L’œuvre pour deux clavecins de Bach

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerti en do mineur BWV 1060, en do majeur BWV 1061, en do mineur BWV 1062 – Suite orchestrale n°1 en do majeur BWV 1066 (arr. pour deux clavecins : Masato Suzuki)
Masaaki et Masato Suzuki, clavecins – Bach Collegium Japan
2014-71’08’’-SACD-Textes de présentation en anglais, allemand et français-BIS 2051

Bach écrit ses trois Concerti pour deux clavecins vers 1736, période où il officie en tant que compositeur royal à la cour de Dresde. Les compositions pour orchestre de Bach démontraient souvent les qualités virtuoses des artistes. Si la partition autographe du Concerto en do mineur BWV 1060 manque à l’appel, il nous reste aujourd’hui les parties séparées d’un élève de Bach, J.C. Altnickol permettant sa reconstitution. De caractère italien,  excellent rapport entre le soliste et l’orchestre. Les clavecins y sont librement expressifs et complémentaires. Technique de pizz remarquable pour le second mouvement, accompagnant deux clavecins en dialogue dans une dynamique proche de la nature. Une dernière ritournelle brillante et virtuose s’empare du dernier mouvement avec énergie. Le Concerto en do majeur BWV 1061 pose les mêmes soucis pour la partition autographe dont la plus ancienne date de Johann Christian Bach. Phrases amples aux larges intervalles pour le premier mouvement où l’accompagnement agit en tant que pôle harmonique. Un second mouvement davantage intime aux ornementations fines et délicates sans accompagnement dans polyphonie riche à quatre voix. Le dernier mouvement reprend toute la verve du premier avec un motif de fugue développé tout au long du mouvement. De retour en do mineur, le Concerto BWV 1062 est enfin tiré d’une partition autographe révisée de Bach. Concerto virtuose, il développe une activité mélodique en doubles croches complexe avec un accompagnement plus riche que la version pour double violons et cordes. Bach, après ses révisions, y place volontiers des signes et dynamiques précis : piano, pianissimo… Fluidité rare pour le second mouvement dans une métrique souple. Les grandes lignes mélodiques laissent place à un dernier mouvement agité où l’orchestre prend plus de place.
Enfin, l’arrangement pour deux clavecins de Masato Suzuki de la Suite orchestrale n°1 en do majeur provient également de parties séparées. Divers arrangements existent aujourd’hui mais la version de Suzuki tente de développer ce qu’aurait pu écrire Bach lui même et le résultat est bluffant de réalité.
Sans surprise, Masaaki et Masato Suzuki offrent une lecture éclairée de ces quatre œuvres, sans aucune lourdeur. Tempi judicieusement choisis ne manquant pas de contrastes. Discours sincère et résolument assumé. Le Bach Collegium Japan accompagne les deux artistes avec finesse et attention où chaque note comporte son lot de dynamiques. Mais c’est davantage la Suite n°1 arrangée pour deux clavecins qui impressionne l’auditeur. Les deux artistes y déploient leur capacité à construire un dialogue et une forme musicale sans que l’ennuie s’y aventure. Voilà un enregistrement réussi remettant à l’honneur des œuvres souvent malmenées.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 9 – Interprétation 10

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