent-elles la plupart du temps au conflit. Son père lui impose un enseignement terrifiant, tant par son rythme que par son exigence : Maria ne doit manger que ce qui est bon pour sa voix, il lui interdit de se promener, de faire la grasse matinée, d'aller rire et s'amuser avec d'autres filles de son âge -elle se doit déjà corps et âme au chant.

En 1824, les Garcia partent pour Londres où le père de Maria a été engagé pour chanter les opéras de Rossini au King's Theatre.
Le grand lancement de Maria a lieu en 1825. Le  de cette année-là, Giambattista Velluti, le dernier des grands castrats, se produit au King's Theatre. Parmi les œuvres interprétées figure le duo de Roméo et Juliette, de Zingarelli ; mais aucune soprano ne veut se mesurer à la voix et la ligne vocale sans failles du chanteur. Le directeur du théâtre, John Ebers, cherche alors une voix capable de relever le défi et demande l’aide de Garcia qui propose sa fille de dix-sept ans. Le directeur accepte. Le soir de la représentation arrive, et Velluti lance son fameux « canto fiorito » -art d‘enjoliver la partition en ajoutant plus de nuances, de modulations, de vocalises et d’effets de rythme- que Velluti possédait à un très haut degré et qui a fait sa célébrité. Lorsque vient le tour de Maria, celle-ci ajoute encore plus de fioritures que le chanteur. Le public lui fait une telle ovation qu’en sortant de scène, Velluti, jaloux, lui pince le bras avec véhémence, en la traitant de briccona (coquine).

Voyant le grand succès de Maria, John Ebers l’engage pour chanter Rosine du Barbier de Séville. Ce rôle, dans lequel elle débute à partir du  de cette même année et qu’elle chante pendant six semaines, lui permet de connaître un succès qui s’amplifie au fur et à mesure des représentations. Il croît aussi lorsque Maria chante, avec la troupe de son père, Il Crociato en Egitto (Le Croisé en Égypte) de Meyerbeer dans le rôle de Felicia à Londres, Manchester, et Liverpool.

À Liverpool, le , la famille Garcia et sa troupe embarquent dans un brick de la Black Ball Company en partance pour New York, désirant faire découvrir l‘opéra aux Américains. Ils y arrivent le  après trente-sept jours de navigation dans des conditions difficiles, et s'installent dans un hôtel qui leur a été réservé par Stephen Price, le directeur du Park Theatre de Manhattan qui, avec le librettiste de Mozart, Lorenzo Da Ponte et le milliardaire Dominick Lynch, grand amateur d’opéra et importateur de vins français, est à l’origine de ce voyage. Le , la troupe représente Le Barbier de Séville. C’est un triomphe et une recette de trois mille dollars, une somme élevée pour l’époque. Les mois suivants la troupe joue successivement à New York TancrèdeOthelloCendrillon et Le Turc en Italie de Rossini, Roméo et Juliette de Zingarelli, deux opéras de Garcia, L’Amante Têtue et La Fille de l’air et, pour finir, Don Giovanni de Mozart, le .
Tous furent accueillis avec enthousiasme.

La beauté de Maria séduit à New York. Le premier homme à la courtiser est le poète Fitz-Greene Halleck. Mais le père de Maria ne l’apprécie pas et, voyant que Maria n’est pas insensible au charme du poète, le somme d’arrêter ses avances. Puis vient Eugène Malibran. Il fait sa cour avec respect et n’oublie jamais, à chacune de ses visites,  d’apporter "des fleurs, des chocolats, et autres friandises". Au bout de quatre mois, Maria est conquise et veut se marier avec lui, surtout, selon son fils, pour échapper à la férule paternelle. Au début ses parents refusent -Eugène Malibran a une cinquantaine d’années et María pas encore 18 ans- puis, après quelques disputes, son père finit par accepter. Le mariage est prononcé par le Consul de France à New-York, le 23 mars 1826. Avec son époux, Maria s’initie au sport. Il lui apprend à nager et à monter à cheval. L’équitation va d’ailleurs devenir sa seconde passion après le chant.

