Le Journal

Le grand théâtre de La Scala

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L'ouverture de la saison à La Scala (Milan) se fera en grandes pompes, comme chaque année, le 3 décembre prochain. On sait désormais comment se passera la soirée.
Moment d'émotion d'abord, avec un hommage à Victor De Sabata pour commémorer le 50e anniversaire de son décès et à qui cette Première est dédiée.
La production d'ouverture a été confirmée aujourd'hui : Riccardo Chailly dirigera Andrea Chénier (Giordano) dans une mise en scène de Mario Martone avec des décors de Margherita Palli et des costumes d'Ursula Patzak.
Le rôle-titre est confié à Yusif Eyvazov, Anna Netrebko joue Maddalena di Coigny et Luca Salsi fera Gérard. 
Cette année encore, cette soirée d'ouverture sera diffusée en direct sur RAI 1 et dans des cinémas du monde entier.

Pour les plus jeunes : le chef et compositeur italien Victor de Sabata  est né à Trieste en  et décédé le  à Santa Margherita (Ligurie). Il est considéré comme l'un des plus grands chefs d'orchestre de l'opéra italien, en particulier les opéras de Verdi et Puccini ; il est reconnu aussi pour sa direction des œuvres de Wagner et de la musique orchestrale des 19e et 20e siècles. Comme son proche contemporain Wilhelm Furtwängler, De Sabata considérait que la composition était plus importante que la direction d'orchestre et pourtant, c'est comme chef qu'il s'est forgé sa réputation. Il a dirigé La Scala de 1929 à 1953.
Certains critiques voient même jusqu'à voir en lui un rival de Toscanini pour le titre de plus grand chef d'orchestre italien du 20e siècle.

9e Prix de composition AEOS-Fundación BBVA

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Le compositeur barcelonais Marcos Fernández Barrero a reçu, pour Nocturne Sinfónico, le 9e Prix de composition AEOS-Fundación BBVA.
Le Prix AEOS-Fundacion BBVA est l'un des plus importants dans le domaine de la musique en Espagne : il est doté de 18 000 euros et offre au lauréat la garantie que son oeuvre sera donnée par une trentaine d'orchestres.

A Nocturne Sinfonico, une oeuvre en trois parties très différentes unies par un thème commun, le Président du jury Parera Fons prédit une vie longue et brillante carelle est bien construite et témoigne d'une profonde connaissance de l'orchestre.
Le compositeur a précisé que ce qui l'intéresse le plus, c'est qu'il y a de l'innovation dans les textures et que l'on exploite toutes les possibilités d'un grand orchestre».
Pour Rafael Pardo, directeur de la Fondation BBVA, le Prix fonctionne et il a du prestige; il a été remporté par certains compositeurs espagnols parmi les plus importants et les plus reconnus. Et Rafael Pardo a même ajouté que ce serait bien de faire un concours pour les directeurs et les interprètes. On a bien envie de le lui rappeler dans quelques semaine, quand l'effervescence de l'événement sera retombée !
Le jury réunissait les compositeurs Parera Fons (président), Jesús Torres (gagnant de l'édition précédente) et Ramon Lazkano, les chefs Álvaro Albiach et Antonio Méndez ainsi que Xavier de Pazen (secrétaire avec voix mais pas de vote) et 38 œuvres leur ont été soumises. 

Une subvention au mérite

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Le Conseil d'administration de la Fondation communautaire pour Greater Atlanta, Inc. a approuvé une subvention de l'Orchestre symphonique de Géorgie de 84 000 dollars du Metropolitan Atlanta Arts Fund.
Ces subventions de soutien opérationnel sont accordées aux organisations de la région métropolitaine d'Atlanta qui démontrent une culture de responsabilité financière, d'engagement envers la communauté, de programmes de haute qualité et de meilleures pratiques en matière de structure organisationnelle et de gouvernance ...
L'Orchestre prévoit de réinvestir ce financement de façon stratégique pour renforcer et développer la programmation ainssi que l'impact et les possibilités musicales dans la communauté.

