Le Belgian National Orchestra sous la baguette de Lionel Bringuier : peuvent mieux faire

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Les débuts à la tête de l’Orchestre National de Lionel Bringuier étaient attendus avec beaucoup d’intérêt, tant la réputation de ce jeune chef français -qui occupa la prestigieuse position de chef de l’Orchestre de la Tonhalle de Zürich pendant quatre saisons et avec lequel il enregistra pour DG une intégrale Ravel généralement bien reçue (DG)- jouit d’une flatteuse réputation.

C’est justement par la rare Ouverture de Shéhérazade de Ravel que s’ouvrit ce concert qui vit tous les exécutants (chef et soliste compris, sauf les vents) garder le masque du début à la fin, les musiciens de l’orchestre respectant une distance moindre qu’à une certaine époque, mais néanmoins bien réelle avec chaque musicien des cordes disposant de son propre pupitre et les vents séparés de bien un mètre cinquante.

Utilisant une baguette assez longue, Bringuier connaît manifestement parfaitement ses partitions et conduit avec clarté, souplesse et une précision gestuelle aussi utile à l’orchestre qu’à la salle. 

A Londres, un savoureux Candide de Bernstein mené par Marin Alsop

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Leonard Bernstein (1918-1990) : Candide, opérette en deux actes. Leonardo Capalbo (Candide), Jane Archibald (Cunégonde), Anne Sofie von Otter (The Old Lady), Sir Thomas Allen (Pangloss/Narrateur), Thomas Atkins (plusieurs rôles, dont le Gouverneur et Vanderdendur) et sept autres solistes aux rôles multiples. London Symphony Chorus ; London Symphony Orchestra, direction Marin Alsop. 2018. Notice en anglais, en français et en allemand. Livret complet, mais uniquement en anglais. 116.43. 2 SACD LSO Live LSO0834.

Orgue en duo, en trio, de Fauré à nos jours

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L’orgue chambriste. Du salon à la salle de concert. Gabriel Fauré (1845-1924) : Andante pour violoncelle et orgue. Charles-Warie Widor (1844-1937) : Andante sostenuto [Symphonie Gothique, arrgmt Quentin guérillot]. Marcel Dupré (1886-1971) : Sonate pour violoncelle et orgue. Daniel Roth (*1942) : Aïn Karim, fantaisie pour flûte et orgue. Rolande Falcinelli (1920-2006) : Kénose pour violoncelle et orgue. Jean Guillou (1930-2019) : Intermezzo Op. 17. Jean-Baptiste Robin (*1976) : Les Rouages du temps. Khrystyna Sarksyan, flûte. Thibaut Reznicek, violoncelle. Quentin Guérillot, orgue de l’église Saint-Étienne-du-Mont à paris et de l’abbaye de Royaumont. Mai et juin 2019. Livret en français, anglais. TT 65’12. Initiale INL 07

De précieuses rééditions Harmonia Mundi célèbrent les 500 ans de Josquin Desprez

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Josquin Desprez (c.1450-1521) : Missa di Beata Vergine. Missa Pange lingua. Motets et Chansons. Theatre of Voices, direction Paul Hillier ; La Chapelle Royale, direction Philippe Herreweghe ; Cappella Amsterdam, direction Daniel Reuss ; Huelgas-Ensemble, direction Paul van Nevel ; Ensemble Clément Janequin, Ensemble Organum, direction Marcel Pérès ; Ensemble Les Éléments, Ensemble Clément Janequin, Dominique Visse. 1986-2018. Notice en français, en anglais et en néerlandais. Textes chantés en langue originale avec traductions en français et en anglais. 205.00. Un livre-disque de 3 CD Harmonia Mundi HMX 2904016.18. 

Lulu à la Monnaie : beauté de la laideur ou laideur de la beauté?

