La soprano Elvire Beekhuizen vient renforcer l'équipe de 12 personnes du théâtre musical.
La soprano lyrique colorature néerlandaise a rejoint la troupe d'opéra en septembre. Elle débute sa première saison à Magdebourg en tant que Hope Harcourt dans Anything Goes, puis Frasquita dans Carmen.
Auparavant, elle a été membre de l'Opernstudio du Théâtre de Lübeck pendant la saison 23-24. Elle y a interprété Johanna dans Sweeney Todd, Sandmännchen/Taumännchen dans Hänsel und Gretel, Adele dans Die Fledermaus, Schleppträgerin dans Elektra ainsi que Marie dans La fille du régiment.
Elvire Beekhuizen a commencé sa formation de chanteuse de chœur à la Kinderkoor Academie Nederland. Elle a poursuivi ses études au Koninklijk Conservatorium Den Haag. Elle est lauréate du Concours Prinses Christina, semi-finaliste du Concours Belvedere et finaliste du Concours Gebrüder Graun. En 2023, elle a atteint la finale du Zenith Opera Competition et a remporté le Manhattan International Music Competition dans la catégorie « baroque ».
Par le passé, elle a notamment interprété Morgana dans Alcina de Haendel à Saluzzo en Italie, Erasto dans la première moderne de l'opéra baroque Giove in Argo d'Antonio Lotti à Dresde, Wroclaw et Görlitz, et Emmeline et Philidel dans King Arthur de Purcell à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet à Paris. Elle est régulièrement invité par des ensembles baroques.
Rebecca Helferich Clarke, née le à Harrow (Royaume-Uni) et morte le à New York, est une compositrice et altiste britannique surtout connue pour ses œuvres de musique de chambre avec alto. Elle est considérée comme l'une des plus importantes compositrices du Royaume-Uni de l'entre-deux-guerres. Son œuvre réduite est largement tombée dans l'oubli après qu'elle eut arrêté de composer. Elle connaît toutefois depuis son 90e anniversaire (c'est-à-dire en 1976) un regain d'intérêt. Une Société Rebecca Clarke a été fondée en pour promouvoir l'exécution et la publication de sa musique.
Rebecca Clarke naît à Harrow de Joseph Thacher Clarke, un Américain, et de sa femme allemande, Agnes Paulina Marie Amalie Helferich. Son père s'intéresse à la musique et lui fait apprendre le violon à l'âge de neuf ans. Elle commence ses études à la Royal Academy of Music en 1903, mais son père la retire de l'institution en 1905 après que le professeur Percy Hilder Miles a demandé sa main (il lui léguera plus tard son violon Stradivarius dans son testament). Elle fait ses premiers séjours aux États-Unis peu après. Elle entre ensuite au Royal College of Music où elle reste de 1907 à 1910, devenant la première élève féminine de Sir Charles Villiers Stanford. À la demande de Stanford, elle laisse le violon pour l'alto au moment où ce dernier commençait à être considéré comme un instrument solo légitime. Elle étudie avec Lionel Tertis, qui était considéré comme le plus grand altiste de l'époque. En 1910, elle met en musique un recueil de poésie chinoise qu'elle intitule Tears en collaboration avec un groupe d'étudiants du RCM. Elle chante également sous la direction de Ralph Vaughan Williams dans un ensemble d'étudiants organisé par Clarke pour étudier et interpréter la musique de Palestrina.
Après les critiques de Rebecca concernant les affaires extra-conjugales de son père, celui-ci la chasse de la maison et lui coupe les fonds. Elle doit quitter le Royal College en 1910 et gagne sa vie en jouant de l'alto. Clarke devient une des premières femmes musiciennes d'orchestre professionnelles lorsqu'elle est sélectionnée par Sir Henry Wood pour jouer dans le Queen's Hall Orchestra en 1912. En 1916, elle part aux États-Unis pour continuer sa carrière d'interprète. Une pièce courte et lyrique intitulée Morpheus qu’elle compose sous le pseudonyme d'Anthony Trent est créée en 1918 lors d'un récital commun avec la violoncelliste May Mukle en 1918 à New York. Les critiques font l'éloge de « Trent » ignorant largement les œuvres créditées à Clarke créées lors du même récital. Sa carrière de compositrice culmine pendant une brève période, commençant avec la Sonate pour alto qu'elle présente en 1919 à un concours sponsorisé par Elizabeth Sprague Coolidge, la voisine de Clarke et mécène des arts. La sonate arrive première parmi les œuvres de soixante-douze participants ex æquo avec une composition d'Ernest Bloch. Coolidge déclare plus tard Bloch vainqueur. Les journalistes spéculent que Rebecca Clarke est seulement un pseudonyme de Bloch, ou au moins que ce n’est pas Clarke qui a composé ces pièces, car l’idée qu'une femme puisse composer de telles œuvres est socialement inconcevable. La sonate est bien reçue lors de sa première représentation au Berkshire music festival en 1919. En 1921, Clarke fait également bonne impression lors d'un concours de Coolidge avec son Trio pour piano, bien qu'elle rate encore le premier prix. En 1923, la Rhapsodie pour violoncelle et piano fait de Clarke la seule femme sponsorisée par Coolidge. Ces trois œuvres représentent le sommet de la carrière de compositrice de Clarke1.
