Le Journal

Anna Vinnitskaya distinguée à Hambourg

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La pianiste Anna Vinnitskaya vient de recevoir le Prix de la Culture de la Fondation Gunter et Juliane Ribke pour son engagement pédagogique comme professeur à l'Université de Musique et de Théâtre de Hambourg où, en 2009, elle est devenue la plus jeune professeur de piano jamais engagée par l'institution.

Rappel pour les plus jeunes : Anna Vinnitskaya a remporté le Concours Reine Elisabeth en 2007.
Elle est née à Novorossiysk, en Russie. Elle a d'abord étudié le piano au Conservatoire Rachmaninov de Rostov puis à Hambourg. Elle a travaillé avec Ralf Nattkemper, lui-même disciple de Claudio Arrau, et Evgeni Koroliov, disciple de Heinrich Neuhaus, Maria Youdina, Lev Oborine et Lev Naoumov. Outre le Concours Reine Elisabeth, elle a remporté le Concours Busoni à Bolzano en 2005 et le Prix Leonard Bernstein au Festival de musique du Schleswig-Holstein en 2008.
En soliste, Anna Vinnitskaya a joué avec les orchestres de Berlin (Deutsches Symphonie-Orchester), Londres (Royal Philharmonic), Munich (Munich Philharmonic), Tokyo (NHK Symphony Orchestra), Birmingham (City of Birmingham Symphony), Tel-Aviv (Israël Philharmonic),... Elle a joué avec Andris Nelsons, Kirill Petrenko, Krzysztof Urbańsi, Charles Dutoit, Tibor Vatge, la Kremerata Baltica, Vladimir Fedoseyev ou Marek Janowski.
Et ses enregistrement ne sont jamais passé inaperçus. 

Le Prix de la Culture de la Fondation Gunter et Juliane Ribke souligne des réalisations exceptionnelles dans le domaine de l'éducation musicale et de l'éducation instrumentale. Parmi ses prédécesseurs, on compte Karl-Heinz Kämmerling, Karl Adamek et David Geringas.

A la tête de la Fenice

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Nommé au Mai Musical de Florence, Cristiano Chiarot a quitté la direction de la Fenice (Venise) l'été dernier. C’est Fortunato Ortombina, dans la maison depuis de nombreuses années, qui vient d’être désigné pour le remplacer tout en conservant ses responsabilités de directeur artistique.
Le maire de Venise, Luigi Brugnaro, se dit convaincu qu'avec M. Ortombina, on pourra faire des choses de plus en plus positives pour La Fenice, en améliorant l'efficacité du théâtre, grâce à un plus grand nombre de productions et en proposant aussi des titres attractifs pour le public.
Là, on s'interroge quand même ! Comment faire "plus attractif" quand cette saison propose La Traviata, Il Barbiere di Siviglia, La Bohème, L’Elisir d’Amore, Die Lustige WitweUn Ballo in maschera, Norma, Il Signor Bruschino et Semiramide ?

Né en 1960, Fortunato Ortombina est docteur en littérature et il a fait sa thèse sur le théâtre lyrique en Italie pendant l'occupation napoléonienne.
Il a mené une carrière de chercheur (projet d'édition des œuvres de Giacomo Meyerbeer, travail sur des manuscrits verdiens) et collaboré avec de nombreuses institutions italiennes : le Festival Verdi de Parme à sa création, le Teatro Regio de Turin, le Teatro San Carlo de Naples, la Scala de Milan…

Tharaud et Barbara pour Viva for Life

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Le samedi 16 décembre, au Studio 4 de Flagey, Alexandre Tharaud sera à la manoeuvre d'une grande soirée Barbara, un concert-hommage au profit de l'opération Viva For Life.
Alexandre Tharaud s’entoure des chanteurs Radio Elvis, Tim Dup, Hindi Zahra et Babx pour faire revivre les plus grands succès de la Dame en noir décédée il y a 20 ans. Une soirée musicale ponctuée de témoignages et des archives de Barbara. 

