Le temps de Monteverdi sous l'éclairage de huit CD's

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Artistes divers
2015 - 8 CD - Textes de présentation en anglais, français, allemand - Ricercar RIC107

Après l'"Europe Musicale de la Renaissance", Jérôme Lejeune se livre cette fois à la musique du premier baroque italien couvrant la période allant des Camerata florentines à l'opéra, de La Pellegrina aux derniers opéras de Cavalli au débuts des années 1670. Presqu'un siècle qui a vu naître la monodie accompagnée, l'opéra, l'oratorio, la virtuosité, la sonate, un siècle où se confondaient profane et sacré avant que ne se formalisent dans un deuxième temps ces découvertes. Deux magnifiques livres-CD's sous coffret cartonné. Le premier est consacré à un intéressant et copieux texte de près de 70 pages de la plume de Jérôme Lejeune, fondateur du label dont il est question et très éclectique dans le choix de ses interprètes. Le second présente les huit CD's illustrant le propos que l'auteur centre sur l'idée qu'il n'y a pas qu'un seul baroque -rappelons que l'origine du terme revient  à la notion de perle irrégulière selon une dénomination portugaise- couvrant toute une période à l'échelon européen. Son propos recouvrira ici l'Italie, lieu d'origine du "baroque" dont il propose la définition suivante : "On dira d'une musique qu'elle est 'baroque' si effectivement elle apparaît comme étant le moyen de l'expression exacerbée des sentiments grâce à des artifices très théâtraux, à l'usage d'une virtuosité démonstrative et d'effets de spatialisation et à l'emploi de formes très libres qui donnent l'impression que l'expression peut l'emporter sur le formalisme, tels ces effets des sculpteurs, des peintres et des architectes qui semblent se moquer des règles les plus élémentaires de stabilité ou de résistance des matériaux".
Redéfinir le baroque en quelque sorte et en différencier les étapes comme on l'a fait pour la peinture d'une époque un peu antérieure, les courants en musique étant toujours un peu postérieurs à ceux des arts plastiques. Raffaello n'est pas Veronese qui n'est pas da Caravaggio qui n'est pas Bernini... Caccini n'est pas Monteverdi qui n'est pas Mazzoni qui n'est pas Cavalli... Et l'Italie n'est pas l'Allemagne ou l'Angleterre.
Un texte qui pose des questions et réinterroge des certitudes, dans un langage accessible doublé du propos d'un musicologue au coeur de la situation lorsqu'il procède à des enregistrements qui l'obligent à être sensible à l'organologie de l'époque, aux lacunes de certaines partitions et à la faisabilité de ses projets. Les interprètes sont repris à la fois de son catalogue et des meilleurs représentants de divers labels. Un petit bémol vient un peu ternir ce formidable travail : le parcours "pédagogique" eut été facilité par les indications, dans le texte, des repères discographiques des diverses oeuvres présentées.
Bernadette Beyne

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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