Marc Bouchkov, lauréat du Concours Tchaïkovski de Moscou 

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Notre compatriote Marc Bouchkov vient de remporter le second prix au prestigieux Concours Tchaïkovski de Moscou. Professeur au Conservatoire royal de Liège, ce brillant violoniste ne cesse de s’affirmer par un parcours sans faute.  

Toutes nos félicitations ! La première question est assez peu originale : comment vous sentez-vous après cette deuxième place au Concours Tchaikovski ? 

Merci beaucoup ! Je suis incroyablement fier d’avoir pu surmonter les étapes de cette énorme épreuve, et surtout d’avoir décidé de me préparer sérieusement pour ce défi depuis quelque temps maintenant ! 

 Le concours Tchaïkovski est l’un des très grands concours mondiaux. Comment avez-vous ressenti les attentes du public moscovite et mondial, car le concours est diffusé sur tous les continents par le biais d’Internet ? 

Je dois dire que j’étais absolument impressionné par le public moscovite ! Il me saluait et me remerciait de la façon la plus chaleureuse qui soit... J’étais touché jusqu’aux larmes de voir les jeunes de tous âges venir m’écouter et venir me parler de musique après. C’était une expérience inoubliable. La même chose se passait sur internet, tellement de gens se sont intéressés au concours et m’ont communiqué leur sympathie en me supportant ! Des amis, des collègues, mais aussi des inconnus ! C’était incroyable !

 Vous êtes lauréat d'autres concours prestigieux comme le Concours de Montréal ou le Concours Reine Elisabeth. Qu’est-ce que le Concours Tchaïkovski apporte en plus ? 

Ma participation aux deux autres concours remonte à 6 et 7 ans. J’espère que j’ai évolué depuis, dans mon jeu et dans ma perception de la musique en général. C’est pourquoi, j’ai voulu travailler sur la base technique requise pour pouvoir continuer d’évoluer musicalement sans rien perdre en qualité. 

Pour cela, une préparation assidue -voire acharnée- à un événement comme celui-là est fondamentale. 

Suite logique de la précédente question, est-ce qu’il y a une manière particulière de se préparer à ce concours ? 

Oui, mais la méthode est propre à chaque individu. En ce qui me concerne, j’ai depuis l’année dernière la chance de travailler avec mon professeur Eduard Wulfson. Il est de loin le meilleur support physique et moral, coach et ami qu’on puisse avoir en tant que jeune musicien ! Confiance absolue, honnêteté, pas de contrôle ou de manipulation, c’est un climat sain et serein où toute l’énergie se focalise seulement sur la personnalité et sur la musique. 

 Comment gère-t-on la pression et le stress lors de telles épreuves ? 

 Je suis la mauvaise personne à qui poser cette question ! Je n’ai pas géré le stress... Je passais mes nuits à tourner les pièces dans ma tête, car je n’arrivais pas à dormir. Le jour, je passais entre 6-10 heures au violon. Et puis c’est tout...

Vous êtes professeur au Conservatoire royal de Liège. Comment transmettez-vous votre expérience de concours à vos étudiants ? 

Nous nous écrivions un peu pendant le concours ; mais le principal pour moi, c’est qu’on ne doit pas oublier pourquoi on fait ce métier ! Ce n’est pas pour gagner ou pour perdre. On fait de la musique ! Même aux concours ! On arrive sur scène, et même si le jury est une catégorie de public très particulière, il est un public qui mérite qu’on lui donne tout ce qu’on a sur le cœur. Qu’on leur expose nos plus grands atouts, et qu’on leur expose notre plus grande intimité. Une fois qu’on a l’instrument dans les mains, on doit devenir la version absolue de nous-même.

Sauf erreur, le premier concours que vous avez remporté est le Concours Koch de Liège. Est-ce que vous y avez repensé en recevant votre prix ? 

 J’y repense de temps en temps, et je regrette que le concours n’existe plus car j’aurais bien aimé y envoyer les élèves ! Mais maintenant il y a le « nouveau » Concours Ysaye où je pourrai peut-être les envoyer. 

Vous êtes né à Montpellier, vous êtes belge et vous enseignez ici en Belgique. Est-ce qu’il existe encore pour vous une école française ou belge de violon ? 

 J’aime beaucoup ce genre de question mais mes honorables collègues de Liège vous en diront certainement plus que moi ! Pour ma part, au niveau purement de la « technique », je ne pense pas qu’il y ait lieu de parler, maintenant, d’école française ou belge… Beaucoup de professeurs ont voyagé, ils ont rencontré de grands maîtres un peu partout dans le monde au cours de leur vie et ils ont transmis tout cela aux générations suivantes, créant un monde très ambivalent par rapport aux différentes « écoles » de violon. Il est devenu très facile de s’informer de nos jours. Grâce à internet, on ne doit plus (malheureusement) passer des heures et des heures à chercher des textes. Il n’est plus nécessaire non plus de passer des heures et des heures à voyager pour aller écouter nos artistes favoris, les plateformes de streaming sont disponibles sur le net. Chacun peut découvrir les styles de jeu différents et être très ouvert d’esprit. Aujourd’hui, je remarque que ce n’est plus tellement le style d’école de l’instrument qui compte mais le style d’interprétation pour chacune des œuvres des différents compositeurs. C’est pour cela d’ailleurs qu’il existe une sorte de catégorisation des artistes en fonction du genre de musique qu’ils jouent.

Après le Concours Tchaïkovski, quels sont vos prochains défis ?  

Je suis en train d’enchaîner les festivals ! Le prochain, c’est le Verbier Festival qui débute dans quelque jours. C’est un grand défi, il faut garder la même qualité et le même niveau après le concours... Pour moi-même et pour tous les gens qui viennent m’écouter ! Mais c’est aussi agréable de ne plus être « officiellement » jugé. Mais on ne ferait pas ce métier si on avait peur de l’avis des autres.

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Crédits photographiques :  Marc Bouchkov / Roa

Propos recueillis par Pierre-Jean Tribot 

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