Le mythe de Don Giovanni

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Wolfgang Amadeus Mozart
(1756 - 1791)
Don Giovanni 
Peter Mattei (Don Giovanni), Kwangchul Youn (Il Commendatore), Anna Netrebko (Donna Anna), Giuseppe Filianoti (Don Ottavio), Barbara Frittoli (Donna Elvira), Bryn Terfel (Leporello), Stefan Kocan (Masetto), Anna Prohaska (Zerlina). Chœur et orchestre du Teatro alla Scala Milano sous la direction de Daniel Barenboim. Robert Carsen (mise-en-scène), Michael Levine (décor), Brigitte Reiffenstuel (costumes), Robert Carsen et Peter Van Praet (lumières). Patrizia Carmine (régie vidéo) - DG 00440 073 5218 - 191’

Cette production du Don Giovanni de Mozart ouvrait la saison de la Scala de Milan le 7 décembre 2011 et a été enregistrée (hymne national italien inclus). Le Teatro alla Scala lui-même est le décor de la mise en scène de Robert Carsen qui y présente le « mythe », Don Juan, personnage universel et immortel. Traversant le parterre et sautant sur la scène, Don Giovanni introduit le spectacle qui se jouera dans des décors représentant le rideau et d’autres éléments architecturaux de la salle de Piermarini, utilisés de mille manières et magistralement éclairés. Au tableau final, l’éternel séducteur -qui avait disparu dans les Enfers- réapparaît derrière les autres personnages, cigarette aux lèvres, air moqueur, les regardant disparaître à leur tour. Entretemps, il a sans cesse changé ses costumes de différentes époques (aussi avec les dames) comme pour accentuer le mythe intemporel du personnage. La mise en scène pleine de détails signifiants est parfaitement lisible et nous montre une Donna Anna plus que consentante et un Commandeur tué par accident.
Daniel Barenboim dirige d’une main assez lourde dans des tempi lents. Le son est musclé mais manque parfois de souplesse et de « giocoso ». Les scènes finales font par contre de l’effet. La distribution s’intègre parfaitement à la conception de Carsen mais elle n’est pas sans failles vocales. Peter Mattei campe un Don Giovanni insolent et sympathique et chante avec de belles nuances. Bryn Terfel est un Leporello soumis mais de caractère, parfait comédien et chanteur expressif. Anna Netrebko est une Donna Anna séduisante, tiraillée entre son attirance pour Don Giovanni et les conventions sociales, et elle maîtrise la partie vocale avec élégance. Barbara Frittoli donne à Donna Elvira séduction, tempérament et détermination et chante son désespoir d’une voix pleine d’émotion. Kwangchul Youn donne une belle autorité vocale au Commandeur. Le Don Ottavio de Giuseppe Filianoti est moins convaincant, peu mozartien et monocorde. Le couple Zerlina-Masetto souffre de la fragilité vocale et expressive d’Anna Prohaska et du chant fruste de Stefan Kocan.
Erna Metdepenninghen

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