Le Journal

Ben Glassberg est le nouveau directeur musical du Volksoper Wien

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Le 1er janvier 2024, Ben Glassberg a été nommé directeur musical du Volksoper Wien. Jusqu'à présent, le Britannique était premier chef d'orchestre invité et il a notamment dirigé la première des Joyeuses Commères de Windsor à un grand succès la saison dernière. Cette saison, il assurera encore la direction musicale de deux premières : West Side Story et La Veuve joyeuse.
Ben Glassberg est rapidement devenu l'un des chefs d'orchestre les plus demandés sur les scènes internationales. Il est décrit comme un chef d'orchestre "à l'élan irrésistible" (The Guardian), et ses interprétations méticuleuses d'un vaste répertoire d'opéras et de symphonies sont régulièrement saluées pour leur fraîcheur et leur efficacité.

Ben Glassberg est directeur musical de l'Opéra de Rouen Normandie et ancien chef invité adjoint de l'Orchestre National de Lyon. De 2019 à 2021, il a été chef d'orchestre principal de la tournée de Glyndebourne. Parmi ses temps forts lyriques internationaux actuels et à venir figurent ses débuts à domicile à la Deutsche Oper de Berlin et au Théâtre des Champs-Élysées avec Carmen de Bizet. Il dirige également Carmen, Don Giovanni et Tristan et Isolde à l'Opéra de Rouen Normandie. Parmi les temps forts symphoniques de la saison 2023-24 figurent les débuts de Glassberg avec le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra et un retour au Teatro Massimo di Palermo.

 

Thais St Julien, 5 ans

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Thaïs St. Julien (11 juin 1945 - 3 janvier 2019) était une soprano de la Nouvelle-Orléans. Elle a étudié avec Charles Paddock, Virginia MacWatters et Norma Newton, et elle a été codirectrice (avec Milton G. Scheuermann, Jr) de la New Orleans Musica da Camera, spécialisée dans la musique du Moyen Âge et de la Renaissance, qui a effectué des tournées dans tout le sud du Golfe. Elle est également la fondatrice de Vox Feminæ, l'extension chorale féminine de la MdC.

Julien s'est également produite avec le New Opera Theatre (Didon dans Dido and Æneas, ses débuts new-yorkais au Symphony Space, 1988), Pro Arte Chorale (Amor dans une version de concert d'Orfeo ed Euridice, face à Derek Lee Ragin), Louisiana Philharmonic Orchestra (Messiah), Great Neck Choral Society, International Dvořák Festival, Lyric Opera of Dallas, New Orleans Opera Association, Southwest Chamber Orchestra, Jefferson Performing Arts Society (le Magnificat de Bach), etc.

En 1997, la soprano a interprété Dircé dans l'opéra Quotannis Médée, face à Phyllis Treigle et D'Anna Fortunato, au Alice Tully Hall, Lincoln Center. Il s'agissait de la version originale, non coupée, de l'opéra-comique du chef-d'œuvre de Cherubini, et St. Julien était peut-être la seule chanteuse du vingtième siècle à interpréter ce rôle floride et difficile de manière complète et non altérée.

Julien coanime avec le professeur Scheuermann l'influente émission radiophonique de musique ancienne Continuum, qu'ils animent tous deux chaque semaine depuis 1976, produisant plus de 2 000 émissions. Avec quarante-deux ans d'existence, Continuum est l'émission de radio de musique ancienne la plus ancienne d'Amérique, voire du monde. L'émission a été lauréate du Concours national de radio Early Music America/Millennium of Music et a reçu le Prix international KXMS Fine Arts Radio.

Elle a reçu en 2007 la Bourse Louisiana Artist Fellowship in Music.

En avril 2017, la maladie d'Alzheimer a été diagnostiquée, maladie dont elle est décédée le 3 janvier 2019, à l'âge de 73 ans.

Raoul Koczalski, 140 ans

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Armand Georg Raoul Koczalski, né le  et mort le , est un pianiste et compositeur polonais, considéré comme l'un des meilleurs de son temps.
Bien qu'il soit relativement peu connu aujourd'hui, il fut certainement l'un des meilleurs interprètes de Frédéric Chopin pour avoir été l'élève de Charles Mikuli, lui-même élève favori et assistant de Chopin. Koczalski a laissé de nombreux enregistrements.

