Le Journal

Andrea Battistoni, nouveau directeur musical du Teatro Regio di Torino

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Le Teatro Regio di Torino a annoncé la nomination d'Andrea Battistoni en tant que directeur musical. Il prendra officiellement ses fonctions le 1er janvier 2025, avec un mandat couvrant les deux prochaines saisons.

Le théâtre explique que Battistoni dirigera au moins deux productions lyriques par saison, en plus de plusieurs concerts. En accord avec la direction du théâtre, le maestro interprétera des œuvres du grand répertoire italien ainsi que des titres moins connus et non découverts, avec l'intention de renouveler et d'élargir les perspectives artistiques du Regio.

Son premier engagement sur le podium sera Andrea Chénier d'Umberto Giordano, sur scène du 18 au 29 juin. L'œuvre voit le retour d'artistes de grande envergure vocale et interprétative tels que Gregory Kunde, Maria Agresta et Franco Vassallo, et est proposée dans une nouvelle mise en scène signée par Giancarlo del Monaco.

Avant tout cela, Battistoni sera déjà impliqué dans les procédures de sélection des musiciens de l'orchestre. L'un des points clés de son mandat sera également la diffusion culturelle, avec une attention particulière pour les jeunes. Ainsi, « il s'attachera à rendre la musique classique et l'opéra toujours plus accessibles et appréciés par un public large et intergénérationnel ».

Le nouvel opéra VR de Michael van der Aa

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Le 3 décembre, la dernière création de Michel van der Aa sera présentée pour la première fois à Rotterdam : From Dust est une installation d'opéra en réalité virtuelle dans laquelle le public participe lui-même à l'action - par le mouvement et le toucher et grâce à l'utilisation de l'intelligence artificielle, il entre en interaction avec les protagonistes de l'ensemble vocal Sjaella et contribue à créer chacun sa propre histoire. Le compositeur-réalisateur-concepteur innovant van der Aa s'aventure ainsi une fois de plus en terre inconnue dans le monde du théâtre musical.

Avec sa dernière œuvre musicale et théâtrale pionnière, Michel van der Aa repousse une fois de plus les limites du possible. Dans nombre de ses œuvres précédentes, il avait déjà mêlé -en tant que compositeur, metteur en scène et vidéaste à la fois- musique live et technique sophistiquée, projection vidéo et performance scénique, du monodrame One en 2003 au théâtre de musique de chambre The Book of Water en 2022, en passant par le film-opéra en 3D Sunken Garden en 2013. Toutes ces œuvres interrogent les failles de l'existence humaine et les limites de notre perception du monde. C'est également le cas de From Dust, une création de 24 minutes pour six vocalistes et une bande sonore, présentée pour la première fois dans le cadre de l'« Immersive Tech Week » de Rotterdam.

Ici, les différences entre réalité et identité, entre public et œuvre d'art s'estompent. Les participants pénètrent dans une installation volumétrique à 360 degrés qui réagit aux impulsions de mouvement et de toucher et qui est façonnée en temps réel à l'aide d'un contrôle par IA -une interaction qui permet de créer des mondes, d'explorer un personnage principal ainsi que des alter ego qui s'en détachent peu à peu et de raconter à chaque fois de nouvelles histoires.

 

Carmen Gloria Linares, nouvelle directrice générale d'OLA Ópera Latinoamericana

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Carmen Gloria Linares, actuelle directrice du Teatro Municipal de Santiago, au Chili, prend la direction générale d'OLA Ópera Latinoamericana, qui regroupe 45 théâtres d'opéra, compagnies et festivals d'Amérique latine et des Caraïbes.

Carmen Gloria Larenas, travaillera main dans la main avec la directrice exécutive, Alejandra Martí, et les deux nouvelles vice-présidences en charge du Theatro Municipal de São Paulo, représenté par son directeur général Andrea Caruso, et du Teatro Colón, représenté par son directeur général Gerardo Griego. Le Teatro de la Zarzuela, avec son directeur général Isamay Benavente, qui est également président d'Ópera XXI, fera également partie du conseil d'administration pour la première fois. Les autres institutions qui feront partie du conseil sont le Festival Amazonas de Ópera, le Teatro Solís, le Teatro Mayor Julio Mario Santo Domingo, l'Ópera de Bellas Artes, le Teatro Real et le Teatro Colón, représentés respectivement par leurs directeurs Flávia Furtado, Malena Muyala, Ramiro Osorio, Marcelo Lombardero, Ignacia García-Belenguer et Andrés Rodríguez.

