Les deux versions du Concerto de Sibelius chez Breitkopf

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Année Sibelius oblige. La maison Breitkopf & Härtel propose l'édition complète de l'oeuvre de Sibelius -y compris les premières versions et les remaniements- en 9 volumes cartonnés d'excellente facture. Le deuxième volume est particulièrement intéressant dans la mesure où il propose les deux versions du Concerto pour violon du compositeur. Bien que violoniste lui-même, Sibelius n'a composé qu'un concerto pour son instrument qu'il abandonna d'ailleurs, jugeant qu'"il s'y était pris trop tard". On retrouve toutefois dans son oeuvre d'autres pièces pour l'instrument : deux sonates, deux suites, une sonatine, diverses pièces réunies en suite, deux sérénades et six humoresques pour violon et orchestre. Mais "le" concerto pour violon reste une de ses pièces maîtresses pour instrument soliste et orchestre. Il en réalisa d'abord une version pour violon et piano proposée dans un autre volume de l'édition Breitkopf. Si la première version de ce qui deviendra plus tard son opus 47 fut créée en 1904, l'idée germait cependant dès 1899 comme en témoignent des esquisses retrouvées et des idées que l'on retrouve dans d'autres oeuvres composées aux mêmes époques dont la 2e Symphonie, La fille de Pohjola,  Cassazione (créée d'ailleurs le même jour que le concerto), et d'autres pièces encore. La version préliminaire pour violon et piano fut terminée à l'automne 1903. L'introduction et les commentaires critiques de Timo Virtanen ainsi que les facsimiles sont évidemment abondants dans ce volume qui propose la version 1903/04 du concerto et sa version revue de 1905, celle des salles de concert aujourd'hui. On connaît la version 1904/04 par l'enregistrement paru chez BIS lors de sa monumentale intégrale de l'oeuvre du compositeur finlandais. Outre des aspects purement formels, la revision de 1905 va dans le sens d'une réduction de la virtuosité pure et d'une consolidation de l'assise orchestrale. C'est le premier mouvement qui fut le plus revisité, le second restant presqu'inchangé et le troisième faisant essentiellement l'objet d'une vaste coupure. La version définitive, celle de 1905, fut créée à Berlin par le violoniste Carl Halin, Richard Strauss tenant la baguette et, conscient de la difficulté de l'oeuvre, il avait exigé un minimum de quatre répétitions avant le grand moment de la création. Une édition qui donne du pain sur la planche à tout amateur de Sibelius et qui, pour la première fois, permet d'autant plus apprécier le concerto que l'on a pénétré les méandres de son élaboration.
Bernadette Beyne
2014, Breitkopf & Härtel, Wiesbaden - ISMN 979-0-004-80324-0

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