Koczalski a composé près de cent cinquante opus et de nombreuses œuvres sans opus dont six concertos pour piano, un concerto pour violon, un concerto pour violoncelle, deux symphonies, des pièces symphoniques et de chambre, opéras, ballets, diverses pièces pour piano dont neuf sonates, quatre sonates pour violon, deux sonates pour violoncelle, trois trios pour piano, et  plus de deux cents mélodies.

Légion d’Honneur, promotion 2024

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Pour la promotion du 1er janvier 2024 de la Légion d’Honneur, le Ministère de la Culture a promu trois personnalités de la musique classique au grade d’officier : la chorégraphe Mathilde Monnier, la harpiste Marielle Nordmann et le compositeur Vladimir Cosma.
Ils avaient été nommés chevalier respectivement en 2013, 1998 et 2005.

Nouvelle production de « West Side Story » au Volksoper de Vienne

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Avec West Side Story de Leonard Bernstein, le Volksoper de Vienne présentera le 27 janvier un classique musical immortel.
La mise en scène est assurée par la directrice de la maison, Lotte de Beer, et la chorégraphie est signée Bryan Arias, né à Porto Rico et qui a grandi à New York.
La direction musicale est assurée par le directeur musical Ben Glassberg, qui dirige pour la première fois une comédie musicale. Pour lui, West Side Story est le summum du théâtre musical. La façon dont Bernstein combine une richesse de styles musicaux -jazz, latin, opéra, par exemple- tout en conservant un langage totalement cohérent est incroyable. Il y a tellement de beauté dans la partition, mais aussi de l’obscurité, de la douleur et de la joie, toute la gamme des émotions humaines.

Riccardo Muti pour le Nouvel An 2025

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La Philharmonie de Vienne a annoncé le nom de son prochain chef d’orchestre pour le Nouvel An. C'est Riccardo Muti, pour la sixième fois.

Peter Eötvös célèbre aujourd'hui son 80e anniversaire

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Compositeur et chef d’orchestre, l’un des principaux interprètes du répertoire contemporain, Péter Eötvös est né en Transylvanie et revendique son appartenance à la culture musicale hongroise, restant très attaché en particulier à l’art de Bartók, Kodaly, Kurtág et Ligeti. Il destinera certaines de ses pièces à des instruments hongrois comme Psychokosmos, pour cymbalum solo et orchestre traditionel (1993).

Rappel pour les plus jeunes :

Diplômé de l’Académie de musique de Budapest, il poursuit ses études musicales en Allemagne, à la Hochschule für Musik de Cologne. Il rencontre Karlheinz Stockhausen et, entre 1968 et 1976, il se produit avec son ensemble et participe aux activités du studio de musique électronique de la Westdeutscher Rundfunk de Cologne.

En 1978, sur l’invitation de Pierre Boulez, il dirige le concert inaugural de l’Ircam. À la suite de cette expérience, il est nommé directeur musical de l’Ensemble intercontemporain avec lequel il crée Chinese Opera (1986). Il reste à la tête de l’ensemble jusqu’en 1991.

Depuis ses débuts comme chef d’orchestre au Proms de Londres, il s’y rend souvent : il est le principal chef du BBC Symphony Orchestra de 1985 à 1988. Il est ensuite nommé à la tête de lOorchestre du Festival de Budapest de 1992 à 1995 puis de l’Orchestre Philharmonique national de Budapest de 1998 à 2001, de l’Orchestre de Chambre de la radio de Hilversum (Pays-bas) de 1994 à 2005, de l’Orchestre Symphonique de la radio de Stuttgart de 2003 à 2005, et de l'Orchestre Symphonique de Göteborg en 2003.

Par ailleurs, il est souvent invité à diriger de prestigieux ensemble tels que l’Orchestre Philharmonique de Berlin, celui de Munich, à Paris, celui de Radio France, le London Sinfonietta, le Netherlands Radio Philharmonic, le Royal Concertgebouw Orchestra, l’Orchestre de la Suisse Romande ainsi que le Los Angeles Philharmonic et le New Japan Philharmonic Orchestra. Il est invité à La Scala, au Royal Opera House Covent Garde, à La Monnaie, au Festival Opera Glyndebourne, au théâtre du Châtelet.

