Le Journal

Witold Lutoslawski, des journées mondiales pour célébrer ses 110 ans

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La semaine prochaine, le Forum National de la Musique de Wroclaw (NFM) organise des "Journées mondiales Witold Lutoslawski" à la mémoire du compositeur polonais dont cette année marque le 110e anniversaire de la naissance.
NFM a déjà donné le nom du compositeur à la Philharmonie de Wroclaw -inaugurée en 2015- qui compte quatre salles de concerts dont une de 1800 places. 

Fonds, archives et collections à la Médiathèque de l'IMEP

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La Médiathèque de l'IMEP : des racines et des ailes
Etat des fonds et collections

1. Médias en accès direct
La médiathèque de l’IMEP possède une collection d’environ 15 000 médias. Il s’agit de partitions, de livres et d’enregistrements (Cds, DVDs, disques vinyles), en lien avec la musique, classique ou non. Ces médias sont disponibles en accès direct dans la salle de lecture, au local B3.001 de l’IMEP. Sauf exceptions, ils peuvent être empruntés par les utilisateurs.


2. 
Fonds d’archives et collections
En plus de ses 15 000 médias en accès direct, la médiathèque possède également différents fonds d’archives et collections, conservés essentiellement dans ses réserves.

Fonds Antoine Goléa

La médiathèque de l’IMEP conserve les archives personnelles du musicologue français Antoine Goléa (1906-1980). Ce fonds contient essentiellement de la correspondance, des programmes et compte-rendu de concerts, des écrits musicologiques (brouillons, épreuves, textes édités) ainsi que des bandes magnétiques.

Fonds Maurice Guillaume

Depuis 2014, la Fondation Maurice Guillaume a confié à l’IMEP la conservation des archives du compositeur et organiste belge (1899-1983). Ce fonds comprend une importante série de partitions de l’oeuvre de Maurice Guillaume, dont certains originaux manuscrits. Il contient également des partitions d’oeuvres de compositeurs ayant été en relation avec Maurice Guillaume. Il est entièrement numérisé.

Fonds Franz Mertens

La Médiathèque conserve une série de documents ayant appartenu au ténor belge Franz Mertens. Il s’agit, pour l’essentiel, d’enregistrements anciens d’œuvres vocales (disques vinyles et bandes magnétiques), de partitions annotées de musique ancienne et vocale, ainsi que d’archives personnelles en rapport avec sa carrière.

Collection Léo Houziaux

Au début de l’année 2016, Léo Houziaux, astronome et Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie Royale de Belgique, a fait don de sa collection musicale à l’IMEP. Ce riche ensemble se compose de livres d’histoire de la musique (orgue, musique sacrée, musique médiévale et de la Renaissance, compositeurs belges, etc.), de périodiques (belges pour l’essentiel), de partitions d’orgue et de disques vinyles (enregistrements d’orgue essentiellement).

Collection Thea

Léguée à l’IMEP à la fin de l’année 2015, la Collection Thea est un ensemble exceptionnel de disques vinyles. Riche de près d’un millier de pièces, elle a été constituée à Cologne pendant près de cinq décennies par une mélomane, orfèvre de profession et passionnée par l’art sous toutes ses formes. Tournée essentiellement vers la musique « savante » mais ouverte également à d’autres styles (jazz, chanson, rock), la Collection Thea constitue un témoignage nuancé de l’actualité musicale européenne dans la seconde moitié du 20e siècle.

Collection Raymond André

Mélomane averti et passionné d’édition musicale, Raymond André a passé des années à transcrire des dizaines d’œuvres méconnues des 18e et 19e siècles, disponibles uniquement via des éditions anciennes ou des manuscrits. Ces œuvres, essentiellement pour piano et petites formations de musique de chambre, sont disponibles sous format électronique à la médiathèque. Un inventaire des œuvres transcrites est également disponible.

Collection Journeau

Maurice Journeau (1898-1999) était un compositeur français du XXe siècle dont l’essentiel de l’œuvre ne fut découvert qu’au cours des années 1990. Proche de Ravel, Fauré et Debussy sur le plan mélodique et harmonique mais porteur d’une réelle originalité, cet homme discret a laissé derrière lui environ 75 œuvres pour piano, orgue, violon, violoncelle, instruments à vent, musique de chambre et orchestre. En mai 2016, Chantal Virlet-Journeau, sa fille, a fait don à l’IMEP d’une série de partitions éditées de l’œuvre de son père.