Un nouveau manuscrit à Magdebourg

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Le Centre de recherche Telemann à Magdebourg a acheté le manuscrit de 84 pages de la cantate Daniel sauvé de la fosse aux lions de Georg Philipp Telemann, créée en 1730/31 à Hambourg. L'autographe du travail a disparu mais cette copie qui date d'environ 1780 est la plus ancienne source manuscrite de l'œuvre. Elle est désormais accessible pour le public et pour les chercheurs. 
En bref, Georg Philipp Telemann est né le 14 mars 1681 à Magdeburg. Pendant ses études de droit à Leipzig, il a rencontré le jeune Haendel qui l'a incité à suivre la voie de la musique.
En 1704, Telemann devient organiste et Kapellmeister à Sorau. De 1708 à 1712, il est directeur musical à Eisenach puis à Francfort. En 1721, il obtient le poste de directeur de la musique de la ville de Hambourg qu'il occupera jusqu'à sa mort le 25 juin 1767. 
Avec ses opéras, ses suites orchestrales, sa musique de chambre, ses cantates, ses motets, ses Passions et ses oratorios. Telemann était le plus célèbre compositeur allemand, mais il était aussi apprécié pour son cosmopolitisme : au cours de ses voyages en Europe, il a "exporté" son style et intégré certaines influences nationales.

Honneur au Teatro Real de Madrid

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Le Teatro Real de Madrid vient de recevoir la Médaille d'Honneur 2017 de l'Académie Royale des Beaux-Arts de San Fernando.
C'est son Président, Gregorio Marañón, qui est allé recevoir cet hommage décerné à une personne ou entité, espagnole ou étrangère, qui s'est distinguée de façon remarquable dans l'étude, la promotion ou la diffusion des arts, la création artistique ou la protection du patrimoine historique, naturel et culturel.
La candidature de Teatro Real avait été proposée par le compositeur Tomás Marco, le scénariste Manuel Gutiérrez Aragón et l'historien et critique d'art Francisco Calvo Serraller.
Dans son discours de remerciements, Gregorio Marañón a redit l'engagement de l'institution : continuer à contribuer chaque jour, dans l'excellence, à la cause de la culture au service de nos citoyens.

Pour une fuite, c'est une grosse fuite !

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Un texte d’une trentaine de pages destiné à réformer le Ministère français de la Culture dans le cadre du projet gouvernemental Action Publique 2022 est tombé sur une table de France Musique. On y apprend que tous les secteurs sont concernés, dont le spectacle vivant et la musique.

Parmi les chantiers, on trouve l’intégration de l’Orchestre de Paris à la Cité de la musique - Philharmonie de Paris. Ces deux structures sont indépendantes : l’Orchestre de Paris est une association loi 1901 [ndlr : une ASBL,] tandis que la Philharmonie est un établissement public national. Chaque entité dispose de ses propres équipes administratives, de production, de communication… La fusion permettrait donc une mutualisation et de substantielles économies. Mais le document précise que le risque social est très élevé.
Pour la petite histoire, il faut rappeler que c'est suite à une étude menée par Laurent Bayle (actuel directeur général de la Philharmonie de Paris !) qu'à la Philharmonie de Luxembourg, la salle et l’orchestre ont fusionné.

Une autre chantier consiste à saisir l’opportunité de la finalisation de l’Opéra Bastille (salle modulable et ateliers supplémentaires) pour faire évoluer le modèle économique et social de l’établissement.
La proposition serait la suivante : les pouvoirs publics participent au projet (évalué à 59 millions d’euros) et, en contrepartie, l’Opéra se réforme pour aller vers plus de polyvalence pour adapter l’organisation du travail, revoir les dispositions impliquant un recours important à des salariés temporaires, réviser les régimes spéciaux de l’Opéra et de la Comédie française.
Avec pour conséquence de freiner l’emploi des supplémentaires (dont les musiciens) et d'aligner la retraite sur les dispositifs généraux.
Actuellement, le budget des régimes spéciaux pour la Comédie française et l’Opéra de Paris s'élève à 17 millions d’euros. Le but est l’autonomie de gestion des établissements et la maîtrise de la masse salariale.

Le troisième chantier se penche sur les orchestres. Concernant l'Orchestre National de France et l'Orchestre Philharmonique de Radio France, le document évoque une reconfiguration des orchestres. Le spectre de la fusion se dessine à nouveau alors qu'en 2015, la proposition avait entraîné une grève de plusieurs mois.

Le constat général est le même qu'en d'autres lieux : trop de spectacles, pas assez de représentations, de plus en plus de structures aidées et de moins en moins de moyens… Le Ministère voudrait augmenter la sélectivité et donc diminuer le nombre de structures aidées.
D'autres propositions interpellent encore et nous y reviendrons. 