 

« Lulu Suite » d’Alban Berg, 90 ans

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La Lulu-Suite est une pièce en 5 mouvements pour orchestre et soprano qu'Alban Berg écrivit en 1934 à la demande d'Erich Kleiber pour faciliter la diffusion de l'opéra entier Lulu, encore inachevé. Le morceau fut créé à Berlin par Erich Kleiber le 30 novembre 1934.

Le Lied de Lulu est repris de l'acte II scène 1 de l'opéra et l'adagio reprend la fin de l'opéra avec la mort de la Comtesse Geschwitz. Ces 2 morceaux sont chantés par la même soprano alors que dans l'opéra la Comtesse est une mezzo.

L'ostinato est l'interlude du deuxième acte.

Cette œuvre a été rapidement écrite et souffre de déséquilibres : la première partie dure autant que les 4 dernières, le Lied de Lulu est après l'ostinato, le rôle du docteur Schön a disparu.

"Tzigane" de Maurice Ravel, 100 ans

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Tzigane est une rhapsodie de concert pour violon et orchestre (comportant un seul mouvement) composée par Maurice Ravel en 1924.

L'œuvre porte la référence M.76, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat. Son exécution dure environ dix minutes.

Extrêmement ardue, l'œuvre fait partie des pièces du répertoire violonistique qui demandent le plus de virtuosité.

C'est après avoir entendu à Londres en 1922 la violoniste hongroise Jelly d'Arányi, (petite nièce de Joseph Joachim) et Béla Bartók créer la sonate pour violon et piano nº 1 du compositeur hongrois que Ravel décida de composer Tzigane pour la violoniste.

La création eut lieu au Aeolian Hall à Londres le  par la dédicataire et par Henri Gil-Marchex au piano. La première audition espagnole eut lieu le  à Barcelone par Marius Casadesus et par l'auteur en personne. La première audition française eut lieu le  à Paris (Salle Gaveau) par Samuel Dushkin et Beveridge Webster (luthéal).

La création de la version orchestrale eut lieu le  à Amsterdam, par Samuel Dushkin et l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam sous la direction de Pierre Monteux. La première parisienne de cette version eut lieu le , par Jelly d'Arányi et l'Orchestre Colonne sous la direction de Gabriel Pierné.

La première partie, pour violon seul, est conçue dans le style d'une improvisation sur des thèmes tziganes chers au compositeur.

L'œuvre comporte un seul mouvement et son exécution dure environ dix minutes.

Le compositeur en écrivit deux réductions, l'une pour violon et piano qui est aujourd'hui la plus jouée, l'autre pour violon et luthéal.

Le luthéal

Le luthéal est un dispositif mécanique inventé par le Belge Georges Cloetens placé dans le piano et permettant la modification de son timbre. Il a été utilisé par Ravel dans cette œuvre, mais aussi dans L'Enfant et les Sortilèges. L'instrument original a disparu mais un exemplaire a été retrouvé et est conservé au musée des Instruments de musique de Bruxelles.

« Islamey » de Mili Balakirev, 155 ans

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Islamey, op. 18, sous-titrée « fantaisie orientale », est une œuvre musicale pour piano du compositeur russe Mili Balakirev. Elle est composée en août et septembre 1869, puis révisée en 1902. Le dédicataire, Nikolaï Rubinstein, en a donné la première exécution le 30 novembre 1869 à Saint-Pétersbourg.

Balakirev a été inspiré pour écrire la pièce après un voyage dans le Caucase où il a entendu la mélodie de danse folklorique « Islamey ». En raison de ses exigences techniques, cette œuvre a longtemps été considérée (et encore aujourd'hui) comme l'une des pièces les plus difficiles à exécuter jamais écrites.