3. Projet Melchior

La médiathèque de l’IMEP poursuit également un programme de numérisation et de valorisation des collectages de musique traditionnelle de Wallonie. Il s’agit d’enregistrements réalisés sur le terrain durant le XXe siècle par des folkloristes, musiciens ou musicologues. Ces archives sonores proviennent des quatre coins de la Wallonie et font entendre aussi bien du chant que de la musique instrumentale. Il ne s’agit pas, pour l’IMEP, de constituer un fonds d’archives physiques -les supports sont restitués aux propriétaires après numérisation- mais bien de centraliser de manière numérique ce patrimoine collectif méconnu.

Le répertoire musical ainsi rassemblé comprend actuellement près de 2000 airs et chansons. Il est valorisé par l’IMEP de deux manières :

  • plateforme web: tous les enregistrements numérisés sont mis à disposition du public, en libre écoute, sur le site projet-melchior.be.
  • projets pédagogiques: les airs et chansons servent de matériau à différents projets menés à l’IMEP par le département de Pédagogie (spectacles, préparation de leçons, capsules vidéo, chansonniers, etc.). Les outils pédagogiques produits dans le cadre de ces projets sont mis à disposition gratuitement sur le site internet de Melchior.

 

Concours Reine Elisabeth (chant, 2023) : c'est Bernard Foccroulle qui présidera le jury

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Bernard Foccroulle est né à Liège en 1953 et a il étudié l’orgue au Conservatoire de Liège dans la classe de Hubert Schoonbroodt.

Il entame une carrière internationale d’organiste dès le milieu des années 1970, interprétant un vaste répertoire allant de la Renaissance à l’époque contemporaine.

Il donne plusieurs dizaines de créations mondiales de jeunes compositeurs et enregistre en parallèle les œuvres majeures du répertoire pour orgue, allant de Scheidemann à Buxtehude, en passant par Correa de Arauxo et Tournemire.

Dans les années 1980, il participe au Ricercar Consort qui se consacre notamment à la musique baroque allemande.

Sa discographie en soliste comporte plus d’une quarantaine d’enregistrements sur CD.
Il a notamment enregistré chez Ricercar l’intégrale de l’œuvre pour orgue de J.S. Bach, de Dietrich Buxtehude et de Matthias Weckmann, en sélectionnant soigneusement les plus beaux instruments historiques préservés.
Ses enregistrements ont remporté de nombreux Prix, l’intégrale Buxtehude obtenant en 2007 le Diapason d’Or de l’année ainsi que le Grand Prix de l’Académie Charles Cros.
Ces dernières années, il multiplie les projets multidisciplinaires, en associant l’orgue à la danse (chorégraphies de Jan Fabre et Salvador Sanchis) ou la vidéo (création de Lynette Wallworth).

Il a dirigé le Théâtre Royal de la Monnaie de 1992 à 2007. De 2007 à 2018, il a été directeur du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence. Il a reçu le Prix du Leadership aux Opera Awards à Londres en 2017.

Bernard Foccroulle a composé des œuvres pour diverses formations (baryton, soprano, orchestre, ensemble de musique de chambre,…). Zauberland, un cycle de mélodies pour soprano et piano sur des poèmes de Martin Crimp, sera créé en avril 2019 au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, dans une mise en scène de Katie Mitchell. Il a également composé un cycle de pièces pour orgues historiques dont l’enregistrement a remporté un Diapason d’Or en 2016.

Il a écrit La naissance de l’individu dans l’art (Grasset, 2003) en collaboration avec Robert Legros et Tzvetan Todorov. Il a également publié deux livres d’entretiens : Entre passion et résistance (Labor, 2005) et Faire vivre l’opéra, un art qui donne sens au monde (Actes Sud, 2018).

De 1978 à 1990, il a enseigné l’analyse musicale au Conservatoire de Liège.
Depuis 2010, il est professeur d’orgue au Conservatoire de Bruxelles.
Il est également docteur honoris causa de l’Université de Montréal et de l’Université d’Aix-Marseille.
Bernard Foccroulle a été désigné comme Président du Jury de la prochaine session de chant du Concours Reine Elisabeth en 2023.

Ignaz Friedman, 75 ans

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Le pianiste et compositeur po:llonais Ignaz Friedman est né le à Podgórze près de Cracovie et mort le  à Sydney.

Né Solomon Isaac Freudman, c'est un enfant prodige issu d'une famille où son père et son oncle, musiciens d'orchestre, se produisent au théâtre, effectuant des tournées en Europe de l'est et parfois jusqu'en Turquie et même deux ans aux États-Unis. L'adolescent fait même une tournée avec eux. Six ans avant sa naissance, dans la même ville de Podgórze était né Josef Hofmann, un pianiste prodige.