Mais la scène lui manque. De plus, les affaires de son mari, qui a manifestement menti sur la réalité de ses finances, vont très mal, il est au bord de la faillite, la dot de Maria ne suffit pas à renflouer sa trésorerie. Maria tente de remonter ses finances en créant une troupe qui se produit sur la scène du Bowery Theater. Cette fois, elle abandonne le répertoire italien et choisit de jouer les comédies légères françaises et anglaises, plus faciles à monter. Le succès est immense. Maria l’entretient en chantant dans les églises le dimanche. Elle est bientôt engagée à Philadelphie. Son mari à nouveau en faillite, Maria le quitte et s'embarque pour la France au début de novembre. Elle débarque au Havre le  1827.


Maria Malibran (vers 1831), par Henri Decaisnemusée Carnavalet.

Elle fait son retour sur la scène parisienne durant l’hiver 1828, lors d’un concert de charité à la salle du conservatoire de la rue Bleue. C'est un succès. Elle s’installe au numéro 23 de la rue Neuve-Saint-Eustache, chez ses deux belles-sœurs avec lesquelles elle devient amie. Mais celles-ci la surveillent pour le compte de leur frère, le mari de Maria. Le découvrant, elle écrira à son mari : Si j’avais des dispositions à être mauvaise ou à me laisser entraîner par la séduction, tu serais là, le Père éternel y serait aussi que cela ne ferait rien ! […] Je ne veux que ce qui est bien. Quand bien même les anges du ciel viendraient me tenter, je résisterais comme saint Antoine.

Avec l’aide du comédien Nicolas Bouilly, relation de son père grâce auquel elle a pu chanter au conservatoire de la rue Bleue, elle donne des concerts de charité qui la font connaître et où elle connaît continuellement le succès. Par la suite, elle se produit au salon de son amie Mercedes, désormais Comtesse Merlin puisque mariée au Général Comte Christophe Merlin. Le salon, situé rue de Bondy, est alors l'un des plus renommés de Paris. Il est fréquenté par des artistes tels que George Sand, Balzac, Mérimée, ou Rossini. Elle est ensuite invitée à chanter chez la Duchesse de Berry, aux Tuileries.

Le  (le 12 selon les mémoires de son fils), elle chante à l’Opéra pour le bénéfice du chanteur Galli. Elle y interprète un acte de Sémiramis de Rossini, en duo avec la contralto Benedetta Pisaroni, puis un acte de Roméo et Juliette avec Hariett Smithson, et finit avec la soprano allemande Henriette Sontag. Le public l’ovationne et l’Opéra lui propose un autre engagement, qu’elle refuse parce qu’elle n’aime pas le grand opéra français. Le Théâtre Italien lui fait une autre proposition qu'elle accepte, avec un cachet de soixante-quinze mille francs pour sa nouvelle saison. Son frère Manuel rejoint lui aussi la troupe du Théâtre Italien, ce qui leur permet de chanter ensemble. Elle commence la saison dans le rôle-titre de Sémiramis. C’est un grand succès populaire. Elle rencontre le même succès dans OthelloLa Cenerentola et Roméo et Juliette. Elle prend ensuite trois mois de vacances chez son amie la Comtesse de Sparre, au château de Brizay, en Touraine. La Comtesse lui conseille de ne plus loger chez ses belles-sœurs : en effet, après l’avoir bien accueillie, elles lui lancent souvent des piques. Dès son retour à Paris, elle va loger rue d’Artois, chez Madame Naldi qui, bientôt, gère ses contrats. Maria revient au Théâtre des Italiens.

En 1829, elle fait une tournée à Londres puis en Belgique (Bruxelles et Chimay). C'est au Château de Chimay qu'elle rencontre Charles-Auguste de Bériot, premier violoniste du Roi des Pays-Bas. Immédiatement, elle éprouve pour lui un amour qui est réciproque et ils deviennent amants.

Portrait de Maria Malibran, par Ary Scheffer, 1831

Le , le père de Maria meurt. Elle invite sa mère et sa jeune sœur à résider dans la villa que Charles-Auguste de Bériot a fait construire à Ixelles. Toute l'année, elle est en tournée à Rome, à Naples et à Bologne.

Le , à Paris, elle donne naissance à Charles-Wilfrid de Bériot. En juin, elle est en tournée à Londres où elle se lie d’amitié avec Vincenzo Bellini. Le , elle chante dans Le Mariage de Figaro à Covent Garden.