Wilhelm Furtwägler, 70 ans

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Wilhelm Furtwängler est un chef d'orchestre et compositeur allemand, né le 25 janvier 1886 à Berlin et mort le 30 novembre 1954 à Baden-Baden.

Il fut l'un des plus importants chefs d'orchestre de l'histoire de la musique classique occidentale, notamment grâce à ses interprétations de la musique symphonique allemande et autrichienne, qui font encore référence pour les musicologues et les interprètes actuels.

Il mena à son apogée l'Orchestre Philharmonique de Berlin auquel il s'identifia toute sa vie. Furtwängler synthétisa la tradition d'interprétation germanique initiée par Richard Wagner et poursuivie par les deux premiers chefs d'orchestre permanents de l'Orchestre Philharmonique : Hans von Bülow et Arthur Nikisch.

Sa manière d'aborder la musique, profondément influencée par les théories du musicologue juif viennois Heinrich Schenker, a souvent été comparée et opposée au style d'Arturo Toscanini, son rival de toujours, qui se voulait jouer strictement come è scritto. Il a eu une influence considérable sur tous les chefs d'orchestre de l'après-guerre, et notamment sur Sergiu Celibidache.

Son rôle, son image et certains de ses choix dans le contexte de l'Allemagne nazie lui valurent de nombreuses critiques. Toutefois, il n'apparaît pas qu'il ait eu de sympathie pour l'idéologie du national-socialisme.

 

Klaus Huber, 100 ans

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Klaus Huber est un compositeur et pédagogue suisse né le 30 novembre 1924 à Berne (Suisse) et mort le 2 octobre 2017 à Pérouse (Italie).

Il étudie à l'école normale d'instituteurs de Küsnacht.

De 1947 à 1949, Klaus Huber étudie au conservatoire de Zurich le violon avec Stefi Geyer. De 1947 à 1955, toujours à Zurich, il étudie la théorie et la composition auprès de Willy Burkhard.
De 1950 à 1960, il enseigne le violon au conservatoire de Zurich et, de 1955 à 1956, il étudie à la Staatliche Hochschule für Musik (aujourd'hui Université des arts de Berlin) de Berlin avec Boris Blacher.

De 1961 à 1972, il enseigne à la Musikakademie de Bâle, et de 1969 à 1990 à la Staatliche Hochschule für Musik de Fribourg en Brisgau. Il est compositeur en résidence du conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg et du Festival Musica en 1992.
Parmi ses élèves, on trouve notamment Brian Ferneyhough, Kaija Saariaho, Wolfgang Rihm, Michael Jarrell ou Werner Bärtschi.

Il est élu membre de l'Académie des arts de Berlin en 1986

 

Hans Krása, 125 ans

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Né le 30 novembre 1899 à Prague, Hans Krása a appris le piano et le violon dès son enfance. Il étudia la composition avec Alexander von Zemlinsky à l'Académie allemande de musique et d'art dramatique de Prague et le suivit à Berlin après avoir obtenu son diplôme. C'est là qu'il a rencontré Albert Roussel, qu'il a rejoint plusieurs fois en France pour étudier.
Il retourna finalement à Prague où il travailla comme répétiteur au Nouveau Théâtre Allemand. En 1921, il connaît son premier succès en tant que compositeur avec les Orchesterlieder op. 1, d'après des textes de Christian Morgenstern. En 1933, son opéra Les fiançailles dans le rêve fut créé. En 1938, Hans Krása composa l'opéra pour enfants Brundibár pour un concours, mais la première n'eut lieu qu'en 1941, en privé, dans un orphelinat juif, suite au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Le 10 août 1942, Hans Krása a été déporté dans le ghetto de Theresienstadt. Brundibár y a été joué plus de 55 fois.
Dans la nuit du 16 octobre 1944, Hans Krása a été chargé avec Pavel Haas et Viktor Ullmann dans un wagon de chemin de fer à destination d'Auschwitz, où il a été assassiné dès son arrivée.

