Le Journal

Le Palais Royal de Madrid met ses manuscrits à la disposition du public

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Les collections de la Bibliothèque royale numérique du Palais royal de Madrid sont désormais accessibles depuis Hispana, le plus grand catalogue d'œuvres numérisées des bibliothèques, archives et musées espagnols. À l'occasion de la Journée des bibliothèques, Patrimonio Nacional, responsable de la Bibliothèque royale, a mis à la disposition du public un premier ensemble de 998 manuscrits numérisés qui se distinguent par leur valeur historique, documentaire et artistique.

Cette première sélection d'œuvres désormais consultables gratuitement dans la Bibliothèque numérique royale comprend le Livre d'heures d'Isabelle la Catholique, qui contient des illustrations de grande qualité ; le Livre de chansons musicales du Palais, avec des partitions antérieures au XVIe siècle, et le Livre des Rois, l'un des plus importants manuscrits de la littérature persane.

La Bibliothèque royale numérique rejoint ainsi les nombreuses collections espagnoles qui, à travers Hispania, contribuent à la promotion de la recherche et au soutien de la formation et de l'apprentissage.

La directrice de la Bibliothèque royale du Palais royal de Madrid, Nuria Torres, assure que c'est un pas de plus vers l'ouverture de ces collections, qui sont uniques et d'un grand intérêt documentaire.

Changement de metteur en scène à deux semaines de la Première

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A l'Opéra de Dortmund, deux semaines avant la première, le metteur en scène de La Juive de Fromental Halévy a changé. Comme l'a annoncé la maison lundi, c'est le Néerlandais Sybrand van der Werf qui reprend la mise en scène. Il a été décidé de se séparer de Lorenzo Fiorioni "en raison de divergences artistiques".
La première devrait avoir lieu comme prévu le 6 novembre 2022. La direction musicale est

La production fait partie du Festival "Wagner-Kosmos IV" avec la nouvelle mise en scène de l'opéra Siegfried par Peter Konwitschny et la reprise de Lohengrin dans la mise en scène d'Ingo Kerkhof.
Richard Wagner a été profondément impressionné par La Juive d'Halévy et a utilisé des éléments de la composition dans ses propres œuvres. Il a publié l'essai "Halévy et l'opéra français", dans lequel il faisait l'éloge du compositeur et de sa musique.

Le metteur en scène Sybrand van der Werf met également en scène en décembre la première de l'opéra Mädchen in Not à la Junge Oper de Dortmund. Il s'agit d'une commande de l'Opéra de Dortmund d'après la pièce du même nom d'Anne Lepper, avec laquelle elle a remporté le Prix de dramaturgie de Mülheim en 2017. Michael Essl a composé la musique d'après le livret de Paula Fünfeck.

Nouveau Konzertmeister à Vienne

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Yamen Saadi est le nouveau premier violon de l'Orchestre de l'Opéra d'État de Vienne / de l'Orchestre Philharmonique de Vienne.
Le jeune violoniste israélien l'a emporté lors d'une audition pour le poste vacant. Il fera ses premiers pas dans la fosse d'orchestre lors de la série actuelle de représentations du ballet La Belle au bois dormant.

Yamen Saadi est né en 1997 à Nazareth. Il a reçu ses premières leçons de violon au Conservatoire Barenboim-Said de sa ville natale. Plus tard, il a étudié avec Chaim Taub, premier violon de l'Orchestre Philharmonique d'Israël, et avec Mihaela Martin à l'Académie Kronberg. À l'âge de onze ans, il a rejoint le West-Eastern Divan Orchestra de Daniel Barenboim et a été nommé premier violon de cette formation six ans plus tard.

En tant que soliste, Yamen Saadi s'est déjà produit avec la Staatskapelle Berlin, le Chamber Orchestra of Europe, l'Israel Philharmonic Orchestra et l'Orquestra de València, sous la direction de chefs tels que Daniel Barenboim, Lawrence Foster et Christoph Poppen. D'autres représentations internationales l'ont conduit en Europe, en Asie et aux États-Unis. Il s'est notamment produit au Rheingau Musik Festival, au Schleswig-Holstein Festival ainsi qu'au Carnegie Hall de New York.

