Le Journal

Bon sang ne saurait mentir !

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Le Nederlandse Muziekprijs (Prix de la musique néerlandaise) 2017 va à Maria Milstein après Janine Jansen, Christianne Stotijn, Pieter Wispelwey et Jard Van Nes.

Née à Moscou en 1985 -dans la famille de musiciens que l'on sait !- Maria Milstein a travaillé à avec Ilya Grubert, David Takeno et Augustin Dumay.
Elle  est lauréate de grands concours internationaux de soliste et de chambriste :  Città di Brescia et Premio Rodolfo Lipizer (Italie), Concours ARD (Munich), le Concours de Musique de Chambre de Lyon et Prix Kersjes aux Pays-Bas.
En 2016, elle a la bourse du Borletti Buitoni Trust.

Maria se produit dans toute l'Europe : Concertgebouw d'Amsterdam, BOZAR à Bruxelles, Musikverein à Vienne, Philharmonie de Cologne, Cité de la Musique à Paris... En soliste, elle a joué avec Orchestre Philharmonique de la Radio des Pays-Bas, l'Orchestre National de Belgique, l'Orchestre Philharmonique de La Haye, l'Orchestre Philharmonique de Bruxelles,... avec pour chefs Vasily Petrenko, Giancarlo Guerrero, Michel Tabachnik, Jean-Jacques Kantorow, Christian Arming, Reinbert de Leeuw...

Elle a formé avec le pianiste Hannes Minnaar et le violoncelliste Gideon den Herder le Trio Van Baerle qui a remporté le Concours ARD, le Concours de Musique de Chambre de Lyon et l'ECHO Rising Stars Tour en 2014, en se produisant dans de célèbres salles de concert de toute l'Europe et qui a déjà sorti deux CD salués par la presse internationale..

Et elle enseigne au Conservatoire d'Amsterdam.

Maria Milstein joue un violon de Michel Angelo Bergonzi (Cremona, vers 1750), prêté par la Dutch Music Instruments Foundation,

Janowski à Dresde

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L'Orchestre Philharmonique de Dresde a choisi Marek Janowski pour succéder à Michael Sanderling au poste de chef d'orchestre.
Agé de 78 ans, Marek Janowski dirige l'Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin.

Les coulisses des cachets

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Une disposition de la direction du Metropolitan Opera (New York) fait scandale dans l’actuelle production des Contes d’Hoffmann : six figurantes qui interprètent des courtisanes vénitiennes sont rémunérées à hauteur de la quantité de peau dévoilée.  Elles reçoivent 448 euros pour les 5 représentations où elles sont vêtues de cache-tétons et d’un string mais la moitié seulement pour les 4 représentations où elles portent un soutien-gorge et une culotte.
Pou Peter Gelb, le directeur général, cette mesure permet à l’institution, en grande difficulté financière, d’économiser plusieurs milliers de dollars sur la saison.
C'est seulement après le début des répétitions que ces dames ont découvert le système de double cachet.
Deborah Alton-Maher, directrice générale adjointe du syndicat American Guild of Musical Artistes, explique qu’il est d'usage que les danseurs et danseuses soient mieux rémunérés en fonction de certaines demandes spécifiques, comme la nudité, mais que ça n’est pas justifié dans cette situation.
Et une source proche de l’équipe de production s'indigne car cette réduction de salaire laisse supposer que leur performance repose principalement sur leur nudité, alors qu'on leur doit sur scène des mouvements chorégraphiques complexes.

Ivan Repusic va quitter Hanovre

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Directeur Général du Staatsoper de Hanovre, Ivan Repušić n'y prolongera pas son contrat au-delà de la saison 2018-19.
En raison de ses obligations nationales et internationales, il n'est plus en mesure d'y assumer son poste de manière responsable.
Ivan Repušić est directeur général de l'Opéra national de Hanovre depuis 2016 après y été Kapellmeister de 2010 à 2013.
Il dirige aussi le Munich Rundfunkorchester.

 

 

Les chanteurs asiatiques nombreux aux Concours, et puis...

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A la mi-octobre, la première de The Golden Dragon (Peter Eötvös), programmée au Hackney Empire à Londres, a dû être annulée après avoir attiré les foudres de la communauté asiatique : le casting était composé uniquement d’artistes blancs alors que l’histoire se déroule dans un restaurant chinois.

