Le Journal

Le Prix Gloria Artis pour Anne-Sophe Mutter

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La violoniste allemande Anne-Sophie Mutter (54 ans) a reçu à Varsovie le Prix Gloria Artis, la plus haute distinction officielle polonaise. Aucun artiste allemand n'avait jusqu'ici été honoré de la sorte.
Il lui a été remis par le Pr. Piotr Glinski au cours d'une cérémonie qui s'est tenue au Ministère de la Culture, en présence d'Elzbieta et Krzysztof Penderecki, de l'Ambassadeur allemand Rolf Nickel, d'un panel de journalistes polonais et allemands et de Martin Hoffmeister, membre du Bureau des ICMA.

Le Ministre a loué son engagement dans la culture et la musique polonaise, évoquant en particulier ses interprétations des œuvres de Penderecki , Lutoslawski et Szymanowski.

Photo : Elzbieta et Krzysztof Penderecki applaudissent Anne-Sophie Mutter
(c) Bruno Fidrych

 

Daniel Hope, omniprésent...

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Le violoniste britannique Daniel Hope, qui vient de prolonger son contrat de directeur musical du Zurich Chamber Orchestra, est appelé aussi à San Francisco pour succéder à Nadja Solerno-Sonnenberg à la tête du New Century Chamber Orchestra.

Il avait accepté d'en assurer la direction artistique à titre intérimaire il y a quelques mois.  Concluant, puisque l'orchestre le redemande !

Décès de Benny Fredrikson

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Benny Fredrikson, le mari d'Anne-Sofie von Otter, est décédé samedi à Sydney (Australie) à l'âge de 58 ans. Le couple était marié depuis 1989.

Acteur, metteur en scène, formé à l'école de la scène à Stockholm, Benny Fredrikson a travaillé au Riksteatern (1982-1990) et au Stockholm City Theatre où il est devenu Theater Manager en 2002.
Il a marqué la vie culturelle du pays et les messages nombreux publiés depuis l'annonce de son décès témoignent de son importance exceptionnelle pour le théâtre suédois.
Pour le comédien Jonas Gardell, Benny Fredriksson était un ami et un collègue merveilleux, stimulant, agaçant, et encourageant.
Il avait démissionné en décembre 2017 après qu'on lui ait reproché un leadership trop rigoureux.

Anne Sofie von Otter a évidemment annulé ses prochains concerts avec le Sydney Symphony Orchestra. C'est le ténor australien Stuart Skelton qui la remplacera.

Pour le Teatro de la Zarzuela

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A Madrid, le projet de faire passer le Teatro de la Zarzuela sous la houlette du Teatro Real ne passe pas inaperçu.
De nombreux artistes, musicologues, professeurs et gestionnaires culturels (voir ci-dessous) ont rédigé un manifeste pour défendre la spécificité du Teatro de la Zarzuela. Et une plate-forme avec une adresse (zarzuelaviva@gmail.com) permet à tous les professionnels de la musique et des arts qui le souhaitent d'adhérer à celui-ci.

Que dit-il ?
Nous exprimons notre profonde inquiétude au sujet du danger que courent les textes espagnols en cas de  fusion du Teatro de la Zarzuela et du Teatro Real.
Depuis sa création, le Teatro de la Zarzuela est une institution unique qui se consacre à la préservation et à la diffusion du patrimoine lyrique espagnol. Il a publié plus de 70% des titres lyriques les plus importants de notre pays.
Le théâtre a toujours été ouvert à la société et les résultats sont indéniables: il est fréquemment sold out et commence à gagner un nouveau public, joignant les Jeunes aux fans habituels. Et ils partagent tous le même enthousiasme pour ce que leur offre la scène.
Depuis sa fondation, le Teatro de la Zarzuela a toujours été un théâtre populaire, ouvert à tous les citoyens. C'est pourquoi il est essentiel qu'il continue d'être un théâtre accessible grâce à une politique de prix gérée et supervisée par le ministère de la Culture.

Alors seulement, le patrimoine lyrique espagnol peut être maintenu en vie.