Décès d'Harold Wippler

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On annonce le décès de Harold Wippler, violon solo du Denver Symphony de 1955 à 1960, jusqu'à ce qu'une blessure de ski lui fasse perdre son poste.
Il a quitté l'orchestre en 1987, tout en continuant à enseigner à l'Université de Denver où il était très demandé.

La Russie annule le Forum International de la Culture

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Le 9e Forum Culturel International de Saint-Pétersbourg, vitrine du patrimoine et de la créativité russes, a été annulé par le gouvernement car le reste du monde refuse d'y participer.

Déclaration officielle :
Dans les circonstances actuelles, le Mnistère de la Culture de la Fédération de Russie estime qu'il n'est pas opportun d'organiser le Forum et doit annoncer son annulation.

Attention, changement de date

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A l'IMEP, le concert consacré à Kreisler aura lieu le vendredi 28 octobre 2022 à 19H30 à la place du jeudi 27.

Doctorat Honoris Causa pour Evgeny Kissin

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Le pianiste russe Evgeny Kissin s'est vu décerner le titre de Docteur Honoris Causa de l'École supérieure de musique Franz Liszt de Weimar à l'occasion du 211e anniversaire de Franz Liszt. Son trio pour piano op. 6, un plaidoyer musical pour la paix et contre la violence, a été créé dans le cadre de la remise du titre de docteur honoris causa.

En tant qu'interprète majeur de l'œuvre musicale de Franz Liszt, les concerts et les enregistrements de Kissin font autorité et jouissent d'une estime et d'une reconnaissance sans réserve dans le monde entier. Son doctorat honorifique lui a également été décerné pour sa contribution à la langue yiddish et à la culture juive. Kissin a créé et recréé à plusieurs reprises des œuvres de compositeurs juifs, écrit lui-même des textes en yiddish et s'occupe de littérature yiddish. En outre, Kissin a été honoré pour son engagement musical en faveur de l'humanisme dans le monde.

Nike Wagner a également été honorée d'un Doctorat honorifique. En tant qu'intellectuelle critique, elle se penche, par son engagement et son goût du risque, sur l'héritage familial, plus précisément sur l'œuvre de son arrière-grand-père Richard Wagner et son influence sur le festival de Bayreuth. Elle revendique très clairement l'œuvre, l'action et l'attitude de son arrière-arrière-grand-père Franz Liszt.

 

Décès du chef tchèque Libor Pesek

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L'Orchestre Symphonique national tchèque a confirmé le décès, dimanche, du chef d'orchestre Libor Pešek, l'un des chefs les plus renommés de son pays, à l'âge de 89 ans.

Ayant étudié le piano, le trombone et le violoncelle, il a formé son propre groupe de jazz dans sa jeunesse et a obtenu un diplôme en arts du spectacle à l'université de Prague. Dans les années 1950 et 1960, il a fondé la Komorní Harmonie et l'Orchestre Sebastian. Au début des années 1980, il a dirigé l'Orchestre Philharmonique slovaque et à la fin des années 1980, il a occupé le poste de chef principal de l'Orchestre Philharmonique Royal de Liverpool jusqu'en 198. Parallèlement, il a été chef invité de l'Orchestre Philharmonique de Cehca de 1982 à 1990.

Parmi son héritage discographique important et éclectique, il laisse des enregistrements d'œuvres de Mozart, Haendel, Stravinsky ou Berg, mais aussi de Tchaïkovski, Haydn, Martinu, Suk, Dvorák, Poulenc, Ravel, Chopin, Beethoven, Grieg, Skriabin, Sphor, Brahms ou Janácek, parmi beaucoup d'autres.