Clarke commence une carrière de soliste en 1924 à Londres après avoir effectué une tournée mondiale en 1922 et 19237. En 1927 elle participe à la création de l’English Ensemble, un quatuor avec piano dans lequel elle joue avec Marjorie Hayward, Kathleen Long et May Mukle. Elle participe également à plusieurs enregistrements dans les années 1920 et 1930 et participe à des radiodiffusions musicales de la BBC. Elle compose beaucoup moins pendant cette période. Elle participe en 1931 à l'exposition coloniale à Paris avec l’English Ensemble.
Entre 1927 et 1933, elle a une relation avec le baryton anglais John Goss qui est de huit ans plus jeune et qui est marié. Il crée plusieurs de ses chants dont deux qui lui sont dédiés, June Twilight et The Seal Man. Son Tiger, Tiger, terminé au moment où leur relation s'arrête, est sa dernière composition vocale jusqu'aux années 1940.
Lors du commencement de la Seconde Guerre mondiale, Clarke est aux États-Unis pour voir ses deux frères et ne peut obtenir de visa pour rentrer au Royaume-Uni. Elle vit quelque temps avec la famille de ses deux frères et en 1942 devient gouvernante dans une famille du Connecticut. Elle compose dix œuvres entre 1939 et 1942, dont sa Passacaglia on an Old English Tune.
Elle rencontre pour la première fois son futur mari, James Friskin (un compositeur, pianiste de concert et membre fondateur de la Juilliard School), alors qu'ils sont tous deux étudiants au Royal College of Music. Ils renouent leur amitié après s'être rencontrés par hasard dans une rue de Manhattan en 1944 et ils se marient en septembre de la même année alors qu'ils sont tous deux dans leur cinquantaine. Selon la musicologue Liane Curtis, Friskin "est un homme qui donne [à Clarke] un sentiment de profonde satisfaction et d'équilibre."
Clarke est décrite par Curtis comme un des compositeurs britanniques les plus importants de l'entre-deux-guerres, et par Stephen Banfield comme la compositrice britannique la plus remarquable de cette période. Cependant sa production devient ensuite sporadique. Elle souffre de dysthymie, une forme chronique de dépression; le manque d'encouragement -et parfois le découragement pur et simple- qu'elle reçoit pour son travail la rend réticente à composer. Clarke ne se considère pas capable d'équilibrer sa vie personnelle et les demandes de composition : « Je ne peux pas à moins que cela soit la première chose à laquelle je pense le matin en me levant et la dernière chose le soir en me couchant ». Après son mariage, elle arrête de composer malgré les encouragements de son mari, mais elle continue à faire des arrangements jusqu'à peu avant sa mort. Elle arrête également de jouer.
Clarke vend le Stradivarius dont elle a hérité et instaure le Prix May Mukle de la Royal Academy. Le prix est toujours attribué chaque année aux violonistes remarquables. Après la mort de son mari en 1967, Clarke commence à écrire ses mémoires intitulés "I Had a Father Too (or the Mustard Spoon)" ; ils sont terminés en 1973 mais jamais publiés. Elle y décrit sa jeunesse marquée par des violences récurrentes de la part de son père et des relations familiales tendues qui ont affecté sa perception de sa place dans la vie.
Clarke meurt en 1979 dans sa maison à New York à l'âge de 93 ans.
