Le Journal

Audrey Azoulay à la tête de l'UNESCO

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L'ex-Ministre de la Culture française Audrey Azoulay a été désignée hier directrice générale de l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'Education, la Science et la Culture pour un mandat de quatre ans.
Audrey Azoulay est née le 4 août 1972 à Paris, dans une famille juive marocaine, originaire d'Essaouira. Son père est le banquier et homme politique André Azoulay et sa mère est la femme de lettres Katia Brami. Une famille baignant dans la culture du livre et des débats.
Elle peut se targuer d'un CV bien rempli: ancienne élève de l'Ecole nationale d'administration (ENA) qui forme les élites françaises, maîtrises de gestion à l'université Paris Dauphine et à l'université britannique de Lancaster, Sciences-Po à Paris. Elle a travaillé durant ses études dans le secteur bancaire, une expérience qu'elle dit avoir "détesté". Elle a ensuite été magistrate à la Cour des comptes après avoir occupé plusieurs fonctions à la Direction des médias du ministère de la Culture.
Elle est entrée au Centre National du Cinéma (CNC) comme directrice financière en 2006, avant de devenir, de 2011 à 2014, la numéro deux de cet organisme en charge du système d'aide à la création cinématographique. C'est une femme brillante et passionnée, une amie des artistes et de la création", avait commenté en 2014 la présidente du CNC, Frédérique Bredin.
D'un tempérament énergique et enjoué, elle a été nommée en août 2014 conseillère de François Hollande chargée de la Culture et de la Communication et elle l'a épaulé sur les dossiers comme la protection des droits sur Internet, l'accompagnant lors de ses sorties culturelles. Et elle a réussi à obtenir du chef de l'État une rallonge de son budget en septembre 2016, alors qu'il avait été largement sabré les années précédentes.

 

Voix Nouvelles 2018, aujourd'hui à Liège

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Fondé en 1988, le Concours Voix Nouvelles a permis de révéler des artistes de renommée internationale, tels que Natalie Dessay, marraine de cette nouvelle édition,  Karine Deshayes, Nathalie Manfrino, Anne-Catherine Gillet, Hélène Guilmette, Florian Laconi, Stéphane Degout ou encore Nicolas Testé.
Après 15 ans d'absence, la quatrième édition est ouverte à la Belgique et elle fait ses premiers pas à Liège aujourd'hui.

Le Concours est ouvert à de jeunes chanteurs de moins de 32 ans, y compris les chanteurs lyriques et ceux dont la formation ne s'inscrit pas dans un parcours dit « classique ». L'ambition de la compétition est de soutenir des jeunes chanteurs au début de leurs carrières, sans sélection par dossiers ou vidéos.
La compétition se déroulera en plusieurs phases, de 2017 à 2019.

- une éliminatoire à Liège le 13 octobre 2017
- une éliminatoire à Gand le 28 octobre 2017
- une finale belge présidée par Karine Deshayes dans la Salle Fiocco aux Ateliers de la Monnaie (Bruxelles) le 7 novembre 2017

- la demi-finale aura lieu à l'Opéra de Massy (Paris), les 25 et 26 janvier 2018
- la finale sera accueillie par l'Opéra Comique (Paris) le 10 février 2018

Sur la page Facebook du Concours, des épreuves en live (en replay sur Youtube), des portraits, des reportages et des documentaires.

Lang Lang annule encore

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Depuis quelques mois, Lang Lang soufre d'une tendinite au poignet gauche qui le tient éloigné des scènes.
Cela semble toutefois plus sérieux qu'initialement annoncé. On vient en effet d'apprendre qu'il annule toute la tournée de ce mois de novembre 2017 (en Europe et en Asie) avec la Philharmonie de Berlin, de même que le récital annoncé le 9 avril 2018.
A Francfort, Hong Kong et Séoul, il sera remplacé par Seong-Jin, et par Yuja Wang à Canton, Wuhan, Shanghai et Tokyo.

Le 4 octobre dernier, alors qu'il devait se produire lors du gala annuel du Carnegie Hall dans la Rhapsody in Blue (Gershwin), Lang Lang avait trouvé une solution originale : pour la main gauche, il avait fait appel à un jeune pianiste de 14 ans, Maxim Lando. Un quatre mains original qui s’est même transformé en trio, puisqu’ils ont été rejoints sur scène par Chick Corea.

