C'est au chef letton Andris Nelsons que revient cette année le prix des Journées Internationales Chostakovitch de Gohrisch (Suisse saxonne).
Il y a quelques semaines, Nelsons recevait deux Grammy Awards pour son enregistrement de deux symphonies de Chostakovitch avec le Boston Symphony Orchestra.
Selon Tobias Niederschlag, directeur artistique du Festival, Nelson est un artiste "qui communique les aspects humains de la musique de Chostakovitch [...], qui exprime la valeur intemporelle de la musique.
Parmi les précédents lauréats du Prix figurent les chefs d'orchestre Kurt Sanderling, Gennady Rozhdestvensky et Yuri Temirkanov, le violoniste Gidon Kremer, la compositrice Sofia Gubaidulina et le Quatuor Borodin.
Andris Nelsons est né à Riga le 18 novembre 1978. Il étudie la trompette à l'école de musique Emil Darzins de sa ville natale puis avec Alexander Titov à l'Académie de musique de Lettonie et au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Il a suit des master classes de direction avec Neeme Järvi et Jorma Panula et, dès 2002 avec Mariss Jansons.
Pendant ses études, il a travaillé comme trompettiste à l'Opéra National de Lettonie (Riga). Après son diplôme, il fait ses premières expériences internationales en Finlande et aux Etats-Unis, notamment avec le Chicago Civic Orchestra.
En 2003, il est désigné chef d'orchestre principal de l'Opéra National letton et, en 2006, il de la Philharmonie Nordwestdeutsche Herford. Ce seront ensuite l'Orchestre Symphonique de Birmingham et l'Orchestre symphonique de Boston. En 2017, il arrive à la direction de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.
Les Journées internationales Chostakovitch de Gohrisch ont été fondées en 2010, en l'honneur du compositeur Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : en 1960 et 1972, le compositeur y a résidé un temps à l'invitation du gouvernement de la RDA et il y a écrit l'une de ses œuvres majeures, le Quatuor à cordes n° 8.
Bernard Haitink célèbre aujourd'hui son 90e anniversaire. Il n'est d'ailleurs pas le seul car nombreux sont ceux qui ont croisé son parcours artistique et qui ont tenu à lui rendre hommage.
Petite rappel pour les plus jeunes : Bernard Johan Herman Haitink est né le à Amsterdam.
Il étudie le violon au conservatoire d’Amsterdam, puis la direction d'orchestre auprès de Felix Hupka. Devenu violoniste de l'Orchestre Symphonique de la Radio néerlandaise, il travaille la direction avec Ferdinand Leitner qui lui confie en 1955 le poste de second chef d'orchestre de l'orchestre de l'Union des Radios Néerlandaises.
En 1961, Bernard Haitink succède à Eduard van Beinum qui avait lui-même remplacé Willem Mengelberg (1945) à la tête de l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam. Il y restera 27 ans. En 1967, il devient aussi le chef principal de l'Orchestre Philharmonique de Londres (jusqu'en 1979).
A partir de 1972, Haitink se tourne vers l'opéra. Il devient en 1978 directeur musical du Festival de Glyndebourne (jusqu'en 1988), dirige Les Noces de Figaro au Festival de Pâques de Salzbourg (1991), puis devient directeur musical de la Royal Opera House (jusqu'en 2002). Et ça continue : d'août 2002 à 2004, il est directeur de la Staatskapelle de Dresde ; en 2006, il accepte le poste de chef principal de l'orchestre symphonique de Chicago aux côtés de Pierre Boulez (alors émérite) dans l'attente de la nomination d'un nouveau directeur musical,...
Il est désormais membre honoraire de l'Orchestre Philharmonique de Berlin et chef honoraire à l'Orchestre Symphonique de Chicago et à l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam. Il est Chevalier Commandeur honoraire de l'Ordre de l'Empire britannique depuis 1977, Commandeur de l'Ordre d'Orange-Nassau, membre honoraire de l'Ordre des compagnons d'honneur (Royaume-Uni) depuis 2002, et il a reçu en 2003 un Grammy pour sa Jenůfa (Janáček).
On le retrouve au disque chez Decca, EMI et Philips avec, notamment, les dix symphonies de Bruckner, les quinze de Chostakovitch, les ballets de Stravinsky, l'intégrale des Symphonies de Brahms et de Mahler avec l’orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, et beaucoup d'autres enregistrements avec la Philharmonie de Berlin, le Philharmonique de Vienne, l’Orchestre Symphonique de Boston, celui de la Radiodiffusion bavaroise et l'Orchestre National de France.
Parmi les plus récents, il y a eu chez LSO Live (avec l'Orchestre Symphonique de Londres donc) l'intégrale des Symphonies de Brahms en concert, puis celle des symphonies de Beethoven, en concert aussi.
Pour leur première collaboration, le Teatro Real et le Teatro Español assurent la création ce 6 mars de l'opéra Je suis Narcissiste de Raquel García-Tomás sur livret de Helena Tornero (mise en scène de Marta Pazos). Je suis narcissiste dresse un portrait ironique et cinglant de l'individualisme et du narcissisme qui déterminent de nombreux comportements dans la société actuelle. La musique est truffée de références au cinéma des années '50 et aux films d'animation.