Parmi les signataires actuels : Carlos Álvarez (baryton), Frédéric Amat (plasticien et scénographe), Rubén Amoretti (basse), Miguel del Arco (metteur en scène), Ainhoa ​​Arteta (soprano), Yolanda Auyanet (soprano), Paco Azorín (metteur en scène), María Bayo (soprano), Nicola Beller Carbone (soprano), Teresa Berganza (mezzo-soprano), Enrique Cámara (professeur de musicologie à l'université de Valladolid), José Antonio Campos (ancien directeur général de l'INAEM et ancien directeur du Teatro de la Zarzuela), Paulino Capdepón Verdú (professeur de musicologie à l'Université de Castilla-La Mancha), Emilio Casares Rodicio (professeur émérite de musicologie à l'Université Complutense, fondateur et ancien directeur de l'Institut Complutense des Sciences de la Musique), Jesús Castejón (metteur en scène, acteur et chanteur), Nuria Castejón (chorégraphe), María Encina Cortizo (professeur de Musicologie à l'Université d'Oviedo), Karel Mark Chichon (directeur musical de l'Orchestre philharmonique de Grande Canarie et chef d'orchestre), Alberto Conejero (dramaturge), Juan Echanove (acteur), Rubén Fernández Aguirre (pianiste), Elina Garanča (mezzo-soprano), Leonardo García Alarcón (chef d'orchestre), Ignacio García  (directeur du Festival d'Almagro et régisseur), Mario Gas (metteur en scène), Miguel Ángel Gómez-Martínez (directeur musical de l'Orchestre de Radio et Télévision d'Espagne et chef d'orchestre), Andeka Gorrotxategi (ténor), Josep María Gregori (professeur de Musicologie à l'Université Autonome de Barcelone), Nancy Fabiola Herrera (mezzo-soprano), Cristina Hoyos (danseuse et chorégraphe), Ismael Jordi (ténor), José Antonio Jiménez (danseur et chorégraphe), Manuel Lago (assistant à la Direction du Festival d'Almagro), Jorge de León (ténor), Antonio Martín Moreno (professeur de musicologie à l'Université de Grenade), Ángel Medina (professeur de musicologie à l'Université d'Oviedo), Natalia Menéndez (ancienne directrice du Festival de Almagro et metteur en scène), Pablo Messiez (metteur en scène), María José Montiel (mezzo-soprano), Antonio Moral (directeur du Centre national de la diffusion musicale), Pedro Moreno (créateur de costumes), Antonio Najarro (directeur du Ballet national d'Espagne), Ángel Ódena (baryton), Matilde Olarte (professeur de musicologie à l'Université de Salamanque), Luis Olmos (ancien directeur du Teatro de la Zarzuela), Miquel Ortega (compositeur et chef d'orchestre, Lluis Pasqual (directeur du Teatre Lliure et metteur en scène), Víctor Pablo Pérez (directeur musical de l'Orchestre de la Communauté de Madrid), Joan Pons (baryton), Sabina Puértolas (soprano), José Miguel Pérez-Sierra (chef d'orchestre), Carme Portaceli (directrice du théâtre espagnol et metteure en scène), José Carlos Plaza (metteur en scène), Ruggero Raimondi (basse-baryton), Juan Jesús Rodríguez (baryton), Carmen Romeu (soprano), Emilio Sagi (ancien directeur du Teatro de la Zarzuela, ancien directeur du Teatro Real et régisseur), Alfredo Sanzol (metteur en scène et dramaturge), José Luis Sola (ténor), Ramón Sobrino (professeur de musicologie à l'Université d'Oviedo),...

 

Les Prix Klara

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Les trophées "Klara" ont été remis ce mercredi 14 mars 2018, et il y a plus de lauréats que les années précédentes.
Dans les catégories réservées à la musique classique, nous retrouvons :

Soliste de l'année : la soprano Ilse Eerens
Ensemble de l'année : Vox Lumini
Personnalité de l'année : Stéphane Denève (qui vient de prolonger son contrat avec le Brussels Philharmonic)
Prix Klara Everyone Classic : Thomas Vanderveken
Prix ​​pour l'ensemble de sa carrière : Jos Van Immerseel.

Festival d'Echternach, pas d'édition 2018

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A la recherche d'un nouveau souffle, le Festival international d'Echternach passe son tour cette année. C'est ce que nous apprenait hier notre collègue luxembourgeois Rémy Franck (pizzicato.lu).
L'association organisatrice de longue date a été dissoute en février dernier mais il avait alors été annoncé que la ville d'Echternach porterait l'événement via le centre culturel Trifolion.
On sait désormais que le Festival devrait reprendre sa route en 2019, avec un nouveau concept.

Depuis 1975, le Festival international Echternach a lieu chaque année, en mai et juin. D'abord réservé à la musique classique, il a accueilli des solistes tels Yehudi Menuhin, Gidon Kremer, Mstislav Rostropovitch, Maurice André, Dietrich Fisher-Dieskau, Yo-Yo Ma, Jodi Savall, Benny Goodman, Montserrat Caballé, Anne-Sophie Mutter,  Alfred Brendel,... Et, au fil des sessions, des lauréats du dernier Concours Reine Elisabeth. Depuis 2008, il s'est ouvert vers un festival de jazz en septembre et octobre.
Il a aussi un grand nombre de créations à son actif, commandes du Festival pour encourager de jeunes compositeurs talentueux.

 

Les Troyens sur Gallica

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La Bibliothèque Nationale de France vient de mettre en ligne sur Gallica une partition manuscrite pour chant et piano des Troyens de Berlioz qui avait "disparu".

