Le Journal

Etienne Moulinié, 425 ans

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Étienne Moulinié est un compositeur français de la période baroque né le 10 octobre 1599 à Lauran (devenu Laure-Minervois), à proximité de Carcassonne, et mort entre février et novembre 1676.

Figure importante de la musique baroque française d'avant Jean-Baptiste Lully, contemporain de compositeurs comme Pierre Guédron, Antoine Boësset, Guillaume Bouzignac, Henry Du Mont ou bien encore Pierre Robert, il s'est essentiellement consacré à la musique profane dans les formes de son temps : airs de cour, airs à boire et airs de ballet.

Étienne Moulinié est le fils cadet d'une famille de cinq enfants dont le père, Jacques Molinier, artisan cordonnier du Languedoc, avait prospéré par l'acquisition de terres et de troupeaux. Soucieux d'assurer une situation honorable à son cadet, il parvient à le faire entrer, vers l'âge de six ans et avec son frère aîné Antoine, dans la maîtrise de la cathédrale de Narbonne (alors l'une des plus importantes du Midi de la France).

L'objectif premier de ces chœurs de garçons était d'assurer la partie aiguë dans le chœur, attaché à l'église et composé d'adultes professionnels (tous des hommes). Pour Étienne Moulinié comme pour les autres enfants du chœur (appelés les « enfants de chœur »), ce recrutement est le début d'une formation de dix à douze ans (jusqu'à l'âge de 18 à 20 ans) pendant laquelle ils étudient, de manière approfondie, le chant, la solmisation, le solfège aussi bien que la pratique d'instruments et la composition musicale. Là comme dans les autres écoles maîtrisiennes du royaume (et d'Europe occidentale), Moulinié étudia aussi la lecture et l'écriture, l'arithmétique et les humanités (y compris le latin, langue de l'Église et des textes chantés). Les jeunes chantres recevaient naturellement une formation religieuse.

À l'âge de 21 ans, Antoine Moulinier (1595-1655) est appelé à se joindre à la suite de l'Evêque de Carcassonne, Christophe de Lestang, qui part en mission à Paris. Moins d'un an plus tard, il devient l'un des sept chantres de la musique de la Chambre du roi Louis XIII. Ses dons de chanteur et de danseur, tout autant que son enthousiasme et sa joie de vivre lui permettent de jouir bientôt d'une certaine célébrité à la cour, et de partager l'intimité du souverain en qualité de valet de chambre. Cette situation confortable lui permet, vers 1621, d'introduire rapidement son frère Étienne dans le milieu de la Cour. Aussi, six ans plus tard, Étienne Moulinié est nommé à la charge importante de maître de la musique de Monsieur, Gaston d'Orléans, frère du Roi.

Dans les années 1630, Jacques Molinier déménage à Paris et obtient, grâce aux relations de ses fils, une charge de tailleur et de valet de chambre de Gaston d'Orléans. Le 18 août 1655, Antoine Moulinier, probablement éméché, meurt en tombant par la trappe de sa cave. Cet événement fut certainement marquant pour Étienne, très proche de son frère, qui dans les années suivantes fera régulièrement chanter des messes à sa mémoire. L'inventaire des biens réalisé après le décès d'Antoine est révélateur de la réussite des deux frères.

Étienne Moulinié fréquente les personnages qui servent à la Cour et les grands maîtres de musique de l'époque : Antoine Boësset, Eustache Du Caurroy, Pierre Guédron, mais aussi le jeune Jean-Baptiste Lully. Certains rapprochements peuvent également faire penser qu'Étienne Moulinié a collaboré avec la troupe de Molière. À la Cour, il participe à de nombreux concerts et ballets, et prend en charge l'éducation musicale des pages de la Chapelle du roi (les garçons chantant dans le chœur). Malgré les troubles de la Fronde, la vie artistique parisienne est foisonnante ; elle lui donne l’occasion d’écrire et de faire publier quelques deux cents airs de Cour.