En 1991, il fonde l'International Eötvös Institute and Foundation pour les jeunes chefs d’orchestre et compositeurs. De 1992 à 1998, il est professeur à la Hochschule für Musik à Karlsruhe. Il quitte cet institution pour enseigner à la Hochschule für Musik de Cologne de 1992 à 1998, avant d’y revenir en 2002.

Parallèlement à son importante carrière de chef d’orchestre et à son activité de pédagogue, Péter Eötvös compose de nombreuses pièces, aussi bien marquées par son expérience dans le studio de Stockhausen -Cricketmusic (1970), Elektrochronik, (1974)- et par son travail au côté de Boulez, que par d’autres influences comme celle du jazz : Music for New York : improvisation pour saxophone soprano et percussion avec bande (1971), de Frank Zappa - Psalm 151, In memoriam Frank Zappa (1993).

Son œuvre est marquée dès le début de sa carrière par le cinéma et le théâtre auquel il destine ses premières compositions. Son expérience dans ce domaine se répercute sur la structure de ses grandes pièces orchestrales comme ZeroPoints (1999), ainsi que dans ses opéras Three sisters (1997-1998), Le Balcon (2001-2002), Angels in America (2002-2004), Lady Sarashina (2007), Die Tragödie des Teufels (2009).

Rolf Liebermann, 25 ans

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Le musicien suisse, compositeur, chef d'orchestre, metteur en scène et producteur Rolf Liebermann est né à Zurich le  et mort à Paris le 

Il étudie le droit à l'Université de Zurich et la musique en conservatoire privé avec José Berr (1929-1933).

Il est à l'occasion saxophoniste dans un orchestre de jazz et chante dans des cabarets ; sa rencontre avec la chanteuse allemande Lale Andersen inspira Rainer Werner Fassbinder pour son film "Lili Marleen".

Il perfectionne sa direction d’orchestre auprès d’Hermann Scherchen dont il devient l'assistant à Vienne et Budapest, jusqu’en 1938. En 1940 il travaille avec Wladimir Vogel.
Après la Guerre, il est producteur à Radio Zürich (1945-1950), directeur artistique de l’Orchestre de la Radio suisse alémanique à Zurich (1950-1957), directeur de orchestre de Norddeutscher Rundfunk (NDR, Radio de l'Allemagne du Nord) de Hambourg 1957-1959)
En 1959, il devient l'intendant à l’Opéra d'État de Hambourg. Il le quittera en 1972 après en avoir fait la première scène lyrique du monde sur le plan de la création et du répertoire contemporain.

En 1973, Marcel Landowski et Hugues Gall, à la demande de Jacques Duhamel, alors ministre de la Culture, le convainquent de prendre la tête de la Réunion des théâtres lyriques nationaux. Toutefois, sous prétexte que seul un Français peut devenir administrateur général, les statuts de la RTLN sont modifiés et Rolf Liebermann est seulement nommé « administrateur de l'Opéra ».
La troupe permanente n'ayant pas été renouvelée, il attire les voix, les chefs et les metteurs en scène internationaux. Le public peut ainsi écouter Teresa Berganza, Plácido Domingo, Ruggero Raimondi, Birgit Nilsson, Luciano Pavarotti, Kiri Te Kanawa, Frederica von Stade, Mirella Freni, Piero Cappuccilli, Jon Vickers, Margaret Price pour les chanteurs et Karl Böhm, Georg Solti, Lorin Maazel, Seiji Ozawa, Claudio Abbado pour les chefs d'orchestre. C'est aussi sous son règne que l'opéra a vu se renouveler la pratique du ballet et a accueilli de grands noms comme Vaslav Nijinski (L'Après-midi d'un faune) ou Marius Petipa (La Belle au bois dormant).
Rolf Liebermann a aussi su faire une place à la création contemporaine en ouvrant les portes du Palais Garnier à de prestigieux créateurs comme Roland Petit, Maurice Béjart ou Carolyn Carlson.