Une grande partie de la musique de Clarke est pour alto. Elle a joué professionnellement de cet instrument une grande partie de sa vie. La plupart de son œuvre a été composée pour elle-même et pour les orchestres de chambre, constitués de musiciennes uniquement, auxquels elle appartenait, dont le Norah Clench Quartet, l'English Ensemble et les Aranyi Sisters. Elle fait également des tournées mondiales, particulièrement avec la violoncelliste May Mukle. Son travail est grandement influencé par les tendances musicales de la Nouvelle Musique. Clarke connaît également plusieurs compositeurs de premier plan de son époque dont Bloch et Ravel, avec lesquels son œuvre a été comparée.
L'impressionnisme de Debussy est souvent mentionné en connexion avec l’œuvre de Clarke, particulièrement ses textures luxuriantes et ses harmonies modernes. Sa Sonate pour alto (publiée la même année que les sonates pour alto de Bloch et d'Hindemith) en est un exemple avec son thème d'ouverture pentatonique, ses harmonies denses, sa nature émotionnellement intense et ses textures denses et rythmiquement complexes. La sonate reste un classique du répertoire pour alto. Morpheus, composée la même année, est sa première œuvre conséquente après une décennie de chants et de miniatures. La Rhapsodie que Coolidge sponsorise, est la pièce la plus ambitieuse de Clarke : elle dure près de 23 minutes avec des idées musicales complexes et des tonalités ambiguës contribuant aux humeurs variantes de la pièce. En contraste, Midsummer Moon, composée l'année suivante, est une miniature légère avec un solo au violon flottant.
En plus de la musique de chambre pour cordes, Clarke écrit plusieurs chants. Presque toutes les premières compositions de Clarke sont pour voix seule et piano. Son Tiger, Tiger de 1933, un recueil sur le poème "The Tyger" de Blake, est sombre et maussade, presque expressionniste. Elle y travaille pendant cinq ans à l'exclusion de tout autre travail, durant sa relation tumultueuse avec John Goss, et le corrige en 1972. Cependant, la plupart de ses chants sont légers. Ses premières œuvres sont des mélodies de salon, et elle construit une œuvre à partir de textes de Yeats, Masefield et A.E. Housman.
De 1939 à 1942, la dernière période prolifique avant la fin de sa carrière de compositrice, son style devient plus clair et en contrepoint, avec un accent sur des motivic et des structures tonales, les caractéristiques du néo-classicisme. Dumka (1941), une pièce pour violon, alto et piano, reflète la musique populaire de Bartók et de Martinů. La Passacaglia on an Old English Tune, également de 1941 et créée par Clarke elle-même, est fondée sur un thème attribué à Thomas Tallis. La pièce est modale, principalement en mode dorien, mais s'aventure dans le mode phrygien rarement entendu ; cette pièce est dédiée à « BB », apparemment la nièce de MClarke Magdalen. Toutefois, les spécialistes pensent que la dédicace se réfère plus probablement à Benjamin Britten qui organise un concert commémorant la mort de l'ami de Clarke Frank Bridge. Le Prelude, Allegro, and Pastorale, également de 1941, est une autre pièce néoclassique, écrite pour clarinette et alto (composée à l'origine pour son frère et sa belle-sœur).
Clarke ne compose rien d'aussi grand que des symphonies. Elle a écrit 52 chants, 11 œuvres chorales, le Trio pour piano et la Sonate pour alto. Son travail est oublié pendant une grande période jusqu'à ce qu'un intérêt soit renoué, lors d'une radiodiffusion en 1976 pour les 90 ans de Clarke. Près de la moitié de ses compositions n'ont pas été publiées et sont en possession de ses héritiers avec la plupart de ses écrits. Cependant, au début des années 2000, une partie de son œuvre a été publiée et enregistrée, par exemple deux quatuors à cordes et Morpheus, publié en 2002.
L'œuvre de Clarke est généralement bien reçue après sa mort. Une critique de 1981 parle de la Sonate pour alto comme « une pièce réfléchie et bien construite » d'un compositeur relativement inconnu ; une critique de 1985 note son "intensité émotionnelle et l'utilisation de couleurs sonores sombres". Andrew Achenbach, dans sa critique de plusieurs enregistrements de Clarke par Helen Callus, parle de Morpheus comme une pièce « frappante » et « langoureuse ». Laurence Vittes note que la « Lullaby » est « très douce et tendre ». Une critique de 1987 conclut « qu'il semble étonnant qu'une musique si profondément émouvante et si bien écrite soit restée dans l'obscurité toutes ces années ».