Friedman a pris des leçons de piano dès six ans, avec Flora Grzywinska à Cracovie. Son père, sans cesse en voyage jusqu'à trouver un poste stable à Cracovie en 1892, pense que l'instrument lui réservera une vie plus calme que la sienne. Il donne son premier récital à l'âge de seize ans.

En 1900, grâce à la générosité d'un médecin de Cracovie, il entre au Conservatoire de Leipzig et étudie la composition avec Hugo Riemann parallèlement à la philosophie, d'esthétique et de philologie à l'Université.

L'année suivante, à dix neuf ans, il décide de poursuivre ses études du piano à Vienne avec le réputé Teodor Leszetycki (lui-même d'origine polonaise et élève de Czerny). Peu enthousiaste, Leschetizky considère le jeu de Friedman comme trop indiscipliné. Moiseiwistch, qui a vécu la même situation, affirme qu'il s'agissait d'une tactique pour le professeur de dégonfler l'égo d'un élève et le préparer aux difficultés et à la rigueur de l'étude. Malgré tout, il admet le jeune Friedman dans sa classe. Il y restera trois ans et travaille même pour lui comme assistant, Leschetizky ayant passé les soixante-et-onze ans… Il participe aux classes de maître de Busoni et étudie la composition et la théorie.

Pour son premier concert officiel, le  à Vienne, il interprète trois concertos pour piano en une soirée : les premiers concertos de Brahms, Tchaikovski et Liszt. Friedman rivalise ainsi avec les programmes similaires de ses aînés Busoni ou Godowsky, ce qui lance sa carrière. La critique est enthousiaste.

En 1905 et 1940, il enchaîne les tournées dans le monde entier, jusqu'au Japon. Il joue avec des partenaires nombreux : Erika Morini, Mischa Elman, Leopold Auer, Ossip Gabrilowitsch, Eugène Ysaÿe et sous la direction de chefs tels Willem Mengelberg, Antal Doráti ou Arthur Nikisch.

Jusqu'en 1914, Friedman réside à Berlin et se réfugie à Copenhague pendant la guerre. Ensuite il préfère l'Italie.

En , il enregistre son premier disque pour la Columbia américaine.

En 1927, à Vienne, il prend part aux concerts pour le centième anniversaire de la mort de Beethoven avec notamment l'intégrale des trios avec piano avec Bronisław Huberman et Pablo Casals.

Alors qu'il est en Europe au début de la Seconde Guerre mondiale, ayant accepté de remplacer des annulations d'autres artistes à Vienne, il obtient à la dernière minute une tournée en Australie en 1940, qui lui sauve la vie.

Il décide de s'installer à Sydney et y restera jusqu'à sa mort, sans jamais revenir en Europe. En 1943, un problème de paralysie de sa main gauche le force à abandonner les concerts.

Il repose à Genève, au cimetière du Petit-Saconnex.

Les interprétations de Friedman sont caractérisées par une force extraordinaire. Ses capacités techniques, aux dires de Rachmaninoff qui le plaçait au même rang, sont aussi impressionnantes que celles de ses contemporains RosenthalGodowskyJosef Hofmann ou Lhévinne. Il utilise une très large palette dynamique et agogique, sans perdre l'équilibre de la musique.

Il est considéré comme un des élèves les plus doués techniquement parmi tous les virtuoses de Leschetizky. Même Horowitz, affirme qu'il avait une technique supérieure à la sienne.

Friedman apprécie les petites formes, telles que les chansons sans paroles de Mendelssohn, les Mazurkas de Chopin, et donne son sens aigu du rythme et à modeler les sons5.

Comme son compatriote et contemporain Moriz Rosenthal, les interprétations de Chopin par Friedman (en particulier les Mazurkas) sont considérées par beaucoup comme inégalées : il avait pratiqué cette danse dans la Pologne de son enfance, a-t-il confié à Bruce Hungerford.

On retrouve les choix du pianiste dans son édition complète des œuvres pour piano de Frédéric Chopin en 12 volumes, chez Breitkopf & Härtel que Debussy appréciait beaucoup8. Il est aussi l'éditeur d'œuvres de Schumann, Mendelssohn et Liszt.
Outre Chopin, il apprécie notamment Liszt et Beethoven. Son répertoire est vaste : des maîtres du xviiie siècle à Debussy, Ravel, Albéniz, Dohnányi, Kodály et Bartók.

Friedman a été le professeur de plusieurs pianistes importants, par exemple Ignaz Tiegerman et Bruce Hungerford.