En 1834, la Malibran fait un tour de chant dans les grandes villes d'Italie -Bologne, Milan, Modène, Senigallia, Lucca et Florence- où elle chante souvent avec sa demi-sœur, Josefa Ruiz García.

Le , l'annulation par le tribunal de la Seine de son mariage avec Eugène Malibran, obtenu sur la base d'une erreur juridique, est finalement prononcée.
En cette année 1835, elle fait une autre tournée italienne, à Venise et Naples, avec l'aide de la basse Lablache. À Venise -où elle se fait fabriquer sa propre gondole- elle chante à la Fenice et y apprend la faillite d'un théâtre édifié par la famille Grimant. Elle propose alors un concert de bienfaisance pour aider au redressement de celui-ci. La recette de ce concert se révélant insuffisante, Maria y ajoute son cachet de la Fenice. Depuis ce jour, ce théâtre fameux, puisque le plus grand et le plus somptueux avant l'existence de la Fenice, portera le nom de Teatro Malibran. Elle poursuit sa tournée par Londres avant de revenir à Milan, malgré une épidémie de choléra.

En 1836, elle fait un séjour parisien durant lequel elle épouse, le , le violoniste belge Charles-Auguste de Bériot avec, pour témoins, Legouvé, le pianiste Sigismund Thalberg et Rossini. Bériot était son amant depuis six ans et le père de son fils qui deviendra pianiste virtuose et professeur de Maurice Ravel. Entre-temps, le couple s'est fixé à Bruxelles où il réside à Ixelles et Saint-Josse, dans deux vastes hôtels de maître en forme de villa entourée de jardins, puis fait une tournée en Angleterre pendant l'été de 1836. À nouveau enceinte de quelques mois, elle monte à cheval chaque matin, fait une chute, mais refuse de se soigner et tente encore d'honorer son public sur scène. Elle donne encore des concerts à Liège, Aix la Chapelle, Paris puis participe au festival de Manchester. En septembre, après quelques jours de coma, elle meurt à Manchester des suites de cet accident qui avait provoqué la formation d'un caillot de sang au cerveau.

Bériot fait rapatrier son corps à Bruxelles grâce à l'intervention de la mère de Maria Malibran, et construire un imposant mausolée dans le cimetière de Laeken, nécropole sise autour de l'église Notre-Dame de Laeken qui abrite les tombeaux de la dynastie de Belgique. Une foule immense et trois formations musicales l’accompagnent : la Société d’Harmonie d’Ixelles (dont Bériot est le président), la Société de Philharmonie de Bruxelles et la Musique du 1er Régiment des Guides belges.

Maria Malibran laisse un souvenir ébloui à tous ses admirateurs.
Alfred de Musset lui a dédié des stances bouleversées.
Sur sa tombe, on peut lire ce quatrain de Lamartine :
Beauté, génie, amour furent son nom de femme,
Écrit dans son regard, dans son cœur, dans sa voix.
Sous trois formes au ciel appartenait cette âme.
Pleurez, terre ! Et vous, cieux, accueillez-la trois fois !

En 1913, la veuve du lieutenant-général Henri Wauwermans, cousine de Charles-Auguste de Bériot, lègue une partie des documents et objets personnels ayant appartenu à la diva au Conservatoire Royal de Bruxelles où ils sont conservés aujourd'hui au sein du Fonds Maria Malibran.

Une rue d'Ixelles porte son nom: la rue Malibran, aujourd'hui rue Maria-Malibran, qui monte de la place Eugène Flagey à la place Raymond Blyckaerts.

Sa voix

La voix de la Malibran est parfois décrite "sombre, chaude, et ronde". Castil-Blaze ajoute qu'elle est "vibrante, pleine d'éclat et de vigueur". S'il revendique qu'elle ne perd "jamais ce timbre flatteur, ce velouté qui lui donnaient tant de séduction dans les morceaux tendres ou passionnés", d'autres ont évoqué des sons "durs" et "effondrés”, "quelques notes creuses" dans le médium, un "aigu instable" dans ses notes les plus hautes, et "un peu voilé".
Sa maîtrise de la colorature est réputée "époustouflante". Elle était d'un si haut niveau qu'elle a exécuté un trille sur "la note extrême" du registre de soprano. Castil-Blaze témoigne : Vivacité, justesse, audace dans l'attaque, gammes chromatiques ascendantes, de quinzième, arpèges, traits éblouissants de force, de grâce ou de coquetterie, tout ce que l'art peut faire acquérir, elle le possédait.