Jouisseur autant que conspirateur invétéré, Gaston d'Orléans est régulièrement amené à s'éloigner de Paris. Étienne ne l'accompagne pas toujours dans ses exils, volontaires ou forcés, mais sait mettre à profit la liberté que lui confère l'éloignement de son maître. Il fait ainsi publier, de 1624 à 1637, pas moins de sept volumes d'airs de Cour, qui rencontreront un succès réel. La publication d'un tel nombre de recueils par un même compositeur est exceptionnelle pour l'époque, et traduit bien la popularité dont il pouvait alors jouir. Sa renommée dépasse alors les cercles de la Cour. À la mort de son maître, il organise et dirige la partie musicale du service funèbre. Il en est de même un an plus tard, pour l'anniversaire du décès (le "bout-de-l'an"), cérémonie à propos de laquelle le poète Jean Loret écrira :

Le renommé sieur Moulinié,
Assisté de maint chantre habile
Tant du Louvre que de la ville
Firent, avec leurs rares chants,
Des concerts si beaux, si touchants
Qu'on ouït jamais rien de tel.

Il semble que Moulinié soit resté au service de la maison d'Orléans jusqu'en 1663, soit trois années après la mort de son maître.

Les États de Languedoc étaient une assemblée disposant de larges pouvoirs ; ils se réunissaient périodiquement dans l'une des principales villes de la province. Les sessions, qui se tenaient pendant deux à trois mois par an en moyenne, étaient l'occasion de réjouissances importantes (voir grandioses, selon les circonstances) et d'offices religieux quotidiens. La musique y tenait une place essentielle.

Au début de l'année 1666, la tenue des États à Béziers est concomitante avec deux services funèbres importants : le premier pour la Reine Mère, le second pour Armand de Bourbon-Conti. La musique, dirigée par Étienne Moulinié, fait une très forte impression sur l'assemblée. Quelques mois plus tard, il est officiellement nommé intendant et maître de la musique des États du Languedoc. Cet emploi lui est confié à vie : "par la seule considération qu'ils ont eu de son mérite personnel et la réputation qu'il s'est acquise à la cour pour un des meilleurs maîtres de musique du royaume". Durant cette période, Étienne Moulinié participe également à diverses cérémonies : inaugurations, messes, services funèbres de personnalités, célébrations de victoires, etc.

En 1675, Étienne Moulinié a 76 ans et de plus en plus d'incommodités. Les États lui proposent de nommer un successeur afin, s'il venait à mourir, de prévenir les sollicitations de personnes non qualifiées mais soutenues par des personnages de marque. En février 1676, Moulinié dirige un Te Deum clôturant la session des États. C'est la dernière cérémonie de sa carrière musicale. Il meurt quelques mois plus tard, à une date et dans des circonstances non élucidées (peut-être au cours d'un voyage).

Si Moulinié emploie un contrepoint savant (superposition de lignes mélodiques distinctes), directement hérité de la musique polyphonique des époques qui l'ont précédé, la primauté est cependant le plus souvent accordée au Dessus (la voix la plus haute), qui développe une ligne mélodique ornementée et figurant le texte de façon très expressive. La conception harmonique de ses airs est très rigoureuse, stable, affirmée et claire. Ainsi, les éventuelles modulations (changement ponctuel de tonalité) ne remettent jamais en cause le ton principal. La musique de Moulinié échappe cependant à l'uniformité et fait preuve d'une grande expressivité par la diversité rythmique et mélodique, ainsi que par les contrastes de timbres et d'effectifs.

Le travail d’Étienne Moulinié a été influencé par la musique d'autres pays, et notamment par les musiques de danse d'Espagne et d'Italie. Ses airs de cour témoignent également de certaines inflexions mélodiques d'origine languedocienne. Étienne Moulinié est par ailleurs un des premiers compositeurs à employer, en France, la technique de la basse continue. Il est aussi un des premiers à réaliser des doubles ornés (répétition d'une même mélodie, mais plus richement ornée). Autre trait de modernité : son écriture harmonique consacre la prédominance du majeur et du mineur sur les modes anciens.

La réussite d'Étienne Moulinié tient autant à son talent qu'à son penchant marqué pour la mode. Les airs italiens et espagnols qui émaillent son Troisième livre d'airs de Cour sont à ce titre révélateurs. De fait, l'essentiel de son œuvre est une musique de circonstances, composée sur commande selon les besoins et les goûts de ses mécènes. En contrepartie, la situation sociale avantageuse que ce travail lui procure lui permet de faire imprimer sans trop de difficultés sa musique et de la faire jouer par les meilleurs interprètes.

