Marie-Nicole Lemieux, Wagner sur le rocher

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Marie-Nicole Lemieux est cette année l' "Artiste en résidence" de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Pour le concert d'ouverture de la saison au mois de septembre dernier, elle nous avait séduit dans les Sea Pictures d'Edward Elgar.
Pour le premier concert de 2020, Marie-Nicole Lemieux revient avec les Wesendonck Lieder de Richard Wagner. Superbement entourée, la contralto canadienne a enchanté le public par la rondeur et le moelleux de sa voix de soliste répondant aux splendeurs orchestrales sous la baguette du Maestro Eliahu Inbal.

Wagner a composé ces lieder en hommage à Mathilde Wesendonck, l'épouse de son mécène Théo Wesendonck. Le cycle est écrit sur les poèmes de Mathilde. Wagner eut une passion pour Mathilde ; ce fut l'unique fois qu'il accepta de composer sur des textes dont il n'était pas l'auteur, simplement pour avoir l'alibi de la voir régulièrement. La situation et leur attirance réciproque ont certainement contribué à l'intensité du premier acte de la Walkyrie -que Wagner composait à l'époque- et à la conception d'une œuvre inspirée des légendes de Tristan et Iseult. Comme Wagner était un être de puissance, personne ne pouvait lui résister : s'il avait envie de quelque chose, il le prenait, sans trop de scrupules. Cette œuvre accompagne la mezzo canadienne depuis son triomphe en mai 2000 au Concours Reine Elisabeth, quand elle avait  conquis le public avec deux extraits, Schmerzen et Träume. Tous ceux qui étaient présents s'en souviennent, même 20 ans plus tard ! Depuis, elle les a enregistrés et le cycle reste l’un des piliers de son répertoire où elle reste actuellement presque indépassable.

En seconde partie, Eliahu Inbal, fidèle invité de l’OPMC, affronte la rare Sinfonia Domestica de Richard Strauss.  C'est une oeuvre autobiographique, vingt-quatre heures de sa vie familiale avec sa femme Pauline et son fils Franz, avec ses moments de tendresse et de disputes. Sa rareté au concert s’explique par son imposante nomenclature orchestrale : 4 saxophones, 4 bassons, 8 cors, 4 trompettes,  3 trombones, et vaste percussions, en plus de l'ensemble orchestral habituel. Dès lors, en dépit des grandes qualités du chef, de son expérience dans ce type de fresque orchestrale et du panacle de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, on se sent un peu envahi par cette masse sonore.

Monte Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 janvier 2020

Crédits photographiques : Jirka Jansch

Carlo Schreiber

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