La Rebecca Clarke Society est créée en pour promouvoir la représentation, les bourses d'études et la promotion des œuvres de Rebecca Clarke. Fondée par les musicologues Liane Curtis et Jessie Ann Owens et située dans le Women's Studies Research Center à l'Université Brandeis, la Société promeut les enregistrements et les études du travail de Clarke, dont plusieurs créations mondiales, des enregistrements de pièces non publiées et plusieurs publications.
La société a rendu disponible plusieurs pièces non publiées. Binnorie, un chant de douze minutes fondé sur le folklore celte, est découvert en 1997 et n'est créé qu'en 2001. Plus de 25 œuvres inconnues ont été publiées depuis la création de la Société. Plusieurs des œuvres pour orchestre de chambre, dont la Rhapsodie pour violoncelle et piano et Cortège, sa seule pièce pour piano, sont enregistrées pour la première fois en 2000 sous le label Dutton. En 2002, la Society organise et sponsorise les premières mondiales des sonates pour violon de 1907 et 1907.
La directrice de la Rebecca Clarke Society, Liane Curtis, est l'éditrice de "A Rebecca Clarke Reader", originellement publié par Indiana University Press en 2004. Le livre est retiré de la circulation par l'éditeur après la plainte des ayants droit pour l'utilisation d'exemples musicaux. Cependant le "Reader" a depuis été réédité par la Rebecca Clarke Society elle-même.
Josef Alois Krips (Vienne, – Genève, ) est un chef d'orchestre autrichien.
Il est le fils aîné du docteur Jacob alias Josef Krips (1866–1927), juif d'origine converti au catholicisme, époux en 1901 de Luise Seitz (1879–1971), catholique.
Josef Krips est l'élève de Eusebius Mandyczevski et de Felix Weingartner. Il entre d'abord en tant que violoniste au Volksoper (Opéra populaire de Vienne, 1918–1921). Puis il devient l'assistant de Weingartner (chef de chœur).
À l'âge de dix-neuf ans, le , Josef Krips dirige l'opéra de Verdi Un bal masqué, dans une salle de la Maison des ouvriers, arrondissement Favoriten, à Vienne. Il est ensuite engagé comme chef d'orchestre à Aussig en 1924 et 1925, puis à l'opéra de Dortmund jusqu'en 1926 et à Karlsruhe où il est nommé directeur général de la musique.
En 1933, il retourne à Vienne comme premier chef au Staatsoper, tout en étant professeur à l'Académie de Vienne dès 1935jusqu'en 1938. Du fait des origines juives de son père, Krips est contraint de quitter l'Autriche après l'Anschluss de 1938. Il fuit à Belgrade où il travaille pour une saison, à l'opéra et avec des orchestres symphoniques. De retour à Vienne, l'interdiction de diriger (1939–1945) l’empêche d’exercer son métier. Il travaille alors pendant la guerre, dans une usine de produits alimentaires.
Après la fin de la guerre en 1945, Krips peut enfin de nouveau diriger. Ses collègues qui avaient continué à travailler sous le régime nazi étaient en effet interdits de diriger pendant deux ans. Il joue alors un rôle essentiel dans la renaissance de la vie musicale à Vienne.On lui doit principalement le légendaire renouveau mozartien de l'après-guerre ; il a dirigé également la réouverture du premier Festival de Salzbourg de l'après-guerre (Don Giovanni) en 1946. C'est le premier chef d'orchestre autrichien à avoir fait une tournée en Union soviétique en 1947. En 1961, il dirige à Bayreuth (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg), dès 1963 à Covent Garden Opera, dès 1967 au Metropolitan Opera New York, en 1970 au Deutsche Oper Berlin, entre 1957 et 1973 le Staatsoper à Vienne, en 1974, l'Opéra de Paris. Durant sa carrière, qui s'est étendue sur une période de plus de 50 ans, il n'est pratiquement pas de pays qu'il n'ait visité, ni de grand orchestre qu'il n'ait dirigé.
En 1950, Krips décide de s'expatrier. Chef titulaire de l'Orchestre symphonique de Londres de 1950 à 1954, du Buffalo Philharmonic Orchestra à New York de 1953 à 1963, de l'Orchestre symphonique de San Francisco de 1963 à 1970 (séjour durant lequel, il fut nommé citoyen d'honneur de la ville), chef principal de l'Orchestre symphonique de Vienne de 1970 à 1973 à la suite de Wolfgang Sawallisch.
