Jean-Sébastien Bach transcrit par Ferruccio Busoni : Un passionnant voyage entre l’orgue et le piano  

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Jean-Sébastien Bach (1685 – 1750) / Ferruccio Busoni (1866 – 1924) : Prélude et Fugue en ré majeur BWV 532 ; Toccata, Adagio et Fugue en ut majeur BWV 564 ; Choral « Ich ruf zu dir, Herr Jesus Christ » BWV 639 ; Prélude et Fugue en mi bémol majeur BWV 552 ; Choral « Nun komm, der heiden Heiland » BWV 659 ; Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565. Jean-Philippe Collard, piano. 2024 - Livret en français, anglais et japonais. 68’29’’. LA DOLCE VOLTA LDV 139.

Acis & Galatea : Garciá-Alarcón révèle les multiples facettes d’un Haendel étincelant

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C’était la fête vendredi soir au Grand Manège de Namur. On célébrait le 20e anniversaire de la Cappella Mediterranea, le fidèle ensemble instrumental qui accompagne Leonardo García Alarcón au gré de ses multiples aventures.

Acis & Galatea, un hit du XVIIIe siècle

Au programme, Acis & Galatea, une pastorale devenue un tube, joué près de 70 fois dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. Un thème tiré d’Ovide que le compositeur avait déjà utilisé à Naples en 1708 sous le titre de Acis, Galatea e Poliferno pour une cantate d’une virtuosité très méridionale. Neuf ans plus tard, Haendel, désormais installé en Angleterre goûte les plaisirs de la campagne dans la fastueuse propriété du duc de Chandos. Il y écrivit ses fameux « Chandos anthems », plusieurs concertos et deux opéras. Loin de la turbulence éprouvante des opéras italiens sur la place de Londres, Haendel peut créer dans les jardins du château une délicate pastorale inspirant les sentiments les plus doux et les décisions les plus nobles. En soi, ce chef d’œuvre savamment ouvragé constitue un somptueux « air du catalogue » de ses possibilités d’écriture : influences italiennes et françaises inscrites dans une tradition anglaise qui remonte à Purcell. Il suffit d’y puiser ses affects pour incarner les multiples sentiments qui jalonnent de délicieux parcours amoureux. Grâce ensorcelante des pâturages, délicieux gazouillis des oiseaux, mélancolie inquiète d’Acis face à l’absence de son amoureux, amour éperdu d’Acis qui supporte mal celle de son aimée, insensible aux appels à la raison de son ami Damon, unisson chaleureux des retrouvailles en conjonctions avec la nature.

Vivaldi : Guillaume Rebinguet Sudre rend les sonates pour violon à l’art des Tenebrosi

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Vivaldi Incognito. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Sonates pour violon en ré mineur RV 12, en ré majeur RV 10, en do mineur RV 6, en mi bémol majeur RV 756. Adagio du Concerto pour violoncelle en sol mineur RV 416. Guillaume Rebinguet Sudre (*1978) : Toccata pour clavecin en sol majeur. Preludio pour théorbe en si bémol majeur. Guillaume Rebinguet Sudre, violon. Étienne Mangot, violoncelle. Simon Waddell, théorbe. Clément Geoffroy, clavecin. Livret en français, anglais. Novembre 2023. 60’05’’. L’Encelade ECL 2302

Hommage au Requiem de Mozart : quand Occident et Orient ne font qu’un

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1792) : Requiem en ré mineur, K.626 ; Fazil Say (1970*) : Mozart ve Mevlana, Op. 110. Fatma Said, soprano - Marianne Crebassa, mezzo-soprano - Pene Pati, ténor - Alexandros Stavrakakis, basse - Burcu Karadağ, ney - Aykut Köselerli, kudüm - Rundfunkchor Berlin, Klaas-Jan de Groot, chef de choeur - Luzerner Sinfonieorchester, Michael Sanderling, direction. 2025. Livret en anglais, français, allemand. 67’. Werner Classics. 5021732754738

Roth fait vibrer la Belle-Époque au Théâtre des Champs-Élysées »

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Édouard  Lalo (1823-1892) :  Namouna,  Suite no 1 ; Claude Debussy (1862-1918) :  Prélude à l’Après-midi d’un faune. L. 86 ; Albert Roussel (1869-1937) :  Bacchus et Ariane op.43 / Suite n°2  ;  Paul Dukas (1865-1935) :  L’Apprenti sorcier. Les Siècles, direction : François Xavier Roth.  2023.  Livret en : français, anglais et allemand. 61’24’’. Harmonia Mundi.  HMM 902736

