Le Journal
L’Ensemble symphonique de Genève, nouvel acteur dans le paysage du classique
Un nouvel orchestre à Genève ? Le violoniste Sergey Ostrovsky, que les mélomanes ont longtemps suivi dans les rangs du Quatuor Aviv, est loin de croire à une saturation de l’offre. Il a décidé de fonder et de diriger l’"Ensemble symphonique de Genève". Ce sera dans la Salle Franz Liszt du Conservatoire qu’on pourra prendre, le 24 octobre, le premier pouls du nouveau venu.
Après plusieurs mois de réflexion, Sergey Ostrovsky a décidé du profil artistique que doit adopter son ensemble. Fait étonnant, la formation n’aura pas une géométrie figée. Elle sera tantôt symphonique, tantôt limitée à une configuration très réduite, pour les besoins de la musique de chambre. Dans certains cas, enfin, elle pourra se muer en orchestre à cordes. La Siegfried Idyll pour treize instruments de Wagner côtoie ainsi la Serenade pour cordes op. 48 de Tchaïkovski. Et dans des effectifs plus opulents, le Concerto pour violon et orchestre No. 2, op.64 de Mendelssohn jouxte la Symphonie No. 1, op.25 de Prokofiev.
Sergey Ostrovsky se dit enfin prêt à embrasser sa vocation de chef. Les formations répétées au Conservatoire de Dresde, entre 2013 et 2015 et d’autres expériences encore, ont permis d’affiner sa technique et d’élargir son répertoire. «Tout cela n’a fait que renforcer ma confiance.»
(d'après La Tribune de Genève")
Concours de Genève, chant, le palmarès
Le Premier Prix du 78e Concours de Genève, a été attribué à la soprano suisse de 28 ans, Chelsea Marilyn Zurflüh qui remporte aussi la plupart des prix spéciaux : Prix du public (1 500 CHF), Prix jeune public (1 000 CHF), Prix des étudiants (1 000 CHF), Prix Concert de Jussy (2 000 CHF), Prix Société des Arts (3 000 CHF), Prix Fondation Etrillard (5 000 CHF), Prix des musiciens OSR (un engagement de concert pendant les deux saisons qui suivent le prix) ainsi que le Prix Cercle du Grand Théâtre (un engagement pour un premier ou deuxième rôle au Grand Théâtre de Genève). Autant dire qu’elle n’en a pas beaucoup laissé aux deux autres candidats.
Le Deuxième Prix a été attribué au baryton coréen Jungraeh Noah Kim (30 ans) et le Troisième Prix n’a pas été attribué. La mezzo-soprano Barbara Skora (25 ans, Pologne), finaliste, a reçu une mention honorable.
Chelsea Marilyn Zurflüh, soprano suisse, a grandi à Pieterlen. Elle est membre de l'International Opera Studio de Zurich depuis septembre 2021 et s'est déjà produite sur la scène de l'Opéra dans les rôles de Barbarina dans Le Nozze di Figaro, Zaida dans Il Turco in Italia, Soprano One dans Jakob Lenz, Atalanta dans Serse et bien d'autres encore.
D'autres engagements ont conduit la chanteuse suisse au Konzerthaus de Vienne et à la Tonhalle de Zurich.
Chelsea est lauréate de nombreux concours vocaux. Elle a notamment remporté le deuxième prix au Concours international Mozart de Salzbourg en février 2023 et le deuxième prix et le prix du public au prestigieux Concours Antonio Cesti d'Innsbruck, en Autriche, en août 2022.
Elle est également lauréate du premier prix du concours de musique de la fondation Marianne & Curt Diennemann, du prix d'étude du concours de chant du Pour-cent culturel Migros, du concours de musique Kiefer-Hablitzel/Göhner et, depuis mai 2021, du premier prix du Concours de chant Elvirissima.
En juin 2021, Chelsea Zurflüh a obtenu son Master of Arts avec le professeur Barbara Locher à la Hochschule der Künste Bern/Schweizer Opernstudio Biel dans le cours Specialized Music Performance Opera avec la meilleure note.
Le piano à queue de Liszt à Weimar à nouveau jouable
Le piano à queue Bechstein de Franz Liszt, qui se trouve dans la maison de Liszt à Weimar, est à nouveau jouable. La fondation Klassik Stiftung Weimar, en collaboration avec la société C. Bechstein et le Conservatoire supérieur Franz Liszt de Weimar, a célébré la rénovation du piano à queue de 1881 lors d'une matinée solennelle à la maison de Liszt.