 

Monumentale Aïda pour ouvrir la saison lyrique à Madrid

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Le Teatro Real de Madrid ouvre sa saison lyrique 2022-23 aujourd'hui avec une ambitieuse production scénique d'Aïda de Verdi, conçue en 1998 par Hugo de Ana en coproduction avec la Abu Dhabi Music and Arts Foundation.
La direction musicale est assurée par Nicola Luisotti qui dirigera le titre à 13 reprises. Daniel Oren sera en charge de 7 d'entre eux et Diego García Rodríguez de l'un d'entre eux. Trois distributions réuniront au Real les voix des sopranos Krassimira Stoyanova, Maria Agresta, Roberta Mantegna et Anna Netrebko (Aïda) ; des mezzo-sopranos Jamie Barton, Sonia Ganassi et Ketevan Kemoklidze (Amneris) ; ténors Piotr Beczala, Yusif Eyvazov et Jorge de León (Radamés) ; barytons Carlos Álvarez, Artur Ruciński et Gevorg Hakobyan (Amonasro) et basses Alexander Vinogradov, Jongmin Park et Simón Orfila (Ramfis).

La production de Hugo de Ana a été conçue pour l'inauguration de la deuxième saison du "nouveau" Teatro Real en octobre 1998, révélant au public les dimensions énormes et les capacités techniques exceptionnelles de sa toute nouvelle scène. Les 8 représentations de cette époque, dirigées par Luis Antonio García Navarro (1941-2001), s'ajoutent aux 353 représentations qui ont eu lieu au cours des saisons précédant la fermeture du théâtre en 1925. Pendant cette période, le titre populaire verdien est le plus joué au Real, Giuseppe Verdi (1813-1901) étant le compositeur préféré du public madrilène, comme en témoigne sa présence constante dans la programmation de chaque saison (souvent avec deux titres) et le succès d'occupation de tous ses opéras.

La première d'Aïda sera diffusée sur MyOperaPlayer et la Radio Clásica de RNE rediffusera l'opéra et le proposera aux pays de l'UER, l'Union européenne de radio-télévision.

Casto et Pollux, 285 ans

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Castor et Pollux, la tragédie lyrique de Jean-Philippe Rameau, est créée le  par l'Académie royale de musique dans son théâtre du Palais-Royal à Paris. Le livret, de Gentil-Bernard, fit sa réputation de poète de salon. C'est le troisième opéra de Rameau et le deuxième portant l'appellation de tragédie en musique (si on écarte sa tragédie, non aboutie et perdue, Samson). Rameau remania largement la partition qui fut recréée en 1754 avec de nombreux ajouts, coupures et modifications. Les experts sont partagés quant à la supériorité de l'une des deux versions sur l'autre, mais Castor et Pollux a toujours été considéré comme l'un des plus beaux chefs-d'œuvre de Rameau.

Le mythe de Castor et Pollux avait été utilisé en 1708 par Antoine Danchet dans une tragédie (Les Tyndarides) dont l'argument est différent du livret de Gentil-Bernard.

Charles Dill estime que Rameau composa la version de 1737 juste après avoir travaillé avec Voltaire sur l'opéra Samson (qui resta inachevé), en restant dans l'esthétique voltairienne. Par exemple, Voltaire s'intéressait plus à la musique qu'à l'action d'un opéra, et privilégiait les tableaux pour exprimer l'émotion, ce qu'on retrouve dans le premier acte de la version de 1737 : l'action s'ouvre sur la tombe de Castor où un chœur de Spartiates chante "Que tout gémisse", et continue avec un récitatif entre Phébé et Télaïre qui lamente la perte de son amant Castor, culminant avec l'air de Télaïre "Tristes apprêts". Dill souligne le contraste avec la version de 1754 qui met bien plus en scène l'amour de Télaïre pour Castor, dont la mort ne survient qu'à la fin de l'acte (les évènements de l'acte I de la version de 1737 étant déplacés à l'acte II). Dill oppose l'action des deux versions : en 1737 le ressort principal est le dilemme moral de Pollux qui doit choisir entre l'amour et le devoir. Bien sûr, plutôt que de chercher l'amour de Télaïre, il préfère finalement sauver son frère. Dans la version 1754 au contraire, l'action est centrée sur les épreuves que doit subir Pollux : tuer Lyncée, convaincre Jupiter de le laisser entreprendre son voyage aux Enfers, et persuader Castor de refuser l'immortalité.

