Le Journal

Le Ricercar consort sera à l’affiche du concert de clôture de L’Automne musical de Spa

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Afin de clôturer sa 38e édition en beauté, L’Automne musical de Spa invite le Ricercar consort, composé de Maria Keohane, Josef Žák, Giovanna Pessi, Xavier Diaz Latorre, Benoît Vanden Bemden et Philippe Pierlot, dans un programme original et inédit. En effet, le samedi 23 novembre à 20h au Centre culturel de Spa, les festivaliers pourront apprécier le célèbre ensemble dirigé par le violiste Philippe Pierlot. Ces excellents musiciens dévoileront l’âme celte de Beethoven au travers d’arrangements de chansons folkloriques irlandaises et écossaises réalisées par le compositeur allemand. En effet, Beethoven a composé au total cent soixante-dix-neuf arrangements de chansons populaires, soit un nombre de pièces beaucoup important que dans n’importe quel autre genre musical. Presque tous ces arrangements furent réalisés à la demande de George Thomson, un éditeur de musique écossais qui souhaitait rassembler les plus belles chansons populaires écossaises, irlandaises, galloises et, plus tard, continentales, harmonisées par les meilleurs compositeurs européens de son temps. Après avoir commandé des arrangements à Haydn et à d’autres musiciens, il s’est adressé à Beethoven, qui a accepté d’autant plus volontiers qu’il trouvait fascinant d’imaginer des accompagnements pour ces mélodies traditionnelles parfois étranges.
Thomson lui communiquait rarement les paroles des chansons, préférant leur adapter des poèmes écrits par de grands écrivains après avoir reçu les arrangements de Beethoven -lequel acceptait cette manière de procéder. Thomson lui avait demandé de composer des accompagnements pour piano avec l’ajout facultatif d’un violon et d’un violoncelle. Ces accompagnements ont été transcrits avec une grande inventivité par Philippe Pierlot pour des instruments variés plus proches des traditions folkloriques.Un répertoire captivant où le goût du génie de Beethoven se marie, avec virtuosité et élégance, aux mélodies traditionnelles d’outre-Manche.

Infos et réservations : www.automnemusical.com - 0478 25 60 29

Maria João Pires fait ses débuts avec le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin

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Le 23 novembre, Maria João Pires fera ses débuts tant attendus au DSO aux côtés de Kent Nagano. Ce n'est qu'en septembre que la « grande dame » du piano a reçu le Praemium Imperiale, le prix artistique le plus important au monde. Pires, dont les interprétations aussi virtuoses que gracieuses de la musique de Mozart sont légendaires, fait ses débuts avec un coup de génie de sa plume. Le concerto de Jenamy KV 271 n'a pas seulement marqué un tournant pour son créateur (il s'agit du dernier concerto pour piano de sa période salzbourgeoise), mais aussi une nouvelle qualité artistique dans son œuvre et dans le genre en général.

 

 

 

Eugene Ormandy, 125 ans

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Eugene Ormandy est un chef d'orchestre et violoniste américain d'origine hongroise, né le  et décédé le .

Né à Budapest et d'origine juive, son véritable nom est Jenő Blau (en hongrois : Blau-Ormándy Jenő)1. Son père, dentiste, est violoniste amateur et a prénommé son fils Jenő en hommage au célèbre violoniste hongrois Jenő Hubay, formé lui-même par Joseph Joachim et Henri Vieuxtemps. Enfant prodige, il commence à jouer du violon à l’âge de trois ans1 et étudie le violon avec son père. Il entre à l’Académie royale de musique de Budapest à l’âge de cinq ans, et commence à étudier à neuf ans avec Jenő Hubay. Parmi ses autres professeurs, on compte Béla Bartók, Zoltán Kodály et Leo Weiner. Il reçoit un diplôme de violon en 1914 et un certificat d’enseignant de l’Académie royale en 1917. En 1917, il fait une tournée en Hongrie et en Allemagne en tant que soliste avec le Blüthner Orchestra de Berlin puis retourne à Budapest.