Si souvent distingués dans les concours, on retrouve peu les chanteurs asiatiques sur les scènes. Pourquoi ?
Les professionnels de l’opéra évoquent plusieurs écueils.

D’abord, la langue
Pour les Coréens, c’est plus facile de chanter l’italien que le français, estime Laurence Patermo. Ce sont des gens qui peuvent avoir un rôle en français à l’étranger, mais pas dans un pays francophone. Pour Philippe Maillard qui dirige l’agence "Les Concerts Parisiens", ils ont appris la prononciation, mais ils n’ont pas la rythmique, la prosodie, la prononciation. Et cette langue française si difficile devient un obstacle majeur quand il s’agit de la parler : aux concours, on chante les airs, on ne fait pas le récitatif. Quand on passe à l’opéra entier, par exemple Wagner, Strauss, ça devient compliqué.

La communication
Il faut savoir bien communiquer avec les autres : artistes, metteur en scène, directeur. Là, on est confronté à un enjeu culturel : excellents techniciens, ils manquent peuvent manquent souvent de sensibilité, de couleur, de chaleur dans l’interprétation, une retenue liée à la culture, un univers où l'expressivité n'est pas encouragée.

La dictature du lookisme
On demande beaucoup plus à un chanteur aujourd’hui qu’il y a vingt ans : bien chanter, bien jouer et être agréable à regarder… Le lookisme s’impose désormais dans le recrutement, il faut être physiquement convaincant. La discrimination est cruelle pour tout le monde mais encore plus pour les chanteurs asiatiques qui sont nombreux : à niveau vocal égal, il faut être beau pour faire la différence.

Trop de concurrence
Le marché est saturé. Depuis dix ans, on assiste à une déferlante de chanteurs lyriques coréens, chinois, européens de l’est, de bons chanteurs, alors qu’il y a de moins en moins de productions. Et les salles, il faut les remplir. Pragmatique, il arrive qu'un directeur d’opéra refuse des Asiatiques pour un premier rôle, parce qu’il pense qu’il ne vendra pas assez de places. Pour faire la différence, un chanteur asiatique doit être meilleur que les meilleurs.

Alors ?
Que deviennent tous ces chanteurs lyriques asiatiques une fois leurs formations et récompenses en poche ? Bien sûr, certains arrivent à faire des carrières internationales, mais des destins à la Sumi Jo sont rares.

Beaucoup retournent dans leur pays 
pour chanter et enseigner, ce qui leur permet de vivre de leur voix. En Corée du Sud, par exemple, ils sont professeurs et chantent dans des chorales en soliste parce qu’il y a là une tradition chorale très importante. Et avec l’essor de l’opéra en Corée et en Chine, ils peuvent y jouer des premiers rôles du répertoire occidental.

Ceux choisissent de rester ici
, on peut les retrouver dans les chœurs d’opéra en France (où ils sont de plus en plus présents), dans des troupes en Allemagne ou dans des petites compagnies en Italie où ils sont souvent confinés dans un marché de seconde zone.
En Allemagne, le baryton Seung-Gi Jung évolue avec la troupe de Karlsruhe où il a le premier rôle alors qu’il peine à passer des auditions en France. Plusieurs raisons à cela : le marché allemand est plus ouvert, avec de nombreuses maisons d’opéra qui ont leurs troupes (des chanteurs permanents), parmi lesquels beaucoup de Coréens.

Il reste que les chanteurs asiatiques sont très prisés partout en Europe dans les pièces "exotiques" comme Madame Butterfly ou Turandot, mais il reste alors la problématique des quotas -plus ou moins assumés- pour protéger les chanteurs locaux.

La musique classique a-t-elle un problème avec la diversité ?
Dans un éditorial cinglant, The Guardian a rappelé que les postes à responsabilité dans l’opéra sont en grande majorité détenus par des hommes blancs. Et conclut que dans un monde idéal, les rôles seraient distribués sans distinction qu’on soit un chanteur blanc, noir ou asiatique. Mais nous n’y sommes pas encore. Le recrutement n’est pas daltonien si ce ne sont que des blancs qui obtiennent les rôles.