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La Lulu de Berg représentée à la Monnaie en 2012 avec Barbara Hannigan dans le rôle-titre avait été unanimement saluée par la critique, tant pour la prestation de la protagoniste que pour la mise en scène de Krzysztof Warlikowski. La reprise de cette production ayant acquis entretemps une réputation légendaire était donc attendue avec impatience.

Située dans un décor unique rappelant une station de métro, avec un imposant escalator (en panne, semble-t-il) et des carrelages blancs placés sous des éclairages glauques à quoi s’ajoute une espèce de grand aquarium (parfois placé en retrait, parfois sur le devant de la scène), l’approche du metteur en scène polonais exacerbe à l’extrême le rôle de Lulu qui n’est pas ici une femme fatale ou une mangeuse d’hommes, mais une femme qui s’élève dans la société par un usage ambigu et désespéré de la sexualité où elle se montrera tout à tour dominatrice et dominée.

La mise en scène excelle à montrer les ambiguïtés des rapports humains que le texte de Wedekind montre trop souvent réduits à de perverses transactions entre sexualité, argent et pouvoir, tous les sentiments d’effaçant d’ailleurs devant les manipulations et dépendances réciproques des personnages, jusqu’à la triste fin d’une Lulu, déchue et pathétique prostituée, sous les coups de Jack l’Eventreur.

Quand Gustav Holst parodiait Verdi et Wagner…

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Gustav Holst (1874-1934) : The Perfect Fool, opéra en un acte, op. 39. Richard Golding (Le Sorcier) ; Pamela Bowden (La Mère) ; Walter Plinge (Le Fils, L’Imbécile - voix parlée) ; Alison Hargan, Barbara Platt et Lesley Rooke (Trois Filles) ; Margaret Neville (La Princesse) ; John Mitchinson (Le Troubadour) ; David Read (Le Voyageur) ; Ronald Harvi (Un Paysan - voix parlée) ; George Hagan (Le Narrateur) ; BBC Northern Singers ; BBC Northern Symphony Orchestra, direction Charles Groves. 1967. Notice en anglais. Livret complet en anglais. 62.24. Lyrita REAM.1143.

Le Trio Spilliaert :  à propos de Désiré Pâque 

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Dans le cadre des célébrations de ses 30 ans, le label Cyprès fait paraître une intégrale des trios du compositeur liégeois Désiré Pâque, par les musiciens de Trio Spilliaert. Figure majeure de la musique, Désiré Pâque n’est que trop négligé, dès lors il est important de saluer cette parution. Cette dernière est l’occasion d’une interview en trio avec les artistes (Jean-Samuel Bez, violon, Guillaume Lagravière, violoncelle et Gauvain de Morant, piano).

Le nom de Désiré Pâque est désormais bien peu connu ; en dehors de mentions dans des ouvrages universitaires, il a presque complètement disparu. Qu’est ce qui a poussé le Trio Spilliaert à s’intéresser à ses Trios à clavier ? 

Jean-Samuel Bez : la rencontre avec le compositeur est un peu le fruit du hasard. Nous avons toujours beaucoup de plaisir à dénicher des trios oubliés et nous sommes tombés sur une biographie d'un dénommé Pâque mentionnant l’existence de trois trios. C'est Philippe Gilson, éminent musicologue et spécialiste de Pâque, qui nous a indiqué la présence des manuscrits autographes au Conservatoire de Liège et nous en a procuré une copie, sur laquelle nous jouons d'ailleurs toujours actuellement ! La première prise de contact avec le style inhabituel de Pâque nous a incité à programmer le premier de ces trios au festival Varga en France à l'été 2016. Le retour positif du public nous a alors donné envie de poursuivre la découverte des autres trios. Il y a toujours une certaine magie à faire revivre de la sorte une musique oubliée depuis presque un siècle ! Mais dans ce cas, c'est à vrai dire un langage à part qu'il nous aura fallu explorer et domestiquer, et voir évoluer en essayant de mieux comprendre le compositeur pendant les quatre années suivantes... redonner vie à une œuvre endormie est une vraie aventure !