En 1920 et 1921, il entreprend une tournée en tant que violoniste en Autriche et en France, au cours de laquelle il semble utiliser pour la première fois le surnom « Ormandy ». Ormandy sera toujours réticent à expliquer l’origine de ce surnom, qui est demeurée obscure. Pour certains, il s’agirait d’un deuxième nom de la famille paternelle ou maternelle. Selon le site de la bibliothèque de l’Université de Pennsylvanie consacrée à Ormandy, ce surnom pourrait être lié à l’existence d’une ville située à l’ouest de la Hongrie, ville appelée « Ormánd » et d’où serait originaire une partie de la famille d’Ormandy. En hongrois, l’ajout de la lettre « y » à la fin du nom de la ville signifie « originaire d’Ormánd ». Quant au prénom « Eugene » (qu’il adoptera une fois installé aux États-Unis), il est l’équivalent anglais du prénom Jenő.

En 1921, il accepte une proposition l’invitant à se rendre aux États-Unis (il adoptera la nationalité américaine en 1926, exactement 5 ans et 90 jours après son arrivée, soit le minimum légal pour devenir citoyen américain). Il est à peine arrivé que son rêve de grande carrière s’évanouit, la tournée de concerts pour laquelle on l’avait invité n’ayant probablement jamais existé. Il est alors engagé par le chef Erno Rapee, un ancien ami de Budapest et camarade de promotion à l’Académie de musique, comme violoniste dans l'orchestre du Capitol Theater à New York1, un ensemble de 77 musiciens qui accompagne les films muets. Il en devient le violon solo cinq jours après avoir été recruté et y restera deux ans et demi. Il fait ses débuts de chef à la tête de cet orchestre en  et, en 1926, il est nommé directeur musical associé. Entre 1923 et 1929, Ormandy réalise en tant que violoniste seize enregistrements, la moitié d'entre eux utilisant le procédé acoustique.

En 1929, il dirige l’Orchestre philharmonique de New York au Lewisohn Stadium. En 1930, il est invité à diriger le Robin Hood Dell Orchestra, à Philadelphie. Le , il remplace Arturo Toscanini tombé malade pour diriger un concert à la tête de l’Orchestre de Philadelphie, grâce à l’appui d’Arthur Judson, l’un des plus puissants impresarii de la scène musicale classique américaine au cours des années 19301. La même année, il est nommé directeur musical et chef permanent de l’Orchestre symphonique de Minneapolis1.

1931-1936 : L’Orchestre symphonique de Minneapolis

Ormandy est le chef d'orchestre de l'Orchestre symphonique de Minneapolis, maintenant Orchestre du Minnesota, jusqu’en 1936. Pendant les jours sombres de la Grande Dépression, RCA Victor prend sous contrat Ormandy et l'Orchestre symphonique de Minneapolis pour de nombreux enregistrements discographiques. Une clause dans le contrat des musiciens leur impose de jouer un minimum d'heures chaque semaine (que ce soit en répétition, lors de concerts, d’émissions radiophoniques ou d'enregistrements). N'ayant pas à payer les musiciens, RCA peut se permettre d'envoyer ses meilleurs techniciens et équipements pour les enregistrements qui ont lieu à Minneapolis du  au . Parmi ceux-ci, on compte quelques premières discographiques mondiales : les Adventures in a Perambulator de John Alden Carpenter, la suite Háry János de Zoltán Kodály, La Nuit transfigurée d'Arnold Schönberg et un enregistrement spécialement commandé de l’American Overture de Roy Harris sur le thème populaire « When Johnny Comes Marching Home ». L'excellence de ces enregistrements contribue à doter Ormandy d'une exceptionnelle réputation de musicien et ses lectures de la Symphonie no 7 de Bruckner et la no 2 de Mahler deviennent vite très célèbres.

C’est au cours de cette période qu’Ormandy rencontre pour la première fois le pianiste et compositeur Serge Rachmaninov, à l’occasion d’un concert où ce dernier joue en soliste avec l’Orchestre symphonique de Minneapolis. Durant le concert, Rachmaninov a un trou de mémoire qu’Ormandy parvient à si bien masquer que le public ne s’en aperçoit pas. Reconnaissant, Rachmaninov ne tarit pas d’éloges sur le chef et contribue à établir sa réputation aux États-Unis.