Josef Krips a été l'un des chefs d'orchestre les plus admirés et les plus aimés du siècle, en particulier pour ses interprétations légendaires de Mozart (dont il a gravé cinq opéras et une vingtaine de symphonies dans ce qui devait devenir une intégrale si la mort ne l'eût pas interrompue). Il fut également un interprète inspiré des autres maîtres viennois1, tel Franz Schubert. Il est considéré, avec Karl Böhm, comme l'héritier de la tradition musicale autrichienne, faite de légèreté, de joie et de rigueur.
Le , Josef Krips dirige sa toute dernière représentation, au Théâtre national de l'Opéra de Paris, dans une nouvelle production de Così fan tutte de Mozart. Il décède le à Genève. La ville de Vienne entretient, à titre honorifique, sa tombe au cimetière de Neustift am Walde.
Il a gravé plus de 150 œuvres sur disque. La plus ancienne date de 1937 : des airs avec Richard Tauber tirés de l'opéra Rossini in Neapel de Bernhard Paumgartner. Une grande partie des enregistrements de Krips est toujours appréciée, par exemple les symphonies de Beethoven avec l'Orchestre symphonique de Londres, qui ont été rééditées en CD dès les années 1990. Ses enregistrements des opéras de Mozart, tels Don Giovanni ou L'Enlèvement au sérail font référence. Ainsi que les vingt dernières symphonies de Mozart avec l'Orchestre royal du Concertgebouw d'Amsterdam, enregistrées pour le label Philips en 1972 et 1973.
La compositrice, chef d'orchestre et pianiste d'origine russe Marcelle de Manziarly (1899-1989) est née à Kharkov, en Ukraine, le 13 octobre 1899. Elle est le troisième enfant d'Etinne et Irma de Manziarly, qui s'installent à Paris avec Marcelle et leurs trois autres enfants en 1905.
Elle a partagé sa carrière entre les États-Unis et la France, enseignant la composition en privé dans les deux pays et s'engageant souvent comme chef d'orchestre et interprète à New York. La musique de Manziarly repousse considérablement les limites de la tonalité, en utilisant des procédés tels que le sérialisme et la polytonalité.
Manziarly a commencé à étudier le piano, l'harmonie et le contrepoint avec Nadia Boulanger à Paris à l'âge de douze ans, et les deux sont restées des amies proches toute leur vie. Après la mort de sa mère en 1935, Boulanger lui fait part de son chagrin par lettre et Manziarly lui dédie un quatuor à cordes en 1915.
En 1924, de Manziarly se rend dans le sud-est de l'Inde après avoir rencontré l'ami de son frère Sacha, Jiddu Krishmanurti. Krishnamurti travaillait au sein de la communauté théosophique dans laquelle la mère de Manziarly était très active. À son arrivée à Adyar, la ville natale de Krishnamurti, Marcelle vit "une nouvelle période de grand travail spirituel" et rencontre des personnalités musicales et politiques de premier plan, dont Mahatma Ghandi et Rabindranath Tagore. Malheureusement, les compositions de Manziarly datant de cette période en Inde ont été perdues.
Comme beaucoup de ses collègues artistes dans la France de l'entre-deux-guerres, les compositions de Manziarly reflètent la présence de la douleur pour faire face à la perte d'êtres chers, comme la mort de son père en 1921. En 1942, Manziarly s'installe en Nouvelle-Angleterre (peut-être inspirée par la décision de Nadia Boulanger de s'installer sur la côte est après l'occupation allemande de la France) et étudie le piano auprès d'Isabelle Vengerova. Pendant son séjour, elle occupe également le poste de chef de chœur à l'École française de Middlebury, dans le Vermont, et organise diverses activités musicales au Mount Holyoke College, dans l'ouest du Massachusetts.
Pendant son séjour aux États-Unis, Manziarly se lie d'amitié avec des compositeurs américains, comme Aaron Copland et Igor Stravinsky, ce dernier lui rendant visite à Hollywood entre 1941 et 1969.
Manziarly retourne à Paris après la libération de l'Allemagne en 1944, mais continue d'y revenir fréquemment de la fin des années 1940 jusqu'à sa mort.