Co-production de l'Opéra Butxaca, du Teatro Real, du Teatro Español et du Teatro Lliure, l'opéra sera porté, au Teatro Español, par Vicius Kattah qui dirigera l'Orchestre du Teatro Real, les sopranos Elena Copons et Maria Hinojosa, le ténor Joan Ribalta et le baryton Toni Marsol.
Javier Perianes, Artiste ICMA de l'année, était à Cleveland la semaine dernière pour le Concerto en sol de Ravel avec le Cleveland Orchestra et François Xavier Roth.
Au même moment, Eva Gevorgyan, lauréate ICMA du Prix Découverte, y résidait aussi pour des concerts dans le cadre de son 1er Prix Junior 2018 au Concours International de Piano de Cleveland. Eva Gevorgyan est allées écouter Javier Perianes et nos deux lauréats ont pu se sont rencontrer après le concert.
Le jury des International Classical Music Awards (ICMA) compte désormais un membre supplémentaire : le radiodiffuseur international Deutsche Welle qui y sera représenté par Anastassia Boutsko, rédactrice en chef du département dédié à la musique.
Cette arrivée est, elle aussi, importante pour tous les acteurs de la vie musicale : Deutsche Welle dispose d'un vaste réseau de communication via la télévision, la radio et Internet en 30 langues, avec une télévision en anglais, allemand, espagnol et arabe.
Désormais, le jury des ICMA compte 19 membres de 15 pays.
Les Prix de Composition2019 de la Fondation vont à Annesley Black (Canada), Ann Cleare (Irlande) et Mithatcan Öcal (Turquie) qui reçoivent chacun 35 000 euros et un CD "portrait".
La Fondation musicale Ernst von Siemens distribuera cette année un montant total de 3,5 millions d'euros sous forme de prix et de bourses dont plus de 3 millions d'euros sont consacrés à la musique contemporaine.
Les trois prix seront remis en juin prochain, en même temps que le Prix de Musique Ernst von Siemens 2019 (250 000 euros) qui va à Rebecca Saunders dont l'Ensemble Musikfabrik interprétera Skin (2016) pour soprano et 13 instruments.
Nous avons appris ce soir le décès, dans sa maison de Manhattan, du pianiste, chef d'orchestre et compositeur américain d'origine allemande André Previn.
C'est une vaste page qui se tourne.
André Prévin était né Andreas Ludwig Priwin à Berlin le dans une famille juive qui a émigré aux États-Unis en 1938 pour échapper aux nazis.
Devenu citoyen américain en 1943, il grandit à Los Angeles et fait ses premiers pas en arrangeant et en composant des musiques de films pour Hollywood à partir de 1948 : il adapte et dirige la musique pour Gigi (1958), Porgy and Bess (1959), Irma la Douce (1963) et My Fair Lady (1964) et, pour chacun d'eux, il reçoit l'Oscar de la meilleure adaptation musicale. Pendant des années, il a travaillé au département musical de la MGM dirigé par Arthur Freed.
Il sera d'ailleurs nommé onze fois aux Oscar au cours de sa carrière. Il y aura aussi 10 Grammy Awards, 44 nominations et le Grammy® Lifetime Achievement Award. Il a été fait Commandant de l'Ordre de l'Empire britannique par la Reine Elizabeth II ; il a reçu la Croix du mérite autrichienne et allemande, le prix Glenn Gould et le Lifetime Achievement Award du Kennedy Center.
À la fin des années 1950, Prévin se révèle pianiste de jazz, enregistrant surtout pour Contemporary Records et il travaille avec Shelly Manne et Benny Carter. L'album de My Fair Lady (1956) avec Manne est rapidement devenu un best-seller.
Après sa carrière hollywoodienne, il se tourne vers la musique classique. Son premier opéra, A Streetcar Named Desire (livret de Philip Littell) basé sur la pièce de Tennessee Williams est représenté pour la première fois à l'opéra de San Francisco en 1998 avec Renée Fleming dans le rôle-titre. Il compose un concerto pour violoncelle dédié à Yo-Yo Ma, un autre pour piano dédié à Vladimir Ashkenazy, un concerto pour guitare, et aussi des cycles de mélodies pour Janet Baker, Kathleen Battle, Barbara Bonney,…De 2002 à 2006, il était encore à la tête de l'Orchestre Philharmonique d'Oslo.
En 1967, André Previn prend la tête de l'Orchestre Symphonique de Houston et l'année suivante, il fait pareil à Londres. Puis il dirigera les principaux grands orchestres du monde tant en concert qu'en enregistrement. Il a dirigé le Boston Symphony Orchestra, le New York Philharmonic, le Philharmonique de Vienne, London Symphony Orchestra, le Houston Symphony Orchestra, le Los Angeles Philharmonic, le Pittsburgh Symphony Orchestra et au Royal Philharmonic Orchestra. En 2009, il était nommé chef principal invité de l'orchestre symphonique de la NHK.