Rolf Liebermann, souvent accusé de francophobie par les employés et les chanteurs, doit faire face à de nombreuses difficultés, y compris une grève le jour de la visite du Président Valéry Giscard d'Estaing, essentiellement parce qu'il a tué le vivier du chant français en dissolvant la troupe mais aussi parce que les chanteurs étrangers étaient payés trois fois plus cher que leurs homologues français (le baryton Robert Massard parle de son cachet de 8000 francs tandis qu'un baryton italien touchait 24 000 francs). Il entre en conflit avec Jean Salusse, président du conseil d'administration, qui finit par se suicider en juillet 1977.
Il est également mis en cause par un rapport de l'Inspection générale des finances, organisé par François Bloch-Lainé.

Le , la Réunion des théâtres lyriques nationaux est dissoute et Rolf Liebermann reçoit le titre d'administrateur général du Théâtre national de l'Opéra de Paris. Il y reste jusqu'à la fin de 1980.
Durant cette période furent montés au palais Garnier et à la Salle Favart, plus de cinquante spectacles différents, aux mises en scènes souvent novatrices contestées, avec des distributions éblouissantes.
Parmi les spectacles les plus marquants : Les Noces de Figaro mises en scène par Giorgio Strehler (), Boris Godounov mis en scène par Joseph Losey (), la création mondiale de la version en 3 actes de Lulu d’Alban Berg sous la direction de Pierre Boulez, mise en scène par Patrice Chéreau (), La Bohème mise en scène par Gian Carlo Menotti, le Faust de Gounod et Pelléas et Mélisande mis en scène par Jorge Lavelli, Les Contes d'Hoffmann mis en scène par Patrice Chéreau.

En 1985, il est rappelé à l’Opéra de Hambourg où il reste jusqu’en 1988.

 

Friedrich Wilhelm Jähns, 215 ans

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Friedrich Wilhelm Jähns (Berlin,  – ) est un musicologue prussien, professeur de chant et compositeur.

Jähns a étudié le chant avec Grell. Il rejoint dans sa jeunesse une scène privée à Berlin et veut faire carrière au théâtre, mais plus tard, il se consacre à des cours de chant. Il connait une grande réussite en tant que professeur de chant, formant plus de 900 élèves, dont la princesse Louise de Prusse. De 1828 à 1838, il chante au sein de l'Académie de chant de Berlin (Sing-Akademie zu Berlin). Comme chef, il donne de nombreux concerts avec le chœur qu'il fonde 1845 et qu'il dirige jusqu'en 1870. En 1881, il est nommé assistant de rhétorique au Conservatoire de Scharwenka.

En même temps, il est actif dans presque tous les domaines de la composition et en particulier ses œuvres vocales recoivent de la part du public un accueil très favorable. Il compose une Grand sonate pour violon et piano, un trio avec piano, des Schottische Lieder.

Friedrich Wilhelm Jähns est surtout connu pour son catalogue thématique des œuvres de Carl Maria von Weber, publié à Berlin en 1871. Les numéros du catalogue sont indiqués en étant précédés par un "J.". Il écrit aussi une biographie de Weber intitulée "Carl Maria von Weber: eine Lebensskizze nach authentischen Quellen" (Leipzig 1873).

Jähns collectionne tous les documents disponibles sur la vie et l'œuvre de Weber, soit trois cents lettres autographes et autres brochures, premières éditions, etc. Sa bibliothèque est acquise en 1883 par la Bibliothèque royale de Berlin.

Nannette Streicher, 255 ans

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Nannette Streicher, née Anna-Maria Stein le  à Augsbourg, décédée le  à Vienne, est une factrice de pianos et pianiste germano-autrichienne.

Elle est le sixième enfant de Johann Andreas Stein (1728-1792), facteur d'orgues et de pianos à Augsburg, et de sa femme Maria Regina Stein, née Burkhart. À un âge précoce, elle reçoit des leçons de piano de son père, ami d'Ignaz von Beecke.
Nannette Stein fait ses débuts dans un salon aristocratique d'Augsbourg en , à l'âge de sept ans, avec un concerto pour piano. En 1777, à Vienne, elle exécute un morceau devant Mozart, qui lui trouve beaucoup de talent mais se moque de ses mimiques.
Parallèlement à son éducation musicale, son père lui enseigne, comme il le fait pour ses fils, les bases du métier de facteur de pianos2. À la mort de Johann Stein, elle reprend l'entreprise avec ses frères.

