Le piano éphémère de Turina par Martin Jones

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Joaquin TURINA (1882-1949) : Sevilla. Suite pittoresque op. 2 ; Sonate romantique, sur un thème espagnol op. 3 ; Coins de Séville op. 5 ; Trois Danses andalouses op. 8 ; Album de voyage op. 15 ; Femmes espagnoles 1ère série op. 17 ; Danses fantastiques op. 22 ; Sanlucar de Barrameda. Sonate pittoresque op. 24 ; El barrio de Santa Cruz, op. 33 ; Rythmes. Fantaisie chorégraphique op. 43 ; Cinq Danses gitanes, 1ère série op. 55 ; Sonate fantaisie op. 59 ; Le château d’Almodovar op. 65 ; Femmes espagnoles 2e série op. 73 ; Fantaisie italienne op. 75 ; Ballet. Suite de danses du XIXe siècle op. 79 ; Cinq Danses gitanes, 2e série op. 84 ; Coin magique. Parade en forme de sonate op. 97 ; Depuis ma terrasse. Estampes pour piano op. 104. Martin Jones, piano. 2020. Livret en anglais. 296.30. Nimbus Records NI 1710 (un coffret de 4 CD).

Annelien Van Wauwe et Severin von Eckardstein à Flagey

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Flagey, 16 Août, 19h30. J’arrive au pied du Paquebot pour entamer le rituel d’entrée. Les membres du personnel sont toujours impeccables. Sous leurs yeux plissés, on devine un sourire bienveillant, mais rigoureux lorsqu’ils rappellent les nouvelles règles exigées. Aucun faux pas n’est toléré. Pour des raisons sanitaires évidentes et pour éviter le moindre risque de voir les futurs événements annulés pour cause de négligence. La menace est réelle, la tension tout autant. 

Dans la salle, j’observe ce vaste Studio 4 à l’acoustique si merveilleuse. Voir l’unique petite centaine de personnes aujourd’hui tolérée dans ce volume si majestueux, c’est voir un mastodonte exsangue, asphyxié, qui lutte pour sa survie. Le vide l’étouffe quand le plein le libère. 

Cela dit, transporté, ce soir, le public de Flagey le sera. Un voyage délicieusement éclectique l’attend avec une Annelien Van Wauwe tout en finesse dans son élégante robe noire et un Severin von Eckardstein assorti dans sa chemise étroite à col Mao reflétant toute sa sobriété et son humilité. 

Un deuxième volume pour les Ouvertures d’Auber

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Daniel-François-Esprit AUBER (1782-1871) : Ouvertures et musique orchestrale - volume 2 : Le Concert à la cour ou La Débutante : Ouverture ; Concerto pour violon et orchestre en ré majeur ; Fiorella : Ouverture et Entracte de l’Acte III ; Julie, ou l’Erreur d’un moment : Ouverture et Finale ; Lestocq, ou L’Intrigue et l’Amour : Entracte de l’Acte III ; Léocadie : Ouverture, Entractes de l’Acte II et de l’Acte III ; Couvin, ou Jean de Chimay : Introduction de l’Acte I et de l’Acte II ; La Fiancée : Entracte de l’Acte III. Markéta Cepicka, violon ; Orchestre de chambre de la Philharmonie de Pardubice, direction : Dario Salvi. 61.16. Naxos 8. 574006.

Alexander Shelley, à propos de Johannes Brahms, Robert Schumann mais surtout Clara Schumann

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Le chef d’orchestre Alexander Shelley, directeur musical de l’Orchestre du Centre National des Arts du Canada, inaugure un cycle discographique pour le label canadien Analekta consacré aux symphonies de Johannes Brahms et Robert Schumann, mises en perspective avec des oeuvres de Clara Schumann. Alors qu’un revival s’amorce vis à vis des oeuvres de cette compositrice, Alexander Shelley revient sur sa place dans l’histoire de la musique 

Votre nouvel enregistrement comprend des partitions symphoniques de Brahms et Schumann ainsi que le Concerto pour piano de Clara Schumann. L'addition de ces trois noms est logique en raison de l'amitié qui les unit, mais c'est quelque chose qui n'a jamais été fait auparavant ! Comment avez-vous conçu ce projet ? 

Clara n'était pas seulement la personne qui liait les vies de Robert Schumann et de Johannes Brahms, elle était aussi l'une des figures musicales les plus inspirantes de son époque, vénérée et admirée presque universellement par ses pairs. Et bien que l'œuvre de Johannes et Robert ait été explorée en profondeur, c'est en fait en tant que triumvirat artistique -une trinité musicale romantique si vous voulez- que chacun d'eux peut être compris et admiré plus pleinement. Je veux que notre projet célèbre cette trinité et offre une perspective nouvelle aux auditeurs. 

J'ai lu dans le communiqué de presse que ce CD est le premier d'une série de quatre. Quelles seront les autres étapes de ce projet ? 

C'est le premier d'une série de quatre doubles albums qui présenteront un cycle complet des symphonies de Robert Schumann et de Johannes Brahms, tricotées ensemble par les mélodies, la musique de chambre et le concerto de Clara Schumann. En étroite collaboration avec Julie Pedneault-Deslauriers, spécialiste de Schumann, et Jan Swafford, spécialiste de Brahms, nous avons travaillé à la réalisation d'un ensemble de huit disques qui offriront un aperçu musical enrichissant de l'œuvre de ces trois génies. 