Nouvelle signature chez Pentatone

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Le label Pentatone vient d'annoncer la signature de la mezzo-soprano tchèque Magdalena Kožená.
Le partenariat est destiné à durer et à offrir plusieurs albums où Madame Simon Rattle pourra faire montre de l'étendue de son talent et de son répertoire, de l'opéra baroque à la mélodie contemporaine, de Rameau à Berio.
De son côté, elle s'est dite ravie de travailler avec une entreprise qui enregistre encore et qui est prête à prendre des risques avec un répertoire inhabituel et des cohabitations inattendues.
Fondé aux Pays-Bas en 2001 par trois anciens dirigeants de Philips Classics, Pentatone s'est donné pour objectif de produire des enregistrements haut de gamme avec les meilleurs artistes internationaux.
En feuilletant son catalogue aujourd'hui, on croise, au rayon des chefs, Marek Janowski, Vladimir Jurowski, Sir Neville Marriner, Yakov Kreizberg, Lawrence Foster, Philippe Herreweghe, Charles Dutoit, Paavo Järvi, Kent Nagano ou Mikhail. Pletnev; du côté des interprètes, ce sont Arabella Steinbacher, Julia Fischer, Denis Kozhukhin, Martin Helmchen, Nareh Arghamanyan, Mari Kodama, Johannes Moser, Matt Haimovitz, Melody Moore, Lisa Delan, Alice Coote, Elisabeth Kulman, Nikolaï Schukoff, Christian Elsner ouLester Lynch. 

Badura-Skoda toujours honoré

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Le pianiste autrichien Paul Badura-Skoda a reçu vendredi dernier, au Palais Palffy, le Grand Prix de la Culture 2017 pour l'ensemble de sa carrière.
Le Grand Prix de la Culture est décerné aux jeunes talents pour aider les débuts de leur carrière et aux artistes qui comptent parmi les noms "établis" de la vie culturelle. Il est décerné par la Wiener Privatbank SE avec l'agence artistique Hollaender-Calix.

Pour les plus jeunes, rappelons que Paul Badura-Skoda, né à Vienne en 1927, a débuté sa carrière internationale dès 1947.
Il fut le disciple d'Edwin Fischer aussi bien dans le jeu que dans la réflexion sur les œuvres. Cherchant à interroger l'oeuvre et à en retrouver l'esprit, il a mis en place un travail musicologique considérable. Ce représentant de l'école viennoise étudie avec brio le classicisme de Haydn, Mozart, Beethoven ou Schubert qu'il essaie de restituer aussi fidèlement que possible. Ce travail se double d'une interprétation sur instruments d'époque, tout particulièrement sur un pianoforte Schantz datant des dernières années de la vie de Mozart. Ainsi lui doit-on des intégrales des sonates de Mozart, de Beethoven et de Schubert. Paul Badura-Skoda joue aussi sur instrument moderne, tout particulièrement sur un Bösendorfer, piano viennois s'il en est.
Paul Badura-Skoda a joué avec Jörg Demus (son complice sur instrument ancien), David OïstrakhHerbert Karajan, Wilhelm FurtwänglerKarl BöhmCharles MackerrasJohn Eliot Gardiner et bien d'autres.
Il est l'auteur d'un recueil Être musicien paru chez Hermann en 2008.

 

A Bologne, entre deux poids lourds

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Le compositeur Nicola Sani, Directeur Artistique du Teatro Communale de Bologne jusqu'hier, à été suspendu de ses fonctions.
Officiellement, la décision a été prise "de commun accord".
Depuis qu'il occupe le poste (2015), Nicola Sani a souvent été critiqué pour privilégier la musique contemporaine et ne pas remplir suffisamment les salles.
Il sera remplacé par celui qui assurait les fonctions à ses côtés, Fulvio Macciardi qui garantira, dit le communiqué, une présence constante et entièrement dédiée au rôle de surintendant, permettant ainsi au Maître Sani de suivre et de développer pleinement ses activités artistiques.

Deux personnalités bien trempées

Le violoniste milanais Fulvio Macciardi a d'abord étudié dans sa ville natale. De 1980 à 2003, il est professeur de Conservatoire et participe à de nombreuses formations de chambre et d'orchestre. Pendant 2 ans, il suit les Master Classes de Wolfgang Schneiderhan à Lucerne et, dès 1986, il fréquente de nombreuses scènes en Italie (Milan, Turin, Rome, Naples, Trieste, Venise, Palerme et Messine) et à l'étranger (France, Suisse, Autriche, Hongrie, Slovénie, Croatie, Belgique, Japon).
C'est au début des années 2000 qu'il commence à s'occuper de la gestion artistique des maisons d'opéra. Au Teatro Verdi de Trieste d'abord, où il assume l'administration et la gestion de tous les corps artistiques. En 2008, il rejoint Bologne où lui reviennent plusieurs fonctions : directeur de casting, relations avec le personnel artistique, les équipes créatives, les interprètes, les chefs d'orchestre et les compagnies de ballet.
Il a assuré l'organisation de tournées nationales et internationales (Rossini Opera Festival de Pesaro, Tokyo et Otsu, Sao Paulo, Festival Rostropovich à Moscou,...).
Depuis septembre 2013, il est aussi Directeur Artistique de la Scuola dell'Opera del Teatro Comunale de Bologne, académie de haute spécialisation et de formation à la carrière professionnelle pour les chanteurs d'opéra et pour les artisans du théâtre d'opéra.