1936-1980 : L’Orchestre de Philadelphie

Mais ce sont ses quarante quatre années passées à l'Orchestre de Philadelphie qui font toute la renommée d'Ormandy. Nommé chef associé de cet orchestre à partir de 1936 (avec Leopold Stokowski), il en devient, le , l'unique directeur et chef principal jusqu'à son départ en 1980 (Stokowski continue à diriger ponctuellement l’Orchestre de Philadelphie jusqu’en 1941, notamment pour enregistrer la bande originale du film Fantasia de Walt Disney, puis reviendra en tant que chef invité à partir de 1960).

Ormandy dirige entre cent et cent quatre-vingts concerts chaque année à Philadelphie et entraîne l’orchestre dans des tournées américaines en 1937, 1946, 1948, 1957, 1962, 1964, 1971, 1974 et 1977. En 1949, il fait une longue tournée en Angleterre ; au printemps 1955, dans dix pays européens (notamment en Finlande où Ormandy et des membres de l’orchestre rendent visite au compositeur Jean Sibelius, alors âgé de 89 ans ; au cours de l’été 1958, une autre tournée européenne (notamment en Union soviétique) ; ainsi qu’en Australie (été 1944) ; en Amérique du Sud (été 1946) ; en Amérique latine (1966) ; en Extrême-Orient (1967, 1978) et au Japon (1972). En 1973, il effectue avec l’Orchestre de Philadelphie une tournée en Chine où il donne des concerts dans plusieurs villes : c’est la première fois qu’un orchestre symphonique américain se produit en République populaire de Chine.

1980-1985 : Les dernières années

Après 42 saisons comme directeur musical de l’Orchestre de Philadelphie, il se retire à la fin de la saison 1979-1980 et est nommé chef d’orchestre lauréat. Il continue ponctuellement à diriger d’autres orchestres et à effectuer quelques enregistrements. Il donne son dernier concert le  au Carnegie Hall de New York, à la tête de l’Orchestre de Philadelphie.

Ormandy meurt à Philadelphie le  des suites d'une pneumonie. Ses papiers, y compris ses partitions annotées et des arrangements musicaux, remplissent 501 boîtes dans les archives de la Bibliothèque de l'Université de Pennsylvanie. Son épouse Margaret est décédée en 1998.

Style de direction et répertoire

Déchiffrant très rapidement les partitions, Ormandy dirigeait par cœur et, le plus souvent, sans baguette. Sous sa direction, l'Orchestre de Philadelphie a préservé la plénitude sonore et la grande richesse de couleurs créées par Stokowski et labellisées comme étant caractéristique du « Philadelphia Sound ». Selon A. Pâris, « Ormandy fera de cet orchestre l'un des meilleurs du monde, capable de nuances d'une étonnante subtilité, d'un phrasé d'une remarquable finesse et doté d'une palette sonore convenant à tous les répertoires. La qualité des cordes tient naturellement à la formation de violoniste d'Ormandy, dont les coups d’archets sont restés dans la légende ». Ormandy est également connu pour avoir été un accompagnateur fidèle et sensible. Son héritage discographique inclut d'ailleurs beaucoup d'excellentes collaborations avec notamment Robert Casadesus, Philippe Entremont, Emil Gilels, Arthur Rubinstein, Rudolf Serkin, Van Cliburn, David Oistrakh, Itzhak Perlman, Isaac Stern, Emanuel Feuermann, Leonard Rose, …

Selon N. Slonimsky5, « l’interprète Ormandy était un romantique ». Il s’est imposé dans les œuvres de la fin du romantisme et de la première moitié du  siècle. Les symphonies de Tchaïkovsky, de Sibelius ou de Brahms, les poèmes symphoniques de Richard Strauss ou les compositions de Ravel et Debussy permirent à Ormandy d’atteindre l’idéal de sa conception de l’interprétation. Il a également perpétué la tradition créée par Stokowski (et popularisée dans le film Fantasia de Walt Disney) d’adaptation pour orchestre symphonique d’œuvres de Jean-Sébastien Bach. Par contre, ses interprétations de Haydn, Mozart ou Beethoven furent parfois critiquées, la musique de ces compositeurs n’offrant pas le terrain le plus adapté à l’opulence du Philadelphia Sound.