Dure sanction vénézuélienne pour Dudamel

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Gustavo Dudamel devait se rendre en Asie avec l’Orchestre Symphonique Simón Bolivar pour une série de concerts.  Mais suite à ses prises de position contre le président Nicolás Maduro, sa tournée a été annulée, tout comme celle qu’il devait effectuer en septembre aux Etats-Unis.
C’est un moment très douloureux et triste pour moi, pour l’Orchestre Symphonique Simon Bolivar et pour mon pays. On nous empêche une nouvelle fois de partager avec le monde le talent et l’espoir que porte notre peuple, a expliqué le chef sur sa page Facebook.

En septembre déjà, sa tournée prévue aux Etats-Unis avec l’Orchestre National des Jeunes du Venezuela avait également été annulée par le pouvoir.
Cette fois, c’est avec l’orchestre des jeunes musiciens issus du programme d’éducation musical El Sistema que le chef devait se rendre en Asie. Et G. Dudamel de poursuivre : Ce genre d’événement ne fait que renforcer ma détermination pour faire vivre la musique, partout. En ces temps difficiles, nous avons besoin d'elle pour réaffirmer les liens qui nous unissent, exprimer nos désirs et nourrir notre désir d’un avenir meilleur.

Brigitte Fassbaender et toute sa carrière

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C'est Brigitte Fassbaender, et pour l'ensemble de sa carrière, qu'est attribué cette année l'Echo Klassik de la Deutsche Phono-Akademie qui honore la chanteuse, la metteur en scène, l'auteur et la pédagogue, une des personnalités les plus multiples et les plus importantes de la vie artistique.

Brigitte Fassbaender a étudié au Conservatoire de Nuremberg de 1958 à 1961 et, à partir de 1961, elle a fait partie de l'ensemble de l'Opéra d'État de Bavière à Munich. Elle a chanté dans les plus grandes salles d'opéra du monde, La Scala, le Metropolitan Opera, l'Opéra de Viennen l'Opéra de Paris... Elle a toujours combiné de manière extraordinaire ses qualités vocales exceptionnelles et la profondeur avec laquelle elle pénétrait les rôles qu'elle assumait. Elle n'a pas négligé non plus les récitals et elle a été la première femme à enregistrer les grands cycles de Lieder de Schubert.
Depuis qu'en 1994, elle a décidé de quitter la scène, on l'a retrouvée réalisatrice dans le théâtre musical et le théâtre vocal, directrice artistique en Allemagne et en Autriche et, de 2009 à cet été, directrice artistique du Festival Richard Strauss de Garmisch-Partenkirchen.
Merci Madame.

Désignations à Genève

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Le Conseil de la Fondation pour la CITE DE LA MUSIQUE de Genève et le Président du jury du concours international d’architecture sur invitation font savoir aujourd'hui qu’à l'issue de deux sessions de délibérations, le jury a unanimement désigné  comme vainqueur du projet de Cité de la Musique de Genève, le groupement d'architectes
Pierre-Alain DUPRAZ Architecte ETS FAS (Genève)/Goncalvo BYRNE Arquitectos, LDA (Lisbonne)
Acousticien : NAGATA Acousti
Les 17 autres projets en compétition ont été félicités pour leur sérieux et leur professionnalisme.
Le communiqué précise que le projet vainqueur remplit les objectifs que s'était fixé le Conseil de Fondation : un bâtiment fonctionnel pour ses futurs utilisateurs, dont l’Orchestre de la Suisse Romande et la Haute école de Musique, mais aussi un geste architectural fort, marquant la Cité pour des décennies et un lieu d'ouverture de la musique classique aux habitants de Genève, susceptible d’entraîner l'adhésion de nouveaux publics.
La cérémonie officielle de remise des prix et le vernissage de l'exposition de tous les projets présentés lors de ce concours d’architecture aura lieu le lundi 30 octobre 2017 à 17 heures au Pavillon SICLI, route des Acacias à Genève. L'exposition publique durera jusqu'au dimanche 5 novembre et sera librement accessible chaque jour de 10h à 18h.

Rideau de Seine pour donner une âme

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Pour la SEINE MUSICALE, c’est à l’artiste Nicolas Buffe que Jean-Luc Choplin, président du comité de programmation de STS Evénements, a commandé le rideau de scène qui encadrera la Grande Seine, la grande salle modulable pouvant accueillir 6000 spectateurs.
Cette œuvre de plus de 28 mètres de large marque la troisième collaboration entre Nicolas Buffe et Jean-Luc Choplin.
Le rideau de scène sera visible dès ce soir, pour la première représentation de West Side Story.