Né à Ferrara en 1961, Nicola Sani s'est formé auprès de Domenico Guaccero, Giorgio Nottoli et Karlheinz Stockhausen. On lui doit de nombreuses œuvres instrumentales, électroacoustiques, des œuvres pour le théâtre musical et la danse, des installations et des œuvres mixtes présentées dans les principaux festivals de musique nouvelle, les saisons internationales et festivals d’art électronique et multimédia, dont beaucoup de commandes venues de France, d'Allemagne, d'Irlande, du Danemark, de Russie et d'Italie.
Pour le Théâtre Musical, il a écrit plusieurs pièces pour enfants (Cenerentola.comIl gioco dei mostriUna favola per caso) représentées avec beaucoup de succès en Italie et à l’étranger et, dans le domaine du cinéma, de l’art vidéo et du spectacle, il a collaboré avec de nombreux artistes importants : Michelangelo Antonioni, Mario Sasso, Daniele Abbado, Roberto Andò, Nam June Paik, Fabrizio Plessi, Studio Azzurro, Compagnia Corte Sconta, Ugo Gregoretti, Federico Tiezzi, David Ryan et Franco Ripa di Meana.
Membre du comité de rédaction de la revue musicologique Musica/Realtà, il est aussi l’auteur du livre Musica Espansa avec Francesco Galante.
Et les distinctions honorifiques n'ont pas manqué  :
- Premier Prix, Golden Nica "Prix Ars Electronica" de Linz (Autriche) avec le peintre et artiste vidéo Mario Sasso, pour Footprint, production RAISAT 1990.
- Prix spécial au Prix Italia à Turin pour Frammenti sull‘Apocalisse (Fragments sur l’Apocalypse, mise en scène de Daniele Abbado, texte de Roberto Andò) en 1994.
- Prix Erato-Farnesina du Ministère des Affaires Etrangères italien pour les années 1997-98.
- Prix Guggenheim pour l’installation multimédia La Torre delle Trilogie avec Mario Sasso en 1999.
- Prix International Giuseppe Verdi pour sa carrière en 2008.
Et en octobre 2011, il a été fait Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le Ministre de la Culture Française Fréderic Mitterand (octobre 2011) "pour son activité artistique et son engagement pour la diffusion de la musique de notre temps dans le domaine international".
Avant Bologne, Nicola Sani s'est impliqué dans d'autres institutions. Dès 1992-93, il est Curateur de la section «Art Electronique» (avec Colette Veaute) du Festival RomaEuropa. Au cours de la saison 1996-97, il est Responsable de la section Musique du Festival Arte Elettronica de Camerino. Puis il assure la Direction Artistique du Festival de musique de chambre contemporaine Emergenze de Rome (1997-99). A partir de 1998, il est conseiller artistique de la  IUC-Institution Universitaire des Concerts de Rome et, en 2000, il devient Directeur Artistique du Projet Sonora avec le soutien du Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère des Biens et des Activités Culturelles, pour la diffusion de la nouvelle musique italienne à l’étranger. En 2004, il est nommé Président de la Fondazione Isabella Scelsi de Rome dédiée à l’étude et à la diffusion de l’œuvre de Giacinto Scelsi. De 2006 à 2009, il siège au Conseil d’Administration de l’Opéra de Rome dont il deviendra Directeur Artistique en 2008.
Avant de rejoindre Bologne.

Mémoires à paraître

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Les mémoires de la claveciniste tchèque Zuzana Ruzickova, décédée à Prague en septembre dernier à l'âge de 90 ans, ont été achetées par Bloomsbury, l'éditeur original de Harry Potter.
La vie de Zusanna Ruzicka n'a pas été un long fleuve tranquille : elle a survécu à trois camps de concentration nazis et à un régime communiste brutalement antisémite.
La publication est prévue pour le printemps 2019.