Ormandy a été l’ardent défenseur de la musique de Serge Rachmaninov, dirigeant la première mondiale de ses Danses symphoniques (œuvre dont il est le dédicataire, avec l’Orchestre de Philadelphie) et enregistrant avec le compositeur trois de ses concertos pour piano entre 1939 et 1941. Il a également dirigé les premières américaines de plusieurs symphonies de Dmitri Chostakovitch, ainsi que le premier enregistrement mondial de l’édition établie par Deryck Cooke de la dixième Symphonie de Mahler. En 1964, il enregistre le Requiem de Berlioz, avec le ténor Cesare Valletti, vision apaisée de l'œuvre qui fera date. Il a joué également beaucoup de musique américaine et donné de nombreuses créations d'œuvres de Samuel Barber, Paul Creston, David Diamond, Howard Hanson, Walter Piston, Ned Rorem, William Schuman, Roger Sessions, Virgil Thomson et Richard Yardumian.

Ormandy a eu à cœur de populariser la musique classique. Les ventes de trois de ses enregistrements avec l’Orchestre de Philadelphie dépassèrent le million de dollars. Il dirigea le  le premier concert symphonique retransmis en direct par la télévision américaine (il devança de peu Toscanini, dont l’interprétation fut diffusée par une autre chaîne de télévision une heure et demie plus tard).

Enregistrements

.Si l’Orchestre de Philadelphie a réalisé son premier enregistrement phonographique dès 1917 sous la direction de Leopold Stokowski, ce n’est pas avant les années 1940, et avec Ormandy à sa tête, que les revenus tirés des enregistrements constitueront une part substantielle de l’ensemble des revenus de l’orchestre. Entre 1944 et 1968, Ormandy et l’Orchestre de Philadelphie sont l’un des piliers du catalogue orchestral de la Columbia Records (CBS), réalisant plus de 300 enregistrements différents qui ont permis d’établir durablement la réputation internationale de l’orchestre. Ormandy adore enregistrer et comme le note H. Kupferberg, « sa polyvalence et son adaptabilité, ainsi que son aptitude à travailler très rapidement sans que la musicalité n’en soit compromise, ont permis de produire des enregistrements inégalés par tout autre chef d’orchestre dans leur diversité ».

À partir de 1968, Ormandy et l’Orchestre de Philadelphie enregistrent pour le label RCA à un rythme toujours aussi soutenu. Ce changement de compagnie discographique offre l’opportunité d’enregistrer avec des solistes sous contrat exclusif avec RCA tels qu'Arthur Rubinstein ou Van Cliburn. Le premier enregistrement effectué par Ormandy en 1968 pour RCA est la sixième symphonie de Tchaïkovski : Ormandy a choisi cette composition car ce fut la première œuvre qu’il enregistra avec l’Orchestre de Philadelphie en 1936.

À la fin des années 1970, Ormandy et l’Orchestre de Philadelphie changent à nouveau de label discographique et passent chez EMI. C’est à cette époque qu’ils enregistrent les Quatre Légendes du Kalevala de Jean Sibelius, dernier disque dirigé par Ormandy à recevoir, en 1979, un Grammy Award.

Sergueï M. Liapounov, 165 ans

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Sergueï Mikhaïlovitch Liapounov est un compositeur russe né le 18 novembre 1859 (30 novembre 1859 dans le calendrier grégorien) à Iaroslavl et mort le 8 novembre 1924 à Paris.

Après la mort de son père, l'astronome Mikhaïl Vassilievitch Liapounov, à Iaroslavl alors qu'il n'a que huit ans, Sergueï va vivre à Nijni Novgorod avec sa mère, Sofia Alexandrovna née Chilipova, son frère aîné Alexandre, futur grand mathématicien, et son frère cadet Boris, futur slaviste de renom. Il suit les cours de Vassili Villoing. Sur les recommandations de Nikolaï Rubinstein, directeur du conservatoire de Moscou, Sergueï s'y inscrit en 1878. Ses principaux professeurs sont Karl Klindworth pour le piano et Sergueï Taneïev pour la composition.