Seiji Ozawa annule à Berlin

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Seiji Ozawa (82 ans) a annoncé qu'il doit annuler les concerts prévus avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin en janvier prochain sur l'avis de ses médecins.
Il sera remplacé par Mikko Franck.

Pour des chefs malvoyants

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L’Orchestre Universitaire de Besançon Franche-Comté proposera un stage d’initiation à la direction d’orchestre pour les musiciens malvoyants et aveugles ces 11 et 12 novembre.
L’objectif est ainsi d’offrir à des amateurs la possibilité d’expérimenter la direction dans un cadre adapté. L'idée est née d'une session de direction d’orchestre qui s'adressait aux étudiants en musicologie : une des étudiantes était malvoyante et l’intensité et la richesse de cette rencontre musicale ont fait naître l’envie aux musiciens de l’association d’élargir cette expérience, précise l’orchestre.

Ces deux jours seront encadrés par Loïc Sebile, directeur musical de l’Orchestre Universitaire de Besançon, qui a enseigné la direction d’orchestre pendant dix ans à l’université de France Comté, et Sofie Robert-Nicoud, hautboïste et bassoniste.
Il y aura des ateliers de travail du geste, de travail de l’énergie communicative, de gestion de l’espace/temps, d’étude et analyse de la partition mais aussi de gestion du stress et de pédagogie dans la direction.

Au Concours Leopold Mozart

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Le violoniste allemand Linus Roth a été désigné au poste de directeur artistique du Concours International de Violon Leopold Mozart à Augsbourg.

Linus Roth s'est formé auprès de Nicolas Chumachenco, Zakhar Bron et Ana Chumachenco, sans se priver des conseils de Salvatore Accardo, Miriam Fried et Josef Rissin.
S'il s'est produit avec de grands orchestres européens, on le retrouve souvent en musique de chambre ou en solo, avec le pianiste José Gallardo ou la pianiste Vanessa Benelli Mosell. Il a contribué à faire connaître les oeuvres du compositeur polono-soviétique Mieczyslaw Weinberg, dont il a joué et enregistré le Concerto pour violon et l'intégrale des œuvres complètes pour violon et piano. Co-fondateur de l' International Weinberg Society, il est professeur de violon au Centre Léopold-Mozart de l'Université d'Augsbourg depuis octobre 2012.
Roth joue le Stradivari Dancla (1703) prêté par la Fondation Musicale de la banque L-Bank Baden-Württemberg.

 

La vie d'artiste

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On sait les difficultés rencontrées par les jeunes interprètes pour se tracer une voie vers les scènes. On sait aussi les épines sur la route des musiciens qui souhaitent se faire une place dans un orchestre.
On se pose moins de questions sur les interprètes pour qui "tout roule". Et pourtant, tout n'est pas toujours rose.
La violoncelliste américaine Alisa Weilerstein ne se plaint pas de son sort mais elle attire l'attention sur un autre écueil : les 140 concerts que j'ai donnés en une année, c'était beaucoup trop. Je suis très heureuse de l'avoir fait, et ce fut une expérience exaltante mais pour moi, personnellement, ce n'est pas durable.
A 35 ans, elle a décidé d'être plus sage et d'alléger son agenda réduire avant l'épuisement professionnel.

Opera Platform devient Opera vision

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Christophe Rizoud (ForumOpera) a annoncé hier que Opera Platform devient Opera vision.
Fruit de la collaboration d’Opera Europa -l’association européenne des compagnies et festivals d’opéra- avec une trentaine d’institutions lyriques, la plateforme Web entièrement dédiée à l'opéra profite du soutien renouvelé de l’Union Européenne pour se développer. Tout en continuant de retransmettre gratuitement des représentations lyriques, l’idée est d’enrichir la proposition avec des vidéos qui présenteront et expliqueront l'opéra à de nouveaux publics. Accessibles en trois langues -français, anglais et allemand, comme l’ensemble du site-, ces nouveaux contenus pourront être utilisés dans les écoles et les académies. Des partenariats avec des musées et des théâtres sont également à l’étude, le tout dans la perspective de 2018, année du patrimoine culturel européen.