Dossier Anton Bruckner (1/3) : Bruckner d'aujourd'hui ?

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Arnold Schönberg et ses deux grands disciples Alban Berg et Anton Webern se sont toujours expressément réclamés de la filiation de la grande tradition viennoise, dont Webern citait les noms glorieux : Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Brahms, Wolf, Mahler. Le nom de Bruckner manque, la Seconde Ecole Viennoise n'en parle jamais. Se pourrait-il qu'il ne fasse pas partie de cette lignée ?...

Le grand musicologue allemand Heinz-Klaus Metzger, éminent exégète des Viennois, me confiait un jour avoir été longtemps imperméable à Bruckner, mais y avoir été initié par un enthousiaste : Edgard Varèse. Rejeté par les Viennois, revendiqué avec feu par l'outsider franco-américain Varèse, se pourrait-il que Bruckner soit lui aussi un marginal, c'est-à-dire un créateur à contre-courant ?...

Wilhelm Furtwängler, interprète insurpassé du maître de Saint Florian (dont il avait audacieusement inclus la Neuvième dans son tout premier concert, dirigé à moins de vingt ans !) écrivit un jour que Bruckner n'était nullement un romantique, mais un mystique gothique égaré par erreur au dix-neuvième siècle. "Unzeitgemäss", le mot allemand, malaisé à traduire, signifie "non conforme à l'esprit du temps". De son vivant, on l'appliqua à Mahler, alors méconnu, pour l'opposer à son rival plus heureux Richard Strauss. Mahler se consolait comme il pouvait avec son fameux Meine Zeit wird kommen ("mon temps viendra"). Après un grand demi-siècle d'attente, la postérité lui a donné raison avec éclat, il n'est point de compositeur plus populaire aujourd'hui, pas même Beethoven. Mais Bruckner ? Lui aussi devait d'une certaine manière faire confiance à l'avenir puisque, tout en acceptant sans trop sourciller les remaniements et les coupures infligés à ses Symphonies par des disciples trop zélés, il en confiait les manuscrits originaux à la Bibliothèque Nationale de Vienne, en précisant : "ils valent pour les temps futurs". 

La modeste discographie de Sir Arthur Bliss chez Decca

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Sir Arthur Bliss - The Decca Originals. Sir Arthur Bliss (1891-1975) : Welcome the Queen, marche F. 95 ; Things to come, suite du film éponyme, F. 131 ; A Colour Symphony, F. 106 ; Introduction and Allegro, F. 117 ; Baraza, musique du film Men of Two Worlds, F. 121 ; Concerto pour violon, F. 111 ; Theme and cadenza pour violon et orchestre, F. 120 ; Quatuor à cordes n° 2 en fa mineur, F. 26. Alfredo Campoli, violon. Eileen Joyce, piano. Griller Quartet. Chœur d’hommes et National Symphony Orchestra, direction : Muir Mathieson. London Philharmonic Orchestra, London Symphony Orchestra, direction : Sir Arthur Bliss. Enregistré entre février 1946 et mai 1957 aux Kingsway Hall, Walthamstow Assembly Hall, Decca Studios West Hampstead, Londres. Édition 2020. Livret en anglais. 1 double CD Decca « Eloquence » 4840215.

Musique de chambre avec Alexandre Kantorow à La Roque d’Anthéron

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Depuis son premier prix au Concours Tchaïkovsky l’année dernière, Alexandre Kantorow est devenu l’un des pianistes les plus demandés des scènes internationales. Il est un invité régulier du Festival International de piano La Roque d’Anthéron, c’est d’ailleurs ici qu’il a fait sa première apparition française après le célèbre Concours. Cette année, il s’est produit le 9 août en deux concerts de musique de chambre.

Un voyage épique avec le Trio de Tchaïkovsky

Pour le premier concert, dans la matinée, il forme un trio avec la violoniste Liya Petrova et le violoncelliste Aurélien Pascal. Une seule œuvre figure au programme : le Trio « à la mémoire d’un grand artiste » en la mineur op. 50 de Tchaïkovsky. Soulignons d’emblée le contrôle admirable de l’instrument chez chaque musicien. Le rythme à rubatos subtils, l’ampleur dans chaque phrasé (même à des moments « serrés » il y a un espace), affirmation et discrétion, intimé et grandiloquence, chant, mouvement, passion, douleur… Leur interprétation déborde de volonté, la volonté d’évoquer une vie, réelle (celle de Nikolaï Rubinstein dont Tchaïkovsky fut inspiré) et imaginaire (de veine éminemment romantique), mais aussi leur volonté, délibérée, de faire de la musique.

Samson de Handel par Alarcon ? Sublime !

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George Frideric HANDEL (1685-1759) : Samson HWV 57, oratorio en trois actes. Matthew Newlin, ténor ; Klara Ek, soprano ; Lawrence Zazzo, contreténor ; Luigi Di Donato, basse ; Julie Roset, soprano ; Maxime Melnik, ténor ; Chœur de Chambre de Namur et Millenium Orchestra, direction :  Leonard Garcia Alarcon. 2019. Livret en anglais, en français et en allemand. Textes en anglais avec traduction française. 148.48.  2CD Ricercar RIC 411.