Sa perfection technique, la cantatrice l'obtint grâce à la formation que lui prodigua son père. Parlant de sa voix au début de cette formation, sa sœur Pauline Viardot la décrit faible, d'un registre étroit, dont les tons aigus étaient durs et le médium voilé.
Elle ajoute : la lutte constante qu'elle avait à soutenir contre son organe imparfait et rebelle était tellement pénible que, parfois, le découragement l'envahissait. Et c'est ainsi qu'elle acquit le don assez rare de savoir pleurer en chantant.

Elle maintenait sa voix dans les meilleures conditions possibles grâce à une volonté de fer et un travail vocal sans relâche. Ernest Legouvé, son premier biographe, raconte à ce sujet : Je l'ai entendue, à Rome, un jour où elle devait jouer le Barbier [de Séville], travailler pendant plusieurs heures les traits de sa cavatine, et de temps en temps, elle s'interrompait pour interpeller sa voix en lui disant : Je te forcerai bien à m'obéir ! La lutte était donc chez elle un besoin, une habitude qui [...] prêtait un caractère puissant et original à son talent.

La tessiture de Maria Malibran s'étendait du sol au contre-mi, et son étendue extrême partait du ré (ce qui lui a permis d'interpréter le rôle-titre d'Otello) et montait la gamme jusqu'au fa en altissimo -atteint lors d'échauffements vocaux et une interprétation privée de Exsultate, jubilate de Mozart.

La compositrice
Sous le nom de Garcia de Bériot, elle a publié des romances :

  • Hymne des matelots ; Troupenas, 1840
  • Belle, viens à moi ! Nocturne à 2 voix égales de Mme Marceline Desbordes-Valmore ; 1877, Paris
  • Chagrin d'amour. Paroles de M.-L. de Ronsière ; Hachette 1907
  • En soupirant ! Tyrolienne ; Pacini
  • Le Prisonnier, romance, paroles de Pierre-Jean de Béranger ; Pacini

Au cinéma

  • Le réalisateur Sacha Guitry lui a consacré un film en 1943 : La Malibran
  •  Le réalisateur Werner Schroeter a tourné en 1971 La Mort de Maria Malibran
  • Le réalisateur Michel Jakar lui a consacré un film en 1984 : Maria Malibran

Sur la scène

Cécilia Bartoli lui a consacré un spectacle en 2008 pour le bicentenaire de sa naissance (Decca, 2008).

Le son original de R. Wagner

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Dans le cadre d'un vaste projet artistique et universitaire, le Festival de musique de Dresde explorera le son original de Richard Wagner à partir de 2023.
L'objectif du projet est de présenter un concert annuel d'une partie du Ring des Nibelungen par l'Orchestre du Festival de Dresde et le Concerto Köln sous la direction de Kent Nagano, en utilisant des instruments historiques et le style linguistique de l'époque de la création de l'œuvre.
Das Rheingold marquera le lancement officiel du projet en juin.
Sous la direction artistique de l'intendant du festival Jan Vogler et du chef d'orchestre Kent Nagano, le projet réunira à Dresde des experts de Wagner et des interprètes du monde entier.

Des instruments au style vocal en passant par le traitement général des mots, beaucoup de choses que nous voyons aujourd'hui lors de représentations typiques de Wagner diffèrent des coutumes de l'époque de Wagner. Nous sommes impatients de plonger dans le monde musical fascinant du XIXe siècle avec notre public, ce qui implique également de poser les questions critiques qui s'imposent lorsqu'il s'agit d'un personnage tel que Wagner, a déclaré Kent Nagano, directeur artistique du projet.

Sous la direction du conservateur académique du projet, le Dr Kai Müller, des musiciens des deux orchestres proposeront un concert-atelier la veille de la première, illustrant par des exemples musicaux les aspects académiques de la pratique historique de l'interprétation. Le jour de la première, le Kulturpalast accueillera une exposition et de courtes conférences.