Jean-Luc Choplin a donné pour thème à Nicolas Buffe le mythe d’Orphée, héros de la mythologie grecque, poète et musicien capable de faire pleurer les pierres et d’attendrir les animaux. Orphée est le fils de la muse Calliope, le neveu de toutes les muses, présentes sur le rideau. Il savait procurer de grandes émotions avec la lyre traditionnelle à sept cordes reçue d'Apollon et à laquelle il rajouta même deux cordes. Il pouvait émouvoir aussi bien les êtres, le monde inanimé que tous les animaux sauvages. Il descendit aux enfers rechercher sa femme Eurydice après avoir charmé le chien à trois têtes Cerbère et le Dieu des enfers Hadès.
Nicolas Buffe présente une relecture d’un mythe avec de nombreux symboles et références à la mythologie grecque, mais également des influences baroques dans un style pop japonais qui lui est cher.
Il a choisi de représenter Orphée en star de rock (inspiré de Taka, leader du groupe japonais post-rock instrumental MONO) avec ses 9 muses et avec divers animaux et sirènes triomphant autour de lui. Il y chanterait un poème, plus fort et plus puissant que le chant des sirènes, elles-mêmes en admiration telles des groupies devant lui. Chaque muse est munie de son instrument et de divers symboles (clin d’œil au passé de l’île Seguin, la muse Clio tient un volant dans sa main gauche !). Les planètes qui les entourent, comme en rotation autour d’Orphée, font référence à l’écho de la musique dans le cosmos. Enfin, d’autres animaux sont encore représentés symboliquement et font écho tant à la mort d’Eurydice (Cerbère) qu’à des événements plus contemporains. Dans l’harmonie des sphères, chaque planète est associée à un type de son ou de musique et à une muse. On peut donc apercevoir dans le dessin le symbole de chaque planète à côté de chaque muse.
Ce rideau de scène est l’écho parfait de l’architecture du bâtiment réalisée par Shigeru Ban et il inscrit la Seine Musicale dans sa volonté d’ouverture à tous les publics, à toutes les cultures, chacun pouvant y aller de sa propre lecture.

Et Jean-Luc Choplin de rappeler qu'il y a une grande tradition de rideaux de théâtre peints par des artistes. Beaucoup d’institutions théâtrales commandent une œuvre à des artistes. L'Opéra Bastille a commandé son rideau à Cy Twombly. La Comédie-Française à Olivier Debré. Chaque année, l’opéra de Vienne commande à un artiste un nouveau rideau, récemment à David Hockney. Souvent aussi les spectacles choisissent de commencer par un rideau peint. Un des plus fameux est le rideau de Parade de Picasso créé il y a exactement 100 ans, qui est aujourd’hui dans les collections du Centre Pompidou.
La nouvelle Seine Musicale, et particulièrement sa grande salle, devait se situer dans cette tradition qui donne une âme à un lieu. Cité musicale pour tous, lieu à la fois sophistiqué et populaire, il fallait trouver un artiste qui associe le classicisme à la modernité pour un entrelac entre nos grands mythes culturels et la culture populaire d’aujourd’hui. C’est pourquoi j’ai choisi de commander une œuvre symbolique de notre volonté, de notre ambition artistique, à Nicolas Buffe.
Je suis heureux de pouvoir aujourd’hui présenter cette œuvre monumentale et curieux des réactions que celle-ci ne manquera pas de susciter chez nos spectateurs les plus divers soient-ils. 
 

Le CAV&MA en Amérique latine

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Sur le plan artistique, la rencontre entre Leonardo García Alarcón et le Chœur de Chambre de Namur s’est révélée particulièrement féconde. Une osmose s’est créée, une réelle complicité au service d’une communion intellectuelle et artistique. Une centaine de concerts et une quinzaine d’enregistrements en témoignent.
Entre le jeune chef argentin venu se perfectionner en Europe dans l’espoir d’y faire carrière et le Chœur de Chambre de Namur dont le parcours était déjà riche de nombreuses collaborations, le courant est passé d’emblée. Le fruit de leur travail a été mis à l’affiche de nombre de salles de concerts prestigieuses et de festivals de référence partout en Europe.

En ce mois de novembre 2017, leurs affinités électives vont prendre une autre dimension encore, par le biais d’une première tournée en Amérique du Sud avec, pour incontestable point d’orgue, deux concerts dans l’extraordinaire salle du Teatro Colón de Buenos-Aires. C’est en effet la première fois que Leonardo García Alarcón dirigera dans cette salle qui non seulement est une institution majeure de son pays natal, mais aussi le lieu d’origine de sa passion dévorante pour la musique, cultivée dès sa plus tendre enfance à l’écoute de nombreux concerts exceptionnels.