(d'après Pizzicato)
David Oistrakh, 50 ans
David Oistrakh est considéré comme le plus grand violoniste soviétique de la seconde moitié du XXe siècle. Les enregistrements qu'il a laissés englobent presque l'intégralité du répertoire « classique » de violon jusqu'à Prokofiev et Bartok.
Ses études de violon commencèrent en 1913 avec Pyotr Stolyarsky. Peu après, il entra officiellement dans la classe de Stolyarsky au Conservatoire d'Odessa, dont il sortit diplômé en 1926, après avoir joué le Concerto pour violon No. 1 de Prokofiev. Ses performances du Concerto de Glazunov à Odessa et Kiev lui donnèrent l'assurance suffisante pour aller à Moscou. Il y fit ses débuts en 1929, mais l'événement ne fut pas du tout remarqué. Cependant, en 1934, après plusieurs années patiemment utilisée à affiner son art, il fut invité à entrer au Conservatoire de Moscou comme professeur, à plein-temps à partir de 1939.
Pendant ce temps, David Oistrakh gagnait en notoriété dans l'univers des concours : il remporta le Concours Inter-Ukraine en 1930, et Inter-Soviétique trois ans plus tard. En 1935, il gagna le second prix au Concours Wieniawski. En 1937, le gouvernement soviétique envoya le violoniste au Concours Yasÿe, où il remporta le premier prix.
Après cette victoire à Bruxelles, les compositeurs soviétiques commencèrent à prêter attention à leur jeune compatriote, et lui permirent de travailler aux côtés de Miaskovsky et de Khachaturian dans leurs concertos, respectivement en 1939 et 1940. De plus, son amitié pour Chostakovich poussa le compositeur à écrire deux concertos pour violon. Le premier concerto fut créé par Oistrakh lui-même lors de ses triomphants débuts américains en 1955. Pendant les années 1940, le planning de concerts chargé de David Oistrakh le mena dans toute l'URSS, mais il dut attendre les années 1950 et le relatif apaisement de tensions politiques pour se lancer dans sa carrière internationale, et être accueilli dans les capitales du bloc ouest.
Les dernières décennies de sa vie furent consacrées à maintenir le plus haut niveau d'excellence tout au long de son épuisant emploi du temps de tournées (il se rendit six fois aux États-Unis dans les années 1960), et il se lança dans une carrière parallèle de chef d'orchestre, courte mais couronnée de succès. Il mourut soudainement à Amsterdam en 1974, pendant un cycle de concerts dédié à Brahms, au cours duquel il jouait et dirigeait.
Tout au long de sa carrière, David Oistrakh fut loué pour sa personnalité honnête et chaleureuse ; il entretenait des relations très proches avec les plus grands musiciens de son époque. Sa technique violonistique était sans défaut, car il n'admettait jamais que des problèmes physiques ne l'empêchent de dominer ses performances musicales. Il exigeait constamment -de lui-même et de la part de ses élèves- une maîtrise, une intelligence et une émotion musicales équilibrées, quel que soit le style de jeu ou de musique. David Oistrakh pensait que l'essence d'un violoniste était communiquée par une utilisation intelligente et subtile de l'archet, et pas uniquement par l'utilisation excessive d'un vibrato expressif. A cette fin, il développa une technique du bras droit remarquablement flexible, détendue et capable de produire toute une palette de nuances aussi bien délicates que capables de produire un son large et résonnant.
En tant que professeur, David Oistrakh soutenait qu'un professeur ne devait pas faire plus que le nécessaire afin de guider l'élève vers ses propres solutions face à ses problèmes techniques ou d'interprétation. Il jouait rarement pendant ses cours, craignant de distraire l'élève et de l'empêcher de développer une approche individuelle à la musique. Peut-être que l'une des preuves les plus évidentes du don pour l'enseignement d'Oistrakh est qu'il apprit autant que ses élèves pendant les leçons qu'il leur donnait.
Joaquin Nin, 75 ans
Joaquín Nin (en catalan : Joaquim Nin i Castellanos), né à La Havane le 29 septembre 1879 et mort dans la même ville le 24 octobre 1949, est un pianiste et compositeur cubain de la première moitié du XXe siècle.