Son œuvre comprend un opéra de chambre, plusieurs pièces pour orchestre, diverses œuvres de chambre, des chansons et plusieurs œuvres pour piano seul.
Manziarly est décédée en mai 1989 à Ojai, en Californie, où une grande partie de sa famille s'était installée. Les archives de Manziarly (lettres et manuscrits) se trouvent à la Bibliothèque nationale de France à Paris et à la Huntington Library à San Marino, en Californie.
Anselm Hüttenbrenner, né le à Graz et mort le à Ober Andritz en Autriche, est un compositeur de la période romantique et un critique musical autrichien.
Hüttenbrenner reçut dès sa scolarité à Graz une formation musicale au piano et à l'orgue. Alors qu'il faisait encore à Graz et à Vienne des études de droit qu'il devait terminer avec succès, il devint, en 1815, élève, à Vienne, d'Antonio Salieri, auprès duquel il étudia le chant et la composition. Chez Salieri, il fit aussi la connaissance de Franz Schubert, auquel une amitié cordiale le lia bientôt et avec lequel il fit également quelques apparitions en public. En 1821, il retourna à Graz où, désormais marié à Elise von Pichler, il travailla comme compositeur et critique musical. De 1824 à 1839, il dirigea la Société musicale de Styrie à Graz. Après la mort de sa femme, il alla s'établir en 1852 à Radkersburg et vécut en partie en Basse-Styrie, en particulier à Pettau, Marburg et Cilli, ainsi qu'à Ober-Andritz, près de Graz. Il passa ses quinze dernières années dans le calme de la retraite, plongé dans des considérations mystiques et théologiques, jouissant d'une amitié étroite avec le mystique Jakob Lorber qu'il jugeait lui apporter une révélation monumentale et inconnue.
Hüttenbrenner présente un intérêt pour l'histoire de la musique du fait qu'il a assisté à la mort de Ludwig van Beethoven et qu'il doit lui avoir fermé les yeux. Il détint également jusqu'en 1865 la partition originale de la Symphonie inachevée de Schubert, qui ne put être connue qu'alors. D'après les correspondances des frères Hüttenbrenner, Franz Schubert aurait remis le manuscrit à Josef Hüttenbrenner qui le remettra à son frère Anselm, possiblement en remerciement de son admission en tant que membre honoraire de la Société musicale de Styrie.
Son Requiem en ut mineur a été interprété à la messe d'enterrement à l'occasion de la mort de Salieri (1825), de Beethoven (1827) et de Schubert (1828).
Dans la famille Hüttenbrenner, on mentionnera aussi le frère d'Anselm, Joseph Vinzenz (1796-1873), le maire temporaire de Graz Andreas (1797-1869) et Heinrich (1799-1830) qui eut des ambitions littéraires. Seuls ses deux frères aînés eurent avec Schubert des relations étroites, Anselm était à côté de Franz Lachner, d'Ignaz Aßmayer et de Benedikt Randhartinger l'un des rares compositeurs qu'il tutoyât. Joseph qui, au contraire, n'était jamais tutoyé dans le cercle de Schubert, exerçait avec plus ou moins de bonheur des fonctions de secrétaire, copiait des travaux et rendait de petits services. Il aurait eu l'ambition d'écrire des articles sur Schubert mais les publications de l'époque les ignorèrent.
La majorité des œuvres d'Hüttenbrenner, dont certaines sont perdues, est restée dans la famille de ses descendants. Elle est, depuis 2007, conservée à la bibliothèque de l'Université de musique et d'art dramatique de Graz où les titres du catalogue en ligne peuvent être consultés. Ces œuvres sont très mélodieuses, quelque peu lyriques et, dans certains cas, proches de l'idiome musical de Carl Maria von Weber. L'analyse de l'œuvre d'Hüttenbrenner est, à ce jour, encore en cours.
Johann Christoph Pezel est un compositeur allemand, né à Glatz (Bohême) le 5 décembre 1639 et mort à Bautzen le 13 octobre 1694.
Originaire de Silésie, il a probablement fait ses études au collège de Bautzen. Il joue dans la fanfare municipale de plusieurs villes d'Allemagne. Pendant la plus grande partie de sa carrière, il est Ratmusiker, « musicien de la ville », une position enviée.