A Genève, deux orchestres pour un Sacre chorégraphié

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Au cours de chaque saison, l’Orchestre de Chambre de Genève présente en divers lieux une série de concerts qui attire l’attention d’un vaste public par la singularité de ses choix. La preuve en est donnée par le programme affiché au Bâtiment des Forces Motrices (BFM) de Genève le 7 octobre par l’Orchestre de Chambre de Genève collaborant avec l’Orchestre des Pays de Savoie pour accueillir une troupe de danseurs venus de treize pays d’Afrique afin de représenter Le Sacre du Printemps dans la chorégraphie de Pina Bausch.

Durant deux ans, ce spectacle émanant de la Fondation Pina Bausch, de l’Ecole des Sables et du Sadler’s Wells de Londres a été proposé 120 fois un peu partout dans le monde. Et c’est à Genève qu’a lieu l’ultime reprise.

Le rideau se lève sur un solo que Pina Bausch élabora en 1971 sur une musique électronique de Pierre Henry. Son titre, Philips 836 887 DSY, fait allusion au label et au numéro de catalogue de la première publication en LP de Spirale, une pièce brève de Pierre Henry. Créé par Pina Bausch elle-même, ce solo a été rarement représenté sur scène. Aujourd’hui, la jeune Eva Pageix en est la spécialiste. Sur une musique enregistrée, cette pièce de six minutes est étirement d’un corps se redressant en gestes convulsifs et en volutes vers le ciel dans une lenteur extrême qui finira par figer la silhouette dans une attitude hiératique.

Lui succède sur le plateau Germaine Acogny, danseuse franco-sénégalaise défiant ses quatre-vingt-un ans pour présenter son Homage to the Ancestors qu’elle a créé en 2023. Fondant son premier studio de danse à Dakar en 1968, elle a développé sa propre technique de danse africaine en combinant l’influence des danses héritées de sa grand-mère, prêtresse yoruba, et sa connaissance des danses traditionnelles africaines et occidentales. Sur une musique de Fabrice Bouillon-LaForest comportant une légère percussion et une voix de femme qui psalmodie, Germaine Acogny nous fait assister à un véritable rite funéraire que ponctue la lueur de bougies formant un cercle pour cultiver le souvenir des disparus d’un autre âge.

Alondra de la Parra et Gaëlle Arquez : flamboyance espagnole à Monte-Carlo

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La cheffe mexicaine Alondra de la Parra est à nouveau l’invitée de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, pour un concert à l’Auditorium Rainier III, avec  un programme d’oeuvres latino-espagnoles qui sont sa marque de fabrique. Il serait pourtant de bon ton de l'inviter dans du grand répertoire afin de l’apprécier dans autre chose que ce répertoire de démonstration. Mais bien évidemment, comme à chacune de ses venues, le public monégasque est présent en nombre pour admirer la présence de la musicienne au pupitre et l’énergie communicative et fédérative qu’elle assure dans ces partitions en technicolor.   

La mezzo-soprano Gaëlle Arquez, qui avait déjà enchanté le public de l’Opéra de Monte-Carlo en mars dernier dans la double affiche ravélienne L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges, était la soliste de la soirée.

La Rapsodie espagnole de Ravel, véritable feu d’artifice orchestral, foisonne d’ingénieuses combinaisons sonores. Alondra de la Parra en offre une interprétation vivante, colorée et éclatante, mettant en valeur la richesse des timbres et la virtuosité de l’orchestre.

Vient ensuite Shéhérazade, l’une des partitions les plus subtiles et les plus exigeantes du compositeur.  Gaëlle Arquez y déploie une voix somptueuse, souple et nuancée, d’une rare musicalité. Sa prestation fascine par sa sensualité, son raffinement et sa profondeur émotionnelle : Arquez est Shéhérazade.La complicité musicale entre la mezzo-soprano et la cheffe est parfaite. 

Dans Alborada del gracioso, Alondra de la Parra fait jaillir toute la verve rythmique et la flamboyance hispanique de Ravel. Sa direction, nerveuse et d’une précision assurée, rend justice à cette pièce palpitante et redoutablement complexe.