Il était le fils de l'écrivain catalan Joaquin Nin Tudó et la Cubaine de Camagüey Àngela Castellanos Perdomo. Il fut l'élève au piano de Carles G. Vidiella à Barcelone et de Moritz Moszkowski à Paris et il étudia la composition dans la classe de Vincent d'Indy à la Schola Cantorum de Paris, où il enseigna de 1905 à 1908. Il est connu principalement pour ses arrangements de musique populaire espagnole. Il fut l'ami de Maurice Ravel et l'un des témoins de la genèse du Boléro en 1928. Il était membre de l'Académie royale des beaux-arts Saint-Ferdinand de Madrid et reçut en France la Légion d'honneur.
Entre 1908 et 1910, il vit à Berlin puis à La Havane et à Bruxelles. Il a passé de nombreuses années à Paris.
Au piano, il a interprété de la musique ancienne pour clavier, dont celle de J.S. Bach.
Il a écrit plusieurs essais sur les problèmes d'esthétique : « Pour l'Art » (1909, Paris), « Idées et commentaires » (1912), « Clavecin ou piano » (1921) et « Las tres grandes escuelas ».
Il a publié deux recueils de musique espagnole pour le clavier : 16 Sonates anciennes d'auteurs espagnols (1925, Paris) et 17 Sonates et pièces anciennes d'auteurs espagnols (1929, Paris). Ces recueils contiennent les premières éditions contemporaines du Padre Antonio Soler. Il a aussi publié Sept chants lyriques espagnols anciens (1926) et Sept chansons picaresques espagnoles anciennes (1926), 10 pièces pour violon et piano de Herrando (1937).
Il est le père de l'écrivaine Anaïs Nin et du compositeur Joaquín Nin-Culmell.
En 2008, l'écrivaine cubaine Daína Chaviano lui rend hommage en l'incorporant comme personnage dans son roman « L'île des amours éternelles » (roman cubain le plus traduit de tous les temps, médaille d’Or du concours des Florida Book Awards).
George Crumb, 95 ans
George Henry Crumb, né le 24 octobre 1929 à Charleston (Virginie-Occidentale) et mort le 6 février 2022 à Media (Pennsylvanie), est un compositeur américain de musique contemporaine.
George Crumb commence à composer dès son plus jeune âge. Il étudie la musique à l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, puis brièvement à Berlin avant de revenir aux États-Unis pour étudier à l'Université du Michigan, où il obtient son doctorat en 1959.
Il a eu Jennifer Higdon comme élève de composition à l'Université de Pennsylvanie.
Il reçoit en 1968 le Prix Pulitzer en musique et est le lauréat 2001 des Grammy Awards.
Il est élu membre de l'Académie des arts de Berlin en 1983.
Karl Ditters von Dittersdorf, 225 ans
Karl Ditters von Dittersdorf est un compositeur et violoniste autrichien, né à Vienne le 2 novembre 1739 et mort le 24 octobre 1799 au château de Rothlotta en Bohême.
Il montre dès l'âge de 7 ans une vocation pour la musique, notamment avec un talent extraordinaire au violon. En 1751, il obtient un poste auprès du Prince de Saxe-Hildburghausen et étudie la composition avec Giuseppe Bonno. En 1761, il devient soliste à la Cour impériale. Il parcourt l'Allemagne, accompagne Christoph Willibald Gluck à travers l'Italie en 1763, réside plusieurs années à Berlin et à Vienne.
En 1764, Dittersdorf est engagé pour diriger l'orchestre de l'évêque de Nagyvárad (en allemand Großwardein, devenue Oradea, en Roumanie), où il succède à Michael Haydn. Il recrute Václav Pichl afin de l'assister.
En 1770, maître de chapelle au service du Comte Schaffgotsch, Prince-Evêque de Breslau, à Johannisberg en Silésie (Prusse), il compose 11 opéras-comiques, parmi lesquels Il viaggiatore americano ( « Le Voyageur américain », 1770) et enseigne à des élèves comme Jean-Baptiste Vanhal.
À la mort de l'évêque, en 1795, Ditters perd son poste. Sans ressources et en mauvaise santé, il est engagé par le Baron Ignaz von Stillfried au château de Rothlhotta, en Bohême. Là, sur son lit de mort, il dicte son autobiographie à son fils, qui la publie sous le titre « Lebenbeschreibung » (« L'Histoire de sa vie, par lui-même », Leipzig, 1801).