Friedman a écrit une centaine d'œuvres dans la tradition du « pianiste-compositeur ». Ce sont d'élégantes pièces de salon, dans le meilleur sens du terme, des Fantasiestücke. On peut citer la Tabatière à musique opus 33 no 3, la Passacaille, opus 44, ainsi que des études, mais aussi des mélodies, de la musique de chambre (pour violoncelle, trois quatuors à cordes et un quintette avec piano) et un concerto pour piano.
Typique de son époque, il a aussi arrangé des œuvres, par exemple en ajoutant l'octave aux basses, notamment on lui doit des arrangements de Bach ou de Scarlatti (80 arrangements en tout).

Bien que les enregistrements pour la radio australienne et de Nouvelle-Zélande aient été perdus, beaucoup d'autres sont maintenant publiés, notamment de Beethoven, Mendelssohn, Chopin et Grieg.

Décès du chef russe Grigory Krasko

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Le décès du violoniste et chef d'orchestre Grigory Krasko (74 ans) a été annoncé à Moscou, sans que la cause en soit précisée.

Grigory Krsko a été violon solo du Bolchoï et de l'Orchestre Philharmonique de Moscou avant de former son propre orchestre de chambre, les "Solistes de l'Orchestre Philharmonique de Moscou".

En 2008, il a accepté un poste de premier violon au Monténégro.
Quatre ans plus tard, il était nommé chef de l'Orchestre Symphonique du Monténégro.

Michele Spotti à Marseille

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Le chef Michele Spotti, 30 ans, est nommé à la direction de l’’Orchestre Philharmonique de Marseille à compter de la saison 2023-24.
Il succèdera donc à Lawrence Foster qui occupe le poste depuis septembre 2012.
Le chef italien a fait ses preuves à Marseille à la tête de l’orchestre pour 
Guillaume Tell en 2021.
Michele Spotti est aussi directeur musical de l’Orchestra Filarmonica di Benevento (Campanie) et, le 25 décembre, il 
a fait ses débuts au Wiener Staatsoper avec La Fille du Régiment dans une mise en scène de Laurent Pelly.

Julian Rachlin rejoint le Symphonique de Jérusalem

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Le violoniste autrichien d'origine lituanienne est nommé directeur musical de l'Orchestre Symphonique de Jérusalem à partir d'octobre.

Julian Rachlin (48 ans), a mené une vaste carrière de soliste.
Au cours de la dernière décennie, il a ajouté la direction d'orchestres invités à ses attributions, mais c'est la première fois qu'il accède à un poste de directeur musical.
Il est également sur le point de devenir chef principal à Kristiansand, en Norvège.

Le JSO est un ancien orchestre radiophonique qui a connu des chefs d'orchestre aux compétences diverses au XXIe siècle -principalement le Président de Collège américain Leon Botstein et le compositeur et pianiste français Frédéric Chaslin.
Il a récemment travaillé avec le chef américano-israélien Steven Sloane.

 

En résidence, Benet Casablancas fait déjà ses preuves avec un premier concert

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Fidèle à lui-même, Benet Casablancas est fidèle à sa grammaire musicale très raffinée et sa rhétorique peut-être plus conservatrice, mais il s'est taillé un territoire bien à lui qui lui permet de produire des œuvres d'une grande personnalité et d'un attrait sonore non négligeable.

Benet Casablancas est né à Sabadell (Barcelone) en 1956.
Après des études de piano et de composition au Conservatoire supérieur de Barcelone, il poursuit sa formation à la Hochschule für Musik de Vienne où il travaille avec Friedrich Cerha et Karl-Heinz Füssl. Il est en outre licencié en philosophie, et docteur en musicologie.
Après des débuts en 1979 à la direction de l'Orchestre de Chambre des Juventudes Musicales de Sabadell. il est nommé, en 1998, directeur pédagogique du Musique du Conservatoire Supérieur de Musique du Liceo.
Il a également été nommé compositeur en résidence auprès de l'orchestre Simfònica i Nacional de Catalunya.
En 2013, il obtient le Prix national de musique.
Il collabore avec des publications musicales et donne des cours dans des universités et écoles supérieures de musique.
Il travaille en outre avec d'importants orchestres et chefs nationaux et internationaux, et ses œuvres ont été interprétées par des solistes et formations de grand prestige.
Il a également composé pour le théâtre, le cinéma et la télévision.

Les Prix, il les a accumulés : Tribuna Jóvenes Compositores Fondation Juan March (1982), Prix Encontre Compositores Palma de Majorque (1982), Deuxième prix du concours de composition Juventudes Musicales España (1982), Premier prix de composition Juventudes Musicales Barcelone (1983), Prix II Musicians Accord de New York (1986), Prix national du disque du ministère de la Culture (1988), Composer's Arena d'Amsterdam (1996), Prix national de musique de la Generalitat de Catalogne (2007), Prix national de musique dans la catégorie composition (2013), Finaliste du Prix de composition musicale de la Fondation Prince Pierre de Monaco.