Il finit en 1669 par être promu au rang de Stadtpfeifer, « joueur de fifre ». Il est alors tenu de jouer lors de toutes les cérémonies officielles, ainsi que dans les fêtes civiles et religieuses. Le Stadtpfeifer doit être un excellent musicien, capable de jouer non seulement de tous les cuivres, mais aussi d'instruments à cordes.
Beares Publishing publie « Antonio Stradivari : The Complete Works »
À l'occasion du 380e anniversaire du luthier italien Antonio Stradivari, Beares Publishing, en partenariat avec J. & A. Beare de Londres, a publié son nouvel ouvrage, « Antonio Stradivari : The Complete Works ».
Publiée en six volumes, il s'agit de la plus vaste collection de chefs-d'œuvre de Stradivari jamais rassemblée et elle permettra à tous les experts en violon, y compris les marchands d'instruments, les chercheurs et les collectionneurs, d'avoir accès à des archives inestimables.
Cette collection est le fruit de neuf années de recherches menées par John Dilworth et Duane Rosengard, qui ont bénéficié d'un accès exclusif à des archives privées. L'ouvrage a été rédigé par Simon Morris et Steven Smith, et édité par Mark Gunn et Anna Saldadzé.
Les instruments présentés dans « The Complete Works » comprennent 736 violons, 14 altos et 69 violoncelles -avec leurs étiquettes respectives, leurs origines chronologiques, leurs propriétaires, la datation du bois, les certificats et les dimensions. Le livre comprend également six guitares, deux mandolines, une façade de luth, un archet, une harpe et une pochette de Stradivari.
La collection comprend plus de 200 instruments supplémentaires par rapport à toute autre publication antérieure, ce qui en fait une ressource indispensable pour les experts, les musiciens et les collectionneurs d'aujourd'hui qui souhaitent approfondir leur compréhension de l'art et de l'héritage de Stradivari.
Le livre retrace notamment le passage des instruments à cordes de Stradivari entre les mains de mécènes et de instrumntistes de différents pays pendant des centaines d'années.
En outre, « The Complete Works » donne un aperçu de la manière dont le commerce du violon s'est développé dans le monde entier depuis ses origines en Europe -et des changements socio-économiques des trois derniers siècles, des mécènes aristocratiques aux collectionneurs modernes.
Les outils scientifiques non invasifs ont amélioré l'étude des techniques de Stradivari, tandis que la valeur croissante de ses instruments a augmenté les enjeux en matière d'expertise, d'authenticité et de provenance.
Cette publication est indispensable à quiconque s'intéresse sérieusement aux instruments de qualité et à l'art de la lutherie, a déclaré le luthier Robert Brewer Young. Elle témoigne de l'influence durable du génie de Stradivari et constitue une ressource essentielle pour comprendre les remarquables voyages de ses instruments à travers le temps.
Concours international de chant Neue Stimmen, le palmarès
La soprano polonaise Magdalena Lucjan et la basse espagnole Alejandro Baliñas Vieites sont les lauréats de la 20e édition du Concours international de chant Neue Stimmen. Alejandro Baliñas Vieites a également remporté le Prix du public. L'Orchestre Philharmonique de Duisbourg, sous la direction de Jonathan Darlington, a accompagné les finalistes.
Magdalena Lucjan est née en 1999 à Pszczyna (Pologne). Elle a obtenu un diplôme avec distinction dans la classe de Melba Ramos à l'université MUK de Vienne. Magdalena termine actuellement sa maîtrise en interprétation vocale à l'Université MDW de Vienne, sous la tutelle de Michaela Schuster. Depuis octobre 2022, elle est membre de l'Académie d'opéra de l'Opéra national de Pologne à Varsovie, où elle a travaillé régulièrement avec Olga Pasiecznik et Izabela Klosinska.
Elle a travaillé avec de nombreux chanteurs et professeurs renommés tels que Gabriele Lechner, Edith Wiens, Angelika Kirchschlager, Claudia Visca, Helmut Deutsch, Tobias Truniger, Maciej Pikulski. Magdalena a fait ses débuts en Suisse dans le rôle de Clorinda au Ticino Musica Festival sous la direction musicale d'Umberto Finazzi. En décembre 2022, Magdalena a chanté les rôles de Sandmann/Taumann au Schlosstheater Schönbrunn à Vienne. En décembre 2023, elle est engagée dans le rôle de Gretel dans le même théâtre. En juin 2023, Magdalena a interprété pour la première fois les airs du cycle « Night Scenes » de Julian Cochran au studio de concert Witold Lutoslawski de la radio polonaise. Magdalena a reçu la bourse KS Gabriele Sima (2019), elle a ensuite été soutenue par la Fondation Julian Cochran. Lucjan est la première lauréat du concours international de musique Karol Szymanowski à Katowice en 2023.