Lié avec Christoph Willibald Gluck, Joseph Haydn, Pietro Metastasio et Jean-Paul-Égide Martini, il reste, avec plusieurs d'entre eux ainsi que Michael Haydn, Mozart, Krommer et Carl Philipp Emanuel Bach, l'un des compositeurs les plus importants de la période classique.
Ramon Carnicer, 235 ans
Ramón Carnicer i Batlle est un compositeur et pédagogue espagnol, né à Tàrrega le 24 octobre 1789 et mort à Madrid le 17 mars 1855.
Il est le fils d'un modeste tailleur qui avait eu vingt-sept enfants de deux mariages. Il fut enfant de chœur à la cathédrale d'Urgel puis étudia la musique à Barcelone, sous la direction de Francisco Queralt et de l'organiste et compositeur barcelonais Carlos Baguer. Il séjourna longtemps à Barcelone et, après avoir passé - pour des raisons politiques -quelques années en exil à Londres, où il acquit une certaine notoriété comme compositeur, il fut directeur de la musique de la compagnie d'opéra italien du théâtre Santa Cruz et y fit représenter ses premières œuvres lyriques. En 1828, il fut nommé directeur de la musique de l'Opéra Royal de Madrid et, en 1830, professeur de composition au Conservatoire de Madrid.
Il écrivit des symphonies, des chansons, de la musique religieuse (2 messes solennelles, 2 Requiem, etc) et 9 opéras de style italien, pour la plupart sur des livrets en langue italienne. Parmi ces ouvrages lyriques qui connurent un très grand succès, citons Adela di Lusignano (1819), Elena e Constantino (1821), Elena e Malvia (1829), Don Giovanni Tenorio (1822), Cristoforo Colombo (1831), Eufemia di Messina (1832), Ismalia ossia morte ed amore (1838), tous sur des livrets de Felice Romani précédemment mis en musique par d'autres compositeurs.
En 1833, il dirigea la première exécution du Stabat Mater de Rossini dans l'église madrilène de San Felipe el Real, à la demande du compositeur italien.
Carnicer est également l'auteur de la musique de l'hymne national chilien.
Anne-Amélie de Brunswick-Wolfenbüttel, 285 ans
Anne-Amélie de Brunswick-Wolfenbüttel (Anna Amalia von Braunschweig-Wolfenbüttel en allemand), duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach, née le à Wolfenbüttel et morte le à Weimar, exerça la régence pour son fils mineur de 1758 à 1775. Femme politique avisée, elle est également connue pour ses talents de pianiste et de compositrice.
Anne-Amélie est le cinquième enfant et la deuxième fille de Charles Ier, duc de Brunswick-Wolfenbüttel et de Philippine-Charlotte de Prusse. Cousine de l'impératrice Marie-Thérèse, elle est aussi une nièce du roi Frédéric II de Prusse. Son frère épousera une fille du roi d'Angleterre et sera l'auteur du fameux Manifeste de Brunswick qui, contre toute attente, provoquera le chute de la monarchie française en 1792.
La princesse étudie le clavecin et la composition auprès de Friedrich Gottlob Fleischer (1722-1806), compositeur et musicien de la cour, ainsi qu’avec le Kapellmeister Ernst Wilhelm Wolf. Apparentée aux plus puissants souverains d'Europe, elle est un parti intéressant pour les cours protestantes allemandes et épouse à 17 ans, en 1756, Ernest-Auguste II Constantin, duc de Saxe-Weimar et de Saxe-Eisenach, 19 ans, fils du duc Ernest-Auguste Ier, qui avait en son temps employé Jean-Sébastien Bach. Dès l'année suivante, elle lui donne un fils, Charles-Auguste ; elle est bientôt de nouveau enceinte mais son mari meurt avant la naissance de leur second enfant, Constantin, laissant le trône à leur fil aîné âgé de 9 mois.
Enceinte et bien qu'encore légalement mineure, elle se voit confier non seulement la tutelle de ses enfants, mais également la régence des duchés.
Elle confie l'éducation de ses fils à de grands penseurs tels que Wieland, Goethe ou Knebel qui élèvent les deux garçons dans une atmosphère libérale et humaniste.
