Musique en Wallonie complète son intégrale des mélodies de Joseph Jongen

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Joseph Jongen (1873-1953) : Intégrale des mélodies, volume 2. Fêtes rouges, op. 57 ; Deux mélodies de Victor Hugo ; Cinq mélodies op. 29 ; Deux mélodies de Sully Prudhomme ; Mélodies diverses. Sarah Defrise, soprano ; Craig White, piano. 2022. Notice en français, en anglais, en néerlandais et en allemand. Textes complets des mélodies, avec traduction en trois langues. 93’ 55’’. Deux CD Musique en Wallonie MEW 2306.

A Genève, un Rosenkavalier maussade 

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Pour les fêtes de fin d’année, le Grand-Théâtre de Genève affiche sept représentations du Rosenkavalier en reprenant la production que Christoph Waltz avait conçue pour l’Opéra des Flandres en 2013. Bien connu des cinéphiles pour ses rôles dans Inglourious Basterds et Django Unchained de Quentin Tarantino, cet acteur viennois de renommée mondiale se tourne sporadiquement vers l’opéra en mettant en scène Fidelio au Theater an der Wien et Falstaff à Anvers. Pour ce Rosenkavalier, il souscrit à une lecture épurée bannissant l’esthétique ‘bonbonnière rococo’ pour privilégier une direction d’acteur approfondie, ce qui lui fait dire : « Aujourd’hui, nous lisons cette histoire tout autrement ». 

Sous des éclairages tamisés conçus par Franck Evin, le décor d’Annette Murschetz consiste en un cadre de bois gris-vert qui se dédoublera pour le salon bien modeste de Herr von Faninal et pour l’auberge campagnarde, tout aussi dégarnie. Au fil de l’action, viennent s’ajouter quelques meubles comme le lit à baldaquin et le guéridon du premier acte, deux ou trois fauteuils et canapés, en reléguant en coulisse l’énorme couche qui devrait tant épouvanter la pseudo Mariandel. Les costumes de Carla Teti mêlent allègrement le XVIIIe et le XXe en donnant à Oktavian un complet-veston bleu aussi quelconque que sa tenue de groom sous un atroce ciré luisant pour une présentation de la rose que l’on minimise au plus vite. D’un déshabillé sans charme rapidement recouvert d’une étole pourpre, la Maréchale passe à une robe tulipe mauve tape-à-l’œil pour le dernier tableau. Le Baron Ochs doit se contenter d’une seule redingote brune à la Philéas Fogg, Sophie en jaune citron semble échappée des Parapluies de Cherbourg, alors que Faninal, son père, est engoncé dans un uniforme militaire.

Mozart expérimental par Harnoncourt à Salzbourg 

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Ouverture de la Flûte enchantée ; Symphonie n°34 en Ut majeur, K.338 ; Concerto pour hautbois en Ut majeur, K.314 ; Symphonie  n°35 “Haffner” en Ré majeur, K.385. Werner Herbers, hautbois ; Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, Nikolaus Harnoncourt.  Bonus : répétitions de la Symphonie n°25 en Sol mineur, K.183. Camerata Salzbourg, Nikolaus Harnoncourt. 1980 & 2006. Livret en anglais et allemand. BVE08071.

Bach sous les masques vénitiens, par un touchant Justin Taylor sur le clavecin d’Assas

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Bach & L’Italie. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Fantaisie chromatique, BWV 903 ; Concerto italien en fa majeur BWV 971 ; Toccata en mi mineur BWV 914 ; Andante [Concerto en si mineur BWV 979] ; Largo [Concerto en sol majeur BWV 973] ; Concertos en ré majeur, en ré mineur, en fa majeur BWV 972, 974, 978 ; Largo e spiccato [Concerto pour orgue en ré mineur BWV 596] ; Allegro [Concerto pour orgue en do majeur BWV 594] ; Andante [Concerto en do majeur BWV anh. 151] ; Fantaisie BWV 921. Antonio Vivaldi (1678-1741 ) : Largo [Concerto pour flûte en do majeur RV 443]. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Arpeggio ; Largo [Toccatas en ré mineur, en sol mineur]. Benedetto Marcello (1686-1739) : Adagio [Sonate VII]. Justin Taylor, clavecin. Mars 2023. Livret en français, anglais, allemand. TT 71’38. Alpha 998

Genève découvre l’envoûtante Sorcière de Camille Erlanger

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Depuis 2017, s’est créée, à Genève, l’Association Ascanio à l’initiative de Guillaume Tourniaire qui veut faire connaître des œuvres musicales injustement oubliées par le biais du concert, de la représentation scénique et l’enregistrement. Ce fut le cas en novembre de cette année-là où une collaboration s’établit entre cette Association et la Haute Ecole de Musique de Genève (HEM) afin de présenter à l’Opéra des Nations la version intégrale d’Ascanio de Camille Saint-Saëns que le chef avait méticuleusement reconstituée. Six ans plus tard, son choix se porte sur un ouvrage aussi méconnu que son auteur, La Sorcière composée par Camille Erlanger entre 1909 et 1912.