Diplômé en 1883, il rencontre le compositeur Mili Balakirev qu'il rejoint à Saint-Pétersbourg en 1885. Balakirev, lui-même originaire de Nijni Novgorod, prend le jeune pianiste-compositeur sous son aile et l'accompagne dans ses premières compositions aussi attentivement qu'il le fait avec les membres de son cercle qui a succédé au fameux Groupe des Cinq. En 1893, dans le cadre du programme de la Société impériale géographique de Russie, Liapounov fait un voyage dans les provinces d’Iaroslavl, Viatka, Vologda et Kostroma pour recueillir des chansons folkloriques de ces endroits. Le résultat est la collection publiée six ans plus tard Chansons du peuple russe. En 1894, Liapounov est engagé comme directeur musical adjoint à la Chapelle impériale, succédant à Rimski-Korsakov. Il contribue grandement à l'amélioration du chant liturgique dans l'Église orthodoxe russe et il a aussi du temps pour composer. Son œuvre fameuse, Ouverture solennelle sur des thèmes russes, est composée en 1896. À partir de 1904, Liapounov se montre comme chef d'orchestre, notamment à Berlin et à Leipzig en 1907. En 1908, il compose son poème symphonique Żelazowa Wola en hommage à Chopin pour lequel il a une grande vénération depuis l'enfance. Il fait plusieurs tournées en 1910-1911 en Allemagne et en Autriche.

Il accède au rang de professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg dans la classe de piano en 1911. Tout en enseignant au Conservatoire, Liapounov vit une période intense de compositions et d'activités de concertiste virtuose. Au printemps 1919, contre toute attente pour lui, il est élu staroste (marguillier) de la chapelle du Conservatoire de Pétrograd (nouveau nom de Saint-Pétersbourg depuis 1914). Il s'engage sérieusement à l'exécution de chants d'Église pendant les services divins et attire des représentants du conservatoire. Il commence à développer un cours spécial pour l'étude de la musique de culte russe ancienne. À l'automne 1921, une classe pour l'étude du chant religieux russe est formée au conservatoire sous sa direction. Le décret des autorités bolchéviques publié le 23 février 1922 sur la saisie des objets de valeur des églises donne le signal de la répression à venir. Le troisième jour après le décret, des commissaires du peuple se présentent à la chapelle du conservatoire. Le staroste Liapounov refuse de leur donner les clefs, mais ils forcent la porte. Par la suite, il est arrêté avec 96 personnes (dont dix seront fusillées) dans le cadre de l'Affaire des ecclésiastiques de Pétrograd. Lors du procès, le compositeur se comporte avec dignité. Il écrit sa dernière œuvre dans son pays natal dans la salle d'audience le 20 juin 1922. Un manuscrit de la partition du compositeur portant cette date a été conservé. Il s'agit de l'hymne Ô Mère de Dieu, Vierge, réjouis-toi pour un chœur mixte à quatre voix. Il est condamné à six mois de prison1. Menacé et surveillé, il émigre à Paris en 1923 et dirige une école de musique pour émigrés russes, mais meurt d'une attaque cardiaque peu de temps après.

Liapounov est issu d'une génération intermédiaire entre d'un côté le Groupe des Cinq et Tchaïkovski, et de l'autre côté des compositeurs comme Scriabine, Stravinsky, Prokofiev ou Chostakovitch. Avec Alexandre Glazounov et Anton Arenski, il reste bien moins connu que le néo-romantique Sergueï Rachmaninov de dix ans son cadet.

Lui-même pianiste virtuose, comme Balakirev son mentor, Liapounov s'est illustré dans des œuvres pour cet instrument, avec ou sans orchestre. Il a également composé des chansons avec accompagnement au piano. Son œuvre la plus célèbre, écrite à la mémoire de Liszt, est Douze études d'exécution transcendante.

 

Alberich Zwissig, 170 ans

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Alberich Zwyssig, de son vrai nom Joseph Zwyssig, est un compositeur suisse né le 17 novembre 1808 à Bauen (Canton d'Uri) et mort le 18 novembre 1854 à l'Abbaye territoriale de Wettingen-Mehrerau (Empire d'Autriche).

Il entre dans l'ordre cistercien en 1826 et renonce à son véritable prénom pour adopter celui monastique d'Alberich. Il est maître de chapelle (Kapellmeister) pour les monastères de Wettingen, Zug, Wurmbach et Mehrerau.

Son œuvre la plus connue, le Cantique suisse (1841) pour chœur d'hommes a cappella, a bénéficié d'une grande popularité et a été désigné hymne national pro tempore en Suisse en 1961, avant d’être adopté définitivement en 1981.