À Weimar, elle fait encore venir les musiciens et les écrivains les plus en vue de son temps : Herder, Lichtenberg et le plus grand des écrivains Allemands, Goethe, dont elle met en musique le poème Erwin et Elmire. La première a lieu le à Weimar. Friedländer en a écrit une réduction pour piano-chant en 1921. En 1761, elle crée la bibliothèque qui plus tard prendra son nom, et demande à Goethe d'en être le directeur. Pour retenir ces sommités à sa cour, elle leur donne des fonctions officielles : précepteur de ses enfants, intendant, etc.
En 1775, elle remet le pouvoir à son fils Charles-Auguste qui vient d'avoir 18 ans, après lui avoir donné en mariage la princesse Louise de Hesse-Darmstadt dont les sœurs aînées Frédérique-Louise et Wilhelmine-Louise ont respectivement épousé le prince héritier de Prusse (deuxième mariage) et le Tsarévitch, fils et successeur de Catherine II sous le nom de Paul 1er
En 1788, elle séjourne en Italie. Elle y rencontre Angelica Kauffmann qui fait son portrait en 1789 (Weimar, Klassik Stiftung)1, ainsi que Paisiello dont l'œuvre vocale a sur elle une certaine influence. Elle compose, aussi, une symphonie, de la musique de chambre, vocale, sacrée, un opéra et une opérette.
En 1792, la France révolutionnaire déclare à l'Europe monarchique une guerre qui durera plus de vingt ans. Son fils cadet, officier dans l'armée saxonne, meurt de dysenterie en 1793. Le duc Charles Auguste est officier dans l'armée prussienne. Soutenu par sa mère, il marie son fils à une grande-duchesse de Russie et trouve dans le tsar un protecteur puissant. En juillet 1806, La France instaure une "Confédération du Rhin" dont l'empereur Napoléon est le "Protecteur" et à laquelle les princes Allemands qui ont conservé leur souveraineté doivent adhèrer. En août, le Saint-Empire Romain Germanique est dissout par l'empereur François II. En octobre, l'armée prussienne est anéantie à la Bataille d'Iéna, ville du duché de Saxe-Weimar. Après avoir vaillamment combattu en tant qu'officier prussien, le duc Charles-Auguste ne peut que se soumettre à la volonté du vainqueur et ses états rejoignent la Confédération du Rhin le 15 décembre 1806.
La duchesse douairière s'éteint le 10 avril 1807, dans une Allemagne occupée par l'armée napoléonienne, mais qui prend conscience d'elle-même. Son fils a pu conserver ses États et elle a marié son petit-fils Charles-Frédéric à Marie Pavlovna de Russie (fille de Paul Ier et de sa seconde épouse Sophie-Dorothée de Wurtemberg). Son arrière-petite-fille Augusta, par son mariage avec Guillaume Ier de Prusse, sera la première impératrice de l'Allemagne unifiée.
C'est à partir de 1775, année de la majorité de son fils Charles-Auguste, que la duchesse Anne-Amélie de Brunswick réunit un salon littéraire, le Musenhof ; « on y discutait des livres qu'on venait de lire, des pièces de théâtre jouées, des événements musicaux de la saison, ou encore on collaborait à des journaux ou des revues de Weimar, Tiefurt ou Iéna2. » L'assemblée se réunissait au palais Wittum, qu'Anne-Amélie avait fait aménager en 1774, à la résidence d'été d'Ettersburg ou au château de Tiefurt. Le salon rassemblait aussi bien des aristocrates que des bourgeois, des courtisans, des hauts fonctionnaires, des écrivains, des artistes ou des savants. Parmi cet aréopage de beaux esprits empressés, la duchesse distinguait le poète et philosophe Christoph Martin Wieland, dont elle avait fait depuis 1772 le précepteur de ses deux fils. Au nombre des hôtes célèbres de cette coterie, on doit porter Goethe, le philosophe et théologien Johann Gottfried von Herder, directeur général de Weimar, les femmes de cour Luise von Göchhausen et la baronne Henriette von Fritsch (née baronne Wolfskeel von Reichenberg), les magistrats Friedrich Hildebrand von Einsiedel et Karl Siegmund von Seckendorff, l'écrivain et premier page de la cour Johann Karl August Musäus, le maître de danse princier Johann Adam Aulhorn, etc.
L’expression « Jardin des Muses de Weimar » (Weimarer Musenhof) a été popularisée par l’ouvrage homonyme de Wilhelm Bode. À cause de ses connotations idéalistes et élogieuses, les historiens de la littérature s'en défient aujourd'hui.