Le briefing classique de la semaine

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Une semaine d'actualité sur la planète classique. Cette semaine, malgré la trève pascale a été riche en rebondissements, confirmant une dynamique où les nominations et les concours révélateurs dessinent le futur du classique. Mais attention, derrière les paillettes, des défis financiers et des controverses institutionnelles agitent les coulisses, prouvant que même l'art a ses zones de turbulence. Une chose est sûre : l'industrie cherche (encore et toujours) activement à rajeunir son public et à innover.

Mouvements de Carrière et Nominations : Le Grand Jeu des Chaises Musicales

Le début avril, c'est le "mercato des talents" ! Les postes changent de mains, et les annonces pleuvent. La violoncelliste et cheffe d'orchestre coréenne Han-na Chang prend les rênes du Seoul Arts Center pour trois ans, une nomination qui fait grand bruit. En Europe, l'Opéra de Hanovre accueille Francesco Angelico comme nouveau Generalmusikdirektor dès 2026/2027, succédant à Stephan Zilias.

Outre-Atlantique, le tout nouveau Fort Myers Philharmonic, né des cendres du Southwest Florida Symphony, confie sa direction à Paul Nadler, tandis qu'Alain Trudel prolonge son aventure au Toledo Symphony jusqu'en 2029. Des institutions comme la Manhattan School of Music et le Bravo! Vail Music Festival affûtent leurs stratégies avec de nouvelles directions. Et n'oublions pas la BBC qui met en lumière sa promotion 2026 des New Generation Artists, ces jeunes pousses qui feront vibrer nos scènes demain.

Une semaine en musique, 4 albums à embarquer et 1 à éviter

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Une nouvelle série d'albums pour passer la semaine en bonne compagnie (ou pas cette fois) !

Handel : Theodora. Artistes : George Frideric Handel, Millenium Orchestra, Chœur De Chambre De Namur, Leonardo García-Alarcón, Andreas Wolf, Christopher Lowrey, Matthew Newlin, Sophie Junker, Dara Savinova, Frederico Projecto Label : Ricercar

Une nouvelle étape majeure de la discographie de Leonardo García-Alarcón. Avec le Millenium Orchestra et le Chœur de Chambre de Namur, ainsi qu’une distribution vocale de premier plan, cette interprétation promet de révéler toute la profondeur dramatique et la sublime beauté de cette œuvre rare. Un événement majeur, qui complète le cycle Handel de notre cher Leonardo García-Alarcón.

Mozart : Symphonie n°. 41 “Jupiter” - Haydn: Symphonie n° 104 “London”. Artistes : Ottavio Dantone, Accademia Bizantina Label : Accademia Bizantina

Accademia Bizantina, sous la direction inspirée d’Ottavio Dantone, nous convie à revisiter ces deux sommets du répertoire symphonique que sont les ultimes chefs-d’œuvre de Mozart et Haydn. Leur interprétation promet de révéler, avec une vitalité renouvelée, la grandeur solaire de la “Jupiter” et l’éclat majestueux de la “London”. Une rencontre au sommet entre deux génies, magnifiée par l’approche historiquement informée de cet ensemble d’exception. ça décape sec !

Le retour de Lucas Debargue à Angers

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Toujours chaleureux, le public d’Angers a salué le retour de Lucas Debargue avec une chaleur exceptionnelle au Centre de Congrès en ce dimanche de Pâques. Invité régulier de l’ONPL, comme de Pianopolis où il s’est produit lors d’un mémorable concert à deux pianos avec son ami Alexandre Kantorow directeur du festival, Lucas Debargue a donné une version ébouriffante du Concerto N° 2 de Sergueï Rachmaninov porté par un ONPL incandescent sous la direction véhémente et passionnée de la cheffe d’orchestre américano-taïwanaise Mei-Ann Chen, directrice musicale du Sinfonietta de Chicago. Sa manière d’empoigner littéralement l’orchestre en le sollicitant au maximum était assez spectaculaire, avec sa manière de creuser le registre des cordes dans sa profondeur et avec une prédominance des cuivres particulièrement exposés dans les deux œuvres du programme, comme si la cheffe voulait atteindre la légendaire puissance des orchestre américains.

Cet écrin symphonique rutilant était presque en porte-à-faux avec la conception d’un Lucas Debargue jamais outrancier dans son interprétation exempte de toute boursouflure. Parfois submergé malgré lui par la déferlante orchestrale, le pianiste français était particulièrement expressif dans le splendide adagio sostenuto grâce à un toucher varié, prenant soin de dialoguer avec les solistes de l’orchestre avant de se lancer à corps perdu dans un finale fracassant. Il faut dire que Lucas Debargue est particulièrement à l’aise avec l’âme russe que lui a transmise sa professeure Rena Shereshevskaya sous la férule de laquelle il a remporté un prix très médiatisé du Concours Tchaïkovsky en 2015, devenant le protégé de Valery Gergiev avant les évènements de l’invasion de l’Ukraine. Il poursuit aujourd’hui une carrière internationale avec un agenda très chargé.

Après avoir remercié le public par un vigoureux thank you qui a fait rire la salle et lui-même, Lucas Debargue s’est lancé dans une improvisation mêlant habilement sa technique pianistique et ses élans du cœur avec un soupçon d’humour.