Il a aussi composé beaucoup de chœurs sacrés et profanes et de la musique d'église avec accompagnement d'orgue.

Yurika Kimura remporte le 61e concours de musique Possehl à Lübeck

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La pianiste Yurika Kimura, de la classe du professeur Konstanze Eickhorst, a remporté le 61e concours du Prix musical Possehl, le 14 novembre, au Conservatoire de musique de Lübeck (MHL). Elle a remporté le premier prix doté de 5.000 euros. Le pianiste Leander Brune a remporté le deuxième prix, tandis que l'altiste Jasper Sitte et la chanteuse Monica Mhangwana se sont partagés le troisième prix.

Le jury, présidé par le Dr Ole Krönert, a été convaincu par la « virtuosité souveraine de Kimura, son sens aigu du style et son interprétation multicolore », comme l'a expliqué le président du jury et de la MHL, le professeur Bernd Redmann. Kimura est en troisième année d'études chez le professeur Konstanze Eickhorst à la MHL, où elle obtiendra son « examen de concert » en été 2025. Elle a commencé sa formation de pianiste pendant quatre ans au Japon, où elle a étudié au conservatoire de Tokyo jusqu'en 2015. Depuis 2016, elle est en Allemagne, où elle a obtenu son master à l'Université des Arts de Berlin. Outre les représentations en tant que soliste, la jeune femme de 31 ans se consacre volontiers à la musique de chambre. Elle a déjà été récompensée par de nombreuses bourses et prix de concours internationaux. En 2019, elle a publié son premier CD « Carnaval » chez KNS Classical.

Le thriller lyrique « Fedora » de Giordano à l'Opéra de Genève

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Dans la nouvelle mise en scène de Fedora d'Umberto Giordano, un opéra qui a toujours été un vecteur efficace pour les plus grandes stars de l'opéra, le ténor Roberto Alagna et son épouse Aleksandra Kurzak feront leurs débuts à l'opéra au Grand Théâtre de Genève. Il y a deux ans, Alagna avait déjà chanté avec grand succès le rôle de Loris Ipanov à la Scala de Milan et, après 40 ans de carrière, il montera pour la première fois sur la scène du Grand Théâtre dans un rôle d'opéra.
Aleksandra Kurzak, qui s'est de plus en plus spécialisée ces derniers temps dans le vérisme et peut ainsi puiser dans sa longue expérience du bel canto, fait ses débuts dans le rôle de Fedora et ajoute ainsi à son répertoire un autre grand rôle de prima donna après Tosca, Madama Butterfly et Adriana Lecouvreur .

L'Opéra national polonais reprend "Le Masque noir" de Penderecki.

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À partir du 22 novembre, l'Opéra national de Pologne reprend l'opéra en un acte Le Masque noir, du compositeur polonais Krzysztof Penderecki, créé au festival de Salzbourg en 1986.

Les représentations présentent un livret original du lauréat du prix Nobel Gerhart Haputmann, tiré d'une œuvre de 1928, que Penderecki a conservée pratiquement intacte, à l'exception de la fin. Alors que celle de l'original est assez ouverte, l'opéra offre une vision claustrophobe d'un monde qui se dirige vers une destruction imminente.

Les représentations seront mises en scène par David Pountney et dirigées musicalement par Bassem Akiki, ainsi que par une distribution composée, entre autres, des voix de Wojciech Parchem, Natalia Rubis, Katarzyna Drelich et Elzbieta Wroblewska.

"Oberto, conte di San Bonifacio" de Giuseppe Verdi, 185 ans

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Oberto, conte di San Bonifacio est un opéra en deux actes sur un livret d'Antonio Piazza et Temistocle Solera, créé à la Scala de Milan le 17 novembre 1839.

L'histoire d’Oberto est indiscutablement liée à la composition du premier opéra de Verdi. Si Oberto est le premier opéra représenté sous le nom de Verdi, il est certainement le deuxième opéra composé par le maestro italien.