Certains experts comme Cuthbert Girdlestone, Paul-Marie Masson et Graham Sadler considèrent la deuxième version comme supérieure, mais Dill estime que le remaniement a lieu à un moment très différent de la carrière de Rameau : en 1737, il teste les limites de la tragédie lyrique tandis qu'en 1754 il a exploré des genres liés au ballet et dans lesquels il a composé des morceaux qui firent une vive impression sur le public. Dill avance donc de possibles raisons commerciales aux changements esthétiques de 1754. En effet, la deuxième version est plus conforme à l'esthétique de Lully. Il s'oppose donc à ceux qui estiment que la version révisée est la plus innovante, et pour lui la version initiale est en réalité plus audacieuse4.

Quand Rameau écrit son premier opéra Hippolyte et Aricie, l'œuvre de Lully est réputée inégalable, et les critiques conservateurs voient les innovations radicales de Rameau comme une attaque contre le "père de l'opéra français". Cette controverse fait toujours rage quand Castor et Pollux est créé en 1737, et la bataille entre les "lullistes" et les "rameauneurs" assure un important retentissement à la première de Castor.

Pourtant, Rameau conserve la structure dramatique de la tragédie lyrique telle que définie par Lully, en cinq actes et composée des mouvements classiques (ouverture, récitatif, air, chœur et suite de danses) ; il élargit simplement la palette expressive de l'opéra français. Ces nouveaux idiomes musicaux furent appréciés par certains, mais rejetés par les auditeurs plus conservateurs. Diderot, qui soutint Rameau pendant un temps remarquait "Le vieux [Lully] est simple, naturel, uni, trop uni quelquefois, et c'est sa faute. Le jeune [Rameau] est singulier, brillant, composé, savant, trop savant quelquefois : mais c'est peut-être la faute de son auditeur". À l'inverse, les lullistes trouvent le nouveau langage de Rameau bien plus expressif que celui de Lully, italianisant et indigne du goût français7. Par exemple, les récitatifs de Rameau utilisent d'amples sauts mélodiques et contrastent avec le style plus déclamatoire et l'expression contenue de Lully. On l'entend clairement par exemple dans le premier récitatif entre Phébé et sa servante Cléone (acte I, scène 1 de la version de 1754). Rameau enrichit également le vocabulaire harmonique en utilisant notamment des accords de neuvième. Son style plus exigeant vocalement provoqua la remarque, attribuée à Rameau lui-même, que pour les opéras de Lully il faut des acteurs, alors que pour les siens, il faut des chanteurs9. Avec le temps, ces nouveautés furent de mieux en mieux acceptées par le public français.

En l'occurrence, Castor et Pollux fut un succès. Il connut vingt représentations fin 1737 mais ne fut ensuite plus joué jusqu'à la révision de 1754, qui fut donnée trente fois, puis dix l'année suivante. Graham Sadler écrit que "ce fut [...] Castor et Pollux qui fut considéré comme le chef-d'œuvre de Rameau, en tous cas à partir de sa première révision en 1754".

D'autres recréations suivirent en 1764, 1765, 1772, 1773, 1778, 1779 et 1780 portant le nombre de représentations à 254 entre 1737 et 1785 : Castor et Pollux eut au 18e siècle la plus longue carrière des œuvres de Rameau. Le goût pour les opéras de Rameau ne survécut pas à la Révolution, mais des extraits de Castor et Pollux étaient toujours donnés à Paris en 1792. Au 19e siècle, cet opéra échappa à l'obscurité où le reste de l'œuvre de Rameau avait sombré ; Berlioz mentionna l'air Tristes apprêts avec admiration.

La première recréation moderne (en concert) eut lieu à la Schola Cantorum de Paris en 1903, en présence notamment de Claude Debussy ; l'œuvre fut enfin recréée à la scène en 1908 sous la direction de Charles Bordes à Montpellier.