En 1858, Berlioz achèvait les Troyens puis décidait d’en rédiger une version réduite pour piano et chant. Celle-ci constitue une source capitale puisqu’elle contient notamment deux scènes absentes de toutes les partitions des Troyens éditées par la suite. Et on la croyait disparue...
Mais en 2014, le président de la BNF, Bruno Racine, reçoit la nouvelle de Londres : le manuscrit venait d’être retrouvé ! Il était passé entre différentes mains, avant de se retrouver chez un collectionneur privé qui ne se doutait pas de sa valeur.
Intégrer cette pièce exceptionnelle à ses collections et la rendre visible au public et aux musiciens après sa si longue disparition deviennent aussitôt une priorité pour la BNF. Après l’avoir fait classer Trésor National, l’établissement parvient à faire l’acquisition du manuscrit début 2016.
Le manuscrit est riche d'informations car le travail de transcription a permis à Berioz -selon ses propres dires- de repérer des faiblesses dans l’orchestration d’origine et les rectifier dans la partition d’orchestre que nous connaissons. On y trouve aussi la trace d’une autre main, celle de son amie la cantatrice Pauline Viardot (1821-1910). Et il contient donc, dans leur intégralité, les deux scènes absentes de toutes les autres partitions connues de l’opéra : la Scène de Sinon de l’acte I, et le finale original de l’œuvre.

Ce manuscrit est désormais consultable sur Gallica.

Olivier Latry pour inaugurer l'orgue de Sainte Waudru

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Au fil de deux siècles de présence en la collégiale Sainte-Waudru (Mons), la partie instrumentale de l'orgue et le buffet, avaient subi les outrages du temps et des hommes.
Le buffet a été soumis à de tels "aménagements" que le meuble, magnifique et unique en Belgique, était finalement complètement disloqué et menaçait de s’effondrer : plusieurs garnitures étaient tombées ou en piteux état. La plupart des 2.600 tuyaux étaient tordus, les plus grands s’étaient affaissés sur les petits et ils suivaient tous l’inclinaison du buffet. Certains sommiers étaient fendus et laissaient passer le vent d’une note vers d’autres non jouées.
Le câblage de la traction électrique était très vétuste et extrêmement fragile  et il était devenu impossible de réparer correctement les pannes, de plus en plus fréquentes.
Alertés par la fabrique d’église, les pouvoirs régionaux et locaux ont uni leurs efforts afin de permettre cette entreprise de restauration monumentale confiée à la Manufacture d'Orgues Thomas (Stavelot) en association momentanée avec Orgelbau Klais de Bonn.
L'orgue restauré permettra désormais de jouer une majeure partie du répertoire composé depuis le 17e siècle jusqu’à nos jours dans la sonorité appropriée.

Pour l'inauguration, quatre événements sont organisés.
Le premier se déroule ce dimanche 18 mars à 17h, il s'agira de la bénédiction solennelle des grandes orgues restaurées sous la présidence de l'évêque de Tournai Guy Harpigny.
Elle sera suivie d'une conférence le jeudi 22 mars à 20h, sur l’histoire et la restauration des orgues. Elle sera assurée par Bernard Carlier et Benoît Lebeau, les organistes titulaires de la collégiale, qui agrémenteront  la présentation d’extraits musicaux.
Le 13 avril à 20h, l'auteur du projet de restauration Luc De Vos se greffera au duo d'organistes titulaires pour une séance académique suivie d’un récital, où l'air du Doudou sera joué pour la première fois par les orgues restaurées.

Le grand soir, ce sera le dimanche 15 avril à 17h : Olivier Latry titulaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris, viendra donner un concert de gala à la Collégiale.
Ce concert exceptionnel est organisé en collaboration avec Mars, dans le cadre du festival. Infos et réservations: surmars.be

 

L'Opéra-Comique labéllisé

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Les labels Diversité et Egalité professionnelle entre les femmes et les hommes  viennent de récompenser les différentes actions menées depuis plusieurs années par l’Opéra-Comique pour garantir l’égalité des traitements et prévenir toute forme de discrimination, tant du côté des salariés que du public.
Pour la Direction de l'institution, le projet artistique et le projet social, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’institution, sont les deux faces de la même pièce.

Sauver les Chorégies d'Orange

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Vendredi, la région Paca a entériné la création d'une société publique aux côtés d'autres collectivités pour sauver les Chorégies qui sont en grande difficulté. L'association qui les organise a accumulé 1,5 million d'euros de déficits d'exploitation successifs, et se retrouve en cessation de paiement.

Programmées cette année du 20 juin au 4 août, les Chorégies d'Orange, organisées pour la première fois en 1869 et existant sous sa forme actuelle en 1971, est le plus ancien et plus populaire des festivals lyriques français.

Les Chorégies emploient cinq personnes à temps plein et sont autofinancées à 80% par la billetterie, un niveau très élevé, le reste étant apporté par l'État et les collectivités locales. Le budget total avoisine les six millions d'euros.

En pratique, la région, le département du Vaucluse et la ville d'Orange vont mettre en place une société publique locale qui va mener un audit. Elle pourra «faire une offre de reprise» qui garantira au mieux les emplois, les contrats, la marque et l'apurement des dettes du festival qui accueille en moyenne 55.000 spectateurs par an.