Ses oeuvres majeures :
- Alter Klang
- Tres Epigrames
- New Epigrams
- Set Escenes de Hamlet
- Io
- Dance, Song and Celebration: Homage to Xavier Montsalvatge
- Obertura Festiva
- Darkness visible: nocturno para orquesta

 

Les Archives Manuel de Falla confiées à l'Italien Paolo Pinamonti

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Paolo Pinamonti, nouveau directeur des Archives Manuel de Falla
L'Italien Paolo Pinamonti, actuel directeur artistique du festival de Macerata, a été nommé nouveau directeur des archives Manuel de Falla, un poste vacant depuis plus de dix ans.

Paolo Pinamonti, prestigieux spécialiste de la musique de Manuel de Falla à qui l'on doit, entre autres, la redécouverte et la réédition de la partition originale d'El amor brujo, a été directeur de La Fenice de Venise, du Teatro Sao Carlos de Lisbonne et du Teatro San Carlos de Naples et du Teatro de la Zarzuela.
Le musicologue prendra ses fonctions en septembre 2023.

Witold Lutoslawski, 110 ans

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Le 7 février 1994, l'un des compositeurs européens les plus importants du 20e siècle, le compositeur et chef d'orchestre polonais Witold Lutosławski, est décédé.
De nombreux prix et distinctions ainsi que plusieurs doctorats et affiliations honorifiques soulignent son importance et sa reconnaissance internationales.
L'œuvre de Lutosławski comprend quatre symphonies, un concerto pour orchestre, plusieurs concertos, un quatuor à cordes, des œuvres instrumentales et des cycles de chansons avec orchestre.
Lutosławski est né le 25 janvier 1913 à Varsovie et il a suivi des cours de piano et de violon dès son plus jeune âge. Plus tard, il a étudié la théorie musicale et la composition au Conservatoire de Varsovie. Parallèlement, il a également suivi des études de mathématiques et de sciences naturelles, mais a finalement opté pour une carrière de compositeur. C'est avec ses Variations symphoniques (1938) qu'il se fait remarquer pour la première fois.
Il souhaitait approfondir ses études à Paris, mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale fit échouer son projet. Pendant la guerre, il est fait prisonnier par les Allemands. Après avoir réussi à s'échapper, il se débrouille comme pianiste à Varsovie. Il s'associe avec Andrzej Panufnik et, en tant que duo de pianistes, ils gagnent leur vie en se produisant dans les cafés de Varsovie.
Après la guerre, il survit avec de la musique utilitaire et écrit des œuvres pour la radio, le cinéma et le théâtre, ainsi que de nombreuses œuvres pour enfants. Sa première symphonie fut interdite par le gouvernement stalinien, car jugée trop formaliste et trop peu conforme à l'État.
Lorsque la situation politique s'est peu à peu détendue en 1964, la situation de Lutosławski en tant que compositeur s'est également améliorée. Avec son Concerto pour orchestre, une commande du chef d'orchestre Witold Rowicki pour l'Orchestre Philharmonique de Varsovie nouvellement constitué, Lutosławski a pu s'établir comme un compositeur sérieux.
En 1962, il fait également la connaissance d'Edgar Varèse lors d'un séjour aux États-Unis. En 1963, Lutosławski connaît également un succès international avec sa première commande de l'étranger, Trois poèmes d'Henri Michaux, pour la Biennale de musique de Zagreb. En 1965, il dédie le cycle de lieder à Peter Pears, qui le chante pour la première fois en 1965 au festival d'Aldeburgh. Lutosławski s'est régulièrement invité au festival de musique contemporaine "Automne de Varsovie" et est devenu membre du jury des concours de composition de Moscou, Berlin-Est, Helsinki, Salzbourg, Strasbourg, Donaueschingen, Rome et Liège.
Il a écrit des œuvres pour des solistes célèbres tels que Heinz Holliger, Anne-Sophie Mutter ou Krystian Zimerman et s'est de plus en plus investi dans la direction d'orchestre. Malgré un emploi du temps chargé dû à des voyages et des représentations aux États-Unis, en Angleterre, en Finlande, au Canada ou au Japon, il a achevé sa quatrième symphonie en 1992 et a commencé à esquisser un concerto pour violon. Il n'a cependant pas pu l'achever : la première semaine de 1994, il a appris avec certitude qu'il était atteint d'un cancer. Il ne s'est pas remis de l'opération qui a suivi.
Witold Lutosławski est mort le 7 février à l'âge de 81 ans.