Angel Blue et Daniela Mack en Margarita Xirgu et Federico García Lorca dans "Ainadamar" au Met

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La soprano américaine Angel Blue et la mezzo-soprano argentine Daniela Mack feront revivre deux artistes historiques : l'actrice Margarita Xirgu et le poète et dramaturge Federico García Lorca, assassiné pendant la guerre civile espagnole, abattu et dont le corps -encore introuvable- a été jeté dans une fosse commune

Elles feront revivre son histoire à travers la musique d'Osvaldo Golijov et son opéra Ainadamar.

Remise du prix d'encouragement IMPULS pour la composition

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Le festival IMPULS de musique contemporaine de Saxe-Anhalt, placé sous le thème « PANDORA24 », a débuté hier. Du 8 octobre au 15 novembre 2024, 15 compositeurs, 12 créations, sept solistes, deux orchestres et un ensemble de jeunes ouvriront la mystérieuse boîte de Pandore. Le point culminant d'IMPULS24 est le concert « PANDORA Out of the Box », qui aura lieu le 17 octobre au Steintor Varieté Halle. Sous la direction d'Elizaveta Birjukova et d'Ilya Ram, Charlotte Thiele (violon), Franziska Rau (contrebasse) et Nikolaus Branny (piano) présenteront des œuvres de Michael Daugherthy, Annette Schlünz, Fazil Say, Davide Wang et Tomás La Porta. Accompagné de dessins réalisés en direct par l'artiste Stefan Schwarzer, un dialogue unique entre le son et l'image se crée.

En outre, le lauréat de cette année du prix d'encouragement IMPULS pour la composition, décerné en coopération avec l'Institut international Kurt Masur, sera annoncé. Il s'agit du jeune compositeur Benjamin Janisch, qui occupe depuis 2023 une chaire de théorie musicale/formation du solfège au conservatoire Peter Cornelius de la ville de Mayence.

"Psaumes de David" de Penderecki, 65 ans

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Dès 1959, K. Penderecki reçut de l'Union des compositeurs polonais un prix couronnant ses trois premières œuvres importantes : Psaumes de David, pour chœur mixte, cordes et percussions (1958) ; Émanations, pour 2 orchestres à cordes (1959) ; et Strophes pour soprano, récitant et 10 instruments (1959).
Ces pièces contenaient déjà les futures caractéristiques du compositeur.
Suivirent Miniatures, pour violon et piano (1959)  et Anaklasis, pour 42 instruments à cordes et groupes de percussion (1959-60), qui révéla Penderecki sur le plan international à Donaueschingen en 1960.

Ludovic Morlot prolongé à Barcelone

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Le mandat de Ludovic Morlot, auprès de l'Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya (OBC) vient d'être prolongé.

Le chef d'orchestre français est en poste depuis la saison 22-23 et avec cette prolongation, il restera en fonction jusqu'au terme de la saison 2027-2028.

Cette décision a été approuvée ce mardi après-midi lors de la réunion ordinaire des instances dirigeantes du Consortium de l'Auditorium et de l'Orchestre.

 

 

ENSEMBLE CLEMATIS en résidence au Grand Manège de Namur

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JEUDI 17.10.2024 à 20h | DAVID POHLE
DÉCOUVERTE BAROQUE. PREMIÈRE MONDIALE

David Pohle est l’un des plus talentueux disciples de Heinrich Schütz. Contrairement à son maître, Pohle n’a pas composé que de la musique vocale sacrée. Il est aussi l’auteur d’un corpus instrumental assez important qui comporte une trentaine de sonates de quatre à huit instruments et quelques suites de ballets. Héritier de la tradition polyphonique, Pohle a certainement été influencé par l’art des violonistes italiens et tout particulièrement Carlo Farina qui séjournait à Dresde. Aux influences italiennes, viennent aussi se greffer les modèles de la musique de danse française, ce qui explique la grande diversité des structures de ces sonates qui, à certains égards, annoncent aussi les éclats du « stylus fantasticus ».

DAVID POHLE (1624-1695), Sonates et musiques de ballet
Ensemble Clematis
Stéphanie de Failly, Amandine Solano et Roxana Rastegar, violon
Ellie Nimeroski, violon et alto
Samantha MontgomeryJorlen Vega Garcia et Roberta Michelini, alto
Marion Martineau, violoncelle
Jérémie Papasergio, basson
Lucie Chabard et Brice Sailly, clavecin et orgue
Brice Sailly et Stéphanie de Failly, direction

 

SAMEDI 08.03.2025 à 19h | CANTATES POUR ALTO
BAROQUE À L'ALLEMANDE

Après la Guerre de Trente Ans se développe en Allemagne un style musical particulièrement expressif, résultat de la fusion entre tradition et influences de la nouvelle musique italienne. Ce sont principalement les cordes qui tissent autour des voix un accompagnement polyphonique. C’est ce que l’on peut entendre dans les compositions de Schütz, Tunder, Pohle ou Johann Christoph Bach dont le célèbre Lamento justifie entièrement l’avis de son petit neveu Johann Sebastian qui le considérait comme un « compositeur profond ».