Que sait-on de ce musicien né à Paris le 24 mai 1863 et qui y mourut à l’âge de 54 ans le 24 avril 1919 ? Juif alsacien, il fut, dès 1886, élève de Léo Delibes au Conservatoire de Paris, remportant, deux ans plus tard, le premier Grand Prix de Rome devant Paul Dukas. Et c’est en Italie qu’il entreprend la composition de Saint Julien l’Hospitalier, légende lyrique qui lui vaudra un grand succès lors de sa création au Conservatoire de Paris le 26 avril 1896. Il produit ensuite douze opéras, dont Le Juif polonais donné à l’Opéra-Comique le 11 avril 1900 et présenté par Gustav Mahler à Vienne en octobre 1906, ainsi qu’Aphrodite d’après le roman de Pierre Louÿs, créée Salle Favart le 27 mars 1906 avec Mary Garden et Léon Beyle, qui lui vaudra un triomphe. 

Quant à La Sorcière, cet opéra en 4 actes et 5 tableaux est basé sur un livret d’André Sardou d’après la pièce éponyme de son père, Victorien Sardou. Sombre drame que cette action se déroulant à Tolède en 1507 où le chef des archers, Don Enrique, s’éprend éperdument de Zoraya la Mauresque accusée de sorcellerie ! Lui est amenée Joana, la fille de Padilla, le gouverneur, pourfendeur des hérétiques, qu’elle plonge dans un sommeil léthargique lui évitant d’épouser un homme qu’elle n’aime pas. Coup de théâtre ! Le futur époux est… Enrique ! Lors de la cérémonie nuptiale, Zoraya le retrouve : à l’horreur méprisante succèdent la compréhension d’obligations antérieures et le désir de fuir, contrecarré par la venue de Cardenos, agent du Saint-Office, qu’Enrique étrangle. Arrêtée et jugée par le tribunal de l’Inquisition, Zoraya accepte de mourir sur le bûcher si son amant a la vie sauve. Lorsqu’elle tire Joana de son sommeil, Padilla, son père, veut obtenir la libération de la Mauresque. Mais la foule en furie exige le supplice et Zoraya porte à ses lèvres une noix de cire empoisonnée qu’elle transmet à Enrique par un baiser. Tous deux expirent. Mais le corps de la sorcière sera brûlé.

La création du 18 décembre 1912 à l’Opéra-Comique remportera un succès notoire auprès du public par la prestation de Marthe Chenal dans le rôle-titre mais divisera la critique, sensibilisée à la virulente attaque contre le catholicisme espagnol du XVIe siècle, ployant sous le joug de l’Inquisition.

Cérémonie d’inauguration des deux nouveaux orgues de la Cathédrale de Mayence

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Mainzer Dom. Festkonzert für Weihe der neuen Domorgeln. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Praeludium & Fuge en ré majeur BWV 532. Adagio de la Sonate en trio en mi mineur BWV 528. Guy Bovet (*1942) : Doce Tangos Ecclesiasticos. Charles-Marie Widor (1844-1937) : Allegro vivace & Toccata [Symphonie no 5 en fa mineur Op. 42 no 1]. Julius Reubke (1834-1858) : Sonate sur le Psaume 94 en ut mineur. Daniel Beckmann, orgues Goll & Rieger de la Cathédrale Saint Martin de Mayence. Livret en allemand, anglais. Août 2022. TT 73’22. SACD Aeolus AE-11381

Thierry Escaich exalte fervemment le souffle de l’âme

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Thierry Escaich (1965) : Trois Motets pour 12 voix mixtes et orgue ; Évocation IV pour orgue seul ; Messe Romane pour deux chœurs et orgue. Thomas Ospital (°1990) : Improvisations. Thierry Escaich et Thomas Ospital, orgue ; Chœur de chambre Dulci Jubilo, direction Christophe Gilbert. 2023. Notice en français. 58’ 30’’. Anima Nostra AN0007.

Mozart, Schubert et Haydn au Namur Concert Hall

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Ce vendredi 8 décembre, le Namur Concert Hall a accueilli un concert consacré au répertoire sacré autrichien. Dirigés par Vahan Mardirossian, l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie et le Chœur de Chambre de Namur se sont associés pour interpréter le Salve Regina en sol mineur de Joseph Haydn, le Laudate Dominum tiré des Vêpres Solennelles de Mozart et la Messe No.4 en do majeur de Franz Schubert. 

Comme à son habitude, le Chœur de Chambre de Namur nous a livré une prestation à la hauteur de sa réputation. D’une précision chirurgicale dans chacune de leurs interventions, les choristes ont insufflé une puissance et une sensibilité cruciales pour l’interprétation de ces œuvres sacrées.

L’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie quant à lui s’est distingué par une concentration sans faille. Les musiciens, particulièrement inspirés et parfaitement dirigés par le chef arménien, ont poussé les nuances à l'extrême, allant jusqu'à des pianissimi magnifiques. La balance avec le chœur et les solistes fut parfaite d’un bout à l’autre du concert. Cette soirée doit être une référence pour cet orchestre qui n’hésite pas à inclure des jeunes étudiants de l’IMEP à chacun de ses concerts.