18 mois de prison requis contre l'ancien président de l'INA

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Des marchés publics litigieux, un dirigeant pour qui les règles étaient totalement inconnues : le procès pour "favoritisme" de l'ex-Président de l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) Mathieu Gallet a disséqué la gestion de cet établissement public.
Après onze heures d'audience, le parquet de Créteil a réclamé 18 mois de prison avec sursis et 40.000 euros d'amende à l'encontre de celui-ci qui est l'actuel Président de Radio France et qui a dirigé l'INA entre 2010 et 2014, soupçonné d'avoir "favorisé" certaines sociétés de conseil auxquelles l'établissement public a versé plus de 400.000 euros.
Le tribunal correctionnel a notamment tenté de comprendre le rôle de Denis Pingaud, un professionnel de l'audiovisuel engagé par Mathieu Gallet comme "conseiller externe", pour la communication de l'INA. Grâce à ses "compétences rares" pouvait écrire ses discours, travailler à la refonte du site internet de l'INA ou organiser des rachats de fonds audiovisuels grâce à son carnet d'adresses. Tout cela avec un "oeil extérieur" sur la stratégie de l'entreprise. Denis Pingaud a ainsi perçu 130.000 euros hors taxes, facturés par Balises, une société qu'il dirigeait. Pourquoi ne pas l'avoir mis en concurrence, puisque cette somme dépassait le seuil obligeant l'INA à respecter les règles des marchés publics? Denis Pingaud aurait plutôt servi de "coach personnel" à Mathieu Gallet, financé "avec de l'argent public", notamment pour lancer sa candidature à la direction de Radio France, a accusé la procureure Amélie Cladière.
Le ministère public reprenait les accusations portées pendant l'enquête par la successeure de Mathieu Gallet à la tête de l'INA, Agnès Saal. C'est par une polémique sur les frais de taxis exorbitants de Mme Saal que toute l'affaire avait démarré en 2015. Ce scandale avait déclenché un signalement du ministère de la Culture sur la gestion passée de l'INA, qui a servi de base pour l'enquête pour "favoritisme" contre Mathieu Gallet.
Les investigations pointaient également d'autres irrégularités, avec la société de conseil Roland Berger Strategy. L'INA avait conclu avec elle un marché public de 289.000 euros hors taxes, au terme d'un appel d'offres de cinq jours en 2013. "Trop court", selon la procureure qui a également estimé que Mathieu Gallet avait faussé la concurrence en laissant entendre à Roland Berger dès 2010 que l'INA aurait besoin de conseils pour fusionner certaines de ses directions.
Les avocats de Matthieu Gallet ont fustigé une "énorme confusion" sur l'attribution du marché public. Ils ont appelé d'anciens employés de l'INA à la barre, qui ont décrit une procédure "en deux temps" respectant selon eux les règles de mise en concurrence : les sociétés avaient seulement quelques jours pour envoyer leur "fiche d'identité" à l'INA, mais disposaient de plusieurs semaines pour formuler une véritable offre commerciale.
Que ce soit pour Denis Pingaud ou pour Roland Berger, "les faits (de favoritisme) sont parfaitement constitués", a estimé Jérôme Karsenti, l'avocat d'Anticor. Partie civile, l'association avait dès 2015 porter plainte contre la gestion à l'INA. Jérôme Karsenti a regretté "le traitement tout à fait insatisfaisant du dossier" par le parquet, en s'étonnant que Denis Pingaud et Roland Berger ne soient pas eux aussi jugés. "S'il y a une infraction de délit de favoritisme, il y a du recel de favoritisme", s'est-il exclamé. Le tribunal rendra son jugement le 15 janvier.