Avec la participation de Paulin Bündgen, contre-ténor
Ensemble Clematis
Stéphanie de Failly et Amandine Solano, violon
Samantha Montgomery et Ellie Nimeroski, alto
Marion Martineau, basse de viole
Brice Sailly, orgue

 

 

 

 

 

 

ALMA, création le 26 de l’opéra d'Ella Milch-Sheriff au Volksoper de Vienne

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Que se passe-t-il lorsqu'une femme est contrainte de renoncer à son potentiel de compositrice ? Lors de la première mondiale du 26 octobre 2024, la compositrice israélienne Ella Milch-Sheriff dédie son nouvel opéra à une personnalité extraordinaire : Alma Mahler-Werfel. Sous la direction musicale d'Omer Meir Wellber et la mise en scène de Ruth Brauer-Kvam, un opéra-portrait est créé qui se concentre sur un aspect qui a reçu peu d'attention dans les biographies précédentes : Alma en tant que mère. La soprano Annette Dasch interprète le rôle d'Alma.

La compositrice Ella Milch-Sheriff est née à Haïfa et a étudié le chant et la composition à l'Académie de musique Rubin de l'Université de Tel Aviv. Son œuvre comprend de la musique symphonique, de la musique de chambre et cinq œuvres de théâtre musical à ce jour, dont l'opéra de chambre Baruch's Silence (livret de Yael Ronen), créé en 2010 au Théâtre national de Braunschweig, et l'opéra Die Banalität der Liebe (La banalité de l'amour), présenté pour la première fois au Staatstheater Regensburg en 2018, qui traite de la relation entre Hannah Arendt et Martin Heidegger. Le monodrame The Eternal Stranger reflète les différentes facettes de l'étrangeté. L'expérience d'Ella Milch-Sheriff en tant que chanteuse, sa compréhension de la voix humaine et sa sensibilité émotionnelle et linguistique ont fait de l'opéra et de la musique vocale un élément particulier de son œuvre. La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique d'Israël (ACUM) a décerné à Ella Milch-Sheriff le prix pour l'ensemble de son œuvre en 2022.

Le NEST à Vienne

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NEST : un jeu de mots qui, outre l'abréviation "NEue STaatsoper est le mot allemand qui traduit l'italien « nido » (nid).
Le 7 décembre, le Wiener Staatsoper ouvrira une nouvelle salle à proximité de sa résidence principale sur le Ring. Il y proposera principalement des productions de théâtre musical pour les enfants, les adolescents et les familles.
.Les années précédentes, le Staatsoper avait déjà expérimenté différents lieux pour proposer un répertoire adapté à un public plus jeune : d'abord en installant un chapiteau mobile sur le toit du bâtiment principal, puis en louant un ancien théâtre off au sous-sol, à proximité de la maison principale.
La nouvelle salle est située sur la Karlsplatz, à côté du Musikverein, dans une aile de la Maison des artistes (Künstlerhaus) qui a été rénovée au cours des trois dernières années et adaptée avec une scène et une fosse traditionnelles pour l'orchestre et un espace pour 250 spectateurs.

Le Danish String Quartet honoré

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La plus haute distinction musicale du Danemark, le Prix de musique Leonie Sonning, d'une valeur de 133 000 euros, est restée "au pays" :  le lauréat 2025, annoncé aujourd'hui, est le Danish String Quartet.
Ils déclarent : "Nous sommes reconnaissants et humbles. Le Danemark est une puissance en matière de musique de chambre".

Le compositeur Daniel Börtz honoré en Suède

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Le compositeur qui a « créé un trésor musical unique et coloré » reçoit le prix d'honneur des éditeurs de musique en 2024.
La carrière de Daniel Börtz s'étend sur six décennies et comprend plus de 130 œuvres, dont 15 symphonies et 6 opéras complets.