Haendel : flagrante Résurrection pour les trente ans du Festspielorchester de sa ville natale

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : La Resurrezione, oratorio HWV 47. Carine Tinney (L’Ange), Francesca Lombardi Mazzulli (Marie Madeleine), soprano. Rafał Tomkiewicz (Marie de Clopas), contreténor. Youn-Seong Shim (Saint Jean L’Évangéliste), ténor. David Oštrek (Lucifer), basse. Händelfestspielorchester Halle, Attilio Cremonesi. Livret en anglais avec synopsis mais sans les paroles. Mars 2023. Deux CD 61’20’’ + 45’31’’. Naxos 8.574624-25

Aix-en-Provence, Festival de Pâques : l’incroyable diversité de la musique ancienne

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Les tendances actuelles de l’interprétation historiquement informée actuelle montrent une grande diversité comme l’attestent les trois concerts de cette treizième édition. Au fil des générations, le niveau d’excellence des intervenants atteint de nouveaux sommets tandis que la finesse des analyses des interprétations proposées nous entraine vers des horizons nouveaux où bonheurs et surprises s’enchevêtrent dans un kaléidoscope surprenant où le temps fera sans doute son tri. Les grands anciens demeurent dans la fierté de leurs conceptions accomplies, les plus jeunes osent des voies nouvelles qui bousculent les habitudes là où d’autres intervenants ouvrent des portes vers des répertoires méconnus. On retrouve ces trois tendances dans les trois concerts de cette semaine pascale.

Savall célèbre la Passion en compagnie de Haydn et Beethoven

Tout commence avec un grand ancien : à 84 ans, Jordi Savall pourrait occuper un rôle de commandeur, il préfère rester un pur produit de l’art des Lumières. Au fil des années, il a su forger une image de référence faite de clarté, d’engagement et de précision qu’il applique avec la même constance à tous les répertoires. Un certain sens du grandiose servi par une fluidité du discours, qui ouvrage délicatement le rendu instrumental tout en lui insufflant une énergie cohérente mais maîtrisée et en rendant aux parties chantées leur réelle pertinence. Avec des résultats divers selon les musiques abordées.
Ce fut le cas mercredi soir avec des pages de Beethoven et Haydn, retraçant les événements de la Passion dans leur chronologie : le Mont des Oliviers pour le premier, le Golgotha pour le second. Quand il écrit son oratorio Le Christ au mont des Oliviers en 1801 (il fut créé deux ans plus tard), Beethoven est installé et reconnu à Vienne depuis 9 ans (sa première symphonie vient d’être créée). Il a déjà composé des cantates de circonstance dans sa jeunesse à Bonn mais c’est la première fois qu’il aborde une page d’envergure. Il le fait avec une certaine naïveté et, surtout, un sens dramatique évident qui implique un engagement quasi théâtral des solistes, et en particulier d’un Christ qui évoque déjà le Florestan de Fidelio. Savall inscrit l’œuvre dans un esprit très 18e siècle et ainsi mise à nu, la partition dévoile un peu trop ses aspects anecdotiques que gomment des interprétations plus tourmentées comme celle, au disque, de Barenboïm.

Les espaces frottés d’archets de Márton Illés

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Bowed Spaces. Márton Illés (°1975) : Vont-tér pour violon et orchestre de chambre ; skEtch 1 à 3 pour violon et électronique ; Rajzok I pour orchestre à cordes ; Sírt-tér pour violoncelle et orchestre de chambre. Patricia Kopatchinskaja, violon ; Nicolas Altstaedt, violoncelle ; Münchener Kammerorchester, direction Clemens Schuldt et Bas Wiegers ; SWR Experimentalstudio. 2021 à 2024. Notice en allemand, en anglais et en français. 76’ 33’’. Alpha 1221.

Guy Sacre au disque et en partition

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Guy Sacre (1948) : Treize Impromptus pour piano, Durand, ISMN 979 0 04409 648 0

Guy Sacre (1948) : Dernières Chansons enfantines, Sonatine d'hiver, Sonatine de printemps, Sonatine d'été, Sonatine d'automne, Treize Impromptus. Billy Eidi, piano. 2022. Livret en français et anglais. 71'17". Le Palais des dégustateurs. PDD028

A l’OSR, le retour de Neeme Järvi pour Ein Deutsches Requiem d’une intense ferveur

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Au cours de la Semaine Sainte précédant Pâques, l’Orchestre de la Suisse Romande, revenant de sa tournée européenne, a la judicieuse idée de présenter, pour deux concerts à Genève, le chef-d’œuvre choral de Brahms, Ein Deutsches Requiem op.45, composé entre 1865 et 1868. S’écartant de la structure d’un Requiem selon la tradition liturgique catholique, l’œuvre tient de la cantate protestante sur des paroles en langue allemande que le compositeur avait empruntées à la Bible.

Pour la diriger, l’OSR fait appel à Neeme Järvi, chef estonien défiant ses quatre-vingt-huit ans, qui a été son directeur musical entre 2012 et 2015. Comme l’ouvrage est essentiellement choral, il a sollicité le concours de la Zürcher Sing-Akademie, ensemble fondé en 2011 qui s’est rapidement hissé au niveau des premiers chœurs professionnels européens et qui est actuellement placé sous la direction de Florian Helgath.

Premier volume d’un panorama de l’œuvre sacrée de J. D. Pucklitz

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Johann Daniel Pucklitz (1705-1774) : Messe en ré. Messe en ut. Der Herr ist in seinem heiligen Tempel. Du hast den guten Wein bisher behalten. Dein Schade ist verzweifelt böse. Erwecke dich, Herr. Herr! Hast du nicht guten Samen. Gudrun Sidonie Otto, soprano. Elvira Bill, contralto. Georg Poplutz, ténor. Thilo Dahlmann, basse. Goldberg Baroque & Vocal Ensemble, direction Andrzej Mikołaj Szadejko. Septembre 2024. Livret en anglais, allemand ; texte des chants en allemand et traduction en anglais. 68’24’’. SACD multicanal. MDG 902 2373-6.