Le festival d'Edimbourg prolonge Fergus Linehan

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Quand il a pris la direction du Festival d'Edimbourg en 2015, Fergus Linehan avait du pain sur la planche. 
Les dix dernières années avaient surtout montré des signes d'essoufflement dont la presse se faisait régulièrement l'écho : inertie, manque de glamour, vieillissement du public, mises en scène médiocres, offre dramatique dominée par l'ésotérisme et l'interminable,... Au point de se demander si l'événement, né sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale pour renouer des liens avec l'Europe, ne vivait pas le dernier souffle d'un idéal moribond.
C'est dire si l'arrivée du fringant quadragénaire avait soulevé des espoirs !
Originaire de Dublin, on lui reconnaissait beaucoup d'atouts : père rédacteur artistique de l'Irish Times, mère actrice, premières armes à l'University College de Dublin, cinq ans à la tête du Dublin Theatre Festival, projets avec Seamus Heaney, Roddy Doyle et Peter Brook, passage à la programmation de l'Opéra de  Sydney suivis d'un retour à Londres en 2012 comme producteur indépendant parce que je voulais faire une pause dans la gestion des institutions.
Batteries rechargées, il a retroussé ses manches pour relever le défi. Et il a convaincu : le renouvellement de son contrat vient d'être annoncé et le voilà parti jusque 2022.

Goldschmidt à Bregenz

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Le Festival de Bregenz annonce, à l'été prochain la première autrichienne de Beatrice Cenci de Berthold Goldschmidt.
L'oeuvre est forte de l'éternelle actualité de sa thématique : maltraitance des enfants, viol incestueux, péché et culpabilité. Elle propose une partition riche et colorée, peut-être la musique la plus passionnée et la plus éloquente de Goldschmidt.
Ce deuxième opéra de Berthold Goldschmidt fut l'une des quatre œuvres primées en 1949 par le British Arts Council lors du Festival of Britain. Mais il dut attendre 40 ans pour sa première à Londres en 1988.

 

A Los Angeles

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Alors que tout le monde pensait que le poste irait à Gail Samuel, le Conseil d'Administration de l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles a convaincu Simon Woods (Seattle) de devenir le nouveau Président.
Producteur chez EMI puis Directeur du Royal Scottish National Orchestra, Simon Woods ne gardera pas que de bon souvenirs du New Jersey Symphony.
En vue, beaucoup de travail et la gestion des relations avec Gustavo Dudamel.

Pour remplacer Lang Lang

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C'est le jeune pianiste coréen Seong-Jin Cho qui remplacera Lang Lang au Canada en février prochain et pour la tournée de la Philharmonie de Berlin en Asie. Un sacré coup d'accélérateur en début de carrière ! Pour rappel, Lang Lang a dû annuler tous ses engagements, au moins jusqu'à l'été 2018, en raison d'une tendinite au bras gauche.

Seong-Jin Cho est né à Séoul en 1994.
Après sa formation à l'école Yewon et à l'école des arts de Séoul, il a rejoint la classe de Michel Béroff au Conservatoire de Paris.
Son expérience des concerts n'est pas mince : il a joué avec le Mariinsky Theatre Orchestra dirigé par Valeri Guerguiev), l'Orchestre Philharmonique de Radio France, l'Orchestre Symphonique de la radio de Prague, l'Orchestre Philharmonique de Séoul et  Myung-Whun Chung, l'Orchestre Symphonique de la Radiodiffusion Bavaroise sous la direction deLorin Maazel, l'Orchestre Philharmonique de l'Oural avec Dmitri Liss, l'Orchestre Symphonique de Berlin et Marek Janowski, l'Orchestre National de Russie dirigé par Mikhaïl Pletnev) et aussi l'Orchestre de Chambre de Bâle.
Ses tournées l'ont emmené au Japon, en Allemagne, en France, en Russie, en Pologne, en Israël, en Chine et aux États-Unis et on l'a retrouvé sur de nombreux festivals : Saint-Pétersbourg, Moscou, Duszniki-Zdrój, Cracovie, New York et Castleton. En musique de chambre, il a travaillé avec la violoniste Chung Kyung-Wha.
Du côté des concours, il a fait ses preuves aussi :
- 2008  Premier Prix au Concours International Frédéric Chopin (jeunes pianistes) à Moscou,
- 2009  Premier Prix au Concours international de piano de Hamamatsu
- 2011   Médaillé de bronze (3e Prix) au Concours Tchaïkovski  
- 2014   Troisième Prix au Concours International de piano Arthur Rubinstein 
- 2015   Premier Prix au Concours Frédéric Chopin
Et il compte à son actif trois albums chez DG : Chopin, Préludes et Sonate no 2 (2015) ; Chopin, Concerto pour piano no 1 et Quatre ballades avec le London Symphony Orchestra, dirigé par Gianandrea Noseda (2016) ; Debussy, Images I et II, Children's Corner, Suite bergamasque, L'isle joyeuse (2017)