Pour ce voyage qui est à la fois un retour aux sources pour le chef et un formidable tremplin pour le chœur, les musiciens se sont entourés de deux œuvres emblématiques de leur travail commun : le Diluvio Universale de Michelangelo Falvetti, qui illustre leur rare capacité à révéler toutes les beautés et toutes les subtilités d'œuvres injustement oubliées (cette production de 2010 ne cesse depuis de parcourir l’Europe avec un succès inégalé), et l’Orfeo de Claudio Monteverdi, avec lequel Leonardo García Alarcón, le Chœur de Chambre de Namur et la Cappella Mediterranea apportent leur contribution à l’année anniversaire du compositeur.

On ne peut que leur souhaiter de vivre des moments exceptionnels !

Au coeur de la City

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Le projet de construction d’une nouvelle salle de concert au cœur de la City de Londres vient de franchir une nouvelle étape : on connait désormais le nom des architectes qui seront en charge de sa conception. Il s'agit du cabinet new-yorkais Diller Scofidio + Renfro qui a été sélectionné parmi une liste de six candidats qui comptait aussi Frank Gehry, Renzo Piano ou encore Amanda Levete.
Caractérisé par son interdisciplinarité, le cabinet américain fut notamment en charge de la réhabilitation du Lincoln Center et il travaille actuellement sur la rénovation du Musée d’Art Moderne (Moma) de New York. Le nouveau Concert Hall, qui remplacera l’actuel Musée de la ville de Londres, sera son premier ouvrage important en Angleterre.
Ils ont convaincu le jury par leurs idées visionnaires.

Défendu par Simon Rattle, qui déplore l’absence à Londres d’un endroit où les mélomanes puissent véritablement s’épanouir, le nouveau bâtiment devra notamment accueillir l’Orchestre Symphonique de Londres. Le coût de sa construction a suscité un vaste débat dans la capitale britannique : son budget est estimé entre 230 et 280 millions d'euros.

Prix Sibelius de Wihuri

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La Fondation Antti Wihuri a décerné le Prix Sibelius de Wihuri à la compositrice sud-coréenne Unsuk Chin.
Considérée comme l’une des plus prestigieuses au monde, cette récompense s’accompagne de la somme de 150 000 euros.
Elle est attribuée à des musiciens dont le talent est reconnu internationalement. Son premier lauréat fut Jean Sibelius, en 1953.
Il y eut par la suite Dimitri ChostakovitchIgor StravinskyBenjamin BrittenGyörgy LigetiOlivier Messiaen ou encore Kaija Saariaho en 2009.

Unsuk Chin est la 20e lauréate de ce prix.

Née à Séoul en 1961, Unsuk Chin vit à Berlin.
Elle a étudié la composition à l'université nationale de Séoul avec Sukhi Kang puis à Hambourg (1985-88) à la Hochschule für Musik und Theater avec György Ligeti. L'enseignement de celui-ci a fortement contribué à la définition de son propre style, beaucoup plus que l'influence coréenne -qu'elle nie.
Alors qu'elle était encore étudiante auprès de Ligeti, elle remporte en 1985 le Prix International Gaudeamus des compositeurs. Dans ses oeuvres, elle utilise des instruments traditionnels aussi bien qu'électroniques dans ses œuvres. Selon ses propres mots, "la virtuosité [la] fascine" , ce qui explique la difficulté démoniaque de son Concerto pour violon, pour lequel elle a gagné un Grawemeyer Award en 2004, et de son Double Concerto pour piano, percussion et ensemble de 2002.
Sa pièce la plus connue, Akrostichon-Wortspiel, pour soprano et ensemble (1991-93), est une illustration idéale de son style, d'un raffinement instrumental et vocal très poussé, mais aussi ludique et accessible. La pièce évoque le monde de l'enfance à partir d'un texte fait d'onomatopées. La pièce a été enregistrée par la soprano finlandaise Piia Komsi avec l'Ensemble intercontemporain et Kazushi Ōno.
Son premier opéra, Alice in Wonderland, a été créé le 30 juin 2007 à l'Opéra d'État de Bavière sous la direction de Kent Nagano. Il témoigne de la fascination de Chin pour la voix, qui se traduit notamment par son travail suivi avec Piia Komsi.
Elle est mariée au pianiste finlandais Maris Gothoni.