En juin 2024, Magdalena a chanté Gretel au Grand Théâtre de Łódź, et la partie solo de soprano dans la « Es-Dur Messe » de Schubert à Wolfegg sous la direction de Manfred Honeck lors du Festival international de concerts de Wolfegg. En été, Magdalena a participé à la prestigieuse IMA (Internationale Meistersinger Akademie) à Neumarkt.
Au cours de la saison 24-25, Magdalena chante dans plusieurs productions au Semperoper de Dresde, notamment Papagena (Die Zauberflöte), A Mother (Ändere Die Welt), Nightingale/Princess (L'enfant et le sortilèges), ainsi que dans des concerts.
Alejandro Baliñas Vieites commence son apprentissage de la musique à Saint-Jacques de Compostelle, sa ville d’origine. Après l’obtention de son premier diplôme en 2019, il poursuit ses études au Conservatoire Supérieur de musique de Liceu de Barcelone et au Conservatoire Luigi Cherubini de Florence.
En 2020, il prend les rôles d’Angelotti dans Tosca et du Roi dans Aïda à l’Opéra de Sabadell, ainsi que celui de Martino dans L'Occasion fait le larron de Rossini à l’Opéra de Sarría. L’année suivante, il intègre l’Académie de l’Opéra de Paris en tant qu’artiste en résidence et commence dans ce cadre à se produire régulièrement à Paris et en province. En 2021, il chante le Lied des Verfolgten im Turm de Mahler à l’occasion d’un récital des artistes de l’Académie au Festival Voix d’Automne d’Évian. Aussi aborde-t-il le répertoire mozartien en 2022 lors du concert de Gala de l’Académie au Palais Garnier, où il interprète des airs de Figaro dans Les Noces ainsi que le final de Don Giovanni. La même année, il prend le rôle de Sénèque dans une représentation du Couronnement de Poppée de Monteverdi à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet puis en tournée à l’Opéra de Dijon et à la Maison de la Culture d’Amiens, toujours avec les artistes en résidence à l’Opéra de Paris. En parallèle de son activité au sein de l’Académie, il fait ses débuts au Festival de Pesaro en Anselmo dans La Gazzetta de Rossini. Toujours en 2022, il est de retour en Catalogne où il prend le rôle du Marquis de Calatrava dans La Force du destin de Verdi au Palacio de la Opera Coruña, et fait ses débuts à l’Opéra Bastille en Cappadocien dans Salomé de Strauss. Toujours à l’Opéra de Paris, il prend le rôle de Zuniga dans Carmen de Bizet. En 2023, il se produit une nouvelle fois en récital avec les artistes de l’Académie à l’occasion de la Carte Blanche à Gustavo Dudamel et prend le rôle du Premier Fossoyeur dans Hamlet d’Ambroise Thomas à Bastille.
Au mois d’avril 2023, il prend le rôle de Blansac dans L’Échelle de soie de Rossini à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet avec l’Académie de l’Opéra de Paris.
Il intègre la première promotion de la nouvelle troupe de l’Opéra de Paris à partir de la saison 2023-24. Dans ce cadre, il prendra les rôles de Schlemil dans Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, de Quinault dans Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea, de Douphol dans La Traviata et de Pietro dans Simon Boccanegra de Verdi. Il apparaîtra également dans Salomé de Strauss.
Secouée par le démembrement de St John's Voices au St John's College, l'Université de Cambridge a créé un programme intercollégial Choral Foundation Scheme : un programme de formation d'un an qui permettra aux étudiants qui ont eu un accès limité aux opportunités musicales... d'acquérir les compétences et l'expérience nécessaires pour rejoindre une chorale universitaire.
Dès cette saison, le violoniste français David Grimal a répondu à l'invitation adressée par Radio Roumanie de devenir artiste en résidence de l'Orchestre de Chambre de la Radio. Il est le premier artiste international à qui Radio Roumanie adresse cette proposition de collaboration artistique, qui s'étendra sur une période de 3 saisons à partir de cet automne.