Le Prix Haendel 2018 pour Joyce DiDonato

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Le Prix Haendel 2018 de la ville de Halle (Allemagne) a été décerné à la mezzo américaine Joyce DiDonato.
Pour Clemens Birnbaum, le directeur de la Fondation Haendel, ses interprétations des œuvres vocales de Georg Friedrich Haendel ont contribué de manière significative à la popularité du compositeur né à Halle (1685). La remise du prix aura lieu dans le cadre d'un concert du Festival Haendel en mai prochain. 
Le Prix Haendel est décerné chaque année depuis 1956 à une personne ou un ensemble qui s'est distingué par ses réalisations politiques, artistiques, scientifiques ou culturelles. Parmi les prédécesseurs de Joyce DiDonato, il y a Cecilia Bartoli, Magdalena Kozena, Philippe Jaroussky, John Eliot Gardiner, Trevor Pinnock, Christopher Hogwood, Jordi Savall et, l'année dernière, une autre mezzo américaine, Vivica Genaux.

 

 

Décès d'un homme hors du commun

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Nous venons d'apprendre le décès de Frank Corsaro ce 11 novembre à Suwanee (USA). Il  avait 92 ans.
Le New York Times le présente, à juste titre, comme l’homme qui a secoué le monde de l’opéra. Formé à l’Actors Studio, d’abord comédien, il fut un des premiers metteurs en scène d’opéra à vouloir que les chanteurs se comportent comme de véritables acteurs.
Souvent controversé, son travail se distinguait aussi par l’usage de nouvelles technologies et des transpositions, devenues aujourd’hui lieu commun sur nos scènes lyriques. Le Metropolitan Opera ne l’invita qu’une seule fois (Rinaldo, 1984, avec Marilyn Horne et Samuel Ramey), effrayé peut-être par trop de modernité. Mais il fut un des metteurs en scène phare du New York City Opera où le succès de Susannah de Carlisle Floyd (1958) a marqué le début d’une collaboration d'une cinquantaine d’année et d'une quarantaine de productions. C'est cette production-là qui vint à Bruxelles la même année, dans le cadre de l'Exposition Universelle.

Au City Opera, on lui devra des productions importantes telles que l'Ange de Feu, La Traviata (avec Patricia Brooks et Plácido Domingo), Madame Butterfly de Puccini, le Faust de Gounod (avec Beverly Sills et Treigle), le Prince Igor, l'Affaire Makropulos (avec Maralin Niska), Médée (version italienne), Die tote Stadt (avec Carol Neblett), La petite Renarde rusée (dans les conceptions par Maurice Sendak) ou Carmen de Bizet.
Corsaro a aussi écrit des livrets d'opéras : Héloïse et Abelard de Stephen Paulus et Frau Margot de Thomas Pasatieri.
On a retrouvé aussi le comédien dans le rôle d'Hector Jonas dans le film Rachel, Rachel (1968) avec Joanne Woodward sous la direction de Paul Newman.
En 1988, il a pris la direction de l'Actors Studio.

De nombreux artistes ont vanté son travail tels Placido Domingo (La Traviata, 1966) ou le baryton Richard Stilwell qui ne cache pas son admiration : Corsaro combinait étonnamment connaissances musicales et expertise théâtrale, et cela m'a vraiment ouvert les yeux sur ce que l'opéra pouvait être : une forme d'art spéciale où les mots, la musique et le théâtre contribuent à égalité à la création d’un drame émouvant. Notre jeunesse et notre enthousiasme ont été nourris de ces possibilités.