Guillaume Gabriel Nivers, 310 ans

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Guillaume-Gabriel Nivers, né vers 1632 à Paris où il meurt le 30 novembre 1714, est un organiste et compositeur français de la période baroque. Il est en outre un théoricien de la musique et un réformateur du chant grégorien.

Guillaume-Gabriel Nivers est fils d’Antoine, fermier de l’évêque de Paris et mort en 1635, et de Geneviève Guignard. Peu après 1643, il emménage rive gauche de la Seine avec sa mère et sa sœur, ayant précédemment habité la rive droite dans la paroisse Saint-Paul.

Il est possible qu’il ait été enfant de chœur « non entretenu » à l'église Saint-Sulpice (il faut bien qu’il ait appris le plain-chant quelque part…). Son apprentissage du clavecin avec Jacques Champion de Chambonnières reste hypothétique, même si ce dernier a eu une influence certaine sur ses œuvres. Durant sa jeunesse, il semble s’être lié d’amitié avec deux ecclésiastiques, le prêtre sulpicien Charles Picoté, accessoirement organiste amateur, et Antoine Raguier de Poussé, curé de Saint-Sulpice à partir de 1658 à la suite de Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers.

Nivers devint organiste de l'église Saint-Sulpice, sa paroisse entre 1651 et 1653, probablement comme successeur direct de l’organiste Vincent Coppeau ; il conserve ce poste jusqu'en 1702, quand son neveu et élève Jean-Baptiste Totin lui succède. Sa rétribution à ce poste (300 lt, puis 400 et 500 lt, y compris les gages du souffleur) était plus modeste que celle des autres organistes de Paris.

Il se marie le 21 septembre 1668 avec Anne Esnault mais devient vite veuf, en 1688. Ce mariage tardif (à 36 ans) et son diplôme de maître ès arts obtenu à l'Université de Paris en 1662 pourraient indiquer qu'il ait eu au début le projet de la prêtrise. En 1690, il perd également son fils unique Gabriel-Joseph (qui en 1688 était entré au Séminaire de la Congrégation de la Mission (les Lazaristes).

Le 19 juin 1678, après le décès de Jacques Chabanceau de La Barre, il est nommé organiste par quartier [trimestre] de la Chapelle royale au désir de Louis XIV, avec Nicolas Lebègue, Jacques Thomelin et Jean-Baptiste Buterne. Il obtient le quartier de juillet. Il résigne ce poste en 1708, au profit de Louis Marchand.

En 1681, il devient également maître de la Musique de la reine, en remplacement d'Henri Du Mont, partageant ce poste avec Paolo Lorenzani. Il a le semestre de juillet, jusqu’à la mort de la reine en 1683. En avril 1683, il échoue au concours de Versailles organisé par Louis XIV pour les postes de sous-maîtres de la Chapelle royale.

En 1686 enfin, il est chargé de la musique de la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr, couvent réservé aux jeunes filles de noble naissance. Il reste en place jusqu’à sa mort, travaillant en association Jean-Baptiste Moreau. Il compose là des chants et des motets et participe à diverses productions dramatiques comme claveciniste (telles « Esther et Athalie » de Racine). Son successeur est Louis-Nicolas Clérambault à partir de 1704.

Il se présente encore en 1696 à la candidature de compositeur de la Sainte-Chapelle de Paris, sans succès (c’est Marc-Antoine Charpentier qui prend le poste).

En octobre 1690, il dicte son premier testament. D’autres suivront, en 1691, 1707 et 1711. Son dernier testament donne des éléments concrets sur son aisance matérielle à la fin de sa vie, comme sur sa piété. À sa mort le 30 novembre 1714, il laisse des terres et une fortune de 200 000 livres, montant considérable qui témoigne de sa réussite.

Toute sa vie, Nivers a été un homme discret et digne de confiance, pieux, lié d’amitié avec plusieurs ecclésiastiques, et à sa mort généreux envers l’Église.

Le plain-chant a été pour Nivers une préoccupation importante et continue. Tout en s’inscrivant dans le contexte de la Réforme catholique, il fut l'un des acteurs les plus importants de son renouveau, comme compositeur, réviseur, théoricien et pédagogue.