En 1793 ou 1794, elle épouse le musicien Johann Andreas Streicher (1761-1833) et s'installe avec lui à Vienne. Elle déplace l'entreprise paternelle d'Augsbourg à Vienne et en fait transporter les pianos par radeaux. Elle est à la tête de l'entreprise, d'abord avec son jeune frère Matthäus Andreas Stein (1776–1842), et l'entreprise J.A. Stein est renommée Frère et Sœur Stein.
En 1802, le frère et la sœur se disputent et se séparent. Après que Matthäus a annoncé dans un journal local qu'il est le seul héritier légitime de l'entreprise Stein, sa sœur renomme son entreprise en Streicher née Stein. Épaulée par son mari puis son fils Johann Baptist (1796–1871), elle réussit à faire de l'entreprise l'un des plus importants fabricants de pianos de la capitale, produisant entre cinquante et soixante pianos à queue par année. Beethoven et Goethe sont amis et clients du couple Streicher. Plus tard, des pianistes tels que Clara Schumann et Johannes Brahms choisiront aussi un piano Streicher.

Nannette Streicher et son frère Matthaüs contribuent à la vie musicale de Vienne non seulement comme facteurs de pianos mais aussi en organisant des concerts dans leur salon de piano qui pouvait accueillir environ trois cents personnes, et qui offrait aux jeunes artistes des occasions de se produire.

Johann Baptist Streicher devient seul propriétaire de la fabrique en 1833. L'entreprise dépose de nombreux brevets sous sa direction et acquiert une réputation mondiale. Emil, son fils, vend l'entreprise aux frères Stingl en 1896.
Nannette Streicher et son mari meurent la même année et sont enterrés au Cimetière central de Vienne où leur tombe commune fait face à celle de Beethoven.

Pianiste accomplie, factrice connue installée dans la capitale autrichienne, Nannette Streicher est en contact avec de nombreuses grandes personnalités musicales de Vienne et joue dans des cercles privés pour les amateurs de musique et les visiteurs, parfois avec sa fille Sophie (1797-1840), elle aussi pianiste douée.

Beethoven la rencontre à Augbourg en 1787, à son retour de Vienne où il était allé jouer pour Mozart et il la retrouve après son installation à Vienne.

La place de Nannette Streicher dans la vie de Beethoven a deux facettes : d'une part la musique et la facture de pianos, d'autre part l'aide qu'elle lui apporte dans la vie quotidienne.

En 1796, ayant joué sur un piano Streicher, Beethoven écrit aux Streicher que la sonorité de l'instrument est trop proche de celle de la harpe. Même après avoir acquis un piano Erard, il continue à inciter les Streicher à construire un piano mieux adapté à ses compositions. Pendant la première décennie du xixe siècle, Nannette Streicher travaille sur l'amélioration des pianos de son père et produit des instruments parmi les plus puissants de Vienne.

Elle accepte de s'occuper du ménage de Beethoven en 1817, période difficile pour le compositeur. Sa surdité a empiré, sa créativité l'a abandonné, et il est en procès pour obtenir la tutelle de son neveu Karl. Son amitié avec Beethoven est documentée dans plus de soixante lettres dans lesquelles il lui demande des conseils et de l'aide pour les questions de ménage et d'éducation de son neveu Karl. Il parle d'elle comme de « sa bonne Samaritaine ». En partie grâce à l'aide de Nannette Streicher dans la vie quotidienne, Beethoven peut se consacrer à la composition de la sonate « Hammerklavier »7. Elle en possède une ébauche manuscrite qu'elle donne au musicien et éditeur Vincent Novello en 1829. Dans la marge, Novello indique que le manuscrit lui a été offert par « Madame Streiker (sic), une des amies les plus vieilles et le plus sincères de Beethoven. ».