Ces dernières années, il a surtout composé et, jusqu'il y a quelques jours, il honorait de nouvelles commandes. Plusieurs de ses dernières œuvres seront d'ailleurs créées au cours de la prochaine saison.
De sa vie "privée", on retient évidemment son dernier mariage, avec Anne-Sofie Mutter en 2002 (suivi de la séparation en 2006), après ses unions avec Dorothy Langan, Mia Farrow, Betty Bennett et Heather Sneddon.
Depuis l'annonce de son décès, les hommages et les témoignages se multiplient. David Fetherolf, ami proche et rédacteur en chef de son éditeur G. Schirmer Inc., a déclaré : L'un des plus grands plaisirs de ma vie professionnelle a été de travailler avec André Previn. Nous nous sommes régalés de notre humour et de notre amour communs pour la musique, et nos réunions ont dépassé les limites habituelles de la relation éditeur/compositeur pour devenir profondément affectueuses et personnelles, et je sais que je ne suis pas le seul à ressentir sa perte de façon profonde. André était un géant. C'était un polyglotte musical multiforme qui étudiait et écoutait toujours tout ce qu'il pouvait. Sa curiosité sans bornes n'a jamais faibli.
Les éloges et les récompenses n’ont jamais été aussi importants pour lui que la musique; la sienne et celle des autres. Et quand il avait mis le point final à une oeuvre, c'était fini, pas de révision, il passait à la suivante, comme s'il n'aimait plus la précedente. C'était vraiment singulier.
Pour Chris Butler, responsable de la gestion mondiale de ses droits, André Previn était tout simplement unique. Il possédait un don exceptionnel pour la communication à tous les niveaux et au cours d’une carrière de plus de 70 ans, il s’est distingué comme arrangeur, compositeur, chef d’orchestre et interprète. L'éventail de ses réalisations a été célébré à juste titre et reconnu dans le monde entier.
Si de sa vie "privée", on retient surtout son mariage avec Anne-Sophie Mutter en 2002 (séparation en 2006), il avait auparavant épousé Dorothy Langan, Mia Farrow, Betty Bennett et Heather Sneddon.
Le Berliner Philharmoniker vient de nommer Zubin Mehta au titre de Membre Honoraire de l'orchestre. Zubin Mehta le dirigea pour la première fois en septembre 1961, et il y eut ensuite 172 autres concerts avec 73 programmes à Berlin (dont ceux de cette semaine). Knut Weber, membre du conseil d'administration de l'orchestre, s'est adressé à lui en ces termes : Votre histoire avec le Berliner Philharmoniker est exemplaire. Aucun chef n'a dirigé notre orchestre sur une plus longue période et aucun autre chef invité ne l'a plus souvent dirigé. Votre relation avec notre orchestre peut être décrite de différentes manières, mais plus comme celle d'un chef « invité ». Il est plus juste de parler d'un ami, d'un exemple, d'un conseiller artistique, du favori du public et d'une autorité musicale. ”
Les autres membres honoraires de l'Orchestre sont Daniel Barenboim, Bernard Haitink, Nikolaus Harnoncourt, Seiji Ozawa et Mariss Jansons.
Leonardo García Alarcón se taille ces jours-ci une place de choix dans les medias espagnols : il fera en effet ses débuts ce vendredi à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Gran Canaria à l'auditorium Alfredo Kraus avec la 41e Symphonie (Jupiter) de Mozart et la 5e Symphonie de Mendelssohn.
On y évoque (pour faire bref !) le grand spécialiste de la musique baroque qui dirige la Cappella Mediterranea et le Choeur de Chambre de Namur, qui s'est particulièrement distingué dans le répertoire italien du XVIIe siècle (Monteverdi, Cavalli), sans oublier la dimension française et espagnole et, parmi ses engagements futurs les plus importants, la direction en septembre prochain des Indes galantes (Rameau) dans le cadre des commémorations du 350e anniversaire de l'Opéra de Paris.
Depuis 2004, l'Institut Quacquarelli Symonds (QS) établit chaque année le World University Ranking à partir des performances des universités du monde entier dans le domaine de l'éducation. Parmi les nombreux indicateurs, la recherche, les publications et les prix Nobel figurent en bonne place.
Les derniers résultats viennent d'être publiés et c'est l'Université de musique et des arts du spectacle de Vienne (MDW) qui est distinguée : les 1 219 experts dans le domaine et les 3 100 employeurs qui emploient des diplômés de ces établissements témoignent de la haute qualité académique de cette université,chef de file mondial dans le domaine de la musique et des arts de la scène.
L'Université de musique et des arts du spectacle de Vienne (MDW) est l'une des plus grandes universités au monde pour la musique, le théâtre et le cinéma.
Quelque 3 000 étudiants de plus de 70 pays y sont formés dans 107 domaines couvrant la musique, les arts du spectacle, les sciences, la recherche et l'éducation.