En 1835-1836, Verdi reçoit de Pietro Massini, le directeur du Teatro Filodrammatico de Milan, la commande d'un opéra, du nom de Rocester, dont le livret est écrit par le journaliste milanais Antonio Piazza et que Verdi envisage de monter également au Teatro Regio de Parme. On pense qu'il en acheva la partition au printemps 1838 ; mais ni à Milan ni à Parme Rocester ne verra le jour. Bartolomeo Merelli, l'impresario de la Scala auquel Massini a présenté Verdi, lui passe alors commande d'un nouvel opéra destiné à être joué au bénéfice du Pio Istituto et pour lequel deux autres livrets, intitulés Lord Hamilton et Oberto lui sont proposés. Verdi, avec la collaboration du poète Temistocle Solera décide d'intégrer l'action de Lord Hamilton à celle d'Oberto, composant ce dernier opéra à partir de la partition de Rocester.

Oberto se présente donc sous la forme d'une œuvre hybride, dont le livret est issu de Lord Hamilton et la musique issue de la partition de Rocester. Un lapsus dans le manuscrit autographe révèle en effet que certains passages de la partition d'Oberto avaient été composés initialement pour Rocester.

Composé durant l'hiver 1837-1838, Oberto entre en répétition à la Scala au printemps 1839 ; après la défection des solistes initialement prévus (dont Giuseppina Strepponi) et quelques retouches, l'opéra est créé à la Scala de Milan le 17 novembre 1839.

Jan Novák, 40 ans

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Jan Novák (né le  à Nová Říše, en Moravie – mort le  à Neu-Ulm) est un compositeur tchécoslovaque de musique classique et de musique de films, ainsi qu'un poète latin contemporain connu sous le nom de plume de Ianus Novak.

Il étudie à Brno auprès de Vilém Petrželka, puis à Prague auprès de Pavel Bořkovec. Après la guerre -qui l'emmena en Allemagne pour le travail obligatoire pendant deux ans et demi- il passe un an aux États-Unis grâce à une bourse. Il y étudie auprès d'Aaron Copland et de son compatriote en exil, Bohuslav Martinů (1947-1948), lequel eut sur lui une influence importante et durable, notamment dans la conception mélodique et rythmique. À son retour, il épouse la pianiste Elicaka Hanouskovi, avec qui il forme un duo de piano, destination de plusieurs œuvres, notamment le Concerto pour deux pianos (1956).

Après son exclusion en 1961 de l'union des compositeurs tchécoslovaques, il cofonde en 1963, le groupe Schéppening A (également appelé Parasiti Apollinis), aux côtés de Josef Berg, Miloslav Ištvan, Alois Piňos et Zdeněk Pololáník, en opposition à la politique culturelle officielle de l'État, ils organisent des concerts, des conférences, et des festivals de musique. Toutes ces activités sont interdites après l'échec du Printemps de Prague et en 1968, il quitte son pays à la faveur d'un voyage au Danemark, d'abord enseignant le piano à Aarhus pendant trois ans, puis à Rovereto près de Trente en Italie jusqu'en 1977, pour s'installer à Neu-Ulm en Bavière, jusqu'à sa mort à l'âge de 63 ans, le . Il repose au cimetière de Brno, non loin de Leoš Janáček et du pianiste Rudolf Firkušný.

Jan Novák est le père de la flûtiste Clara Novakova (*1962-), qui a été soliste de l’Orchestre de chambre de Paris, dès 1988, après son Premier Prix dans la classe de Michel Debost au Conservatoire.

En 1970, il est honoré de la magna laus, au concours de poésie latine d'Amsterdam, le Certamen poeticum Hoeufftianum. Après 1989, des œuvres sont présentées en première en Tchécoslovaquie et en 1996, à titre posthume, il est réhabilité par sa patrie : Václav Havel lui décerne la médaille du mérite artistique. En 2005, il est désigné citoyen d'honneur de Brno. Sa ville natale, Nová Říše lui consacre une salle au Musée de la musique Pavel et Antonín Vranický. En Italie, le conservatoire de Vallagarina, près de Trente, porte son nom.

Jan Novák a un catalogue très variés, comprenant à la fois de la musique de chambre et de la musique symphonique, des compositions vocales, des musiques musiques de scène pour le théâtre et compose la musique pour la télévision et la bande son de plusieurs films de Karel Kachyňa ainsi que pour deux des principaux maîtres du film d'animation : Jiří Trnka et Karel Zeman.

Dès les années 1950, il s'intéresse beaucoup aux œuvres vocales, inspirées de textes latins et de vieux poèmes tchèques, tant traditionnels qu'issus de la tradition culturelle.